เข้าสู่ระบบJ'entendais chaque hurlement, chaque cri strident à mesure que les trois Alphas réapparaissaient pour embarquer une nouvelle vague de trois filles, puis une autre, jusqu'à ce qu'il ne reste plus que moi et deux autres captives. J'étais la suivante, mais je n'étais pas prête. Mon cœur battait la chamade alors que les hurlements finirent par s'apaiser. Je pris une autre gorgée, espérant de tout cœur que l'alcool finisse par engourdir complètement mon esprit.
Je m'adossai au fauteuil et posai ma tête contre les larges coussins, mes paupières se fermant d'elles-mêmes. La simple idée que je serais la prochaine fille que Lucien viendrait chercher me faisait serrer les dents à m'en briser la mâchoire. Je refusais d'être la suivante à hurler comme les autres.
Puis, ces yeux rouges réapparurent dans mon sommeil. Je me réveillai en sursaut dans un hoquet, et Lucien était là, penché sur moi, son regard ancré dans le mien. « À ton tour », déclara-t-il en me tendant la main.
Je jetai un coup d'œil hésitant entre lui et la porte. « Tu as au moins changé les draps ? » grommelai-je en me laissant relever.
Un esquisse de sourire au coin des lèvres, il me guida à travers le seuil. Kael et Evander empoignèrent les dernières filles de leurs groupes respectifs et emboîtèrent nos pas. Dans la pièce, aucun lit, aucune lanterne. Seule la lune déversait sa lumière à travers l'ouverture du plafond, nous inondant de sa lueur écarlate. Les trois Alphas s'postèrent chacun devant un socle en béton sur lequel reposait une coupe en or gravée des trois symboles du Territoire des Loups : une vague, un arbre, et le symbole de mon propre village, une liane aux boutons floraux — le territoire des Verdarass n'étant que prairies à perte de vue là où ne s'étendaient ni cultures ni élevages.
La nervosité me gagnait déjà, et j'étais convaincue qu'il en allait de même pour les autres. Une profonde perplexité m'habitait tout autant : s'attendaient-ils à ce qu'on s'envoie en l'air à même le sol ? Que diable faisions-nous dans une salle flanquée de calices ?
Lucien s'avança sous les rayons rouges de la lune. Une griffe jaillit de son index tandis que ses yeux s'illuminaient d'un rouge incandescent, puis il s'entailla le poignet. L'une des filles laissa échapper un gémissement plaintif, attirant aussitôt l'attention des Alphas. Ils la foudroyèrent du regard alors qu'elle se recroquevillait, le menton tremblant.
Lucien maintint son poignet au-dessus de la première coupe, laissant son sang s'y écouler goutte à goutte. Il se déplaça vers la deuxième, puis vers la dernière. Kael et Evander emboîtèrent le pas derrière lui, incisant à leur tour leur propre chair de leurs griffes acérées pour laisser couler leur sang dans les coupes tandis que Lucien prenait enfin la parole. « Ici, vous prêtez serment. Un serment de sang d'allégeance envers le Territoire des Loups. Vous devenez des nôtres », déclara-t-il de cette voix grave qui me noua l'estomac.
« Quel serment ? » demandai-je, exigeant plus de détails pour savoir exactement dans quoi je m'engageais avant de décider si j'allais m'exécuter ou non.
« Patience, Petite Insolente », s'immisça Kael.
« Un serment qui vous interdit de révéler quoi que ce soit sur ce qui se déroulera ce soir. Un serment qui lie vos langues aux traditions que nous exigeons de vous ce soir. Un serment qui vous intègre à notre engagement de vous protéger en tant qu'espèce au sein de notre territoire », expliqua Lucien, me faisant hausser un sourcil. C'était donc pour cela que ma mère s'était montrée si évasive à ce sujet.
Un frisson me parcourut, et je fus incapable de retenir la question suivante de franchir mes lèvres : « Et si nous refusons de prêter serment, il se passe quoi ? »
Kael laissa échapper un soupir impatient tandis qu'Evander faisait un pas en avant. « Essaie pour voir, beauté », lança-t-il avec un sourire glacé, mais son ton n'était rien de moins qu'une menace, dure et sans équivoque.
« S'il vous plaît… », trembla l'une des filles, une Sylvariss. « S'il vous plaît… ne nous punissez pas pour sa langue maudite. Elle est née en hiver. »
Je roulai les yeux. Typique. Comment avais-je pu oublier que j'étais la maudite de service ? Les yeux rouges de mon rêve rejaillirent dans mon esprit, et je frissonnai face au mensonge que je m'étais raconté. Je secouai la tête pour chasser cette pensée, m'attendant à ce que les Alphas s'agacent et me punissent pour une naissance que je n'avais jamais choisie. Mais ils n'en firent rien.
« Cette nuit est placée sous le signe du sacrifice. De la chaleur et du plaisir. Il n'y aura aucune punition », déclara-t-il avant de se retourner pour attraper une coupe.
Un rire faillit m'échapper. Du plaisir, voyons. Je pariais ma tête que ce bâtard de loup ne me ferait même pas jouir.
Mon sang ne fit qu'un tour à cette idée, et les yeux des trois Alphas se rivèrent sur moi. Je redressai lentement le menton, ce qui ne fit qu'élargir leurs sourires en coin. Les autres offrandes reçurent leur coupe des mains de leurs Alphas respectifs. Lorsque Lucien me tendit la mienne, ses doigts frôlèrent les miens, s'attardant un instant. Il se pencha vers moi, ses mains brûlantes enveloppant les miennes sur le métal doré. « Je peux sentir ton odeur », murmura-t-il alors qu'une mèche de mes cheveux me balayait le visage.
Mon corps commença à me trahir, s'humidifiant instantanément rien qu'à son odeur, à cette chaleur irradiante et à toute cette tension palpable. Mes mamelons durcirent contre le tissu de ma robe. Mes respirations se firent courtes et saccadées à travers ma poitrine serrée tandis que je me dandinais, mal à l'aise sous l'emprise de sa carrure écrasante.
Bon sang, j'étais déjà mouillée.
« Lucien », intervint Evander, sa voix lourde d'un avertissement non dissimulé.
Je poussai un petit cri aigu, et la coupe faillit m'échapper des mains pour s'écraser au sol. Kael la rattrapa au vol tout en tirant Lucien en arrière, ses propres iris brillant d'un rouge éclatant.
« Lucien », répéta-t-il d'une voix encore plus grave. Lucien recula d'un pas, ses yeux incandescents capturant les miens avec une intensité féroce et écrasante.
Kael me rendit la coupe, me adressant un avertissement silencieux du regard avant de repousser Lucien. Celui-ci résista une seconde avant de reculer vers les demis-piliers en béton, les ombres venant assombrir son visage. Il continuait de m'observer. Je frissonnai en avalant péniblement ma salive.
« Bientôt, mon frère. » Evander lui posa une main sur l'épaule, ses griffes déployées reposant contre sa peau, et j'eus la vague impression que Lucien était à deux doigts d'ignorer ses co-alphas.
« Prêtez serment », rugit Lucien. « Puis buvez le sang. »
Les autres filles poussèrent des hoquets d'effroi, mais je l'avais vu venir. « Ça vous lie à nous », ajouta Kael, dont le torse nu faisait autant de ravages sur ma libido.
« Avancez, les filles », ordonna Evander. Nous nous exécutions, chacune faisant un pas pour se planter devant son pilier, face à son Alpha.
« Lisez le serment », exigea Lucien.
Je baissai les yeux vers le vieux texte gravé dans le béton et lu à haute voix en même temps que les autres filles. « Je me donne à mes Alphas. Je me donne au Territoire des Loups. J'offre ma pureté en gage de ma loyauté. J'accepte leur protection. J'accepte leurs corps dans le mien. Je protégerai les secrets et les traditions de la lune de sang au péril de ma vie. Je ne révélerai rien de cette cérémomie à quiconque. J'accepterai le sang de mon Alpha dans mon corps. J'accepterai la marque de mon Alpha sur mon corps. »
Je reculai d'un pas sec à la fin de la récitation, les yeux grands d'incrédulité. « Une marque ? »
« Bois », ordonna Lucien, sa voix un peu moins rauque, ses iris retrouvant leur éclat vert initial.
J'hésitai, mais les autres filles s'étaient déjà pliées aux ordres. Je baissai les yeux vers le tourbillon de sang mêlé dans le calice, puis repensai au serment que je venais de prononcer.
« De quelle marque s'agit-il ? »
« Rien que tu aies besoin de savoir pour l'instant », rétorqua Evander en désignant la coupe d'un signe de menton.
« Si tu ne bois pas, Petite Insolente, ton serment de secret n'est pas valide tant que notre sang n'a pas coulé en toi », ajouta Kael.
Je bus donc le sang. Il avait un goût métallique, âcre et glacial. Je fronçai les sourcils, et la pièce se mit à tanguer à mesure que le liquide glissait le long de ma gorge. Partout où il se répandait, mon corps semblait le rejeter. Cela brûlait comme un terrible coup de soleil tandis que je grimaçais, tenant mon estomac alors que la coupe m'échappait des mains pour s'écraser au sol.
Je déglutis difficilement sous le regard soucieux de Lucien. « C'est censé faire si mal ? » demandai-je alors qu'une faiblesse fulgurante me gagnait, une sensation de lourdeur glaciale s'emparant de moi tandis que je trébuchais.
« Kael ? Qu'est-ce qui se passe ? » aboya Lucien en me retenant pour m'empêcher de tomber.
Les yeux de Kael se révulsèrent, et ce même tourbillon laiteux qu'auparavant vint voiler ses iris. Il poussa un grondement sourd avant d'inspirer brusquement. Son regard se fixa de nouveau sur moi, tandis que je luttais à travers mes paupières lourdes qui mençaient de se fermer.
« Née en hiver », lâcha-t-il en s'avançant pour me prendre le visage entre les mains. « L'hiver combat le sang. Ses ombres n'aiment pas notre présence en elle à leurs côtés. »
Un frisson me parcourut à l'entendre prononcer le mot « ombres ». Je ne voulais d'elles nulle part près de moi.
« Nous n'avons jamais eu d'offrande née en hiver. Il n'y en a pas eu depuis plus d'un millénaire. Est-ce que ça va poser un problème ? » demanda Lucien.
J'espérais presque qu'il répondrait par l'affirmative et me laisserait partir, mais il sourit en secouant la tête. « Non, notre sang est plus fort. Elle s'en sortira. Mais elle sera l'offrande la plus puissante que nous ayons jamais eue. »
La froideur s'atténua, et la lourde douleur fut balayée par une vague de chaleur que je reconnus comme étant leur sang. « Je n'ai pas d'ombres », rétorquai-je d'un ton sec, me sentant en quelque sorte violée, mais les Alphas m'ignorèrent superbement.
Evander leva les yeux vers la lune et prévint d'un ton ferme : « Le temps presse. Nous devons procéder au marquage. »
Je sursautai à l'idée même de la marque.
Lucien hocha la tête, et ses crocs se mirent à pousser. Je poussai un hoquet d'effroi tandis que les autres filles reculaient de plusieurs pas. Les deux autres sortirent leurs canines à leur tour. Deux canines allongées en haut, deux en bas, le reste de leur dentition paraissant soudain bien plus acéré. Leurs yeux devinrent rouges, et je compris enfin ce qu'ils s'apprêtaient à faire.
« Vous allez nous mordre ? » demandai-je, sous le choc.
Je me réveillai de nouveau dans mon lit avec le pire mal de tête de ma vie.J'avais toujours aussi froid, et lorsque j'ouvris les yeux, mes alphas se tenaient serrés les uns contre les autres au pied de mon lit, chuchotant d'un ton furieux, arborant des expressions sombres sur leurs superbes visages.Je me redressai lentement, la tête lourde. Je m'adossai à la tête de lit et attendis qu'ils me remarquent, tout en observant les trois hommes.Aucun d'eux ne portait de chemise, ils étaient seulement vêtus de pantalons, ce qui signifiait généralement qu'ils venaient de courir. Et qu'ils étaient stressés.« Que s'est-il passé avec les vampires ? » demandai-je, et tous les trois se tournèrent vers moi.Leurs traits s'adoucirent. Lucien contourna le lit, puis y monta pour me serrer contre lui. Kael s'assit au bord du matelas en me prenant la main tandis qu'Evander déposait un baiser sur le sommet de mon crâne.« Ce ne sont pas les vampires qui enlèvent les humains », déclara Kael, et je fron
Elle sourit et monta les escaliers, fermant la porte au nez du narrateur avant qu'il ne pût l'arrêter. Elle se tint au milieu du chaos avant de s'éclaircir la gorge.« Excusez-moi, messieurs ? » demanda-t-elle doucement, et le narrateur ignorait totalement ce que cette femme folle croyait faire.Il pouvait à peine entendre ses propres pensées par-dessus le vacarme et les fracas, et encore moins sa voix. C'est alors qu'elle inspira profondément.« Excusez-moi ! » gronda-t-elle.Tout le monde s'arrêta. Kael ramena Evander dans le champ de vision du narrateur à travers les planches du plancher.Il avait du sang sur lui, qui gouttait de ses crocs.Lucien était accroupi sur la table de la salle à manger, se curant les crocs ensanglantés avec sa griffe, les yeux fixés sur un vampire quelconque qu'il pouvait voir mais que le narrateur ne voyait pas. Il était couvert de sang lui aussi.Des traces de griffes marquaient sa poitrine, et Kael portait une morsure dans le cou.Il me brisa le cœur d
À la remarque de Dorian , il y eut une bousculade, un rugissement et des bruits de meubles brisés.« Lucien, ça va. Ne le touche pas, » prévena Kael, et je pus tout juste l'entrevoir à travers les fentes du bois, retenant un Lucien bouillonnant.Les yeux de Lucien croisèrent les miens à travers les planches, et il se détendit tandis que Kael reculait, reportant son regard furieux sur Dorian .« Il semble que nous ayons un petit problème, Alphas, » commença Dorian , et il y avait dans sa voix quelque chose qui m'irritait. Comme s'il pensait qu'il allait gagner.« Voyez-vous, ce magnifique dôme de puissance qui protège vos villages et vos cités au-dessus de votre territoire a connu une recrudescence la nuit de la lune de sang. Maintenant, je ne sais pas pour vous, mais je ne connais qu'une seule autre fois où une telle puissance a afflué de votre territoire vers le mien, et je soupçonne que vous savez exactement pourquoi cela pourrait m'inquiéter, » expliqua Dorian .J'étais un peu perd
Kael me poussa vers Tabitha, qui m'attrapa la main et me tira loin de la table à manger. Elle frappa son bâton sur les planches du sol et la table glissa contre le mur, me faisant pousser un hoquet.Evander, Lucien et Kael s'avancèrent vers les fenêtres, regardant au dehors de leurs yeux rouges tandis que Cain tirait sur le tapis. En dessous se trouvait une trappe. Cain l'ouvrit et fit un signe de tête vers l'obscurité.« Descendez, » ordonna-t-il, sa voix ferme, ses yeux clignotant de rouge.Je n'avais aucune idée de ce qui se trouvait là-en bas, mais je savais que des vampires arrivaient et c'était bien plus terrifiant que l'inconnu à cet instant, alors je dévalai les marches en bois pour pénétrer dans un sous-sol entouré de béton.Je relevai les yeux depuis le bas et Tabitha descendit en boitant. Cain referma la trappe d'un coup sec avant que je ne puisse demander ce qui diable allait se passer.Je m'entourai les bras de mes mains tandis que Tabitha m'attrapait à nouveau la main et
Ce n'était pas seulement une maison, c'était un foyer, rempli de plantes, de cristaux et de tapisseries suspendues. C'était encombré mais pourtant bien rangé, comme si chaque chose était à sa place pour une raison.Le salon était pittoresque avec un canapé douillet aux motifs floraux, un tapis et des étagères, le tout tourné vers une cheminée qui crépitait de vie, réchauffant tout l'endroit.Un encens brûlait, emplissant l'espace d'une lavande apaisante. Des bougies illuminaient toutes les surfaces qui n'étaient pas déjà occupées.Tabitha s'assit dans un fauteuil faisant face à la cuisine le long du mur du fond. Elle ne ressemblait pas au bois propre et moderne du domaine ; elle était patinée, mais aimée. C'était comme si sa cuisine et sa salle à manger constituaient le véritable cœur de sa maison. C'était du moins l'impression que cela donnait.Je m'assis dans le fauteuil à côté d'elle, Cain se tenant de l'autre côté. Kael s'assit près de moi, se rapprochant un peu, écartant les jamb
Je fronçai les sourcils devant leur réaction, observant chacun d'eux tandis que Kael m'aidait à sortir de la calèche. Je mis pied à terre, une éclaboussure salissant mes jambes, mes chaussures et le bas de mes jupons.Je baissai les yeux sur la texture marécageuse du sol.Evander s'avança, contemplant le marais, une brume recouvrant cette vaste étendue. L'endroit sentait mauvais. Comme de la pourriture et, ma foi, de la vase.Mais il n'y avait aucun avertissement dans mon sang, alors je fis un pas en avant, soutenue par Kael qui m'aidait à patauger dans la boue qui m'arrivait aux chevillères.Il faisait si sombre que je voyais à peine, mais cela ne semblait pas poser de problème aux loups.Nous avançâmes. Le seul bruit qui rompait le silence de la nuit était le clapotis de nos pas.« C'est flippant, » soufflai-je, et Lucien étouffa un rire.Evander se tourna vers moi. « Ne dis pas ça devant elle. Elle adore cet endroit maudit par les dieux, » marmonna-t-il avec dégoût.« Des goûts et







