LOGINL’ENNEMI DANS SES YEUX
(POV à la première personne — Aelira)
Mon cœur s’est arrêté, je ne pouvais pas respirer. Ses mots sont restés là. Elle porte le sang de celui qui l’a maudit.
J’ai regardé Zeirian. Il m’a regardée en retour. Mais ce n’était pas pareil. La colère était toujours là. L’attraction.
Maintenant il y avait autre chose. La méfiance. Froide. Tranchante. Comme un couteau sur ma gorge. « Non », ai-je murmuré.
Ça sonnait faible. Pathétique.
La vieille femme m’a regardée comme si j’étais déjà brisée. Je détestais ça. « Tu ne me connais pas. »
« J’en sais assez. » « Non. » J’ai reculé d’un pas. « Tu ne sais rien. » Ma poitrine s’est serrée. Trop serrée.
J’ai regardé Zeirian. J’attendais qu’il dise qu’elle se trompait. Il ne l’a pas fait. Il m’observait juste.
Comme si j’étais une étrangère. « Dis quelque chose. » « Laissez-nous », a-t-il dit à la femme et au garde.
« Zeirian » « Partez. » Sa voix était trop calme. Ça m’a fait plus peur que s’il avait crié. La porte s’est fermée.
Maintenant il n’y avait plus que nous. « Tu la crois », ai-je dit. Il n’a pas répondu tout de suite. Puis il s’est approché. Lentement.
mon corps a réagi, mais je n’aimais pas ça. « Tu ne me dis pas quelque chose que je devrais savoir. »
« Comment veux-tu que je te dise ce que je ne sais pas ? » ai-je rétorqué.
« Je n’arrive pas à comprendre quel est vraiment mon problème ». Je ne sais pas pourquoi j’entends des choses. Pourquoi ta malédiction réagit à moi ? Je ne connais absolument rien aux sorcières ».
« Mais son sang coule dans ton sang ». « Je ne comprends pas ce que tu dis ».
Silence.
J’ai vu son visage changer par rapport à ce qu’il était depuis que je suis entrée, mais ça n’a pas duré.
Il a attrapé mon poignet sans ma permission, je me suis dégagée. « Non. » « Tu crois que j’allais te faire du mal ? »
« Ce que je crois, c’est que tu ne sais pas ce que tu veux. » Il s’est tu. Parce que j’avais raison.
La malédiction le dévorait de l’intérieur. Je pouvais le sentir. Sombre. Affamée. Agitée.
« J’ai besoin de savoir si tu mens. » « Je ne mens pas. » « Alors laisse-moi voir. » « Voir quoi ? »
« Le lien. Quand je te touche, je te sens. » « Non. » « Aelira » « Non. » J’ai reculé. « J’ai peur, je ne veux pas et je ne peux pas te faire confiance. »
« Que tu me fasses confiance maintenant n’a pas d’importance, tu n’as pas à le faire », a-t-il dit. « Mais tu dois comprendre une chose tout de suite : si nous ne nous mettons pas d’accord pour en finir avec ce problème, nous serons tous les deux consumés, ce n’est pas négociable. »
Il disait vraiment la vérité. Je le détestais à cause de ça. Je n’ai vraiment pas le choix, alors j’ai posé ma main dans la sienne lentement. « Si je suis blessée, alors, j’en ai fini avec toi. » Quelque chose a changé dans ses yeux. Petit. Réel.
« Ça n’arrivera pas. » Je l’ai cru. Ses doigts se sont refermés autour des miens. Tout est devenu noir.
Froid. Vent. Arbres. Je n’étais plus dans la pièce. J’étais une enfant. Une femme s’agenouillait devant moi.
Cheveux sombres. Yeux argentés. Comme les miens. « Aelira, » a-t-elle murmuré. « Écoute. »
Ses mains tremblaient. « Ils arrivent. S’ils découvrent ce que tu es, ils te tueront. »
« Qu’est-ce que je suis ? » « La dernière. » Feu. Cris. Elle a glissé quelque chose dans ma main. Un collier d’argent. Une marque étrange.
« Ne les laisse jamais te le prendre. » Sang. Une lame. Elle est tombée. J’ai crié. Le souvenir s’est brisé.
J’ai haleté pour respirer, mon cœur s’est serré et je suis tombée en arrière. La pièce a tourné. Zeirian m’a rattrapée avant que je ne touche le sol.
« Qu’as-tu vu ? » Sa voix était tendue. « Une femme, » ai-je murmuré. « Elle me connaissait. » Son regard est descendu vers ma poitrine.
Il a sorti mon collier. « D’où tu tiens ça ? » « Il a toujours été à moi. » « Qui te l’a vraiment donné ? »
« Je ne peux pas dire avec certitude qui l’a fait. Je l’ai depuis toujours. » Il s’est figé. Puis j’ai eu peur.
« Cette marque, » a-t-il dit. « Je l’ai déjà vue. Dans la tombe de la sorcière. » La pièce est devenue silencieuse.
La porte s’est ouverte violemment. « Alpha ! » Le garde était à bout de souffle. « Nouvelle attaque. Forêt de l’Est. » J’ai pu entendre un bruit féroce.
Des coups de feu résonnaient partout. Je pouvais littéralement entendre les pas des gens courant pour se mettre à l’abri.
À ce moment-là, j’ai simplement conclu que j’étais au mauvais endroit. Des pensées fusaient dans ma tête.
Comment mon père a-t-il pu me faire ça, comment suis-je rejetée et envoyée dans cet endroit maudit. Mon cœur était lourd.
Mais malgré tout, je suis restée forte, je ne leur ai pas laissé voir ce qui se passait en moi.
Mon visage montrait du courage, mais au fond j’étais brisée.
Puis, le roi Alpha a demandé avec de la peur dans les yeux, et de la tension dans la voix. « Où ? »
« Et cette fois… » Le garde m’a regardée. « Ils demandent…., Zeirian a interrompu « Que demandent-ils ? Le regard du garde est resté fixé sur moi. Le froid m’a saisie. Mon souffle s’est coupé, je ne peux pas respirer correctement.
J’ai pu voir le cœur du roi Alpha battre très vite. Il paniquait littéralement. À ce moment-là, je ne connais pas mon sort.
« Qu’est-ce que tu veux dire ? » a
dit Zeirian. Le garde m’a regardée.
« Ils veulent la fille de la sorcière. »
LA BOUCHE QUI S OUVRE DANS LE CIELPOV Première Personne : AeliraAprès les cheveux qui repoussaient dans la nuit, c est le ciel qui a ouvert bouche.On l a vue le matin du onzième jour après avoir fermé vieux puits.Pas nuage.Pas soleil.Une forme dans ciel.Haute.Grande.Ronde et longue.Comme bouche ouverte.Noire dedans.Bords gris qui bougeaient.Comme fumée qui fait cercle.On a tous levé tête.Kemi a dit.« Ciel est cassé ? »J ai dit.« Non. C est elle. »Depuis longtemps elle flottait haut.On sentait.Mais on ne voyait pas.Maintenant on voyait bouche.Grande bouche dans ciel bleu.Qui s ouvrait lentement.Et qui regardait en bas.Vers nous.Vers butte.Doran a dit.« Elle a fait bouche pour avaler. »« Avaler quoi ? »« Nous. Ou butte. Ou tout. »Le deuxième jour, bouche plus grande.On voyait dedans plus noir.Et autour, vent tournait.Petit vent qui tournait autour de bouche.Comme eau qui tourne avant de tomber dans trou.Feu haute fumée qu on faisait montait et
LES CHEVEUX QUI REPOUSSENT DANS LA NUITPOV Première Personne : AeliraAprès le ventre qui battait sous la butte, ce sont les cheveux qui ont repoussé.Pas nos cheveux.Les cheveux blancs.Ceux qu on brûlait.On avait travail quatre.Brûler cheveux blancs.On trouvait cheveux blancs longs sur terre.Près du cercle.Près de la rivière.Parfois dans maison.Blancs comme fil de lune.On les ramassait et on brûlait chaque soir avec fumée basse.Ça marchait.Plus de cheveux le jour.Mais le matin du douzième jour après que cœur s est endormi, on a trouvé plus.Beaucoup plus.Kemi s est levée et a crié.Ses pieds pris dans cheveux.Plein de cheveux blancs sur sol de maison.Longs.Emmêlés.Qui couvraient sol.Comme toile d araignée blanche.J ai tiré Kemi.Cheveux accrochés à ses chevilles.Froids.Mouillés.Qui sentaient eau noire.Kori est venu.Il a coupé cheveux avec couteau.Cheveux criaient petit cri quand on coupait.Comme mains blanches avant.On a ramassé tous cheveux dans maison.
LE VENTRE QUI BAT SOUS LA BUTTEPOV Première Personne : AeliraAprès les mains qui poussaient dans le mur, c est la butte qui a battu.Comme un cœur.On l a senti le matin du cinquième jour après avoir refait murs avec sel.Je dormais près du mur sud.Par terre, dos contre terre.Et j ai senti.Boum.Boum.Lent.Sous terre.Sous maison.Sous butte.Comme cœur gros qui bat.J ai ouvert yeux.Kemi dormait.Kori aussi.Mais sol vibrait.Petit.Boum.Boum.Je suis sortie.Pieds nus sur terre.J ai senti mieux dehors.Butte devant.Elle battait.On voyait même herbe dessus bouger un peu à chaque boum.Comme poitrine qui respire.J ai appelé Doran.Il est venu.Il a mis main sur terre de la butte.Il a fermé yeux.« C est elle, » a t il dit.« Quoi elle ? »« Son cœur. Ou ce qui reste de son cœur en bas. Il bat encore. »« Pourquoi bat ? »« Parce qu on a fermé mains. Fermé terre. Fermé air. Son cœur cherche autre chemin. »Le deuxième jour, battement plus fort.On entendait la n
LES MAINS QUI POUSSENT DANS LE MURPOV Première Personne : AeliraAprès la terre qui s était ouverte, ce sont les mains qui ont poussé.Pas nos mains.Dans le mur de la maison.La maison en pierre près de la butte.Où on dort.Le mur du nord.On l a vu le matin du quatrième jour après que terre s est refermée.Kemi a dit.« Mur a des boutons. »Je suis allée voir.Mur nord.Pierre grise.Et dessus, petites bosses.Comme si pierre poussait vers dehors.Cinq bosses.Rondes.Grosses comme poing.J ai touché.Froid.Dur.Mais ça bougeait un peu.Comme si quelque chose poussait de l autre côté.Doran est venu.Il a touché aussi.« Ce n est pas pierre, » a t il dit.« C est dessous. »« Quoi dessous ? »« Quelque chose qui pousse. »On a gratté autour d une bosse avec couteau.Pierre est tombée.Dessous, pas pierre.Peau.Blanche.Plissée.Comme main fermée.Qui pousse à travers mur.On a reculé.Kori est venu.Il a vu.« Main ? »« Oui. »« D où ? »On a regardé dehors du mur.Dehors, pas
LA TERRE QUI S OUVREPOV Première Personne : AeliraAprès les oiseaux qui ne chantaient plus, c est la terre qui s est ouverte.Pas grande ouverture.Petite.Mais profonde.On l a vue le matin du onzième jour après feu haute fumée.Près du cercle chaud.Entre cercle et fossé salé.Une fente.Longue comme mon bras.Large comme mon doigt.Noire dedans.On ne voyait pas le fond.Kemi l a vue en premier.Elle a dit.« La terre a une bouche. »Je suis venue voir.J ai touché bord.Terre chaude.Plus chaude que reste.Doran est venu.Il s est mis à genoux.Il a mis oreille près de fente.Il a écouté.« Ça souffle, » a t il dit.« Quoi ? »« Air froid sort de la fente. »On a mis main au dessus.Oui.Air froid sortait.Même si terre chaude autour.Froid comme hiver.Kori a mis petit bâton dedans.Bâton descendu.On ne voyait plus bout.Il a lâché.On a entendu rien.Pas de toc en bas.Donc très profond.Le deuxième jour, fente plus longue.De deux bras maintenant.Et plus large.Deux doigts
LES OISEAUX QUI NE CHANTENT PLUSPOV Première Personne : AeliraAprès les arbres qui avaient bu le sel, ce sont les oiseaux qui se sont tus.Pas tous les oiseaux.Ceux du matin.On avait l habitude.Chaque matin, avant le soleil, les petits oiseaux noirs chantaient.Sur les trois arbres près du cercle.Fort.Ça voulait dire jour vient.On se levait avec eux.Puis un matin, pas de chant.Silence.J ai ouvert les yeux.Ciel clair.Mais pas de bruit d oiseaux.Kemi s est réveillée aussi.Elle a dit.« Pourquoi ils dorment encore ? »« Je ne sais pas. »On est sorties.Les trois arbres.Celui qui avait reverdi et les deux qui repoussaient.Personne dessus.Pas un oiseau.Juste branches.Kori est venu.Il a levé la tête.« Ils sont partis ? »Doran est venu.Il a écouté longtemps.« Pas partis. Cachés. »« Pourquoi cachés ? »« Quelque chose les fait taire. »On a attendu midi.Toujours pas de chant.Même pas un petit cri.Le deuxième jour, même silence.On a fait notre travail du matin.
(POV Première Personne — Aelira)Les mots qu'il prononça ne disparurent pas simplement, ils persistèrent, ils restèrent collés aux murs, dans l'air, et même en moi. Je retirai rapidement mon poignet de sa main et je fis un pas en arrière. Comme si mettre de la distance entre nous pouvait défaire ce
(Point de vue à la première personne — Aelira)Le bruit de la porte qu’on traînait pour la fermer me terrifia, et mon cœur rata un battement. Je restai immobile un moment, fixant le bois épais comme si je pouvais le forcer à s’ouvrir par la seule force de ma volonté. La porte ne bougea pas, évidemm
Point de vue à la première personne — Aelira)Je ne pouvais plus respirer. Ses mots étaient toujours suspendus dans l’air, tranchants comme une lame. La mâchoire de Zeirian était crispée. Il ne me regardait même plus. C’était comme si je n’existais déjà plus pour lui. Et alors j’ai compris. Il le p
(POV Première Personne — Aelira)Je savais que c'était fini au moment où mon père se fichait de mes sentiments. Les rois n'évitent pas leurs enfants surtout leurs filles, sauf quand quelque chose cloche, et je le pensais.« Aelira, » mon père appela mon nom d'un ton calme mais froid. Je regardai se







