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CHAPITRE 64 – Le message de Rach

Penulis: L'encre
last update Tanggal publikasi: 2026-08-13 11:19:55

Le mot tomba comme une pierre dans l’eau. Il ricocheta sur les murs, sur le lit, sur les objets. Marisol ferma les yeux un instant, respira profondément. Quand elle les rouvrit, ils étaient secs.

— Pourquoi ? demanda-t-elle. Pourquoi elle ?

— Je ne sais pas. C’est arrivé. Je n’ai pas réfléchi.

— Tu l’aimes ?

— Je ne sais pas.

— Tu ne sais pas. Tu ne sais rien. Tu as tout gâché pour une femme que tu connais à peine, et tu ne sais même pas si tu l’aimes.

Elle attrapa son sac, le mit à l’épaule. E
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    Il pensa à lui-même, enfin. À l’homme qu’il avait été. À l’homme qu’il était devenu. Il ne regrettait rien. Pas même les pires moments. Pas même la douleur, la honte, l’humiliation. Tout cela l’avait forgé, transformé, révélé à lui-même. Il n’était plus le jeune homme naïf et arrogant qui avait croisé le regard d’une inconnue dans une cour de Cotonou. Il était un homme qui avait souffert, qui avait survécu, qui avait appris.Il s’écarta de la fenêtre, retourna s’asseoir devant son ordinateur. Il avait du travail à terminer. Un article sur les pièces détachées, des descriptions de produits, des choses ordinaires et sans gloire. Mais il les ferait bien. Il les ferait du mieux qu’il pouvait. Parce que c’était cela, la vie d’un homme. Faire ce qu’on a à faire, le faire bien, et avancer.Il posa les doigts sur le clavier, commença à taper.Dehors, le soleil continuait sa course dans le ciel. La cour s’animait, la vie bruissait, le monde tournait. Michaël travaillait, écrivait, vivait. L’av

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    Il le pensait vraiment. La haine avait disparu.Il ne savait pas exactement quand cela s’était produit. Peut-être au moment où il s’était agenouillé devant Rach, dans cette chambre obscure, et qu’il avait demandé pardon. Peut-être au moment où il avait senti son sexe frémir, reprendre vie, après des semaines d’impuissance. Peut-être au moment où il avait posé les doigts sur son clavier et qu’il avait écrit son premier article depuis des mois.Peu importait. La haine s’en était allée, comme s’en va la fièvre après une longue maladie. Elle avait laissé place à autre chose. De la compréhension. De la compassion. Une forme de sagesse, peut-être.Il comprenait Hermine maintenant. Pas complètement – il ne la comprendrait jamais complètement – mais assez pour ne plus la juger. Elle était ce qu’elle était : une survivante. Une femme qui avait grandi dans la rue, qui avait été mariée de force, qui avait passé sa vie à lutter pour ne pas sombrer. Elle avait fait du mal autour d’elle, c’était vr

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    Un petit sourire, à peine esquissé, qui n’avait rien à voir avec le sourire carnassier d’Hermine. Un sourire calme, paisible, presque tendre. Elle était heureuse. Vraiment heureuse, disait-elle. Pour la première fois peut-être, elle ne mentait pas.Il pensa à tout ce qu’elle avait traversé. La misère, la rue, le mariage forcé avec un homme froid et violent. Les années de solitude, d’ennui, de frustration. Les hommes qu’elle avait séduits pour combler le vide, les mensonges qu’elle avait tissés pour survivre, les trahisons qu’elle avait commises sans même s’en rendre compte.Et maintenant, elle allait avoir un enfant. Une fille. Un être à aimer, à protéger, à élever. Peut-être que cet enfant la changerait. Peut-être que la maternité accomplirait ce que l’amour n’avait jamais pu faire. Peut-être qu’Hermine, en devenant mère, apprendrait enfin à être vraie.Il l’espérait. Sincèrement.« Je suis enceinte. » Michaël sourit. Elle était heureuse. Il l’était pour elle.Il prit son téléphone,

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    Il avait passé des mois à courir après l’interdit, à brûler pour une femme qui ne lui appartenait pas, à risquer sa vie pour des nuits de passion. Tout cela lui semblait loin, maintenant. Irréel. Comme une fièvre qui était tombée, comme un vertige qui s’était dissipé.Les jours passèrent. Les semaines. Les mois.Les cicatrices sur son corps s’estompèrent tout à fait. Il n’en resta qu’une, sur son avant-bras gauche, une marque plus profonde que les autres, souvenir d’un coup de bâton qui avait entaillé la chair jusqu’à l’os. Il la regardait parfois, le matin, en s’habillant. Elle ne le gênait pas. Elle ne lui faisait pas honte. Elle était là, c’est tout. Comme un rappel. Comme une leçon.La douleur aussi disparut. Pas complètement – il savait qu’elle ne disparaîtrait jamais tout à fait. Mais elle devint supportable. Elle devint une partie de lui, au même titre que ses souvenirs, ses regrets, ses espoirs. Elle ne le définissait plus. Elle l’accompagnait.Un soir, il écrivit à sa mère un

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