로그인MEUTE CROCS-DE-NUIT
LUMA J'étais tombée plus bas qu'une Oméga. Moi, une Bêta. Jamais de toute ma vie je ne m'étais sentie aussi humiliée. Des heures passées à récolter le riz sous un soleil brûlant. Les protecteurs lançaient des plaisanteries obscènes en m'appelant « la croqueuse de queue ». Les Omégas, eux, en profitaient pour me bousculer discrètement, savourant enfin le sentiment de me dominer. Chaque coup d'épaule semblait dire la même chose. Tu n'as plus ta place ici.Tu n'es plus rien. Je gardais les yeux baissés et continuais à travailler. Si je répondais... ils trouveraient un nouveau prétexte pour me faire souffrir. Et je ne pouvais pas prendre ce risque.Pas avec mes petits. Lorsque la sirène annonça la pause de midi, tout le monde se dirigea vers les cuisines. Il y'avait un plat pour chacun. Sauf moi. Un silence s'installat . Tous restèrent à m'observer.Ils attendaient me voir supplier et pleurer. Je ne leur offrirais jamais ce plaisir. Lumina était épuisée. Mes petits grandissaient en moi, puisant chaque jour un peu plus dans mes forces. Je tournai simplement les talons et retournai vers les champs. À l'abri des regards, quelques larmes roulèrent sur mes joues. Quelques-unes seulement. Le temps de soulager le poids qui écrasait ma poitrine.Puis je les essuyai d'un revers de main. Plus de larmes je ne suis dit. Tu vas t'en sortir. Tu dois t'en sortir Je finis par m'asseoir au pied d'un arbre. L'ombre m'offrait un peu de fraîcheur. Je fermai les yeux.Sous mes doigts, la terre était fraîche. Je m'efforçai de me concentrer sur cette sensation.C'était le seul réconfort qu'il me restait. Puis une délicieuse odeur vint chatouiller mes narines. De l'antilope grillée. Mes yeux s'ouvrirent brusquement.Noëlla se tenait devant moi. Le repas était enveloppé dans du papier brun encore chaud. Une fine vapeur s'en échappait. De la vraie nourriture. Chaude. Mon estomac gronda aussitôt, avec une telle force que j'en eus honte. Pourtant... Je ne connaissais presque rien d'elle. — Je m'appelle Noëlla. Je suis une sorcière. Je me cache dans cette meute pour échapper à mon frère aîné. Je ne te veux aucun mal. Maintenant que tu connais la vérité... veux-tu enfin manger ? Pour le bien de tes petits. Je fronçai les sourcils. — Je croyais que vous aviez promis de ne plus lire dans mes pensées. Un sourire amusé effleura ses lèvres. — Je veut bien ne plus lire. Mais que je fasse si tu ne cesse de te méfier de moi ? Je baissai les yeux. Elle ne pourrai pas comprendre.La méfiance était devenue mon seul bouclier.Faire confiance ne m'avait jamais apporté que de la souffrance. Avec hésitation, je pris enfin le paquet. Je le dépliai lentement. L'odeur de la viande fumée, mêlée aux herbes sauvages, m'envahit aussitôt. Ma bouche se remplit de salive. J'inspirai une nouvelle fois. Comme si j'avais peur qu'il ne s'agisse d'un piège. Cette odeur... Elle m'avait tellement manqué. Je n'avais plus goûté de viande grillée depuis mon arrivée dans cette meute. Même avant le cachot.Il remonte q quand Tristan m'avait condamnée. — Où avez-vous trouvé ça ? demandai-je. Les prisonniers n'ont jamais droit à une nourriture pareille. Elle haussa simplement les épaules. — Je suis une sorcière. Je peux voler tout ce que je veux. Sa réponse était si naturelle que j'en restai bouche bée. Elle disait cela comme si voler un repas était la chose la plus banale du monde. Je finis par prendre une première bouchée. La viande fondait dans la bouche. Elle n'était pas seulement délicieuse mais aussi tendre et juteuse. Je cessai aussitôt de faire attention à Noëlla.Je dévorai tout.Comme si chaque bouchée effaçait un peu de la faim qui me rongeait depuis des semaines. Mes mains tremblaient tandis que j'arrachais les derniers morceaux.Je ne m'étais même pas rendu compte à quel point j'étais affaiblie. Lorsque j'eus terminé, j'essuyai ma bouche du revers de la main. Puis je laissai échapper un petit rot de satisfaction avant de m'adosser au tronc de l'arbre. Pour la première fois depuis des semaines...J'avais le ventre plein. — Je t'ai aussi apporté ceci. Je tournai la tête. À côté de moi se trouvait une boîte remplie de sang de lapin. Il était si frais et encore tiède. Je relevai les yeux vers elle envahit. — Pourquoi faites-vous tout ça pour moi ? Et où avez-vous trouvé cette boîte ? Son sourire disparut. Elle contempla les champs quelques instants avant de répondre. — Pourquoi ressens-tu toujours le besoin de douter de tout ? Je t'ai rencontrée. Tu m'as semblé être une bonne personne. J'ai envie de t'aider. Pourquoi continues-tu à me repousser ? Un silence pesant s'installa. Je finis par demander : — Comment pouvez-vous savoir que je suis quelqu'un de bien ? Parce que quelques gardes ont parlé de moi ? L'ironie perçait dans ma voix. Je ne laisserais plus jamais personne me manipuler avec de la gentillesse. Noëlla secoua doucement la tête. — Les gardes ne m'ont rien raconté. Pendant ton sommeil, je suis entrée dans ton esprit. J'ai tout vu. Mon souffle se coupa.Elle connaissait tout. Que se soit mes peurs,mes secrets ou même mes prières murmurées dans le noir. Elle savait tout. — Alors cesse de te protéger autant, ajouta-t-elle. Si je veux savoir quelque chose, je le saurai de toute façon. Je mordis ma lèvre. Puis je pris la boîte de sang et la bus d'une traite.Le goût métallique glissa dans ma gorge. Une agréable chaleur se répandit dans tout mon corps. Je continuai malgré tout à regarder l'horizon sans dire un mot.Noëlla soupira. — Tu ne pourras pas m'ignorer éternellement, Luma. Ton état est préoccupant. Et puisque je suis une bonne sorcière, je refuse de te laisser mourir dans ce cachot. Elle me fixa droit dans les yeux. — Tu dois t'enfuir. Et...Je sais comment faire. Je relevai brusquement la tête. Pourquoi tenait-elle autant à m'aider ? — Vous savez que si je vous fais confiance... je risque gros ? Elle hocha la tête. — Et rester ici est encore plus dangereux. La famille de l'Alpha ne te laissera jamais vivre en paix. Ses paroles me frappèrent de plein fouet.Elle avait raison. Rimena ne s'arrêterait jamais. Et Tristan...Ne me croirait jamais. Noëlla s'assit en tailleur sur la terre. — Bien. Maintenant, écoute-moi attentivement. J'acquiesçai. Peut-être...Peut-être que la Déesse avait enfin entendu mes prières. — Tes petits ont besoin que tu sortes d'ici. Mon âme sœur est à ma recherche. Ce n'est plus qu'une question de temps avant qu'il ne me retrouve. Je fronçai les sourcils. — Votre âme sœur ? — Oui. C'est l'Alpha de la Vallée de la Lune Bleue. Nous nous sommes disputés et je me suis enfuie. Mais le lien d'âme sœur finira forcément par le conduire jusqu'à moi. Elle me regarda avec sérieux. — Lorsqu'il me retrouvera... je t'aiderai à t'échapper. Mon cœur fit un bond. — M'aider... à m'échapper ? Un mince espoir renaissait en moi. Fragile et terrifiant à la fois. Elle acquiesça. — Écoute bien. Le jour où les protecteurs viendront me chercher dans notre cellule, tu sauras qu'il m'a retrouvée. Elle baissa encore la voix. — Je demanderai à mon compagnon de patienter. Nous quitterons les lieux en plein jour. Vers midi, notre voiture passera près des champs. Deux protecteurs connaissent un passage discret. Ils t'aideront à monter à bord. Je restai silencieuse quelques instants avant de demander : — Et qu'attendez-vous de moi en échange ? Elle me regarda sans hésiter. — Ton amitié. Puis elle ajouta : — Et ta loyauté. Mon cœur se serra. L'amitié...Je pouvais la lui offrir. Mais ma loyauté ?Pourquoi la voulait-elle ?Que me demanderait-elle un jour ? Pourtant...Je devais quitter cet endroit. Le reste viendrait plus tard. Après une longue hésitation, j'inclinai lentement la tête. — D'accord.Je le ferai. Un sourire illumina son visage. Le premier que je lui voyais. Sincère,sans moquerie ou arrière-pensée. — Alors viens.Retournons travailler. Encouragée, je me relevai. Mes jambes tremblaient encore. Mais, pour la première fois depuis des mois...Ma détermination était plus forte que ma peur. La Déesse venait enfin de m'offrir une chance. Restait à savoir...Si j'arriverais à la saisir.MEUTE CROCS-DE-NUITLUMAJ'allais enfin tenter de m'évader. Jamais de toute ma vie je n'avais eu aussi peur. Allais-je réussir ? Je n'en savais rien, mais une chose était certaine : je me battrai jusqu'au bout. Le moment que Noëlla et moi attendions arriva plus tôt que prévu. Deux jours après notre conversation, des protecteurs descendirent au cachot dès le matin. Cette fois, plus d'insolence à son égard ; ils s'inclinèrent respectueusement en prononçant mon nom :« Luna de la Vallée de la Lune Bleue. » À cet instant, tous mes doutes s'envolèrent et l'espoir prit enfin sa place dans mon cœur, avant qu'un autre sentiment ne s'impose aussitôt : la peur. Et si notre plan échouait ? Que deviendrais-je ?Les protecteurs s'écartèrent pour laisser passer un homme à la peau brune, vêtu d'un pantalon de sport sombre, la marque de sa meute entourant son bras droit. Il avançait avec l'assurance tranquille d'un Alpha habitué à être obéi. Pourtant, ses yeux étaient remplis de regrets. « Mon amou
MEUTE CROCS-DE-NUITLUMAJ'étais tombée plus bas qu'une Oméga.Moi, une Bêta.Jamais de toute ma vie je ne m'étais sentie aussi humiliée.Des heures passées à récolter le riz sous un soleil brûlant. Les protecteurs lançaient des plaisanteries obscènes en m'appelant « la croqueuse de queue ». Les Omégas, eux, en profitaient pour me bousculer discrètement, savourant enfin le sentiment de me dominer.Chaque coup d'épaule semblait dire la même chose.Tu n'as plus ta place ici.Tu n'es plus rien.Je gardais les yeux baissés et continuais à travailler.Si je répondais... ils trouveraient un nouveau prétexte pour me faire souffrir.Et je ne pouvais pas prendre ce risque.Pas avec mes petits.Lorsque la sirène annonça la pause de midi, tout le monde se dirigea vers les cuisines. Il y'avait un plat pour chacun.Sauf moi.Un silence s'installat .Tous restèrent à m'observer.Ils attendaient me voir supplier et pleurer.Je ne leur offrirais jamais ce plaisir.Lumina était épuisée.Mes petits grandi
MEUTE CROCS-DE-NUITLUMATristan ne revint jamais.Les jours puis des semaines passèrent.Un mois entier s'écoula sans que je ne le revoie.Avait-il retrouvé les documents ?Je n'en savais rien.Cette question me hantait lorsque je me réveillait chaque matin et m'empêchait de trouver le sommeil chaque nuit.S'il les avait retrouvés..Pourquoi me laissait-il enfermée ?Et si non...Pourquoi n'est-il pas venue m'annoncer mon sort ?À sa place, vinrent son frères et sa sœur.Rimena payait les gardes pour me défigurer.Selon elle, mon visage était insupportable.Ce que ma sœur avait fait à son frère moi...Luma Je devais en payé.Les gifles n'en finissaient plus.Ma lèvre fendue.Mon œil tellement enflé que je pouvais à peine l'ouvrir. La faim devint le moindre de mes soucis.Grâce à la Déesse, l'odeur de mes petits était encore très discrète.Seuls les plus attentifs auraient pu la remarquer.Dans l'obscurité, je posai une main sur mon ventre.— Je vous sortirai d'ici..., murmurai-je.Ma voix tr
MEUTE CROCS-DE-NUITLUMALe silence était assourdissant. L'obscurité, solitaire.Je frissonnais contre les barreaux de ma cellule. Je n'avais rien mangé depuis vingt-quatre heures. Lumina était faible. Presque évanescente. Et je n'arrivais plus à arrêter de trembler.Pour aggraver les choses, quelque chose me mordait.Je me giflai le bras, espérant que ce n'était qu'un moustique.Puis je passai la main sur ma peau.Des puces.Les picotements ne cessaient pas. De petites pattes par-ci. De petites morsures par-là. Je me grattai jusqu'à ce que ma peau brûle.Lumina gémit.— Ne les laisse pas gagner, chuchota-t-elle.Mais je perdais du terrain.Je me levai d'un bond, secouai mes vêtements, puis changeai de place.Rien.Les démangeaisons ne faisaient qu'empirer.Je continuais à me déplacer dans le noir, espérant échapper aux insectes. La poussière collait à mes vêtements au moindre mouvement.Après ce qui me sembla une éternité, la porte s'ouvrit.Une faible lumière de torche penetrat.— Re
MEUTE CROCS-DE-NUITLUMAMa sœur a ruiné ma vie, deux fois.D'abord, elle a volé les plans de bataille et s'est enfuie avec un autre loup.Ensuite ? Elle m'a laissée derrière pour payer à sa place.Aujourd'hui, je suis liée à un homme qui déteste mon visage parce qu'il ressemble trait pour trait au sien. Prisonnière dans son clan. Surveillée à chaque souffle.Je fixais les murs nus de ma chambre.Six mois. Six mois que j'étais enfermée dans ce chambre. Aucune sortie. Aucune entrée. Surveillée même quand j'allais aux toilettes.La seule fois où l'on m'avait laissée seule, je l'avais regretté.Mon compagnon par alliance, pas par choix, avait exigé que j'assiste à une réunion d'affaires. Il avait tant bu que j'avais fini par m'occuper de lui. Son odeur avait brouillé mon jugement. Cette nuit-là, j'avais perdu ma virginité. J'avais cru que, peut-être, il cesserait de me détester. Après tout, nous avions partagé quelque chose.Mais non.Quand il s'était réveillé le lendemain matin, ce n'ét







