LOGINMaëlle arriva moins de vingt minutes après l’appel. Elle trouva Éléonore dans une petite brasserie, assise dos au mur, son sac posé sur ses genoux. Elle ne posa aucune question avant d’avoir vérifié que personne ne semblait s’intéresser à elles. Puis elle s’installa en face de son amie et tendit la main.
— L’enveloppe.
Éléonore la lui donna.
Maëlle examina l
À dix-neuf heures précises, Éléonore entra dans le restaurant choisi par Adrien. Elle portait un tailleur sombre et avait laissé ses bijoux à la maison, à l’exception d’une montre discrète offerte par sa mère. Elle avait prévenu Maëlle de l’heure du rendez-vous et convenu avec elle d’un message à envoyer si la conversation devenait inquiétante.Adrien l’attendait près d’une fenêtre, une bouteille d’eau devant lui. Il se leva lorsqu’elle approcha, lui tira la chaise et lui adressa un sourire qui ressemblait davantage à une habitude familiale qu’à une véritable marque de sympathie.— Tu as accepté de venir, dit-il.— Tu as dit que tu voulais parler de mon père.Il se rassit.— Tu n’as jamais été très patiente.&
Le message d’Adrien resta affiché sur l’écran d’Éléonore jusqu’à ce qu’elle décide enfin d’y répondre.« Demain, 19 heures. Je serai là. »Elle ne précisa ni le lieu ni ses conditions. Adrien lui envoya aussitôt l’adresse d’un restaurant discret, situé dans une rue tranquille du huitième arrondissement. Il ajouta une dernière phrase : « Il est temps que nous parlions de ton père. »Éléonore relut ces mots plusieurs fois. Son cousin n’avait jamais évoqué Gabriel autrement qu’en termes vagues, comme si le sujet était devenu un élément embarrassant de l’histoire familiale. Pourquoi décidait-il soudain d’en parler maintenant, alors que les recherches d’Éléonore devenaient de plus en plus visibles ?
Le prestataire qui avait récupéré le mobilier de l’ancien centre d’archives accepta de répondre à leurs questions après plusieurs échanges administratifs. Maëlle avait obtenu un rendez-vous avec son responsable, un homme nommé Laurent Bessières, qui se montra immédiatement méfiant lorsqu’Éléonore prononça le nom de Gabriel Varenne.— Nous conservons des documents pour de nombreuses entreprises, expliqua-t-il. Nous ne pouvons pas communiquer librement sur les fonds de nos clients.— Nous ne vous demandons pas de nous révéler le contenu de dossiers confidentiels, répondit Éléonore. Nous cherchons à savoir si une armoire provenant de l’ancien centre administratif a été transférée dans vos locaux.Bessières consulta un inventaire sur son écran.
Maëlle arriva moins de vingt minutes après l’appel. Elle trouva Éléonore dans une petite brasserie, assise dos au mur, son sac posé sur ses genoux. Elle ne posa aucune question avant d’avoir vérifié que personne ne semblait s’intéresser à elles. Puis elle s’installa en face de son amie et tendit la main.— L’enveloppe.Éléonore la lui donna.Maëlle examina le papier sous plusieurs angles. Le rabat avait été scellé avec une bande adhésive transparente, et aucune trace visible ne permettait de savoir si le contenu avait été manipulé. Elle prit plusieurs photographies de l’enveloppe avant de l’ouvrir avec précaution.À l’intérieur se trouvait une petite clé métallique, une feuille pliée et une photographie abîmée.&Ea
Le nom de Paul Garnier ne donna presque rien à Éléonore.Les registres commerciaux confirmaient qu’il avait travaillé pour Médical Assistance Nord jusqu’à la dissolution de la société. Une ancienne adresse professionnelle conduisait à un immeuble désormais occupé par plusieurs entreprises. Quant aux archives sociales, elles avaient été transférées vers un organisme qui conservait les dossiers des sociétés liquidées, sans toutefois garantir que chaque pièce avait été préservée.Maëlle passa la matinée à vérifier les informations. Éléonore, elle, se rendit au siège de Varenne & Co., où elle avait demandé à consulter les anciens documents de transport encore accessibles aux services administratifs.Elle savait que sa présence serait remarquée. Depuis sa mise à l’écart lors de la dernière promotion, certains collègues évitaient de lui parler, tandis que d’autres semblaient soudain s’intéresser à ses déplacements. Elle avait cessé de confondre la politesse avec l
Éléonore ne retourna pas directement chez elle.Après avoir quitté le café, elle suivit Maëlle jusqu’à un petit restaurant situé à plusieurs rues de là. Elles s’installèrent près de la fenêtre, commandèrent deux cafés qu’elles touchèrent à peine et attendirent que Gabriel Morel les rejoigne. Le véhicule noir avait disparu, mais cette absence ne les rassurait pas. Il pouvait s’agir d’une coïncidence. Il pouvait aussi s’agir d’un avertissement soigneusement calculé.— Nous devons cesser de réagir à chaque mouvement suspect, déclara Maëlle. Si nous commençons à interpréter chaque voiture comme une menace, nous finirons par ne plus distinguer les faits de nos craintes.— Je sais.— Est-ce que tu le sais vraiment ?







