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Chapitre 7 – L’appel de la forêt

Author: Primso Fam
last update Huling Na-update: 2025-06-13 23:07:27

- Il m’a trouvée là-bas... dans ce sous-sol. C’est lui qui m’a sortie de là. Mais ce n’est pas lui qui m’a fait ça, tu sais ?

Maëna me regarde sans rien dire. Elle hoche lentement la tête. Elle m’écoute depuis plusieurs minutes sans m’interrompre, juste assise à côté de moi, les doigts entremêlés sur ses genoux. Je viens de lui raconter, par bribes, ce que j’ai vécu. La fuite. Les cris. Les coups. La peur. Et puis... Kaël.

- Tu n’es pas obligée de tout expliquer, me dit-elle d’une voix calme. Tu es en sécurité ici. C’est tout ce qui compte pour l’instant.

Je voudrais la croire. Vraiment. Mais ce mot, sécurité, a perdu sa signification quelque part entre la claque de mon beau-père et la main que j’ai posée sur mon ventre pour vérifier que je respirais encore.

Je reste là encore quelques secondes, puis je me lève.

- Je crois que j’ai besoin d’air, dis-je.

Maëna ne pose pas de question. Elle me sourit et se penche pour replier la robe que je n’ai pas encore osé enfiler. Moi, je me dirige vers la porte, une sensation étrange dans la poitrine. Comme un nœud. Une urgence.

Le couloir est vide.

Pas un bruit.

La maison semble paisible, presque absente.

Je descends les escaliers sans faire de bruit, retenant ma respiration à chaque marche. J’ignore si c’est la peur d’être arrêtée ou l’adrénaline qui me pousse, mais mes pas me guident jusqu’à la porte arrière. Elle n’est pas verrouillée.

Je l’ouvre.

Et l’air me frappe au visage.

Frais. Vif. Sain. Rien à voir avec la moiteur du cachot, ni même avec la chaleur du bain d’hier. Cet air-là sent la mousse, l’écorce, les feuilles mouillées. Il sent la forêt.

Je ne réfléchis pas.

Je m’enfonce dans les bois.

Les branches frottent contre mes bras. Le vent se glisse sous mes vêtements trop amples. Mon cœur bat à toute allure. J’ai besoin de distance. D’espace. Pas pour fuir Kaël. Pas vraiment. Mais pour fuir... ce que je deviens. Ce que je ressens. Ce mot qu’il a prononcé. Mate. Ce lien invisible qu’il prétend exister entre nous.

J’avance longtemps, sans but. Je dépasse une clairière, longe un ruisseau, glisse contre une souche, me relève. Mon corps proteste, mais je continue. Je veux aller aussi loin que possible, jusqu’à ce que le silence me dévore.

Et puis, soudainement... je m’arrête.

Une odeur.

Pas n’importe quelle odeur.

Fraîche. Enveloppante. Un peu boisée. Comme celle que je sens parfois quand il entre dans une pièce. Kaël.

Je ferme les yeux.

C’est impossible.

Il n’est pas là. Il ne peut pas l’être. Je suis seule. J’ai marché trop loin pour qu’il me retrouve.

Mais cette odeur persiste. Elle me trouble. Me rassure. Me perturbe.

Je me retourne lentement.

Et mon cœur s’arrête.

À une dizaine de mètres, entre les arbres, une forme se dessine. Immense. Silencieuse.

Un loup.

Pas un loup ordinaire.

Un monstre.

Ses pattes sont aussi larges que mes avant-bras. Ses crocs luisent même dans l’ombre. Sa fourrure noire se fond presque dans le décor, mais ses yeux... ses yeux brillent d’une lueur étrange, presque humaine.

Il ne grogne pas. Il ne court pas.

Mais il me fixe.

Mon souffle se bloque. Je recule d’un pas, puis d’un autre. Mon talon glisse sur un tapis de feuilles mortes. Un craquement.

Le loup se tend.

Et avance d’un pas.

Je lève les mains, comme pour me protéger. Comme si un geste aussi ridicule pouvait le faire hésiter.

- Recule... murmuré-je.

Il avance encore.

Je trébuche contre une racine et tombe à genoux. Ma respiration se fait hachée. Mon esprit hurle : Cours. Mais mon corps refuse de bouger.

Je suis paralysée.

Il ne court pas. Il ne bondit pas.

Il approche.

Chaque pas qu’il fait vers moi me donne l’impression que le monde se referme.

Mon regard reste accroché au sien. Et c’est là que je comprends.

Ce loup-là n’est pas comme les autres.

Il n’est pas juste un animal.

Il comprend.

Et malgré tout ce qu’il est... il me fait peur.

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