로그인MEUTE CROCS-DE-NUIT
LUMA Tristan ne revint jamais.Les jours puis des semaines passèrent. Un mois entier s'écoula sans que je ne le revoie. Avait-il retrouvé les documents ? Je n'en savais rien. Cette question me hantait lorsque je me réveillait chaque matin et m'empêchait de trouver le sommeil chaque nuit. S'il les avait retrouvés..Pourquoi me laissait-il enfermée ? Et si non...Pourquoi n'est-il pas venue m'annoncer mon sort ? À sa place, vinrent son frères et sa sœur.Rimena payait les gardes pour me défigurer. Selon elle, mon visage était insupportable. Ce que ma sœur avait fait à son frère moi...Luma Je devais en payé. Les gifles n'en finissaient plus. Ma lèvre fendue.Mon œil tellement enflé que je pouvais à peine l'ouvrir. La faim devint le moindre de mes soucis. Grâce à la Déesse, l'odeur de mes petits était encore très discrète.Seuls les plus attentifs auraient pu la remarquer. Dans l'obscurité, je posai une main sur mon ventre. — Je vous sortirai d'ici..., murmurai-je.Ma voix trembla. — Je vous le promets. Je ne savais même pas si je serais capable de tenir cette promesse. Mais je le faisais quand même. *** Je pensais avoir déjà connu le pire et que rien n'allait ne surprendre. Mais Je me trompais. Le pire restait à venir. Un soir, un garde chargé de surveiller les cellules entra dans la mienne. Au début, il se montra presque aimable.Il me parlait d'une voix douce.Comme s'il cherchait à gagner ma confiance.Lorsqu'il comprit que je ne tomberais pas dans son piège... Il m'assénat une gifle.Je perdis l'équilibre.Ma tête heurta le mur. Une douleur fulgurante traversa mon crâne.Mais je me fis une promesse. Jamais je ne le laisserais me toucher. Lorsqu'il commença à retirer ses vêtements...Je n'hésitai pas une seule seconde.Je le mordis de toutes mes forces. Son hurlement déchira le cachot. Il tenta de retenir son cri, mais la douleur fut plus forte. Il s'enfuit en titubant, laissant derrière lui une longue traînée de sang sur les pierres.Je restai immobile.Du sang maculait encore mes lèvres. Mon cœur battait si fort que j'avais l'impression qu'il allait exploser. Je m'attendais à être condamnée à mort. Je m'attendais à ce qu'on vienne me chercher avant le lever du soleil.Pourtant... Personne n'en reparla jamais. Ni les gardes.Ni les autres prisonniers. Le garde fut simplement remplacé.Et son remplaçant ne s'approcha jamais de moi. C'était déjà une chose de moins à craindre. En attendant... Je devais trouver un moyen de m'échapper. J'espérais seulement que mes petits et moi serions encore en vie lorsque cette occasion se présenterait. La faim.Les coups. Tout devenait insupportable. Chaque coup porté contre mes côtes me terrorisait. Chaque journée passée sans manger affaiblissait un peu plus mon corps. Pourtant... Mon ventre demeurait intact. Caché.Invisible. Pour l'instant, m'évader était impossible. Comment trouver une issue alors que j'ignorais jusqu'au moindre recoin du cachot ? Comme chaque jour, je restais allongée sur le sol. J'éternuais sans arrêt. J'attendais.La poussière recouvrait mes vêtements, mes cheveux et ma peau. Depuis longtemps, j'avais cessé de m'en soucier.Soudain, la porte s'ouvrit avec fracas. Sans le moindre avertissement. La voix de Daniel me parvint la première. — Alors, la sale vagabonde a enfin appris à rester à sa place. Tu es presque séduisante, allongée comme ça. Le rire de son amie suivit aussitôt. — N'essaie même pas. Elle te mordra là où ça fait le plus mal. Ils éclatèrent de rire. Daniel secoua la tête, amusé. — Je ne savais pas que tu étais aussi féroce, ma chère belle-sœur par alliance. Tu dois être... inoubliable au lit. Un nouvel éclat de rire résonna dans le cachot. Leurs moqueries rebondissaient contre les murs de pierre. Puis une pensée me glaça. C'était eux. C'étaient eux qui avaient envoyé ce garde dans ma cellule. Seulement... Ils ne s'attendaient pas à ce que je me défende. Si j'avais cédé...M'auraient-ils traitée de dévergondée ensuite ? Je les ignorai. Je restai assise en silence, cessant de dessiner des cercles dans la poussière. — On dirait que la petite vagabonde est devenue sourde, lança Michael son amie. De nouveaux rires éclatèrent. Sans un mot de plus, ils déposèrent mon repas. Comme d'habitude.Du riz blanc. Et une tasse sale contenant un liquide rougeâtre. Mon estomac gronda aussitôt. Un grondement si fort qu'il me trahit. Ils restèrent là, à me regarder avec un sourire cruel.Je refusai de bouger.Au bout de quelques instants, ils finirent par partir. Le bruit de leurs pas s'éloigna peu à peu. Je me précipitai vers l'assiette. Puis je m'immobilisai.Une odeur infecte s'en dégageait. De l'urine. Ils avaient uriné sur mon repas. Voilà pourquoi ils étaient restés. Ils voulaient assister à mon humiliation.Ils voulaient me regarder manger malgré tout. Parce qu'ils savaient... Que je mourais de faim. Mon ventre protesta de nouveau. Déesse... J'avais tellement faim. Mais si je mangeais... Je risquais de faire du mal à mes petits. Je retournai m'adosser au mur. Puis je fermai les yeux. Comme toujours, ma main glissa jusqu'à mon ventre. — Je ne les laisserai pas te faire du mal..., murmurai-je. À cet instant... La porte de la cellule s'ouvrit de nouveau. Un garde fit entrer une femme. Une sorcière. Ses longs cheveux blonds étaient tressés avec soin. Sa robe semblait entièrement faite de feuilles. Elle devait avoir une trentaine d'années. Elle avançait avec une grâce presque irréelle. Silencieuse.Fluide. Impossible de détourner le regard.Puis les gardes refermèrent la porte.L'obscurité nous engloutit de nouveau. Cette fois... Je n'étais plus seule. La sorcière fut la première à rompre le silence. — Tu dégages une agréable odeur, petite louve. Que fais-tu dans une cellule alors que tu portes des petits ? Je me raidis aussitôt. Des petits ? — Je... je ne sais pas de quoi vous parlez. Ma voix n'était guère plus qu'un souffle. Un léger rire résonna dans l'obscurité. Ses yeux brillèrent d'une lueur rouge inquiétante. Mon cœur s'emballa. — Je suis une sorcière, petite louve. Je sais reconnaître un mensonge quand j'en entends un. Je détournai aussitôt la conversation. — Et alors ? Vous allez aussi lire mon destin ? J'espérais qu'elle oublierait mon ventre. Elle esquissa un sourire. — Je n'aime pas qu'on évite mes questions. Mais je vois que le sujet te fait souffrir. Je n'insisterai pas. Elle marqua une pause avant de reprendre : — En revanche, il y a une chose que je ne comprends pas. Je gardai le silence. — Pourquoi ne leur dis-tu pas que tu es enceinte ? Ils te libéreraient peut-être. Un rire amer manqua de m'échapper. Leur dire ? À quoi bon ? Tristan se soucierait-il seulement de moi ? Personne ne se souciait de ce qui pouvait m'arriver. Au contraire... Ils utiliseraient sûrement cette grossesse contre moi. Ils m'enchaîneraient davantage. Ils me feraient encore plus souffrir. La sorcière m'observa quelques instants. — Même si personne ne tient à toi, tu dois continuer à vivre. Sa voix s'adoucit. — Pour ces deux petits. Je tournai brusquement la tête vers elle. Deux ? Mon souffle se bloqua. — Qu... qu'avez-vous dit ? — Deux petits. Elle me regardait comme si elle voyait à travers mon âme. — Je peux lire dans tes pensées, Luma. Tes peurs. Tes blessures. Toute la douleur que tu portes. Les larmes montèrent aussitôt à mes yeux. Non... Je refusais qu'on pénètre dans mon esprit. C'était la seule chose qui m'appartenait encore. — S'il vous plaît... Ma voix trembla. — Ne lisez plus dans mes pensées. J'en ai assez. Pendant quelques secondes, elle ne répondit pas. Puis elle inclina doucement la tête. — Comme tu voudras, petite louve. Ces quelques mots suffirent à briser le peu de force qu'il me restait. Je plaquai une main contre ma bouche avant d'éclater en sanglots. De longs sanglots. Violents et Incontrôlables. Tout mon corps tremblait. Pourtant, la sorcière ne tenta pas de me consoler. Elle ne prononça aucune parole réconfortante. Elle resta simplement là. En silence. Et, étrangement... C'était exactement ce dont j'avais besoin. À force de pleurer, je finis par sombrer dans le sommeil. *** Je me réveillai en sursaut. Un liquide glacé venait de m'être jeté au visage. De la bile. Encore.L'odeur infecte me donnait la nausée . — Debout, sale vagabonde ! La voix d'un garde résonna dans la cellule. — Dame Rimena a décidé qu'après ton petit-déjeuner, tu irais récolter le riz. Tu profites de la nourriture de la meute sans jamais travailler. Pour la première fois depuis de longues semaines, la petite fenêtre fut ouverte. Une lumière pâle envahit le cachot. Je plissai les yeux. Mes paupières me brûlaient. Lorsque ma vue s'habitua enfin à la clarté, je cherchai aussitôt la sorcière du regard. Elle avait disparu. Je crus qu'on l'avait déjà emmenée. En m'appuyant contre le mur, je réussis à me remettre debout. Mes jambes tremblaient encore sous mon poids. Puis...Je levai les yeux.Et je me figeai.Elle était là.Accrochée au plafond comme une immense araignée. Ses jambes repliées contre la pierre. Ses yeux rouges braqués sur moi. Un sourire amusé étira ses lèvres. — Bonjour, Luma. Je restai bouche bée. — Je... je ne vous ai jamais dit mon nom. Elle eut un petit rire. — Les gardes ont parlé de toi toute la nuit. Son sourire s'effaça peu à peu. — Ton histoire est encore plus triste que je ne l'imaginais. Je suis désolée,me dit Elle. Je secouait lentement la tête. — Ne le soyez pas.Je vous demande seulement une chose. Elle attendit. — Ne lisez plus jamais dans mes pensées.S'il vous plaît. Elle acquiesça. — C'est promis. Je lui adressai un léger signe de tête.Puis je me dirigeai vers la sortie.Mes jambes vacillaient. La lumière m'aveuglait.Mais je continuai d'avancer.Pour la première fois depuis un mois... Je quittais enfin cette cellule. Une pensée traversa mon esprit. Était-ce enfin...ma chance de m'échapper ?MEUTE CROCS-DE-NUITLUMAJ'allais enfin tenter de m'évader. Jamais de toute ma vie je n'avais eu aussi peur. Allais-je réussir ? Je n'en savais rien, mais une chose était certaine : je me battrai jusqu'au bout. Le moment que Noëlla et moi attendions arriva plus tôt que prévu. Deux jours après notre conversation, des protecteurs descendirent au cachot dès le matin. Cette fois, plus d'insolence à son égard ; ils s'inclinèrent respectueusement en prononçant mon nom :« Luna de la Vallée de la Lune Bleue. » À cet instant, tous mes doutes s'envolèrent et l'espoir prit enfin sa place dans mon cœur, avant qu'un autre sentiment ne s'impose aussitôt : la peur. Et si notre plan échouait ? Que deviendrais-je ?Les protecteurs s'écartèrent pour laisser passer un homme à la peau brune, vêtu d'un pantalon de sport sombre, la marque de sa meute entourant son bras droit. Il avançait avec l'assurance tranquille d'un Alpha habitué à être obéi. Pourtant, ses yeux étaient remplis de regrets. « Mon amou
MEUTE CROCS-DE-NUITLUMAJ'étais tombée plus bas qu'une Oméga.Moi, une Bêta.Jamais de toute ma vie je ne m'étais sentie aussi humiliée.Des heures passées à récolter le riz sous un soleil brûlant. Les protecteurs lançaient des plaisanteries obscènes en m'appelant « la croqueuse de queue ». Les Omégas, eux, en profitaient pour me bousculer discrètement, savourant enfin le sentiment de me dominer.Chaque coup d'épaule semblait dire la même chose.Tu n'as plus ta place ici.Tu n'es plus rien.Je gardais les yeux baissés et continuais à travailler.Si je répondais... ils trouveraient un nouveau prétexte pour me faire souffrir.Et je ne pouvais pas prendre ce risque.Pas avec mes petits.Lorsque la sirène annonça la pause de midi, tout le monde se dirigea vers les cuisines. Il y'avait un plat pour chacun.Sauf moi.Un silence s'installat .Tous restèrent à m'observer.Ils attendaient me voir supplier et pleurer.Je ne leur offrirais jamais ce plaisir.Lumina était épuisée.Mes petits grandi
MEUTE CROCS-DE-NUITLUMATristan ne revint jamais.Les jours puis des semaines passèrent.Un mois entier s'écoula sans que je ne le revoie.Avait-il retrouvé les documents ?Je n'en savais rien.Cette question me hantait lorsque je me réveillait chaque matin et m'empêchait de trouver le sommeil chaque nuit.S'il les avait retrouvés..Pourquoi me laissait-il enfermée ?Et si non...Pourquoi n'est-il pas venue m'annoncer mon sort ?À sa place, vinrent son frères et sa sœur.Rimena payait les gardes pour me défigurer.Selon elle, mon visage était insupportable.Ce que ma sœur avait fait à son frère moi...Luma Je devais en payé.Les gifles n'en finissaient plus.Ma lèvre fendue.Mon œil tellement enflé que je pouvais à peine l'ouvrir. La faim devint le moindre de mes soucis.Grâce à la Déesse, l'odeur de mes petits était encore très discrète.Seuls les plus attentifs auraient pu la remarquer.Dans l'obscurité, je posai une main sur mon ventre.— Je vous sortirai d'ici..., murmurai-je.Ma voix tr
MEUTE CROCS-DE-NUITLUMALe silence était assourdissant. L'obscurité, solitaire.Je frissonnais contre les barreaux de ma cellule. Je n'avais rien mangé depuis vingt-quatre heures. Lumina était faible. Presque évanescente. Et je n'arrivais plus à arrêter de trembler.Pour aggraver les choses, quelque chose me mordait.Je me giflai le bras, espérant que ce n'était qu'un moustique.Puis je passai la main sur ma peau.Des puces.Les picotements ne cessaient pas. De petites pattes par-ci. De petites morsures par-là. Je me grattai jusqu'à ce que ma peau brûle.Lumina gémit.— Ne les laisse pas gagner, chuchota-t-elle.Mais je perdais du terrain.Je me levai d'un bond, secouai mes vêtements, puis changeai de place.Rien.Les démangeaisons ne faisaient qu'empirer.Je continuais à me déplacer dans le noir, espérant échapper aux insectes. La poussière collait à mes vêtements au moindre mouvement.Après ce qui me sembla une éternité, la porte s'ouvrit.Une faible lumière de torche penetrat.— Re
MEUTE CROCS-DE-NUITLUMAMa sœur a ruiné ma vie, deux fois.D'abord, elle a volé les plans de bataille et s'est enfuie avec un autre loup.Ensuite ? Elle m'a laissée derrière pour payer à sa place.Aujourd'hui, je suis liée à un homme qui déteste mon visage parce qu'il ressemble trait pour trait au sien. Prisonnière dans son clan. Surveillée à chaque souffle.Je fixais les murs nus de ma chambre.Six mois. Six mois que j'étais enfermée dans ce chambre. Aucune sortie. Aucune entrée. Surveillée même quand j'allais aux toilettes.La seule fois où l'on m'avait laissée seule, je l'avais regretté.Mon compagnon par alliance, pas par choix, avait exigé que j'assiste à une réunion d'affaires. Il avait tant bu que j'avais fini par m'occuper de lui. Son odeur avait brouillé mon jugement. Cette nuit-là, j'avais perdu ma virginité. J'avais cru que, peut-être, il cesserait de me détester. Après tout, nous avions partagé quelque chose.Mais non.Quand il s'était réveillé le lendemain matin, ce n'ét







