REJETÉE PAR L'AMI DE MON FRÈRE

REJETÉE PAR L'AMI DE MON FRÈRE

last updateLast Updated : 2026-10-13
By:  DéesseUpdated just now
Language: French
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Rejetée par l'ami de mon frère : Éclat éternel Ombretta De Luca, issue d'une famille italo-américaine d'origine sicilienne, vit une nuit de passion avec Matteo Rinaldi, le meilleur ami de son frère. Au matin, Matteo la rejette froidement, sans explication. Blessée et enceinte, Ombretta disparaît sans un mot. Sept ans plus tard, Ombretta élève seule Luna, une fillette dotée d'un don de vision prémonitoire hérité du côté Rinaldi. Matteo, qui n'a jamais cessé de chercher Ombretta, finit par la retrouver et découvre l'existence de sa fille. S'ensuit une bataille émotionnelle et judiciaire pour la garde de Luna, compliquée par les manigances vengeresses de Vittoria et de son oncle, Salvatore Contessa, qui menace la famille au nom d'un honneur bafoué. Mais derrière cette guerre de pouvoir se cache une vérité plus ancienne : une malédiction sicilienne qui pèse sur les Rinaldi depuis des générations, et qui pourrait bien être la clé de tout ou la fin de tout. Et si le rejet de Matteo n'avait jamais été une trahison, mais un sacrifice ?

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Chapter 1

Chapitre 1 — Réveil glacial

Ombretta De Luca

Je me réveille dans un lit qui n'est pas le mien.

Les draps sentent le propre, le repassé, une odeur de lessive industrielle qui ne ressemble à rien de ce que je connais. La chambre est plongée dans une pénombre grise, filtre d'un rideau trop épais, et je mets plusieurs secondes à me rappeler où je suis. Chez Matteo. Dans la maison Rinaldi. Dans la chambre du premier étage, celle qui donne sur le jardin intérieur, avec ses murs tapissés d'un bleu profond et ses meubles sombres qui appartiennent à une autre époque.

Je tourne la tête.

Le lit est vide.

Pas de la façon dont un lit peut être vide quand quelqu'un s'est levé pour aller chercher du café , pas de creux tiède, pas de désordre, pas de trace. Le côté gauche est parfaitement lisse, les oreillers empilés avec une précision militaire, comme si personne ne s'y était jamais allongé. Comme si la nuit que je viens de vivre n'avait été qu'un rêve.

Mais mon corps, lui, se souvient.

Je ferme les yeux une seconde. Je sens encore la chaleur de ses mains sur ma peau, le poids de son corps contre le mien, le rythme de sa respiration dans mon cou. Je sens encore sa voix, basse, grave, murmurant des mots que je n'aurais jamais cru entendre de sa part. Des mots qui m'ont fait croire, l'espace de quelques heures, que tout était possible.

J'ouvre les yeux.

La porte de la salle de bain est entrouverte. De la lumière filtre par l'interstice. J'entends l'eau couler, un robinet qu'on ferme, le cliquetis d'une brosse à dents contre un verre. Des bruits du quotidien, ordinaires, qui devraient me rassurer. Mais quelque chose dans l'air me serre la gorge.

Je repousse le drap et m'assois. Le mouvement me tire dans les reins, une courbature discrète, un rappel physique de ce qui s'est passé. Je cherche mon chemisier du regard. Il est plié sur la chaise, au pied du lit, avec un soin qui ne lui ressemble pas. Matteo n'est pas du genre à plier des vêtements. Matteo n'est pas du genre à faire quoi que ce soit avec soin.

Je me lève. Le sol est froid sous mes pieds nus. Je ramasse mon chemisier, l'enfile, cherche mon pantalon. Il est là, posé sur l'accoudoir du fauteuil, froissé mais propre. Je m'habille en silence, les gestes mécaniques, l'esprit ailleurs.

La porte de la salle de bain s'ouvre.

Matteo apparaît dans l'embrasure, une serviette autour des reins, les cheveux encore humides, la mâchoire serrée. Il me regarde une seconde — une seule et dans cette seconde, je vois tout. Je vois la froideur. Je vois la distance. Je vois le mur qu'il vient d'ériger entre nous, haut, épais, infranchissable.

Il ne dit rien.

Il passe devant moi sans me toucher, sans me frôler, sans même me regarder à nouveau. Il ouvre l'armoire, sort une chemise, un pantalon, se tourne vers la fenêtre pour s'habiller. Dos à moi. Épaules tendues. Silence.

Quelque chose se brise dans ma poitrine. Une fissure fine, presque invisible, mais qui traverse tout. Je la sens se propager, du sternum jusqu'à la gorge, jusqu'aux yeux.

— Matteo ?

Ma voix est un souffle. Presque rien. Un mot suspendu dans l'air froid de la chambre.

Il ne se retourne pas.

— Il faut que tu partes.

Trois mots. Pas de préambule. Pas d'explication. Pas de regard. Juste trois mots, prononcés d'une voix neutre, plate, comme s'il annonçait la météo. Comme s'il ne venait pas de passer la nuit dans mes bras. Comme s'il ne m'avait pas dit, quelques heures plus tôt, que j'étais la seule personne qui comptait.

Je reste immobile. Je ne comprends pas. Mon cerveau refuse de comprendre. Il y a un décalage entre ce que je viens de vivre et ce que je vois. Entre la chaleur de la nuit et la glace du matin. Entre l'homme qui m'a tenue contre lui et celui qui me tourne le dos.

— Qu'est-ce que tu as dit ?

Il finit de boutonner sa chemise. Il se retourne enfin. Et ce que je vois dans ses yeux me glace plus que tout le reste. Ce n'est pas de la colère. Ce n'est pas de la gêne. Ce n'est pas même de l'indifférence. C'est quelque chose de plus terrible. C'est de la détermination. Une détermination froide, absolue, sans faille. La détermination de quelqu'un qui a pris une décision et qui ne reviendra pas dessus.

— J'ai dit qu'il faut que tu partes, répète-t-il. Maintenant. Avant que quelqu'un te voie.

— Avant que quelqu'un me voie ?

Je répète ses mots comme si je ne les comprenais pas. Comme s'ils étaient dans une langue étrangère. Et c'est peut-être le cas. Parce que rien, dans ce que je vis, ne correspond à ce que je connais de lui. Rien ne correspond à l'homme qui, hier soir encore, me regardait comme si j'étais le centre du monde.

— Matteo, qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce que j'ai fait ?

Il détourne les yeux. Une seconde. Une fraction de seconde. Mais je le vois. Je vois le tremblement dans sa mâchoire. Je vois la tension dans ses épaules. Je vois quelque chose qui ressemble à de la douleur, enfoui si profondément que personne d'autre ne le remarquerait. Mais moi, je le remarque. Parce que je le connais. Parce que je l'ai connu enfant, adolescent, homme. Parce que je sais lire en lui comme dans un livre ouvert.

— Tu n'as rien fait, dit-il. C'est moi. C'était une erreur.

Une erreur.

Le mot me frappe en pleine poitrine. Une erreur. La nuit que je viens de vivre. Les mots qu'il m'a dits. Les caresses. Les promesses murmurées dans le noir. Tout cela, une erreur.

— Une erreur, je répète. C'est tout ce que ça représente pour toi ?

Il ne répond pas. Il ramasse sa veste sur le dossier de la chaise, l'enfile, vérifie ses poches. Des gestes précis, méthodiques, qui ne laissent aucune place à l'émotion. Des gestes d'homme d'affaires. Des gestes de quelqu'un qui a déjà tourné la page.

— Matteo, je ne comprends pas. Hier soir, tu m'as dit...

— Hier soir, c'était hier soir.

Sa voix claque. Cinglante. Définitive. Il me coupe avant que je puisse finir ma phrase, avant que je puisse prononcer les mots qui me brûlent les lèvres. Les mots qu'il m'a dits. Les mots que je croyais vrais.

— Les choses ont changé.

— Changé ? En une nuit ?

— En une nuit, oui.

Il se dirige vers la porte. Il passe à côté de moi sans me toucher. Sans me regarder. Et je sens, dans son sillage, une odeur de savon et de quelque chose d'autre. De quelque chose de froid. De métallique. Comme une porte qui se ferme.

— Matteo, attends.

Je tends la main. Je ne sais pas ce que je veux. Le toucher ? L'arrêter ? Le retenir ? Ma main se pose sur son bras. Il s'immobilise. Une seconde. Deux. Je sens la chaleur de sa peau à travers le tissu de sa veste. Je sens la tension dans son bras. Je sens qu'il pourrait céder. Je sens qu'il en a envie.

Puis il se dégage.

— Ne me touche pas.

Sa voix est un coup de fouet. Je retire ma main comme si je m'étais brûlée. Il ouvre la porte. Il ne se retourne pas. Il franchit le seuil. Et avant de disparaître dans le couloir, il dit une dernière chose. Une chose que je n'oublierai jamais. Une chose qui me hantera pendant des années.

— Tu n'aurais jamais dû venir ici, Ombretta. Tu n'aurais jamais dû.

La porte se referme.

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