LOGINChapitre 33
Clara
On reprend.
La routine. Les matins. Les tasses. Les dossiers. Les réunions. Les Mademoiselle Laurent. Les oui, Monsieur. Les bien, Monsieur. Les je m'en occupe. Tout. Exactement comme avant. Exactement comme il y a quatre ans.
Sauf que rien n'est comme avant.
Chaque geste porte le souvenir. Chaque mot. Chaque silence. Chaque regard. Cette nuit. Dans son lit. Dans ses bras. Ses mains. Sa bouche. Ses mots. Je t'aime. Je t'aime. Je t'ai
Chapitre 35MaëlIl est deux heures du matin. On est chez moi. Dans mon lit. Elle est contre moi. Sa tête sur mon torse. Sa main sur mon ventre. Elle ne dort pas. Moi non plus.La lumière de la ville entre par la fenêtre. Bleue. Froide. Silencieuse. Je fixe le plafond. Je respire. Je sens son cœur. Qui bat. Contre le mien. Régulier. Paisible. Confiant.— Maël ?— Oui.— À quoi tu penses ?Je ne réponds pas tout de suite. Je pourrais mentir. Je pourrais dire à rien. Je pourrais dire au travail. Je pourrais dire à nous. Mais je suis fatigué. Fatigué de mentir. Fatigué de me cacher. Fatigué de porter ça tout seul.— À mon père.Elle ne bouge pas. Elle ne dit rien. Elle attend. Elle sait. Elle sait que je vais parler. Elle sait que c'est le moment. Elle sait qu'elle n'a pas besoin de
Chapitre 34ClaraIl recommence.Doucement. Lentement. Mais il recommence.Un matin, il s'arrête devant mon bureau. Il ne me demande pas un dossier. Il ne me parle pas d'une réunion. Il me regarde. Longuement. Puis il dit :— Vous déjeunez avec moi ?Je lève les yeux. Surprise. Il n'a pas dit « Mademoiselle Laurent ». Il n'a pas dit « nous avons une réunion ». Il a dit « vous déjeunez avec moi ». Comme ça. Simplement. Presque timidement.— Oui.Il hoche la tête. Il retourne dans son bureau. Je le regarde partir. Mon cœur. Qui bat. Trop vite. Trop fort.À midi, on sort. Ensemble. Dans la rue. Le soleil. Les passants. Le bruit. On marche. Côte à côte. Pas de dossiers. Pas de contrats. Pas de Mademoiselle Laurent. Juste nous.— Vous aimez quoi ?— Pardon ?&md
Chapitre 33ClaraOn reprend.La routine. Les matins. Les tasses. Les dossiers. Les réunions. Les Mademoiselle Laurent. Les oui, Monsieur. Les bien, Monsieur. Les je m'en occupe. Tout. Exactement comme avant. Exactement comme il y a quatre ans.Sauf que rien n'est comme avant.Chaque geste porte le souvenir. Chaque mot. Chaque silence. Chaque regard. Cette nuit. Dans son lit. Dans ses bras. Ses mains. Sa bouche. Ses mots. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime. Cette nuit.Ce matin, il s'approche de mon bureau. Pour un dossier. Il se penche. Il est tout près. À quelques centimètres. Je sens son parfum. Je sens sa chaleur. Je retiens mon souffle. Je ne bouge pas. Je ne respire pas. Je ne vis pas.— Le rapport Delcourt.— Il est là.Ma voix. À peine un souffle. Il prend le dossier. Ses doigts frôlent les miens. Une seconde. Une seule. Je retire ma main. Trop vite. Comme
Chapitre 32MaëlJe la vois. À travers la vitre. Elle tape. Elle ne lève pas les yeux. Mais je la vois. Ses épaules. Voûtées. Ses mains. Lentes. Ses yeux. Rouges. Elle a pleuré. Elle pleure encore. À cause de moi.Je ne sais pas quoi faire. Je ne sais pas quoi dire. Je ne sais pas comment me comporter. Avant, je savais. Avant, c'était simple. Elle posait la tasse. Je disais bonjour. Elle disait bonjour. On travaillait. On ne se parlait pas. On ne se touchait pas. On ne s'aimait pas. Enfin. On faisait semblant.Maintenant, je ne sais plus. Maintenant, je l'ai embrassée. Maintenant, je l'ai touchée. Maintenant, je l'ai aimée. Cette nuit. Dans mon lit. Dans mes bras. Et ce matin. Je ne sais plus.Je ne regrette pas. Je ne regrette rien. Pas une seconde. Pas un mot. Pas un baiser. Pas une caresse. Pas un gémissement. Pas une larme. Rien. Je ne regrette pas la nuit.
Chapitre 31ClaraJe me réveille avant le soleil. Dans mon lit. Seule. Les draps sont froids. La place à côté de moi est vide. Il n'est pas là. Il n'a jamais été là. Cette nuit. C'était chez lui. Dans son lit. Dans ses bras. Et ce matin. Je suis rentrée. Sans un mot. Sans un signe. Sans rien.Je me lève. Je me prépare. Je m'habille. Je choisis une chemise blanche. Fermée jusqu'au col. Sage. Invisible. Comme avant. Comme toujours. Comme si rien ne s'était passé.J'arrive au bureau à huit heures. Je pose la tasse. À sept centimètres du bord. Je dispose les dossiers. Je m'assois. J'attends.Il arrive. À huit heures dix. Il ne me regarde pas.— Bonjour, Mademoiselle Laurent.Mademoiselle Laurent.Mon cœur se serre. Une main invisible. Qui serre. Qui broie. Qui étouffe.—
Chapitre 30ClaraIl m'emmène chez lui.Pas un mot dans la voiture. Juste sa main sur ma cuisse. Chaude. Possessive. Sa main qui tremble. Lui qui tremble. Moi qui tremble.La porte se referme. Le noir. Le silence. Sa bouche sur la mienne. Encore. Plus fort. Plus affamée. Quatre ans. Quatre ans de faim. Quatre ans de soif. Quatre ans de rien. Et là. Tout. D'un coup. Trop. Pas assez.Il me pousse contre le mur. Sa main dans mes cheveux. Son souffle dans mon cou. Il murmure mon prénom. Clara. Clara. Clara. Comme une prière. Comme une obsession. Comme une délivrance.— Vous êtes sûre ?— Oui.— Vraiment sûre ?— Oui.Il me porte. Jusqu'à sa chambre. Il me pose sur le lit. Il se penche. Il me regarde. Longuement. Ses yeux. Noirs. Brûlants. Affamés. Il hésite. Encore. Toujours. Cette hésitation. Cette peur. Cette barrière.— Maël.— Oui ?— Ne vous arrêtez pas.Il ne s'arrête pas.Sa bouche descend. Lentement. Sur mon cou. Sur ma clavicule. Sur ma peau. Ses mains. Sur mes hanches. Sur ma ta







