เข้าสู่ระบบGiulia Le lendemain, Lucia vient me voir, elle est pâle, elle est nerveuse, elle tremble légèrement, elle s'assoit en face de moi, elle pose ses mains sur la table, elle les regarde, elle les tourne, elle les retourne, elle ne sait pas quoi faire de ses mains, elle ne sait pas quoi faire d'elle-même, elle ne sait pas quoi faire de sa vie, elle parle, elle parle rapidement, comme si les mots allaient l'étouffer si elle ne les laissait pas sortir. — Luna, Giulia, je dois vous dire quelque chose, je dois vous avouer quelque chose, je dois vous confesser quelque chose, je n'ai pas été à la hauteur, je n'ai pas été fidèle, je n'ai pas été courageuse, j'ai eu peur, j'ai eu peur pour ma vie, j'ai eu peur pour ma famille, j'ai eu peur pour tout, j'ai failli tout révéler, j'ai failli tout dire, j'ai failli tout trahir. Je la regarde, je ne bouge pas, je ne parle pas, je la laisse parler, je la laisse se confesser, je la laisse vide
GiuliaLes jours suivants, je vois Lorenzo s'effondrer, non pas physiquement, il est déjà à terre, il est déjà vidé, il est déjà plus qu'à moitié mort, mais mentalement, émotionnellement, spirituellement, il s'effondre comme un château de sable qui rencontre la marée, il s'effondre comme une tour qui n'a plus de fondations, il s'effondre comme un homme qui a tout perdu et qui ne sait plus quoi faire, qui ne sait plus qui être, qui ne sait plus pourquoi vivre.Il est dans ses appartements, gardé par Falco et Camillia, il ne sort plus, il ne parle plus, il ne mange plus, il ne dort plus, il regarde le plafond, il regarde le mur, il regarde la fenêtre, il regarde le vide, il regarde le néant, il regarde la mort qui approche, il regarde tout ce qui a été et tout ce qui ne sera jamais.Ses partisans, les cinq qui étaient enfermés dans leurs quartiers, commencent à douter, ils commencent à se demander si leur cause est juste, si leur combat est utile,
GiuliaMatteo ne m'a pas tout dit quand il est revenu de la grotte, il m'a dit qu'il avait brûlé les armes, qu'il avait détruit les provisions, qu'il avait laissé des indices qui montraient que c'était Lorenzo, mais il ne m'a pas dit que Valerius était revenu pendant qu'il était encore là, il ne m'a pas dit qu'il avait failli se faire prendre, il ne m'a pas dit qu'il avait dû courir pour sauver sa vie, il ne me l'a pas dit parce qu'il ne voulait pas m'inquiéter, mais le lien de longévité, le lien qui nous unit depuis la seconde étape, ne ment pas, je sens à travers lui la peur qu'il a ressentie, la course qu'il a faite, la brûlure qu'il a reçue, la fatigue qui l'épuise, et quand il me dit que tout est fini, que les armes sont détruites, que Valerius ne peut plus attaquer, je sais qu'il ment, il ne ment pas sur les faits, il ment sur l'ampleur du danger, il ment parce qu'il veut me protéger, il ment parce qu'il m'aime, il ment parce qu'il ne veut pas que je porte l
Giulia Les jours passent, Matteo ne revient pas, je ne dors pas, je ne mange pas, je ne parle pas, j'attends, j'attends son retour, j'attends des nouvelles, j'attends un signe, j'attends quelque chose, le lien est là, le lien est faible, le lien est distant, mais il est là, Matteo est vivant, Matteo est en vie, Matteo est quelque part au nord, Matteo est en train de brûler les armes, Matteo est en train de détruire les provisions, Matteo est en train de faire en sorte que Valerius pense que Lorenzo l'a trahi. Le troisième soir, Matteo revient, il est fatigué, il est pâle, il est tendu, il a une brûlure au bras, une brûlure qui n'est pas profonde mais qui est douloureuse, il s'assoit devant moi, il pose ses mains sur la table, il parle. — Giulia, c'est fait, j'ai brûlé les armes, j'ai détruit les provisions, j'ai laissé des indices qui montrent que c'est Lorenzo, j'ai fait en sorte que Valerius pense que Lorenzo l'a trahi,
Giulia La réponse de Matteo arrive le lendemain, non pas par corbeau, par le lien, par la pensée directe qui traverse les distances et les obstacles, il est à la cabane du bûcheron, il a reçu ma lettre, il a lu mes mots, il a compris ma peur, il a compris mon doute, il m'appelle à travers le lien, sa voix résonne dans ma tête comme si elle était là, comme s'il était à côté de moi. — Giulia, je connais Valerius, je le connais depuis des siècles, c'est un ancien membre du Conseil, il a été exilé pour trahison, il a tué des centaines de personnes, il a comploté contre des rois, il a fomenté des guerres, il a survécu à tout, il est dangereux, il est rusé, il est patient, il est impitoyable, il déteste les Draegon, il déteste ma famille, il déteste tout ce qui porte mon nom, si Valerius découvre que tu es liée à moi, que tu es mon alliée, que tu es celle que j'aime, il te tuera, il te tuera sans hésiter, il te tuera avec plaisir, il te tuera
Giulia Matteo décide de ne pas attendre, il ne peut pas attendre, il ne peut pas rester à la cabane du bûcheron à regarder les nuages passer pendant que Valerius prépare une attaque contre la meute, il sort la nuit suivante, il part vers le nord, vers la grotte, vers le repaire de Valerius, il marche seul, il marche silencieux, il marche invisible, il marche comme un vampire qui a survécu à six siècles de guerres et de trahisons, il arrive à la grotte avant l'aube, il se cache dans l'ombre, il attend, il observe, il regarde, il écoute. Valerius n'est pas là, le repaire est vide, les armes sont là, les provisions sont là, les documents sont là, la carte est là, mais Valerius n'est pas là, il est parti, il est ailleurs, il prépare quelque chose, il prépare une attaque, il prépare une guerre, il prépare la destruction de la meute. Matteo entre dans la grotte, il examine les armes, il compte les lances, les épées, les flèches,







