เข้าสู่ระบบ« Attendez… est-ce qu'on peut s'arrêter ? » demandai-je, le souffle court, alors que la sensation d'oppression se resserrait dans ma poitrine. Je ne savais pas pourquoi je le ressentais aussi intensément, mais ces ombres n'avaient rien de naturel. Elles ne correspondaient pas à la silhouette des arbres.
« Pourquoi ? » s'enquit Lucien.
Je fus incapable de lui répondre. À la place, je plaquai une main contre ma poitrine alors que le froid se propageait en moi, me faisant frissonner violemment. L'ombre se déplaça, s'étirant d'un arbre à un autre, et au moment même où je m'assurais de ne pas halluciner, deux yeux rouges s'ouvrirent d'un coup, me fixant à des kilomètres de là.
Un hoquet me traversa et je me reculai brusquement de la vitre, le cœur bondissant dans ma poitrine alors que la peur me submergeait. Je m'effondrai sur le plancher de la voiture, le souffle court, luttant pour chasser cette image de mon esprit. Ces yeux. « Il y avait quelque chose là-bas. Je l'ai vu. »
Lucien me dévisagea comme si j'avais perdu la tête. Les autres Alphas affichèrent la même expression. « C'est la pleine lune. Il y a des loups partout ce soir », lança Evander d'un ton agacé.
Je hochai lentement la tête et me réinstallai sur le siège, tirant d'un coup sec les rideaux devant la fenêtre. Je me serrai les bras autour du corps tandis que nous franchissions les grilles et traversions la cité. L'endroit était bien moins moderne que ce à quoi je m'attendais. Les rues étaient pavées de pierres, et les bâtiments n'étaient faits que de roche, de bois et de verre. Toutes les ruelles se ressemblaient, jusqu'à ce que nous arrivions devant le manoir.
Certaines personnes engagées dans des orgies s'interrompirent, observant notre groupe d'offrandes avec intérêt avant de replonger dans l'enchevêtrement de corps auquel elles se livraient. Je fixai droit devant moi, le poids de la situation finissant par me rattraper. Ce n'était que du sexe, mais cela s'apprêtait à tout changer. Je ne voulais pas être la petite vierge effarouchée, mais c'est exactement ce que j'étais. Je savais que cela allait faire mal, et à force de jouer avec Lucien, j'en avais oublié la raison de ma présence ici. Mais la réalité me rattrapa subitement alors qu'on nous guidait dans le foyer du manoir.
Des parquets en bois sombre et un double escalier de chaque côté menaient à un couloir obscur s'enfonçant vers un endroit que je ne voulais même pas imaginer. Mes yeux balayèrent les imposantes statues de loups qui entouraient le marbre. Mère avait raison, c'était plus luxueux que tout ce que j'avais pu voir jusqu'alors. Les offrandes des autres villages étaient déjà réunies et, après un rapide décompte, nous étions une trentaine.
Je ne pouvais me défendre d'une interrogation : les loups-garous étaient-ils réellement capables de se faire dix filles d'affilée ? Maman avait affirmé que je passerai en dernière. Je priais de tout mon cœur pour qu'elle ait dit vrai, espérant que ma théorie — selon laquelle ils seraient bien trop épuisés en arrivant à mon tour — se vérifie.
Nous étions toutes vêtues de blanc : les Verdarass en légères nuisettes de dentelle, les Sylvariss en longues robes fluides, et les Aqualiss en jupes hautes et vaporeuses associées à des tops courts. Du blanc maculé, symbole de pureté.
Je me blottis contre les autres filles tandis que les Alphas se tenaient dans l'encadrement de la porte, verrouillant toute issue. L'endroit n'avait pourtant rien d'un cachot. La pièce était chaleureuse, chauffée par un âtre crépitant et meublée d'assises mœlleuses : canapés, fauteuils, coussins. L'image de moi, allongée là comme un poisson froid pendant que l'Alpha me pénétrerait... La pensée m'arracha presque un éclat de rire. Par quel miracle parvins-je à le ravaler ? Je levai les yeux et croisai le regard de Lucien. Je ravalai mon sourire ironique et durcis mon expression alors qu'il se tenait en tête du trio.
« Offrandes du Territoire des Loups », déclara-t-il, et tout le monde fit un pas en arrière dans la vaste pièce.
Je ne bougeai pas d'un pouce. Au lieu de cela, je restai immobile, ancrée sur mes appuis. Je refusais de le laisser m'intimider. Il allait s'emparer de mon corps ; je ne l'autoriserais donc pas à soumettre mon esprit ou ma volonté.
« Une par une, vous franchirez la porte tout au fond. Dès que vous l'aurez dépassée, tout ce que vous verrez et ferez restera strictement confidentiel. N'en parlez à personne », ordonna-t-il alors que tous les regards se tournaient vers ladite porte, chaque fille blêmissant à mesure que la réalité de ce qui allait se passer nous frappait de plein fouet.
« Restez dans cette pièce quoi qu'il arrive. Le reste du manoir vous est interdit. Posez un seul pied en dehors de ce seuil et vous le regretterez », ajouta-t-il. Cette mise en garde me donna aussitôt une envie folle de dépasser la ligne, rien que du bout du orteil, pour voir jusqu'où ils iraient. Puis je réalisai que c'était une idée stupide — le genre d'idée qui vous fait tuer — et je décidai de m'abstenir.
Kael fit un pas en avant pour se placer aux côtés de Lucien. « Des boissons vous attendent sur la table là-bas. On vous conseille vivement le punch alcoolisé. Vous allez avoir besoin de courage liquide. » Il accompagna ses mots d'un clin d'œil, se voulant charmant — et c'était probablement ainsi que les autres offrandes le perçurent, car aucune ne sillonna le visage au sous-entendu de cette menace voilée. Elles s'apprêtaient à s'avancer aveuglément vers l'inconnu. Mais pas moi. Moi, je voulais des réponses.
Le regard fixe de Lucien me fit comprendre que je n'en obtiendrais aucune avant de franchir cette porte. Evander s'aligna aux côtés des deux autres Alphas. Tous trois devinrent un triptyque de bêtes magnifiques et sauvages, taillées dans le muscle et l'encre des tatouages, mais c'était la noirceur incandescente au fond de leurs yeux qui me prit véritablement aux tripes.
« Il y a des livres et un jeu d'échecs si vous vous ennuyez », ajouta Evander en désignant les étagères et une table de jeu, mais là n'était pas mon problème. Toute mon attention était captivée par la cheminée ; je m'approchai de la flamme, laissant la chaleur réchauffer ma peau glacée. Je déglutis tandis qu'ils se mettaient en mouvement, se faufilant entre les filles, les reniflant pour repérer les odeurs les plus intenses. J'attendais impatiemment, les bras croisés sur la poitrine, en observant la lune de sang dont la lueur s'infiltrait par les verrières du plafond. Elle nappait nos vêtements blancs d'ombres écarlates.
Un frisson me traversa lorsque j'aperçus sur le mur une ombre projetée qui ne correspondait à rien dans la pièce. L'effroi fondit sur mon estomac, exactement comme tout à l'heure. Je m'avançai lentement vers elle, obnubilée par cette sensation mais paralysée par son empreinte. J'attendais que les yeux apparaissent. Je savais qu'ils me fixaient, même si je ne parvenais pas à les voir. Je *voulais* les voir.
Avant que je n'atteigne le coin de la pièce, un bras puissant s'enroula autour de ma taille et me tira en arrière, me faisant brutalement sortir de ma torpeur. Lucien me recula sans ménagement près du feu. Les yeux grands ouverts, je levai le regard vers lui, la chaleur de son corps m'envahissant tout autant que celle du foyer derrière moi. Son visage se décomposed lorsqu'il balaya des yeux l'espace entre moi et l'angle dont il venait de m'arracher.
Je m'éloignai doucement alors qu'une soudaine faiblesse m'assaillait. Je trébuchai, mais Lucien me rattrapa de justesse. « Layla ? » demanda-t-il, d'une voix plus douce que tout ce que je lui avais entendu employer jusqu'alors.
Ce ton brisa le vertige qui me gagnait, et je me forçai à me tenir droite. « Ça va », lâchai-je en jetant un coup d'œil furtif vers le coin. Sacrés loups-garous.
« Lucien. Il faut qu'on commence », déclara Evander en se tenant aux côtés de sa première fille.
Lucien hésita un instant avant de me relâcher. Il empoigna une fille au hasard dans son groupe et la traîna vers la porte pendant que Kael choisissait la sienne. Il me jeta un coup d'œil et fit un signe de la tête en direction de la table des boissons. « Bois du punch. Ça t'aidera », me dit-il avant de se tourner vers les autres. « Attendez ici. » Puis les loups disparurent.
La plupart des filles s'étaient regroupées entre elles, restant sagement par villages, mais j'étais une Enfant de l'Hiver. Personne ne se souciait de ce que je faisais. Je me dirigeai donc vers l'alcool. C'était un punch d'un rose orangé, légèrement pétillant. Je le descendis d'une traite avant de me resservir un verre à siroter.
Le goût bittersweet enroba ma gorge, et je retournai vers la cheminée pour m'enfoncer dans le fauteuil le plus mœlleux en attendant mon tour. Je commençais tout juste à me détendre au creux de cette chaleur, bien aidée par la boisson, lorsque les cris retentirent.
Je me réveillai de nouveau dans mon lit avec le pire mal de tête de ma vie.J'avais toujours aussi froid, et lorsque j'ouvris les yeux, mes alphas se tenaient serrés les uns contre les autres au pied de mon lit, chuchotant d'un ton furieux, arborant des expressions sombres sur leurs superbes visages.Je me redressai lentement, la tête lourde. Je m'adossai à la tête de lit et attendis qu'ils me remarquent, tout en observant les trois hommes.Aucun d'eux ne portait de chemise, ils étaient seulement vêtus de pantalons, ce qui signifiait généralement qu'ils venaient de courir. Et qu'ils étaient stressés.« Que s'est-il passé avec les vampires ? » demandai-je, et tous les trois se tournèrent vers moi.Leurs traits s'adoucirent. Lucien contourna le lit, puis y monta pour me serrer contre lui. Kael s'assit au bord du matelas en me prenant la main tandis qu'Evander déposait un baiser sur le sommet de mon crâne.« Ce ne sont pas les vampires qui enlèvent les humains », déclara Kael, et je fron
Elle sourit et monta les escaliers, fermant la porte au nez du narrateur avant qu'il ne pût l'arrêter. Elle se tint au milieu du chaos avant de s'éclaircir la gorge.« Excusez-moi, messieurs ? » demanda-t-elle doucement, et le narrateur ignorait totalement ce que cette femme folle croyait faire.Il pouvait à peine entendre ses propres pensées par-dessus le vacarme et les fracas, et encore moins sa voix. C'est alors qu'elle inspira profondément.« Excusez-moi ! » gronda-t-elle.Tout le monde s'arrêta. Kael ramena Evander dans le champ de vision du narrateur à travers les planches du plancher.Il avait du sang sur lui, qui gouttait de ses crocs.Lucien était accroupi sur la table de la salle à manger, se curant les crocs ensanglantés avec sa griffe, les yeux fixés sur un vampire quelconque qu'il pouvait voir mais que le narrateur ne voyait pas. Il était couvert de sang lui aussi.Des traces de griffes marquaient sa poitrine, et Kael portait une morsure dans le cou.Il me brisa le cœur d
À la remarque de Dorian , il y eut une bousculade, un rugissement et des bruits de meubles brisés.« Lucien, ça va. Ne le touche pas, » prévena Kael, et je pus tout juste l'entrevoir à travers les fentes du bois, retenant un Lucien bouillonnant.Les yeux de Lucien croisèrent les miens à travers les planches, et il se détendit tandis que Kael reculait, reportant son regard furieux sur Dorian .« Il semble que nous ayons un petit problème, Alphas, » commença Dorian , et il y avait dans sa voix quelque chose qui m'irritait. Comme s'il pensait qu'il allait gagner.« Voyez-vous, ce magnifique dôme de puissance qui protège vos villages et vos cités au-dessus de votre territoire a connu une recrudescence la nuit de la lune de sang. Maintenant, je ne sais pas pour vous, mais je ne connais qu'une seule autre fois où une telle puissance a afflué de votre territoire vers le mien, et je soupçonne que vous savez exactement pourquoi cela pourrait m'inquiéter, » expliqua Dorian .J'étais un peu perd
Kael me poussa vers Tabitha, qui m'attrapa la main et me tira loin de la table à manger. Elle frappa son bâton sur les planches du sol et la table glissa contre le mur, me faisant pousser un hoquet.Evander, Lucien et Kael s'avancèrent vers les fenêtres, regardant au dehors de leurs yeux rouges tandis que Cain tirait sur le tapis. En dessous se trouvait une trappe. Cain l'ouvrit et fit un signe de tête vers l'obscurité.« Descendez, » ordonna-t-il, sa voix ferme, ses yeux clignotant de rouge.Je n'avais aucune idée de ce qui se trouvait là-en bas, mais je savais que des vampires arrivaient et c'était bien plus terrifiant que l'inconnu à cet instant, alors je dévalai les marches en bois pour pénétrer dans un sous-sol entouré de béton.Je relevai les yeux depuis le bas et Tabitha descendit en boitant. Cain referma la trappe d'un coup sec avant que je ne puisse demander ce qui diable allait se passer.Je m'entourai les bras de mes mains tandis que Tabitha m'attrapait à nouveau la main et
Ce n'était pas seulement une maison, c'était un foyer, rempli de plantes, de cristaux et de tapisseries suspendues. C'était encombré mais pourtant bien rangé, comme si chaque chose était à sa place pour une raison.Le salon était pittoresque avec un canapé douillet aux motifs floraux, un tapis et des étagères, le tout tourné vers une cheminée qui crépitait de vie, réchauffant tout l'endroit.Un encens brûlait, emplissant l'espace d'une lavande apaisante. Des bougies illuminaient toutes les surfaces qui n'étaient pas déjà occupées.Tabitha s'assit dans un fauteuil faisant face à la cuisine le long du mur du fond. Elle ne ressemblait pas au bois propre et moderne du domaine ; elle était patinée, mais aimée. C'était comme si sa cuisine et sa salle à manger constituaient le véritable cœur de sa maison. C'était du moins l'impression que cela donnait.Je m'assis dans le fauteuil à côté d'elle, Cain se tenant de l'autre côté. Kael s'assit près de moi, se rapprochant un peu, écartant les jamb
Je fronçai les sourcils devant leur réaction, observant chacun d'eux tandis que Kael m'aidait à sortir de la calèche. Je mis pied à terre, une éclaboussure salissant mes jambes, mes chaussures et le bas de mes jupons.Je baissai les yeux sur la texture marécageuse du sol.Evander s'avança, contemplant le marais, une brume recouvrant cette vaste étendue. L'endroit sentait mauvais. Comme de la pourriture et, ma foi, de la vase.Mais il n'y avait aucun avertissement dans mon sang, alors je fis un pas en avant, soutenue par Kael qui m'aidait à patauger dans la boue qui m'arrivait aux chevillères.Il faisait si sombre que je voyais à peine, mais cela ne semblait pas poser de problème aux loups.Nous avançâmes. Le seul bruit qui rompait le silence de la nuit était le clapotis de nos pas.« C'est flippant, » soufflai-je, et Lucien étouffa un rire.Evander se tourna vers moi. « Ne dis pas ça devant elle. Elle adore cet endroit maudit par les dieux, » marmonna-t-il avec dégoût.« Des goûts et







