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Chapitre 161 — Les lettres de Bianca

Author: Déesse
last update publish date: 2026-09-12 08:03:04

Lucia me regarde, elle est surprise, elle est inquiète, elle ne comprend pas pourquoi je laisse Bianca faire, pourquoi je ne l'arrête pas, pourquoi je ne la punis pas, elle me demande pourquoi, elle me demande ce que je cherche, elle me demande ce que je veux, je lui réponds, ma voix est calme, ma voix est froide, ma voix est celle de la Luna, je lui dis que Bianca est un instrument, un outil, une clé, que je la laisse faire parce qu'elle va me mener à Lorenzo, parce qu'elle va me r
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  • LES LARMES DE MON EX-COMPAGNON    Chapitre 199— La fête de la victoire

    Giulia La fête suit les funérailles. C'est la coutume. La vieille coutume. On pleure les morts le jour et on fête les vivants la nuit. Parce que les morts n'aiment pas qu'on meure avec eux. Parce que les morts veulent qu'on vive. Parce que la vie continue, toujours, malgré tout, malgré la douleur, malgré les larmes, malgré les trous dans la toile. Et la grande cour se transforme. Les tables sortent. Les tonneaux s'ouvrent. Les feux montent. Les musiciens que la meute avait oublié qu'elle possédait ressortent les vielles et les tambours. Et la nuit devient une nuit de danse et de vin. Une nuit où la meute entière respire. Une nuit que ces loups n'avaient pas connue depuis des années. Depuis les premières années. Depuis l'avant. Depuis le temps où Lorenzo n'était pas encore un tyran et où la meute n'était pas encore un tombeau. Et je fais ce que je dois faire. Je souris. Je danse.

  • LES LARMES DE MON EX-COMPAGNON    Chapitre 198 — Les funérailles des héros

    Je passe à Davide. — Davide ne parlait jamais. Jamais un mot. Jamais une plainte. Jamais une protestation. On le croyait muet, quand il est arrivé. On a mis trois mois à comprendre qu'il parlait, mais seulement quand c'était important. Et quand il parlait, tout le monde se taisait. Parce que Davide ne disait que des choses vraies. Des choses dures. Des choses nécessaires. Au col, il a parlé une dernière fois. Il a dit : « La brèche, à gauche, ils vont passer par là. » Et il avait raison. Et il est mort en pointant la brèche. En sauvant la meute. En parlant une dernière fois. Je passe à Teresa. La petite Teresa. Quinze ans. — Teresa était la plus jeune. La plus fragile. La plus insolente. Elle avait quinze ans et elle refusait de rester aux caves. Elle a pris un couteau — un couteau de cuisine, pas même une lame de guerre — et elle est montée sur les remparts

  • LES LARMES DE MON EX-COMPAGNON    Chapitre 196 — La victoire

    GiuliaQuand nous revenons, quand la meute franchit les portes au milieu de la nuit, les portes qui s'ouvrent toutes grandes, la cour est pleine.La cour entière est pleine de ceux qui ont attendu.Les femmes. Les anciens. Les enfants qu'on n'a pas réussi à tenir dans les caves. Les blessés légers qui ont refusé de rester couchés. Les serviteurs. Les artisans. Les cuisiniers. Tous ceux qui ne combattent pas mais qui portent la meute sur leurs épaules, tous ceux qui attendent dans l'angoisse et qui prient des dieux qu'ils ne connaissent même pas, tous ceux qui sont la chair et le sang de ce que nous défendons.Et ils voient les torches.Ils voient les rangs.Ils voient le nombre.Et le nombre dit tout avant que personne ne parle. Le nombre dit que nous sommes revenus. Le nombre dit que nous sommes revenus presque tous. Le nombre dit que nous sommes revenus victorieux. Le nombre dit ce que les mots ne peuvent pas

  • LES LARMES DE MON EX-COMPAGNON    Chapitre 197 — La victoire

    Il marque une pause. Il me regarde. Ses yeux brillent. — Et cette nuit, cette nuit j'ai combattu derrière un chef qui combattait devant. Devant. Vous m'entendez ? Elle était devant. La première lame engagée. La dernière retirée. Elle a tué plus d'ennemis que n'importe qui. Elle a tenu la ligne quand la ligne allait céder. Elle a commandé avec la tête et combattu avec le cœur. Voilà ce que je dis, moi, Gerardo. Voilà ce que j'ai vu. Voilà ce que je témoigne. Et que celui qui conteste vienne me le dire en face. Il me regarde. Il me désigne. — La meute a une Alpha. Et l'Alpha a un nom. Et le nom monte. Et le nom devient un chant. Un chant qui monte vers le ciel, qui emplit la nuit, qui fait trembler les murailles. Giulia. Giulia. Giulia. Mon nom. Mon nom enfin. Mon nom pour toujours. Je me tiens au milieu de tout cela. Épuisée. Sanglante. Entière. Et je cherche Matteo des yeux. Et je le

  • LES LARMES DE MON EX-COMPAGNON    Chapitre 195 — La fuite de Lorenzo

    Lorenzo recule avec eux. Il boite. Il saigne. Il est porté par deux mercenaires, deux hommes qui ne le connaissent même pas, deux hommes qui le vendent au plus offrant, deux hommes qui le traînent vers la brèche comme on traîne un colis encombrant. Et ses yeux. Ses yeux ne me quittent pas. Ses yeux me dévorent jusqu'au bout. Ses yeux me promettent tout ce qu'un homme peut promettre quand il n'a plus rien à promettre. La vengeance. La haine. Le retour. La mort. Enzo arrive au pas de course. La lame basse. Le visage en feu. Le souffle court. Il a combattu toute la nuit, il a tué, il a vu mourir ses frères, et il est encore debout, et il est encore prêt, et il veut la fin. La fin nette. La fin totale. La fin qui lave le sang par le sang. — Alpha ! Ils fuient ! La brèche est ouverte ! Nous pouvons les couper ! Nous pouvons les achever ! Une volée ! Une seule volée des corniches et il ne reste rien ! Donnez l'ord

  • LES LARMES DE MON EX-COMPAGNON    Chapitre 194— Le duel Lorenzo-Giulia 2

    Une charge magnifique et désordonnée. Toute sa force. Tout son poids. Toute sa haine dans une seule lame, dans un seul geste, dans un seul moment de vérité brute. C'est beau, à sa manière. C'est terrible, à sa manière. C'est la charge d'un homme qui sait qu'il va mourir et qui veut emporter son ennemi avec lui. C'est la charge d'un désespoir qui n'a plus rien à perdre. C'est la charge d'un Alpha déchu qui veut mourir en Alpha.Et c'est l'ouverture.L'ouverture que j'attendais.Je plie. Je pivote. Je passe sous son bras, sous cette lame qui fend l'air au-dessus de moi, sous cette force qui me frôle et me manque, et ma lame monte. Ma lame trouve. Ma lame ouvre son épaule.L'épaule droite.L'épaule du fer rouge.L'épaule du bras de lame.Je mets dans ce geste tout ce que je porte. Tous les morts. Tous les mensonges. Toutes les années. Toutes les nuits passées à calculer, à tisser, à survivre. Toutes les larmes que je n

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