FAZER LOGINChapitre 118
Alexander
Je me tiens dans le couloir, derrière la porte entrouverte de la bibliothèque, et je ne bouge pas. Mes pas m'ont porté jusqu'ici par habitude, et je me suis arrêté à temps, la main à plat sur le mur, le souffle retenu. À travers l'ouverture, je vois la scène sans en être, et c'est très bien ainsi. Il y a des portes qui ne doivent s'ouvrir que de l'intérieur.
Chapitre 121ElenaLa lumière du matin entre dans la chambre, et je reste allongée un moment, les mains posées sur mon ventre, à sentir ce petit être qui bouge à sa guise. Ma grossesse est paisible, sans les peurs qui m'avaient poursuivie autrefois, et cette paix, je la savoure comme un luxe que je n'avais jamais connu.Alexander entre avec un plateau et le pose sur mes genoux.— Encore ?— Quoi, encore ? C'est la première fois aujourd'hui.— C'est la troisième fois cette semaine.— Alors c'est la première fois aujourd'hui.Je soulève le linge qui couvre une petite assiette et je découvre des fraises coupées en forme de cœurs maladroits.— Alexander. Vous avez coupé des fraises en c&oeli
Chapitre 120ElenaLes dix sont là, et je me tiens debout au bout de la table, les mains à plat sur le bois.— Mes amis, je vous ai réunis pour une raison qui ne concerne ni l'empire, ni les Ashford, ni aucune menace. J'attends un enfant.Le silence tombe. Puis Nikolaï se lève et frappe la table de la paume.— Un deuxième ! Un deuxième Voss !— Nikolaï, asseyez-vous, on n'est pas à un mariage, dit Victoria, mais elle rit en le disant.Marcus s'approche le premier et me prend les mains.— Depuis quand ?— Deux mois. Je voulais être sûre avant de le dire.— Et Alexander ?Je ne réponds pas. Marcus tourne la tête vers lui.Alexander n
Chapitre 119LiamLe bureau d'Alexander est une pièce que j'ai vue mille fois sans jamais vraiment la regarder, et aujourd'hui, pour la première fois, je m'assois dans le fauteuil en face de lui, les pieds qui ne touchent pas encore le sol, les mains posées à plat sur le bois comme je l'ai vu faire par maman, et je me tiens droit, parce que j'ai dix ans et que ce n'est pas un jeu.— Alors, dit Alexander en croisant les doigts devant lui, tu veux comprendre l'entreprise familiale.— Oui.— Parce que tu t'ennuies ?— Non. Parce que tout le monde en parle et que je ne comprends rien. J'entends des mots que je ne connais pas, et je hoche la tête comme si je savais, et je n'aime pas ça.Il ne rit pas. Il aurait pu, et je crois qu'il en a envie, mais il ne rit pas, et je lui en suis reconnaissa
Chapitre 118AlexanderJe me tiens dans le couloir, derrière la porte entrouverte de la bibliothèque, et je ne bouge pas. Mes pas m'ont porté jusqu'ici par habitude, et je me suis arrêté à temps, la main à plat sur le mur, le souffle retenu. À travers l'ouverture, je vois la scène sans en être, et c'est très bien ainsi. Il y a des portes qui ne doivent s'ouvrir que de l'intérieur.J'entends la voix de Damien, basse, usée, une voix d'homme qui a vieilli et qui demande pardon une dernière fois. Il dit qu'il a refait sa vie, une vie petite, un appartement de deux pièces, un travail de ses mains. Je cherche en moi la colère, cette colère ancienne qui m'a tenu debout pendant vingt-cinq ans, cette rage froide qui m'a fait jurer de le détruire s'il approchait encore d'elle. Elle est là, quelque part, mais elle ne
Chapitre 117ElenaLa journée s'achève dans la bibliothèque, les rideaux tirés sur le crépuscule, une lampe allumée près du fauteuil, et je lis les derniers rapports de la fondation quand la porte s'ouvre sans que l'on ait frappé. Je lève les yeux, prête à réprimander celui qui entre, et je me fige, le souffle coupé, parce que l'homme qui se tient dans l'encadrement n'est pas un membre du Conseil, ni un gardien, ni personne que j'attendais.— Elena.Il a vieilli. Ce n'est pas une impression, c'est une évidence que je lis sur son visage en une seconde : les épaules plus étroites, les cheveux presque blancs, les mains abîmées, un manteau de laine usé, des chaussures fatiguées. Il n'a plus rien du milliardaire que j'ai épousé, ni du vieil homme brisé qui
Chapitre 116MarcusLe hall de l'hôpital est vide, les portes vitrées fermées, les lumières allumées pour la première fois, et je me tiens au milieu de ce silence neuf, les mains dans les poches de ma blouse, à écouter le bourdonnement des néons et le claquement lointain d'une porte que quelqu'un vient de pousser. Elena entre, sans gardes, sans apparat, vêtue simplement, et elle s'arrête à quelques pas de moi, le regard posé sur les murs blancs, les banquettes, le comptoir d'accueil encore sans personnel.— C'est prêt, dit-elle.— C'est prêt. Les blocs sont équipés, les chambres sont meublées, le personnel est recruté. Il ne manque plus que les patients.— Ils viendront.— Ils viendront.Elle fait quelq
Chapitre 9AlexanderLa vibration contre ma poitrine est un code que je connais par cœur, un signal qui ne retentit que lorsque le monde est sur le point de basculer, que lorsque les fondations invisibles de l’ordre secret vacillent, que lorsque le sang de la dynastie est menacé. Je suis debout au
Chapitre 8ElenaLa douleur est un éclair blanc qui déchire le bas de mon ventre, une déflagration si violente que je tombe à genoux sur le carrelage glacé avant même de comprendre ce qui m’arrive, et le bruit de mes rotules frappant les tomettes disjointes se mêle au fracas de la boîte de thé qui
Chapitre 7DamienLe silence de mon bureau est un mensonge. Dehors, le vent agite les branches des cyprès, les roses blanches ploient sous le poids du crépuscule, et je devrais me sentir en paix, je devrais savourer la satisfaction d’avoir accompli ce que l’on attendait de moi, mais il y a ce poids
Chapitre 1 ElenaJe tiens encore le petit bâtonnet entre mes doigts lorsque la salle de bains se met à tourner autour de moi, les murs de marbre blanc se diluant dans une brume de larmes que je ne sens même pas couler.Deux lignes roses.Deux lignes minuscules qui dansent devant mes yeux comme une







