MasukJOREN TROUVE LA VIEILLE CARTEPOV Première Personne — AeliraJoren n’a rien dit pendant deux jours.Il taillait. Du matin au soir. Du bois. Des pierres. Il ne parlait pas.Le troisième jour, il est venu me voir. Les mains sales. Et quelque chose dans la sienne.Un morceau de tissu. Vieux. Jauni.« J’ai trouvé ça, » a-t-il dit. « Sous l’école. Quand je creusais pour mettre une nouvelle poutre. »Il l’a déplié. C’était une carte.Pas une carte normale. Du papier épais. Avec de l’encre brune.Kaldera était dessus. Mais pas la Kaldera d’aujourd’hui.Il y avait des maisons là où il y a maintenant la fissure. Il y avait un puits là où il y a maintenant le Temple. Et au centre, un grand cercle. Entouré de 9 points.« C’est quoi ça ? » ai-je demandé.Joren a pointé du doigt. « Regarde ici. »En bas de la carte, une écriture. Fine. Presque effacée._Le Pacte des 9. Signé l’année de la grande sécheresse. Par 12 familles. Pour que la pluie revienne.
LA FISSURE DEMANDE UN NOM POV Première Personne — AeliraLa fissure a parlé cette nuit.Pas dans un rêve. Pas dans l’eau. Dans le sol.Je dormais à côté du cercle de pierres. Un grondement. Puis un mot. Mon nom.« Aelira. »J’ai ouvert les yeux. La terre vibrait sous moi. Joren était déjà debout, une hache à la main.« Tu l’as entendue ? » a-t-il demandé.J’ai hoché la tête. On est sortis.Le ciel était noir. Pas d’étoiles. Juste le bruit. Comme si la terre respirait.La fissure était au vieux champ. Celle qui s’était agrandie hier. Elle faisait maintenant la largeur d’un bras.Et au fond, il y avait de la lumière. Bleue. Qui pulsait.Puis la voix est revenue. Pas une voix. Neuf voix ensemble. Mais c’était la Sixième qui parlait le plus fort.Aelira.Tu es venue.Nous t’attendions.Je n’ai pas répondu. J’ai regardé le bord. La terre était craquelée sur 3 mètres.Approche, a dit la Sixième. Donne-nous un nom. Et nous nous tairons pendant u
SIRA FAIT UN RÊVE DIFFÉRENT_ POV Première Personne — AeliraSira n’a pas dormi pendant trois nuits.Sa mère est venue me voir le quatrième matin. Les yeux creusés. « Elle reste assise, » a-t-elle dit. « Elle regarde le mur. Elle dit qu’elle attend. »« Attend quoi ? »« Elle ne sait pas. Mais elle dit que ce n’est pas un mauvais rêve. Elle dit qu’il y a une chanson. »J’ai dit à la mère de l’amener.Sira est arrivée à midi. Barefoot. Avec le petit caillou blanc de Kemi dans la main. Celui avec la ligne bleue barrée.Elle ne courait plus. Elle marchait. Droite.« Tante Aelira, » a-t-elle dit. « Je peux m’asseoir dans le cercle ? »J’ai hoché la tête.Elle s’est assise. Les jambes croisées. Les yeux fermés.Joren a arrêté de sculpter. Les autres enfants se sont tus.« J’ai rêvé de la dame, » a dit Sira. Sa voix était calme. « La Sixième. »Mon ventre s’est noué. « Qu’est-ce qu’elle a dit ? »Sira a ouvert les yeux. « Elle pleurait. Elle a dit :
LE CONSEIL SE RÉUNIT SANS TOIPOV Première Personne — AeliraL’odeur de l’encens m’a réveillée avant le jour.Pas l’encens du matin. L’encens du Temple. Celui qu’on brûle quand on juge quelqu’un.Je me suis assise sur mon lit. Le livre du Prêtre était sous mon oreiller. Il pesait. Pas à cause du papier. À cause des noms.Joren dormait à côté. Il a ouvert les yeux quand j’ai bougé. « Tu l’entends ? » a-t-il murmuré.J’ai hoché la tête. « Ils se réunissent. »« Je viens avec toi. »« Non. » Ma voix était calme. « S’ils me voient avec toi, ils diront que tu me souffles les mots. Qu’ils ne puissent pas dire ça. »Il a serré les dents. Mais il n’a pas discuté.Je me suis lavé le visage à l’eau froide. La ligne bleue sur ma joue me brûlait. Je l’ai cachée avec mes cheveux.Dehors, le village dormait encore. Mais le chemin du Temple était déjà plein. Des femmes qui chuchotaient. Des hommes qui baissaient les yeux quand je passais.Personne ne m’a arrêtée.
CE QUE DORAN CACHE POV Première Personne — AeliraDoran est venu la nuit. Sans frapper.Joren dormait. Moi pas.Doran avait du sang sur les mains. Pas beaucoup. Juste sous les ongles.« Il faut que tu viennes, » a-t-il dit.« Où ? »« Au Temple. »Je me suis levée. Le cœur dans la gorge. « Qu’est-ce qui s’est passé ? »Il n’a pas répondu.On a marché. Les rues étaient vides. Même les chiens dormaient.Le Temple était ouvert. La porte grande. Comme une bouche.À l’intérieur, l’odeur. Pierre mouillée. Et autre chose. Métal.Au centre, sur l’autel, il y avait un livre. Ancien. La couverture noire. Brûlée sur les coins.Et à côté, le Prêtre. Mort.La gorge ouverte. Les yeux grands. Et sur sa poitrine, tracé avec du charbon : une ligne bleue.Doran s’est mis à genoux. Il tremblait.« Je l’ai trouvé comme ça, » a-t-il dit. « Il y a une heure. »Je n’ai pas touché le corps. J’ai regardé le livre.« C’est quoi ? »Doran a avalé. « Le vrai regi
LE PREMIER ÉLÈVE QUI DIT NON TOUT SEULPOV Première Personne — AeliraLe matin du 139e jour, personne n’est venu.Pas Sira. Pas les autres. La cour était vide.Joren a posé le pain sur la table. Il est resté là. Froid.« Elles ont peur, » a-t-il dit.Je n’ai rien dit. J’ai juste regardé le cercle de pierres. Il avait l’air petit. Inutile.À midi, un bruit. Des pas. Lents.C’était Kemi. Le garçon du marché. Tout seul. Pas de mère. Pas de main à tenir.Il s’est arrêté au portail. Ses épaules tremblaient.« Tu peux rentrer, » ai-je dit doucement.Il a secoué la tête. Puis il a levé son poignet. La ligne bleue était revenue. Plus foncée.« Elle est revenue cette nuit, » a-t-il murmuré. « Elle a dit que si je venais pas, Ada allait mourir. »Mon ventre s’est retourné. Joren s’est levé.Je me suis accroupie devant Kemi. « Et toi, tu veux quoi ? »Il a reniflé. « Je veux que ma sœur vive. Mais je veux pas dire oui. »Ses yeux étaient rouges. Ma
L’ENNEMI DANS SES YEUX (POV à la première personne — Aelira)Mon cœur s’est arrêté, je ne pouvais pas respirer. Ses mots sont restés là. Elle porte le sang de celui qui l’a maudit.J’ai regardé Zeirian. Il m’a regardée en retour. Mais ce n’était pas pareil. La colère était toujours là. L’attract
(POV Première Personne — Aelira)Les mots qu'il prononça ne disparurent pas simplement, ils persistèrent, ils restèrent collés aux murs, dans l'air, et même en moi. Je retirai rapidement mon poignet de sa main et je fis un pas en arrière. Comme si mettre de la distance entre nous pouvait défaire ce
(Point de vue à la première personne — Aelira)Le bruit de la porte qu’on traînait pour la fermer me terrifia, et mon cœur rata un battement. Je restai immobile un moment, fixant le bois épais comme si je pouvais le forcer à s’ouvrir par la seule force de ma volonté. La porte ne bougea pas, évidemm
Point de vue à la première personne — Aelira)Je ne pouvais plus respirer. Ses mots étaient toujours suspendus dans l’air, tranchants comme une lame. La mâchoire de Zeirian était crispée. Il ne me regardait même plus. C’était comme si je n’existais déjà plus pour lui. Et alors j’ai compris. Il le p







