Masuk~ POV de Damien ~
« Dites-moi qu’il respire encore », exigeai-je. Garrett était allongé à plat sur les aiguilles de pin, le cramoisi s’accumulant sous sa poitrine. Onze autres guerriers de notre patrouille de l’aube gisaient éparpillés à travers la clairière, leurs boucliers jetés de côté dans les fourrés. « Il a pris trois griffes à la gorge, Alpha », dit Vance en enjambant une branche de pin tombée. « Il est mort avant que nous n’atteignions le ruisseau. » Je tombai à un genou à côté de Garrett. Il m’avait formé depuis que j’avais sept ans, m’apprenant à traquer les solitaires et à diriger une armée. Maintenant ses yeux fixaient sans expression les nuages gris du matin. Je tendis la main et fermai ses paupières avec deux doigts. « Qui a fait ça ? » « Bloodcrest », répondit Vance, le ton amer de colère. « Leur équipe de frappe connaissait notre horaire de patrouille exact. Ils savaient que l’escouade de Garrett traversait la crête à l’aube. Ils ont attendu derrière les rochers de l’est et les ont embusqués dans le brouillard. » Je me relevai, serrant les deux mains en poings serrés. « Nos routes de patrouille changent chaque semaine. Personne en dehors du cercle de commandement n’a accès à ces horaires. » « Alors quelqu’un nous a vendus », dit Vance en me fixant. « Douze guerriers massacrés sous votre surveillance, Damien. Vous êtes Alpha depuis six mois, et nos frontières saignent. » « Surveillez votre langue, Vance », le prévins-je en m’avançant vers l’aîné. « Je suis encore votre Alpha. » « Alors agissez comme tel », répliqua Vance. « Trouvez le rat qui a donné à Bloodcrest nos routes de défense avant qu’ils ne viennent pour la maison de meute ensuite. » Ma mère entra dans la clairière, flanquée de deux gardes armés. Elle regarda le corps de Garrett, le visage pâle, avant de tourner son regard vers moi. « Nous avons trouvé la fuite, Damien », dit Victoria. Je me tournai vers elle. « De quoi parlez-vous ? » « La sécurité a intercepté un log de dépêche non autorisé du coffre des dossiers », dit Victoria en tendant un registre de parchemin. « Quelqu’un a copié nos rotations de garde de l’est la nuit dernière et les a fait passer par la clôture sud. Un courrier Bloodcrest a été capturé il y a une heure portant la carte des routes. » Mon estomac bascula. « Cette dépêche nécessite les clés du coffre. » « Le coffre a été ouvert après minuit », répondit Victoria en me tendant le parchemin. « Signé sous le sceau des archives. Celine Brooks avait la garde de ce sceau. » Je fixai le nom écrit à l’encre sombre. « Non », dis-je en secouant la tête. « C’est impossible. J’étais dans les archives du sous-sol la nuit dernière. Je lui ai parlé moi-même. » « Et pendant que vous étiez occupé à lui parler, elle a copié nos routes de patrouille », grogna Vance en s’approchant. « Ou lui avez-vous donné la permission d’ouvrir les dossiers de guerre, Alpha ? » « Tenez votre langue, Vance », grognai-je en le fixant jusqu’à ce que l’homme plus âgé recule. Mon loup se débattait dans ma poitrine, griffant mes côtes en défi ouvert. C’est notre compagne. Elle ne nous trahirait pas. Je regardai de nouveau ma mère. « Celine est une employée sans rang. Sa famille a servi cette meute pendant trois générations. Elle n’a pas de liens avec Bloodcrest. Ça n’a aucun sens. » « Regardez le bas du manifeste, Damien », dit Victoria, la voix calme. « Le courrier portait des pièces d’or Bloodcrest et un accord signé promettant un passage sûr vers le nord. La signature correspond à l’écriture de ses registres d’archives. » Je baissai les yeux vers le parchemin. La signature était nette, précise et identique à l’écriture du registre de réquisition de la nuit dernière. Le doute s’insinua dans mon esprit. La nuit dernière défila devant mes yeux. Ses mains sur l’acte de frontière. Ses avertissements à propos du conseil. La façon dont elle m’avait défié, gardant mon attention verrouillée sur elle tandis que les minutes s’écoulaient. Était-ce réel ? Ou me faisait-elle gagner du temps pendant que la dépêche quittait les archives ? C’est ta compagne, hurla mon loup. Ne fais pas ça. « Le conseil se rassemble déjà dans le Grand Hall », dit Victoria doucement. « Si vous ne la sécurisez pas, les aînés diront que vous protégez une traîtresse à cause de votre propre négligence. » « Personne ne la touche jusqu’à ce que je lui parle », dis-je. Je me détournai de la clairière, la poitrine serrée. Chaque pas vers la maison de meute ressemblait à traîner une ancre dans la terre. Le chagrin pour Garrett se tordait avec la fureur brûlant dans mes veines. Si Celine était innocente, je le prouverais et déchirerais Vance en pièces pour l’accusation. Mais si elle m’avait joué, si elle m’avait regardé dans les yeux, partagé ce baiser et utilisé le lien de compagnons pour massacrer douze de mes hommes, je la briserais moi-même. J’entrai dans la maison de meute par les portes latérales, ignorant les chuchotements des guerriers stationnés le long du corridor. Les nouvelles du massacre frontalier s’étaient répandues vite. La colère planait dans chaque embrasure. « Alpha Damien », appela le Capitaine Caleb en se précipitant dans le couloir pour me rencontrer. « Les gardes de périmètre demandent des ordres. Devons-nous verrouiller les niveaux inférieurs ? » « Gardez les grilles fermées », répondis-je sans ralentir. « Doublez la surveillance à la rivière est. Personne n’entre ni ne sort du territoire sans mon autorisation directe. » « Compris », répondit Caleb en s’écartant. Je montai l’escalier central jusqu’au troisième étage de l’aile des archives. Deux enforceurs se tenaient en garde dehors devant la porte de la chambre de Celine, les fusils prêts sur la poitrine. « Quelqu’un est-il entré ? » demandai-je. « Non, Alpha », répondit l’enforceur principal. « Elle est à l’intérieur depuis que l’alarme du matin a sonné. » « Ouvrez », commandai-je. Le garde tourna le bouton de bronze et poussa la porte vers l’intérieur. J’entrai. Celine se tenait près de la fenêtre, son manteau tiré sur ses épaules. Quand elle me vit, la tension dans sa posture disparut, remplacée par un soulagement visible. « Damien », souffla-t-elle en faisant deux pas rapides vers moi. « Les sirènes ont retenti à travers le territoire. J’ai essayé d’atteindre le poste de commandement, mais les gardes ont bloqué le couloir. Qu’est-ce qui s’est passé ? » « Reste exactement où tu es », dis-je en fermant fermement la porte derrière moi. Elle s’arrêta net, les mains tombant le long de son corps. « Damien ? Qu’est-ce qui ne va pas ? Tu es couvert de terre. » « Douze de nos guerriers ont été embusqués à l’aube », lui dis-je en gardant ma voix égale. « Garrett est mort. » Celine pressa les deux mains contre sa bouche, les yeux s’écarquillant de choc. « Garrett ? Ton mentor ? Oh non… Damien, je suis tellement désolée— » « Garde ta sympathie », l’interrompis-je en m’avançant vers le bureau. « Où as-tu mis le reste des documents Bloodcrest ? » Elle baissa lentement les mains, les sourcils se fronçant de confusion. « Quels documents ? De quoi parles-tu ? » « Un courrier Bloodcrest a été attrapé au périmètre sud il y a une heure », dis-je en feuilletant les papiers sur son bureau. « Il portait nos routes de patrouille de l’est. Les routes exactes copiées du registre du coffre que tu as signé la nuit dernière. » « Quoi ? » s’exclama-t-elle en contournant le bureau pour me faire face. « Damien, c’est impossible ! Je n’ai copié aucune route de patrouille ! J’ai catalogué des actes territoriaux jusqu’après minuit ! » « Le coffre a été déverrouillé sous ton sceau d’archives », dis-je. « Ta signature est sur le manifeste. » « Alors quelqu’un a pris mon sceau ! » dit Celine, la voix montant de colère. « Quelqu’un a forcé mon bureau après mon départ ! Tu étais là, Damien ! Tu m’as vue ranger les registres ! » « Je t’ai vue discuter avec moi pendant vingt minutes », répondis-je en me tournant vers elle. « Je t’ai vue garder mon attention dans ce sous-sol pendant que quelqu’un circulait dans les halls supérieurs. » « Tu penses que j’ai planifié ça ? » demanda-t-elle, la voix tremblant d’indignation. « Tu es venu aux archives sans prévenir ! Comment aurais-je pu planifier ton arrivée, Damien ? Utilise ta tête ! » Ses mots touchèrent un nerf, mais l’image du corps de Garrett défila dans mon esprit. « Tu savais que le litige de frontière se préparait. Tu savais que j’aurais besoin de cet acte. » Je me penchai et ouvris le cabinet inférieur de son bureau. À l’intérieur se trouvait une pile de dossiers sombres. « Ne touche pas à ça », prévint Celine en s’avançant. « Ce sont les dossiers personnels de mon père. » Je sortis quand même le dossier du dessus. En soulevant la couverture de carton, une petite pochette de velours glissa d’entre les pages jaunies et tomba sur les planchers. Une poignée de pièces d’or massives s’éparpillèrent sur le tapis, chacune tamponnée du blason serpent de Bloodcrest. La pièce tomba dans un silence de mort. Celine fixa les pièces d’or, la couleur quittant son visage. « Ça… ça n’était pas là. Je te le jure, Damien, je n’ai pas ouvert cette boîte depuis des mois. » « Or Bloodcrest », dis-je en ramassant une des pièces. « Caché à l’intérieur des dossiers de ton père où tu pensais que personne ne chercherait. » « C’est un montage ! » cria Celine en saisissant mon bras. « Regarde ! C’est trop évident ! Pourquoi laisserais-je de l’or ennemi dans un tiroir de bureau non verrouillé après une attaque ? » « Parce que tu ne t’attendais pas à ce que le courrier soit attrapé avant le lever du soleil », grognai-je en secouant sa main hors de ma manche. « Regarde-moi, Damien ! » exigea-t-elle en se plaçant devant moi, refusant de reculer. Ses yeux brûlaient d’un défi farouche. « Tu as senti le lien la nuit dernière. Tu as senti mon loup répondre au tien. Tu sais qui je suis, et tu sais que je ne suis pas une meurtrière ! » Ses mots me frappèrent fort. Mon loup se précipita en avant, hurlant d’accord, me suppliant de la tirer près de moi, de la croire, de la protéger de la tempête qui se préparait. Elle n’a pas fait ça, grogna mon loup dans mon sang. Je plongeai mon regard dans les siens. Je voulais la croire. Je ne voulais rien de plus que de me tenir entre Celine et toute la meute. Puis j’entendis des cris de colère monter de la cour en bas. Des centaines de membres de meute se rassemblaient, exigeant justice pour douze guerriers morts. Vance était en bas, attisant le feu. Si je montrais de la faiblesse maintenant, la meute se rebellerait. Ils me dépouilleraient de mon titre, et ils déchireraient Celine en pièces sans procès. La seule façon de la garder en vie était de contrôler le tribunal moi-même. Je durcis mon expression, enfouissant la douleur profondément sous la surface. « Le lien n’efface pas les preuves, Celine », dis-je, la voix froide. « Damien, s’il te plaît », dit-elle, la voix descendant en un chuchotement dur. « Ne les laisse pas faire ça. » « Tu vas te tenir devant la meute », lui dis-je. Je tendis la main et saisis son poignet, la tournant vers la porte. Elle tira contre ma prise, le menton relevé. « Tu fais une erreur que tu ne pourras pas reprendre, Alpha. » « On le saura au procès », dis-je. Je poussai la porte et sortis dans le couloir, la tirant à côté de moi. Les deux gardes se mirent au garde-à-vous. Au bout du corridor, l’Aîné Vance et ma mère se tenaient en attendant, les yeux verrouillés sur le poignet saisi de Celine. « Alpha ? » demanda le garde principal en s’avançant. « Quels sont vos ordres ? » « Sonnez les cloches de la grande assemblée », commandai-je, ma voix résonnant dans le corridor. « Rassemblez chaque aîné, guerrier et membre de meute dans le Grand Hall immédiatement. » Celine ne supplia pas. Elle marcha à côté de moi le menton relevé, bien que son pouls s’emballe sous mes doigts. Je regardai Vance, laissant mon regard promettre une rétorsion si je trouvais ses empreintes sur ce montage. « Apportez les chaînes de fer », commandai-je aux gardes. « Nous tenons un tribunal public pour trahison. »~ POV DAMIEN ~Je bousculai les gardes de l’entrée et poussai les portes de la salle de réunion.Victoria se tenait près de la tête de table, sa voix résonnant dans la pièce. Douze membres seniors du conseil étaient assis de chaque côté, leurs dossiers ouverts.« Nous n’avons pas d’autre choix », déclara Victoria en désignant les cartes étalées devant eux. « Bloodcrest détient nos billets de frontière. Si nous vendons les parcelles de bois du sud aux acheteurs offshore, nous pouvons régler le principal avant la fin de la semaine. »« Asseyez-vous, mère », appelai-je en avançant dans l’allée.Victoria se tourna, les yeux se plissant en me regardant. « Damien. Tu étais censé être à Aetheria jusqu’à demain soir. »« La réunion en ville s’est terminée plus tôt », dis-je en m’arrêtant au pied de la table. « Et tu n’as aucune autorité pour vendre des terres de la meute. »« Quelqu’un a gelé nos comptes du trésor », répondit Victoria, la voix montant de colère. « Les banques ont coupé nos li
~ POV CELINE ~La porte de l’avion s’ouvrit, et le vent froid de la montagne me frappa le visage.« Reste près de moi », dit Rowan en descendant sur la piste devant moi. « Les gardes du périmètre nous observent déjà. »« Qu’ils observent », répondis-je en descendant les marches. « Ils travaillent pour moi maintenant. »Deux véhicules sombres étaient garés près du hangar. Mon équipe juridique nous suivait, portant les documents financiers.« Tout est en place », dit Rowan en ouvrant la portière du premier véhicule. « Le chauffeur est des nôtres. »« Bien », répondis-je en montant à l’intérieur.Rowan s’installa sur le siège en face de moi et ferma la portière. « Nous avons vingt minutes avant le début de la réunion dans le hall principal. »Mon téléphone émit un bip pour un appel vidéo entrant. Je regardai l’écran et appuyai sur le bouton.Maya apparut, assise à la table du petit-déjeuner dans le domaine de Julian avec un verre de jus.« Maman », dit Maya, ses yeux argentés brillants s
~ POV DAMIEN ~La suite de l’hôtel était silencieuse quand je refermai la porte derrière moi. Je jetai mon manteau sur le fauteuil et m’avançai vers le bureau.« Tu as apporté les papiers ? » demandai-je.Lucas leva les yeux de la table, ajustant le dossier devant lui. « J’ai tout apporté. Je les ai parcourus depuis que tu as quitté la salle de bal. »« Trouve-moi une issue, Lucas », dis-je en tirant une chaise et en m’asseyant. « Il doit y avoir quelque chose. Une omission. Une erreur technique. N’importe quoi qui nous permette de contester sa revendication. »Lucas secoua la tête. « Il n’y en a pas, Damien. J’ai fait relire le texte par deux de nos avocats pendant que tu étais en bas. C’est solide. Brooks Global a racheté les billets aux banques après le défaut de paiement du conseil. Elle détient cinquante et un pour cent des flux de revenus. »« Et les quais de chargement ? » demandai-je.« Inclus », répondit Lucas. « Les ports de l’est, les entrepôts de stockage, les principaux c
~ POV CELINE ~Damien restait figé, le visage à quelques centimètres du mien, les mains agrippées à la balustrade de chaque côté de moi.« Vas-y », lui dis-je en gardant les yeux rivés sur les siens. « Tu es sorti ici pour prouver quelque chose. Embrasse-moi ou recule. »Sa respiration était rauque, son regard descendant vers mes lèvres avant de remonter vers mes yeux. Il ne bougea pas. L’incertitude dans son regard me disait tout. Il voulait revendiquer ce qu’il croyait lui appartenir, mais la peur de perdre sa meute le maintenait immobile.« Tu crois que c’est un jeu », chuchota Damien.« Je ne joue pas avec les dettes », dis-je. « Et je ne donne pas de seconde chance aux gens qui m’ont jetée. »Un pas discret cliqua sur le sol derrière lui.« Ton temps est écoulé, Alpha. »Rowan s’avança dans la lumière pâle de la terrasse. Sa veste était déboutonnée, sa main reposant calmement près de la poignée de l’arme dissimulée sous sa ceinture. Il ne cria pas. Il se contenta de se tenir entr
~ POV de Damien ~Julian tourna lentement la tête, sa main restant sur la taille de Celine une seconde avant de laisser son bras retomber. Un léger sourire toucha ses lèvres, délibéré et calme, comme s’il m’avait attendu toute la soirée.« Alpha Damien », dit Julian. « Vous prenez vos fonctions de sécurité assez personnellement ce soir. »« Le plancher de danse est libre », dis-je, mon attention verrouillée sur Celine. « Reculez, Julian. »Julian baissa les yeux vers Celine, le ton léger. « Cela te dérange, Celine ? Je détesterais provoquer une scène devant le conseil commercial. »« C’est bon », dit Celine. Sa voix était stable, sans la moindre hésitation. « Va vérifier les détails du contrat avec Miller. Je m’occupe de ça. »Julian lui donna un bref hochement de tête, recula et se fondit dans la foule environnante.Je n’attendis pas. Je pris sa place, ma main se refermant autour de la taille de Celine et la tirant fermement contre moi. À l’instant où mes doigts pressèrent le tissu d
~ POV de Celine ~Les flashs des caméras balayaient le tapis rouge tandis que Julian me tendait le bras.« Accroche-toi à moi », chuchota Julian en gardant le visage tourné vers les journalistes. « Chaque dirigeant d’ici jusqu’à la côte nous regarde. »« Qu’ils regardent », dis-je en franchissant l’embrasure. « Nous leur avons donné de quoi parler en rachetant la dette. »« Damien se tient près du poste de sécurité », murmura Julian, ses doigts reposant contre mon flanc tandis que nous avancions vers le plancher de la salle de bal. « On dirait qu’il a envie de me casser le cou. »Je regardai vers les piliers de marbre près de l’entrée. Damien se tenait parmi le détail de sécurité et les managers juniors. Sa veste d’uniforme reposait carrée sur ses épaules, les mains glissées dans ses poches. Nos regards se croisèrent une seconde à travers la salle. Une chaleur soudaine monta dans ma poitrine, mais je détournai la tête avant que mon expression ne change.« Ne lui donne pas cette satisf







