(Point de vue de Claire)
Je ne suis pas venue à l'Eclipse Club pour danser seulement, je suis venue pour me perdre complètement.
Pendant sept ans, j'ai étouffé ma propre lumière pour me fondre dans le monde de Damien, mais ce soir, cette femme n'est plus. Je suis une autre, plus audacieuse, et l'homme qui me tient dans ses bras est comme l'étincelle qui embrase mon ancienne vie.
La piste de danse est bondée et embaume le parfum, mais dès que sa main se pose sur le bas de mon dos, tout le reste disparaît. Il ne reste que l'onde de choc de son contact. Il se meut avec une autorité fluide, une arrogance sensuelle qui m'annihile.
Il se meut avec une assurance fluide, me guidant au rythme de la musique comme s'il était né pour ça. Chacun de ses pas est empreint de possessivité et, pour la première fois depuis des années, j'ai envie de le suivre.
« Tu es tendue », murmure-t-il, sa bouche effleurant le lobe de mon oreille. Son souffle chaud me fait frissonner jusqu'au creux du ventre.
« Je n'ai plus l'habitude », je réponds, même si ce n'est pas vraiment vrai.
Il rit doucement. « Alors laisse-moi te guider. »
Il me serre contre lui jusqu'à ce que nos corps soient collés l'un à l'autre. À travers le tissu de son costume sur mesure, je sens la rigidité de ses cuisses, la chaleur de son torse, sa puissance contenue.
Nous nous laissons emporter par le rythme, comme si nous avions fait cela des centaines de fois.
À chaque mouvement, les pensées de Damien s'estompent, la trahison de plus tôt dans la soirée n'a plus d'importance. Je ne ressens plus que cet homme et la façon dont son regard croise le mien, même derrière le masque de velours noir.
La musique ralentit, et nous aussi. Sa main glisse un peu plus bas sur mon dos, mon cœur s'emballe.
Quand soudain les projecteurs nous éclairent et que le présentateur nous annonce comme le Roi et la Reine de l'Éclipse, des applaudissements fusent autour de nous, mais je les entends à peine, perdue en lui.
Sans réfléchir, je lève la main, glisse mes doigts dans ses cheveux et l'attire vers moi. Le baiser est d'abord passionné et devient rapidement plus intense. Ses bras se resserrent autour de moi, une main caressant ma nuque, tandis que nous nous embrassons comme si nous étions seuls au monde. Sa langue réclame la mienne, sa main descend sur ma nuque avec une autorité ferme qui m'arrache un gémissement.
Quand nous nous séparons enfin, essoufflés, il pose son front contre le mien.
« Monte avec moi », dit-il d'une voix grave, éraillée par l'envie. « Laisse-moi prendre soin de toi comme tu le mérites. »
Je devrais refuser, partir et préserver ce qui me reste de fierté. Au lieu de cela, je plonge mon regard dans le sien et murmure : « D'accord. »
L'ascenseur n'est qu'un flou de mains fiévreuses et de baisers mordants. Dès que la porte de la suite se referme, il me plaque doucement contre le bois rigide, bloquant mes hanches avec les siennes.
Un instant, il me fixe, les yeux sombres de désir.
« Qui es-tu ? » souffle-t-il en déposant des baisers brûlants le long de ma mâchoire.
« Ce soir, je veux juste être à toi », je souffle.
La fermeture éclair de ma robe cède sous ses doigts experts. La soie glisse le long de mes cuisses. Je m'attends à ce qu'il se précipite, mais il s'arrête. Ses yeux sombres parcourent mon corps mis à nu avec une dévotion presque religieuse, me faisant rougir de la tête aux pieds.
« Tu es une œuvre d'art », murmure-t-il, sa voix basse vibrant dans ma poitrine.
Il me soulève sans le moindre effort et me dépose sur les draps de soie comme un trésor inestimable. Il se place entre mes jambes, mais au lieu de se satisfaire, il prend son temps. Sa bouche entame une descente tortionnaire : mes lèvres, la ligne de mon cou, la naissance de ma poitrine... Il s'attarde sur mes tétons rigides, les aspirant, les taquinant de la langue jusqu'à ce que mon bassin se soulève spontanément vers lui.
« Dis-moi ce dont tu as envie », râle-t-il contre ma peau brûlante. « Je suis là pour toi, rien que pour toi. »
« Ne t'arrête pas... s'il te plaît, prends-moi... »
« Pas encore. Ton plaisir d'abord. »
Ses mains sont des instruments de torture sacrée. Quand ses doigts se glissent entre mes cuisses tremblantes, il pousse un soupir satisfait en me trouvant trempée, brûlante. Il caresse mon clitoris avec une lenteur calculée, traçant des cercles parfaits, ajustant la pression à chaque petit spasme de mes hanches.
« Regarde-moi », ordonne-t-il gentiment. « Regarde à quel point tu es magnifique quand tu prends ton plaisir. »
Une vague de chaleur m'assomme. Je passe mes mains sur son torse nu, descendant jusqu'à enserrer son érection dure comme de la pierre. Il laisse échapper un juron étouffé, sa mâchoire se crispant sous le contrôle qu'il s'impose.
« Doucement, petite folle... », rit-il doucement, le souffle court. « Si tu me touches comme ça, je vais oublier mes bonnes manières et te prendre trop vite. Et je veux que cette nuit dure éternellement. »
Il écarte mes jambes, s'aligne à mon entrée et s'enfonce en moi d'un seul coup fluide, lent, incroyablement profond. L'étirement est si exquis qu'un cri me traverse la gorge.
Il s'immobilise un instant, ancré au plus profond de moi, la respiration lourde, admirant les vagues de plaisir qui traversent mon visage.
« Bordel... Tu es si étroite, si chaude... Un vrai paradis », grogne-t-il, la voix altérée par le désir.
Il commence à imprimer un rythme régulier, chaque poussée venant percuter mon point sensible avec une précision diabolique. Il ne cherche pas à se soulager ; il cherche à m'achever.
Soudain, sa main remonte vers le ruban de mon masque.
« Non », je souffle en retenant son poignet. « S'il te plaît, laisse-le. »
Il s'interrompt, son regard plongé dans le mien. Au lieu d'insister ou d'imposer sa volonté comme l'aurait fait Damien, il embrasse le creux de ma paume avec un respect absolu.
« Vos désirs sont des ordres, ma Reine. »
Ce mot me transperce. Ce n'est pas de la soumission, c'est le luxe ultime d'un homme puissant qui choisit de s'agenouiller devant mon plaisir.
J'enroule mes jambes autour de sa taille. Sa main descend entre nos corps joints pour stimuler à nouveau mon clitoris en même temps qu'il me martèle avec une ferveur renouvelée. La surcharge sensuelle est trop violente. Mon corps se tend comme une corde d'arc.
« Laisse-toi aller, bébé », murmure-t-il à mon oreille en intensifiant le rythme.« Je te tiens. »
Ces mots me font basculer. Le plaisir me submerge tandis que je crie, tremblante, et que je jouis violemment autour de lui.
Il me suit quelques instants plus tard, gémissant dans mon cou tandis qu'il me pénètre une dernière fois. Je sens la douce chaleur de son éjaculation en moi, et une nouvelle vague de plaisir me parcourt le corps.
Nous restons enlacés, le souffle court, nos cœurs battant à l'unisson. Il ne se retire pas tout de suite. Au contraire, il écarte mes cheveux humides de mon visage et m'embrasse tendrement.
Après un moment, il se tourne sur le côté et me serre contre lui.
Ses bras m'entourent, me serrant fort. Je pose ma tête sur son épaule, écoutant les battements réguliers de son cœur.
À cet instant, je me sens en sécurité et désirée comme je l'avais presque oublié. Pour la première fois depuis des années, je me sens vraiment vivante.
Je m'endors ainsi, au chaud, enveloppée dans les bras de cet inconnu qui vient de me rappeler ce que c'est que d'être touchée par un désir authentique.
Un peu plus tard, je me réveille à moitié au son de sa voix au téléphone, près de la fenêtre.
« Dis au client que je le rejoins bientôt pour conclure l'affaire », dit-il.
Quand il remarque que je bouge, il revient au lit et pose doucement ma tête sur l'oreiller. Ses doigts effleurent ma joue.
« Tu devrais dormir », murmure-t-il. « Bonne nuit, ma reine. »
L'épuisement m'emporte à nouveau avant que je puisse poser la moindre question.
Au matin, la lumière du soleil inonde la pièce et le lit me paraît terriblement vide. Je tâte son côté du lit.
Je me redresse brusquement, les yeux écarquillés. Il est parti. Il ne reste que le léger parfum de lui sur les draps et un petit mot sur la table de chevet.
Je prends le mot d'une main tremblante.
Je le lis à voix haute. « Avec plaisir, votre roi », suivi d'un numéro de téléphone.
Et là, je me fige. Mon Dieu, on n'a pas utilisé de protection hier soir. J'avais oublié une chose si élémentaire. La panique me traverse, puis se mue en un rire amer.
« Sept ans avec Damien et je ne suis pas tombée enceinte », je murmure dans la chambre vide. « Quelles sont les chances qu'une seule nuit change tout ? »
Il avait toujours fait comme si c'était de ma faute et s'en était servi contre moi. Une autre façon de me rabaisser. Je chasse cette pensée.
Pendant un long moment, je fixe le mot, me souvenant de la chaleur de ses mains, du son de sa voix, de son regard qui me faisait sentir importante, et de cette envie irrésistible qui me tiraillait la poitrine.
Mais soudain, le souvenir de Damien et de l'autre femme dans notre lit dissipe cette douce sensation. Je n'ai pas besoin d'un roi, j'ai besoin de vengeance.
Je froisse le mot dans ma main et le jette à la poubelle.
Mon cœur s'endurcit, et ce qui est endurci n'a besoin ni d'amour ni de douceur. Je prends une douche rapide, remets ma robe et jette un dernier coup d'œil dans le miroir. La femme qui me fixe est plus dure, plus froide, plus déterminée.
En sortant de la suite, mes talons claquent sur le marbre. Je ne remarque pas la porte du placard de service s'entrouvrir derrière moi. Je ne vois pas la main gantée qui plonge dans la poubelle et en retire les déchets froissés.