LOGINLe soir de notre septième anniversaire, je surprends mon compagnon, l'Alpha Lorenzo, marquant ma demi-sœur Bianca , la vraie marque, celle qu'il ne m'a jamais donnée. La trahison éveille en moi un sang ancien : je suis la dernière héritière d'une lignée de vampires royaux. Aucun loup ne pouvait me marquer. Lorenzo le savait. Tous m'ont menti. Je ne crie pas. Je souris. Et j'écris à l'ennemi juré de Lorenzo, Matteo Draegon, l'Alpha hybride. Il me répond : Je t'attendais, fille des cendres. Sept ans de secrets volés me servent d'armes. Je démonte son empire de l'intérieur pendant que Matteo frappe de l'extérieur. Les alliés tombent, les caisses se vident, Bianca hurle. Le jour où Lorenzo s'effondre, il rampe à mes pieds. — Tu ne m'as jamais marquée, lui dis-je en montrant ma gorge où brillent deux morsures entrelacées. Il n'y a jamais eu que ton mensonge et ma patience. Mes crocs descendent. Mes yeux flamboient. — Et maintenant, il n'y a plus que moi.
View MoreGiuliaIl ouvre les yeux au matin du quatrième jour, et je suis en train de m'assoupir, la tête contre le bord de la couche, et c'est le lien qui me réveille, une pulsation différente, plus nette, une pulsation qui a conscience d'elle-même, et je relève la tête et ses yeux sont ouverts, gris, cernés, ouverts, et il me regarde, et le monde entier tient dans ce regard fatigué.— Tu es là, dit-il, et sa voix est un râle, une feuille morte qu'on froisse, et c'est le plus beau son que j'aie jamais entendu.— Je suis là, dis-je, et je serre sa main, et je me dépêche d'ajouter, parce que le chirurgien me tuerait, ne parle pas, ne parle pas trop, il faut que tu te taises et que tu guérisses, c'est un ordre, et tu sais ce que valent mes ordres.Il sourit, un tout petit peu, juste le coin de la bouche, et il ne m'obéit pas, évidemment, il n'a jamais su m'obéir.— J'ai eu le temps de penser, dit-il, entre deux respirations qui sifflent, al
GiuliaOn ne me laisse pas entrer, et c'est peut-être la seule fois de ma vie où j'obéis sans discuter, parce que le vieux chirurgien des Maisons m'a regardée une seconde, une seule, et m'a dit une phrase qui valait tous les ordres du monde, votre sang bout, ma reine, et j'ai besoin que le sien reste froid, alors j'attends dehors, adossée à la tente, dans ma cuirasse couverte de lui, et je compte, je compte les respirations, les miennes, parce que les siennes je ne peux plus les entendre, et le lien est là, ténu, un fil d'araignée dans une tempête, et tant qu'il vibre je respire, et quand il faiblit j'arrête, et je vis ainsi, par à-coups, suspendue à un signal plus fragile qu'une goutte de rosée.La bataille continue sans moi, je l'entends, elle s'éloigne, elle change de timbre, les cris de mêlée deviennent des cris de poursuite, puis des cris de victoire, et des gens viennent me trouver, Enzo, Selene, des capitaines, et ils parlent, et je réponds, je cro
GiuliaCela arrive au moment où tout bascule, au moment exact où la bataille est gagnée, et c'est toujours ainsi, je le saurai désormais, c'est au moment où l'on croit que c'est fini que le monde choisit de frapper, le centre ennemi se rompt, les lignes de Lorenzo lâchent, la fuite commence, et je pousse un cri de victoire que je ne finirai jamais.Parce que je les vois, sur la crête basse, à l'ouest, là où la bataille est passée et où plus personne ne regarde, un groupe, six, sept hommes, pas en fuite, immobiles, et parmi eux des arcs, des arcs noirs, longs, que je n'ai jamais vus dans aucune armée de loups, et l'un d'eux est bandé, et il n'est pas bandé vers la mêlée, il est bandé vers moi, et je comprends dans le même éclair, les archers de Valerius, les hommes des Maisons, les flèches d'argent, parce que le Conseil sait depuis longtemps ce qui tue ce qui est comme moi, et Valerius n'a jamais eu l'intention de laisser Lorenzo gagner seul, Valerius a pl
Giulia Je ne sais pas à quel moment je cesse d'être une générale pour devenir autre chose, peut-être quand le deuxième louveteau de ma garde tombe, un garçon de seize ans que j'ai vu grandir, et que quelque chose en moi, quelque chose qui tenait encore, lâche, et le sang de Draegon monte, monte, cette marée que j'ai retenue toute ma vie, que je n'ai laissée parler que deux fois, et cette fois je ne la retiens pas, cette fois je l'appelle, je lui ouvre toutes les portes, et le monde change de couleur, le monde devient lent et net et rouge sur les bords. Tout ralentit, tout, je vois les lames arriver comme des feuilles dans le vent, je vois les gouttes de sueur quitter les fronts, je vois la peur dans les yeux des hommes qui se retournent vers moi, la peur qui naît à la seconde où ils me voient, parce qu'ils voient ce que je suis, enfin, entièrement, la marque brûle à travers le brassard, mes crocs sont sortis, mes yeux ont dû changer, je






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