로그인MEUTE CROCS-DE-NUIT
LUMA J'allais enfin tenter de m'évader. Jamais de toute ma vie je n'avais eu aussi peur. Allais-je réussir ? Je n'en savais rien, mais une chose était certaine : je me battrai jusqu'au bout. Le moment que Noëlla et moi attendions arriva plus tôt que prévu. Deux jours après notre conversation, des protecteurs descendirent au cachot dès le matin. Cette fois, plus d'insolence à son égard ; ils s'inclinèrent respectueusement en prononçant mon nom : « Luna de la Vallée de la Lune Bleue. » À cet instant, tous mes doutes s'envolèrent et l'espoir prit enfin sa place dans mon cœur, avant qu'un autre sentiment ne s'impose aussitôt : la peur. Et si notre plan échouait ? Que deviendrais-je ? Les protecteurs s'écartèrent pour laisser passer un homme à la peau brune, vêtu d'un pantalon de sport sombre, la marque de sa meute entourant son bras droit. Il avançait avec l'assurance tranquille d'un Alpha habitué à être obéi. Pourtant, ses yeux étaient remplis de regrets. « Mon amour... » Sa voix était si douce que mon cœur se serra, mais Noëlla ne se retourna pas. « Je suis désolé... » Toujours aucune réponse. Je restai immobile, stupéfaite : un Alpha qui demandait pardon ? Je n'avais jamais imaginé une telle chose. Tristan ne se serait jamais excusé ; il aurait préféré me rappeler que ma meute était insignifiante ou menacer d'anéantir les miens. Autrefois, cette pensée m'aurait terrorisée, mais aujourd'hui, la seule chose qui comptait encore, c'étaient mes petits. Le silence continua de s'étirer, puis l'Alpha fit encore quelques pas et, sous mes yeux, il posa un genou à terre. Je cessai presque de respirer. Était-ce un rêve ? Les Alphas ne s'agenouillaient pas, ils donnaient des ordres. Aussitôt, Noëlla se retourna et l'aida à se relever, semblant parfaitement savoir comment apaiser cet homme. Puis, toujours avec une moue boudeuse, elle murmura : « Je te préviens... je suis encore fâchée. » Un sourire attendri apparut sur le visage de l'Alpha. « Je sais, mon cœur. Je me ferai pardonner. » Un nouveau silence, lourd comme s'il portait le poids d'anciennes blessures ou d'une dispute encore non résolue, s'installa entre eux. Finalement, Noëlla reprit : « Nous partirons à quatorze heures. Tu me prouveras ainsi que tu es sincère. » Je vis aussitôt les épaules de l'Alpha se détendre. « Comme tu voudras, mon amour. Tout se passera selon tes souhaits. » Cette fois, Noëlla lui offrit enfin un sourire, puis se tourna vers moi et, sans prévenir, me prit dans ses bras. Son étreinte était chaude et rassurante ; pendant quelques secondes, j'eus envie que le temps s'arrête. Elle se pencha à mon oreille : « À toi de jouer maintenant. Bonne chance, Luma. » Puis ils quittèrent la cellule. L'obscurité retomba aussitôt, et étrangement, le cachot semblait encore plus froid sans elle. Je ne pouvais plus revenir en arrière ; je devais aller jusqu'au bout. Huit heures arrivèrent bien plus vite que je ne l'aurais voulu. À peine sortie du cachot, un protecteur me gifla parce que j'avais trébuché : « Regarde où tu mets les pieds, vagabonde ! » Je baissai les yeux sans répondre. Ce matin-là, les champs étaient particulièrement agités ; les travailleurs se disputaient, la tension flottait dans l'air comme un orage prêt à éclater. Mon cœur battait à tout rompre. Je récoltais plus vite que d'habitude tout en observant discrètement les alentours, chaque regard posé sur moi me donnant l'impression d'être découverte. Lorsque la sirène annonça la pause du déjeuner, tous les travailleurs abandonnèrent leurs outils pour rejoindre les cuisines. Moi, je restai immobile, continuant à récolter le riz comme si je n'avais rien entendu, mes mains tremblantes que je forçai pourtant à rester calmes pour ne pas paraître suspecte, attendant le bon moment. Lorsque les champs furent presque déserts, je jetai un dernier regard autour de moi avant de m'enfoncer dans les hautes herbes, m'y accroupissant. Mon cœur cognait si fort que j'étais persuadée qu'on pouvait l'entendre. Grâce à la Déesse, les champs se trouvaient à la lisière de la meute ; si j'avais dû fuir depuis le centre, lourdement gardé, je n'aurais jamais eu la moindre chance. En avançant, je remarquai enfin l'état lamentable de mes vêtements en lambeaux, mes pieds nus déjà en sang, le soleil brûlant mon crâne. Malgré tout, je refusais de laisser la peur prendre le dessus. J'arrivai finalement au point de rendez-vous, mais personne ne m'y attendait. Au début, je pensai être arrivée trop tôt, puis dix minutes passèrent, vingt, puis trente, toujours personne. Le soleil montait dans le ciel, ma peau me brûlait. Noëlla m'avait-elle menti ? Les protecteurs nous avaient-ils trahies ? Alors que je commençais à perdre tout espoir, deux hommes apparurent sur ma droite, portant la même tenue que l'Alpha de la Vallée de la Lune Bleue et la même marque de meute à leur bras. Ils s'approchaient rapidement. Soudain, une voix retentit et les deux hommes disparurent aussitôt derrière les arbres. Je me retournai et mon sang se glaça : deux protecteurs de la Maison de la Meute, que je connaissais pour les avoir vus rire lorsque Rimena me giflait et cracher dans ma nourriture. L'un d'eux esquissa un sourire mauvais : « Alors, petite vagabonde... Tu croyais vraiment pouvoir t'enfuir ? » Je ne répondis pas. Ils m'encerclèrent lentement, comme deux prédateurs jouant avec leur proie. « Maintenant que personne ne peut te sauver... tu vas payer ce que tu as fait à notre camarade. » Mon cœur s'effondra. Pas encore, je vous en supplie... Je cherchai du regard les hommes de la Vallée de la Lune Bleue, mais ils avaient disparu. J'étais seule. L'un des protecteurs m'attrapa brutalement par le bras ; je me dégageai aussitôt, mais la gifle qui suivit fut si violente que je tombai à genoux, le goût du sang envahissant ma bouche. « Tu fais semblant d'être une sainte ! Tu attaques les protecteurs... mais tu n'étais pas si farouche avec celui qui t'a mise enceinte ! » Je compris aussitôt : l'odeur de mes petits n'était plus aussi discrète. Le second protecteur s'approcha, son haleine empestant la viande pourrie : « Qu'essaies-tu de prouver ? Que tu es pure ? Alors explique-nous comment tu peux être enceinte ! L'Alpha ne voulait même pas t'approcher ! » Ils continuaient à tourner autour de moi, leurs ombres engloutissant les rayons du soleil. « Tu n'es qu'une hypocrite. Et tu vas payer. » Un bruit de tissu déchiré retentit ; ma tunique céda brusquement, dévoilant mon sein gauche. Mon instinct prit aussitôt le dessus : je frappai de toutes mes forces entre les jambes du premier protecteur, qui s'effondra en hurlant. Le second, fou de rage, me gifla de nouveau ; je tombai lourdement au sol et reculai en rampant, mais il se jeta sur moi, immobilisant mes poignets. Son compagnon commençait déjà à se relever. Je tentai une nouvelle fois de lui donner un coup de genou, mais il bloqua ma jambe, puis un sourire écœurant étira ses lèvres : « Cette fois... tu ne t'échapperas pas. » Il ne remarqua même pas ma main qui glissait lentement jusqu'au trousseau de clés accroché à sa ceinture. Avant qu'il n'aille plus loin, j'enfonçai la clé de toutes mes forces dans son œil gauche. Son hurlement déchira la forêt, le sang gicla sur mon visage, et il roula sur le côté en se tenant l'œil. Je me relevai aussitôt. Le premier protecteur venait de reprendre ses esprits ; en voyant son compagnon, ses yeux s'écarquillèrent, puis il siffla de toutes ses forces. Ils appelaient du renfort. Mon cœur s'emballa. Je ne pouvais plus rester. Les hommes de la Vallée de la Lune Bleue ne pouvaient plus intervenir ; m'aider provoquerait un conflit entre deux meutes. Je n'avais plus qu'une seule option. Je courus de toutes mes forces, les branches fouettaient mon visage, les épines déchiraient mes pieds, mes poumons brûlaient, chaque foulée faisait souffrir mon ventre. « Tenez bon... S'il vous plaît... Tenez bon... » Je ne savais pas où j'allais ; la forêt défilait autour de moi. Je pris d'abord à droite, puis à gauche, avant de foncer tout droit, sans même réfléchir. Peu importait la direction, une seule chose comptait : laisser cet endroit derrière moi. Et quoi qu'il arrive, je ne retournerais jamais dans cette meute, même si je devais mourir en essayant.MEUTE CROCS-DE-NUITLUMAJ'allais enfin tenter de m'évader. Jamais de toute ma vie je n'avais eu aussi peur. Allais-je réussir ? Je n'en savais rien, mais une chose était certaine : je me battrai jusqu'au bout. Le moment que Noëlla et moi attendions arriva plus tôt que prévu. Deux jours après notre conversation, des protecteurs descendirent au cachot dès le matin. Cette fois, plus d'insolence à son égard ; ils s'inclinèrent respectueusement en prononçant mon nom :« Luna de la Vallée de la Lune Bleue. » À cet instant, tous mes doutes s'envolèrent et l'espoir prit enfin sa place dans mon cœur, avant qu'un autre sentiment ne s'impose aussitôt : la peur. Et si notre plan échouait ? Que deviendrais-je ?Les protecteurs s'écartèrent pour laisser passer un homme à la peau brune, vêtu d'un pantalon de sport sombre, la marque de sa meute entourant son bras droit. Il avançait avec l'assurance tranquille d'un Alpha habitué à être obéi. Pourtant, ses yeux étaient remplis de regrets. « Mon amou
MEUTE CROCS-DE-NUITLUMAJ'étais tombée plus bas qu'une Oméga.Moi, une Bêta.Jamais de toute ma vie je ne m'étais sentie aussi humiliée.Des heures passées à récolter le riz sous un soleil brûlant. Les protecteurs lançaient des plaisanteries obscènes en m'appelant « la croqueuse de queue ». Les Omégas, eux, en profitaient pour me bousculer discrètement, savourant enfin le sentiment de me dominer.Chaque coup d'épaule semblait dire la même chose.Tu n'as plus ta place ici.Tu n'es plus rien.Je gardais les yeux baissés et continuais à travailler.Si je répondais... ils trouveraient un nouveau prétexte pour me faire souffrir.Et je ne pouvais pas prendre ce risque.Pas avec mes petits.Lorsque la sirène annonça la pause de midi, tout le monde se dirigea vers les cuisines. Il y'avait un plat pour chacun.Sauf moi.Un silence s'installat .Tous restèrent à m'observer.Ils attendaient me voir supplier et pleurer.Je ne leur offrirais jamais ce plaisir.Lumina était épuisée.Mes petits grandi
MEUTE CROCS-DE-NUITLUMATristan ne revint jamais.Les jours puis des semaines passèrent.Un mois entier s'écoula sans que je ne le revoie.Avait-il retrouvé les documents ?Je n'en savais rien.Cette question me hantait lorsque je me réveillait chaque matin et m'empêchait de trouver le sommeil chaque nuit.S'il les avait retrouvés..Pourquoi me laissait-il enfermée ?Et si non...Pourquoi n'est-il pas venue m'annoncer mon sort ?À sa place, vinrent son frères et sa sœur.Rimena payait les gardes pour me défigurer.Selon elle, mon visage était insupportable.Ce que ma sœur avait fait à son frère moi...Luma Je devais en payé.Les gifles n'en finissaient plus.Ma lèvre fendue.Mon œil tellement enflé que je pouvais à peine l'ouvrir. La faim devint le moindre de mes soucis.Grâce à la Déesse, l'odeur de mes petits était encore très discrète.Seuls les plus attentifs auraient pu la remarquer.Dans l'obscurité, je posai une main sur mon ventre.— Je vous sortirai d'ici..., murmurai-je.Ma voix tr
MEUTE CROCS-DE-NUITLUMALe silence était assourdissant. L'obscurité, solitaire.Je frissonnais contre les barreaux de ma cellule. Je n'avais rien mangé depuis vingt-quatre heures. Lumina était faible. Presque évanescente. Et je n'arrivais plus à arrêter de trembler.Pour aggraver les choses, quelque chose me mordait.Je me giflai le bras, espérant que ce n'était qu'un moustique.Puis je passai la main sur ma peau.Des puces.Les picotements ne cessaient pas. De petites pattes par-ci. De petites morsures par-là. Je me grattai jusqu'à ce que ma peau brûle.Lumina gémit.— Ne les laisse pas gagner, chuchota-t-elle.Mais je perdais du terrain.Je me levai d'un bond, secouai mes vêtements, puis changeai de place.Rien.Les démangeaisons ne faisaient qu'empirer.Je continuais à me déplacer dans le noir, espérant échapper aux insectes. La poussière collait à mes vêtements au moindre mouvement.Après ce qui me sembla une éternité, la porte s'ouvrit.Une faible lumière de torche penetrat.— Re
MEUTE CROCS-DE-NUITLUMAMa sœur a ruiné ma vie, deux fois.D'abord, elle a volé les plans de bataille et s'est enfuie avec un autre loup.Ensuite ? Elle m'a laissée derrière pour payer à sa place.Aujourd'hui, je suis liée à un homme qui déteste mon visage parce qu'il ressemble trait pour trait au sien. Prisonnière dans son clan. Surveillée à chaque souffle.Je fixais les murs nus de ma chambre.Six mois. Six mois que j'étais enfermée dans ce chambre. Aucune sortie. Aucune entrée. Surveillée même quand j'allais aux toilettes.La seule fois où l'on m'avait laissée seule, je l'avais regretté.Mon compagnon par alliance, pas par choix, avait exigé que j'assiste à une réunion d'affaires. Il avait tant bu que j'avais fini par m'occuper de lui. Son odeur avait brouillé mon jugement. Cette nuit-là, j'avais perdu ma virginité. J'avais cru que, peut-être, il cesserait de me détester. Après tout, nous avions partagé quelque chose.Mais non.Quand il s'était réveillé le lendemain matin, ce n'ét







