LOGINL'ÉPOUSE SACRIFIÉE Iséline Vaëron pensait avoir épousé l'homme de sa vie. Mais dès leur nuit de noces, Aydren Solvéris lui avoue qu'il ne l'a épousée que pour sauver son ancienne maîtresse. Pendant deux ans, elle endure ses humiliations, son indifférence et ses trahisons, jusqu'au jour où il annonce publiquement que sa maîtresse attend un enfant de lui. Brisée, Iséline demande le divorce et disparaît sans lui révéler qu'elle est enceinte. Trois ans plus tard, elle revient à la tête d'une immense fortune, fiancée à un autre homme. Aydren, qui pensait ne jamais pouvoir l'aimer, est désormais prêt à tout pour la reconquérir. Mais lorsqu'il découvre que l'enfant de sa maîtresse n'était pas le sien, une vérité bien plus terrible menace de détruire tout ce qu'il lui reste.
View MoreChapitre 1
Iséline
La soie de ma robe glisse contre ma peau, trop froide, trop lourde. Mon reflet dans le miroir me renvoie l'image d'une mariée parfaite, sourire figé, yeux brillants d'un espoir que je m'accroche à garder vivant.
Aydren est là, quelque part dans cet appartement immense. Mon mari. Le mot résonne en moi comme une promesse sacrée. Depuis trois ans, je l'aime en silence, patiente, persuadée que sa froideur n'est qu'une armure que je finirai par briser. Aujourd'hui, devant Dieu et devant les hommes, il m'a passé l'alliance au doigt. Ce geste a suffi à mon cœur pour croire que tout était possible.
J'attends dans la chambre nuptiale, les mains posées sur mes genoux, le souffle court. Les draps sentent la lavande. Je veux croire que c'est lui qui a choisi cette senteur. Je veux croire tellement de choses.
La porte s'ouvre enfin.
Aydren entre, sa veste noire déboutonnée, la cravate desserrée. Ce soir, je guette une étincelle dans son regard.
— Iséline. Il faut que nous parlions.
Sa voix est un couteau posé sur la table. Je me lève, le cœur battant trop vite.
— Tu as l'air si grave. C'est notre nuit, Aydren. Notre première nuit.
Il ne sourit pas. Il ne s'approche même pas. Il reste debout, à distance, comme s'il redoutait de me toucher. Le silence s'épaissit entre nous, étouffant.
— Ce que j'ai à te dire ne peut pas attendre.
— Alors dis-le.
Mon sourire vacille. Quelque chose se fissure dans ma poitrine.
Il inspire, lentement, et son regard glisse vers la fenêtre, fuyant le mien. Quand il parle enfin, chaque mot tombe comme une pierre dans une eau gelée.
— Je ne t'ai pas épousée par amour, Iséline. Je ne t'aime pas. Je n'ai jamais eu l'intention de t'aimer.
Le sol se dérobe. Je reste debout pourtant, figée, les doigts agrippés au bord du lit.
— Quoi ?
— Ce mariage n'était pas pour nous. Il était pour Sélyana.
Son prénom me frappe en pleine poitrine. Sélyana Morvès. Son ancienne fiancée, celle dont tout le monde murmure encore le nom. Une femme dont la réputation a volé en éclats après un scandale financier.
— Je ne comprends pas, soufflé-je. Tu m'as choisie. Tu m'as demandée en mariage. Devant ma famille, devant la tienne.
— J'avais besoin d'une épouse irréprochable. Ta respectabilité devait couvrir Sélyana. L'épouser directement aurait détruit ce qui lui reste de crédibilité. Toi, tu es propre, tu es parfaite, tu es ce que le monde veut voir à mon bras. Le temps que les choses se tassent, que son nom soit blanchi.
Chaque phrase est une lame. Je cherche de l'air, mais l'air ne vient pas.
— Tu t'es servi de moi.
— Oui.
Pas d'excuse. Pas de remords. Juste ce oui, froid, tranchant.
— Et mon père ? Il sait ?
Le silence d'Aydren est ma réponse. Le monde bascule.
— Il était au courant, n'est-ce pas ? Depuis le début.
— Armand connaissait les termes de l'accord. Il a accepté parce que notre union renforçait ses intérêts financiers. Il a signé les documents avant même que je te fasse ma demande.
L'horreur monte en moi, violente, irrépressible. Mon père. Mon propre père. Celui qui m'a tenue dans ses bras le jour de ma naissance. Celui qui a essuyé mes larmes d'enfant. Celui qui m'a murmuré qu'il me choisirait toujours un homme digne de moi. Il m'a vendue. En connaissance de cause. Sans jamais me demander mon avis.
Mes jambes tremblent. Je m'assois lentement sur le bord du lit.
— Pourquoi me le dire maintenant ? Pourquoi ce soir ? demandé-je d'une voix qui se brise.
— Parce que demain, tout Paris le saura. Mieux vaut que tu l'entendes de moi.
Il dit cela comme s'il me rendait service. Alors que ce qu'il fait, c'est me poignarder dans le dos quelques heures après m'avoir passé une alliance au doigt.
— Aydren.
— Ne me supplie pas, Iséline. Je n'ai rien à te donner.
— Je ne te supplie pas. Je te demande comment tu peux être aussi cruel. Je t'ai aimé, tu le sais. Depuis trois ans. Tu savais.
Il détourne les yeux une seconde. Une seconde, c'est tout. Puis il retrouve son masque.
— Ton amour n'a jamais fait partie du contrat.
Le silence qui suit est pire que tout. Mes larmes coulent enfin, silencieuses, brûlantes. Je ne les essuie pas. Je veux qu'il les voie. Je veux qu'il comprenne ce qu'il vient de briser.
— Tu n'es qu'un nom sur un contrat, Iséline. Rien de plus.
Je me lève, tremblante, indignée. L'homme de ma vie se tient devant moi sans une ombre de pitié, sans une once de culpabilité.
— Je veux le divorce.
Les mots sortent tout seuls, portés par une force que je ne me connaissais pas. Aydren ne cille pas.
— Pas maintenant. Attends. Pour Sélyana.
— Pour Sélyana, répété-je avec un rire sec qui ressemble à un sanglot. Tout est pour Sélyana. Mon mariage. Mon honneur. Ma dignité. Mon avenir. Et moi, qui pense à moi ?
— Ce n'est pas mon problème.
Ces six mots me tuent plus que tout le reste. Je recule vers la porte, chaque pas une torture. Je sais qu'il ne me retiendra pas.
Avant de sortir, je me retourne une dernière fois, le visage ravagé, la voix basse mais ferme.
— Tu voulais une épouse irréprochable, Aydren. Tu voulais un nom propre. Demain matin, j'irai voir mon père. Et quand j'aurai fini, tu regretteras d'avoir choisi le nom Vaëron. Je te le jure.
Je referme la porte derrière moi. Je traverse le couloir en suffoquant. Et là, seule dans l'ombre, je laisse enfin la vérité m'engloutir.
Aydren ne m'a jamais aimée. Mon père m'a livrée sans un regard. Et moi, je viens de promettre une guerre que je ne sais pas encore comment gagner.
Mais une chose est sûre : demain, à l'aube, Armand Vaëron devra répondre de ce qu'il a fait. Et rien, absolument rien, ne me fera reculer.
Chapitre 6IsélineMaëva arrive sans prévenir, comme elle le fait toujours. Un sac de pâtisseries à la main, son sourire franc, ses yeux perçants. Elle me connaît depuis l'enfance. Elle voit ce que les autres refusent de voir.— Bon sang, Iséline. Tu as une tête de déterrée.— Merci, c'est charmant.— Je ne plaisante pas. Tu es pâle, tu as les traits tirés, et tu portes la même robe que la dernière fois que je t'ai vue. Il y a trois semaines.Elle pose le sac sur la table, s'assoit en face de moi, et me dévisage sans détour.— Qu'est-ce qui se passe ?— Rien.— Iséline.— Je vais bien.— Tu mens. Tu as les yeux d'une femme qui n'a pas dormi depuis des jours. Alors soit tu me parles, soit je reste ici jusqu'à ce que tu craques. Et je suis très patiente.Je la regarde. Maëva. Mon amie. La seule personne qui ne m'a jamais jugée, jamais trahie. La seule à qui je peux tout dire. Et soudain, les mots montent. Tous. D'un coup.— Ce mariage est un mensonge.Elle ne cille pas. Elle attend.— A
Chapitre 5IsélineQuelques semaines ont passé depuis notre mariage. Des semaines de silence, de froideur, de nuits séparées. Je vis dans cette maison comme une ombre, effacée, invisible. Mais aujourd'hui, j'ai découvert quelque chose que je ne peux plus ignorer.Aydren rend visite à Sélyana. Régulièrement. Presque chaque soir. Les domestiques murmurent, les chauffeurs parlent, et moi, je fais semblant de ne pas entendre. Mais ce soir, je l'attends. Je veux des réponses.Il est presque minuit quand la porte s'ouvre enfin. Aydren entre, détendu, sa veste sur le bras. Il ne s'attend pas à me voir. Son regard se pose sur moi, assise dans le salon, et quelque chose se durcit dans ses traits.— Tu es encore debout ?— Je t'attendais.— Pour quoi faire ?Il pose sa veste, sans me regarder.— J'ai besoin de te parler.— Il est tard. Remettons ça à demain.— Non. Maintenant.Il se retourne, les sourcils froncés, agacé.— Très bien. De quoi s'agit-il ?— Tu vas voir Sélyana. Régulièrement. Pre
Chapitre 4IsélineJe passe deux heures à me préparer. Robe sobre, maquillage discret, coiffure impeccable. Je veux faire bonne impression. C'est mon premier déjeuner officiel chez les Solvéris, et même si mon mariage est un mensonge, je refuse de donner à cette famille une raison de me mépriser.La table est dressée dans la salle à manger d'apparat. Vingt convives. Des visages que je ne connais pas, des sourires polis, des regards qui m'observent comme une curiosité. Ophélia Solvéris trône en bout de table, élégante, autoritaire, le regard acéré.— Iséline, venez vous asseoir près de moi. Je veux mieux vous connaître.Je m'exécute. Aydren est à l'autre bout, silencieux, distant. Il ne m'a pas adressé la parole depuis notre confrontation. Je ne l'attends plus.— Alors, ma chère, d'où venez-vous exactement ? Votre famille est récente dans le milieu, n'est-ce pas ?Le ton est léger, presque aimable. Mais les mots sont une première lame.— Mon père dirige un groupe financier important. N
Chapitre 3AydrenElle est là, dans le salon de la demeure conjugale, droite, digne, les yeux rougis par une nuit de larmes. Je remarque immédiatement les traces sur son visage. Elle a pleuré. Longuement. Une part de moi le note, sans pour autant s'en émouvoir. Ce mariage est un arrangement. Rien de plus. Je ne me laisserai pas attendrir par des larmes.— Tu es rentrée.Elle ne se retourne même pas.— Tu me parles, maintenant ? Hier soir, tu ne semblais pas pressé de le faire.Je ferme la porte derrière moi, ôte ma veste, la pose sur un fauteuil.— Nous devons établir quelques règles.Elle se retourne enfin. Son regard me frappe, chargé d'une colère qu'elle contient encore, d'une douleur qu'elle ne cache pas.— Des règles.— Chambres séparées. Aucune obligation sentimentale entre nous. Et tu n'interviendras pas dans ma relation avec Sélyana.Un silence. Elle me dévisage comme si elle découvrait une créature inconnue.— C'est tout ?— C'est l'essentiel.— Je suis ton épouse, Aydren. Lé












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