Mag-log inMiami, FL | 14h30 – 21h00
Rose en était à son troisième brouillon du sondage quand Mme Catherine l'appela. « Salle de conférence B. Maintenant. Apportez votre ordinateur. »
Son estomac se noua. « C'est à propos de Maison Vela ? »
« Apportez-le, c'est tout. »
Rose attrapa son ordinateur et suivit Clara dans le couloir. Ethan était déjà là, assis à l'autre bout de la table derrière une pile de dossiers juridiques. Il leva les yeux quand elle entra et lui adressa le même demi-signe de tête.
La salle se remplit rapidement — huit personnes, Marketing, Juridique, Publicité. Mme Catherine se tenait en bout de table, sans café, sans sourire.
« Merci à tous d'être venus avec un si court préavis », dit-elle. « Nous avons deux problèmes. Un public. Un qui ne l'est pas. »
La porte s'ouvrit.
Le sang de Rose se glaça.
Son père — plus de t-shirt gris, un costume marine désormais, sans cravate, mais indéniablement lui — entra avec trois membres du conseil derrière lui. Oh mon Dieu. Oh mon Dieu. Il balaya la pièce du regard, ses yeux passant sur Rose sans la moindre lueur de reconnaissance. Rien que des yeux de PDG.
« Bonjour », dit-il. « Je ne voulais pas interrompre. Continuez, Jasmine. »
Mme Catherine s'éclaircit la gorge. « Premier problème : les ventes. Maison Vela a chuté de 18 %. Rose, du Marketing, a une proposition de sondage numérique auprès des consommateurs pour y remédier. »
Tous les regards se tournèrent vers Rose.
Elle se leva, les jambes flageolantes. « Bonjour. Euh — je suis Rose M., du Marketing. » Elle ne regarda pas son père ; elle ne pouvait pas. « Ça fait quatre ans qu'on dit aux gens à quoi ressemble l'odeur de Maison Vela, mais on ne leur a jamais demandé ce qu'ils veulent sentir. Je propose un sondage numérique de sept jours sur TikTok et I*******m, avec une vingtaine de micro-influenceurs... »
« Bien », dit Mme Catherine quand elle eut fini. « Approuvé. Vous avez deux semaines. »
« Deuxième problème. » Le visage de Mme Catherine se durcit. « Ceci ne sort pas de cette salle. » Elle fit glisser une photo sur la table — un flacon de Maison Vela, étiquette à 24,99 $, récupéré chez un grossiste à Hialeah. « Quelqu'un a divulgué la formule. Juridique et Marketing vont travailler ensemble, petite équipe, pour trouver la fuite discrètement. Ethan, vous dirigez le juridique. Rose, vous dirigez le volet données. Rapportez-moi directement. »
Rapportez-moi directement. À son père. Qui n'avait aucune idée que c'était elle.
Ethan la regarda à travers la table, surpris. Elle le regarda à son tour, terrifiée.
* * *
Bureau d'Ethan, 16h05–18h30
Le bureau sentait le papier et le café froid.
Ethan fit glisser le dossier des fournisseurs vers elle. « Bon. On commence par le mobile et l'accès — qui avait les deux ? »
Rose ouvrit son ordinateur. La conversation avec le garçon au masque de dessin animé était toujours ouverte, marquée en ligne. Elle retourna son téléphone face contre table.
« Ces trois laboratoires », dit Ethan. « New Jersey, Miami, L.A. Celui de Miami a eu une "mise à jour logicielle" le mois dernier. Un timing étrange. »
Rose ouvrit le drive partagé d'Avenir. « Et si on ne cherchait pas ce qu'ils ont pris — et si on cherchait ce qu'ils ont testé ? Dans mon école en Corée, les contrefacteurs testent toujours la formule d'abord, en petits lots. Ça laisse une trace. »
Elle tapa : Maison Vela, simulation, lot, test_run, 2026.
Un fichier apparut — MV_Sim_Beta_03, consulté le 14 mars, 2h17 du matin, par un utilisateur répertorié comme J.Carter.
« J.Carter », dit Ethan. « On n'a pas de J.Carter chez les fournisseurs. »
« Vérifie aux RH. »
Rien là non plus.
Le téléphone de Rose vibra. Un numéro inconnu : Envoie-moi le nom du fichier. Je peux le tracer.
Elle répondit sous le bureau : MV Sim Beta 03. 14 mars. 2h17.
Reçu. Donne-moi 20 minutes, vint la réponse.
« L'informatique dit que personne portant ce nom ne s'est connecté depuis janvier », dit Ethan. « Ou alors quelqu'un utilise un compte fantôme. »
La pièce devint silencieuse.
Ethan se leva. « C'est grave, Rose. Si c'est interne, quelqu'un dans cet immeuble a vendu Maison Vela. »
« Alors on le trouve avant le conseil. Ou avant que ton patron te vire. »
Il se retourna, surpris. « Tu as entendu ça ? »
« J'entends tout dans les ascenseurs. » Elle lui refit ce petit sourire.
Son estomac gargouilla, bruyamment. Rose éclata de rire, et ses oreilles devinrent rouges. « De la nourriture. Mon cerveau ne fonctionne pas quand j'ai faim. Tu manges cubain ? »
« Ouais. »
* * *
Dehors, 18h00
Ils marchèrent jusqu'à une ventanita deux rues plus loin. Ethan commanda deux cafecitos et deux sandwichs medianoche, et lui en tendit un. « Tu le prends noir ? »
« Avec du lait », dit-elle.
Il y avait déjà mis du lait.
Pendant vingt minutes, ils n'enquêtèrent sur rien. Ils étaient juste Ethan et Rose.
De retour au bureau à 18h30, le téléphone de Rose s'alluma de nouveau. J.Carter = Jasmine Carter. Intérimaire au Juridique, licenciée le 2 février. L'accès aurait dû être révoqué. Il ne l'a pas été.
Le sang de Rose se glaça. Jasmine. Comme dans Jasmine Catherine.
Ethan lisait le même e-mail de l'informatique. « J.Carter — l'intérimaire de Jasmine Catherine de l'année dernière. »
« Ne dis rien pour l'instant », dit Ethan doucement. « Pas tant qu'on n'en sait pas plus. »
* * *
En quittant le bureau, 18h45
Rose prit son sac et partit avec Ethan, le couloir vide autour d'eux.
« Tu as besoin qu'on te dépose ? » proposa-t-elle.
Ethan la regarda, puis regarda le parking, puis la regarda de nouveau. « Je vais me débrouiller. » Et il partit vers l'ascenseur sans un mot de plus, la laissant plantée là.
Rose regarda les portes se refermer, se demandant si elle avait dit quelque chose de mal.
* * *
La maison des Maya, 19h00
La maison sentait le poivre et le citron vert.
« Bonsoir, maman », dit Rose, embrassant la joue de sa mère, puis celle de son père. « Papa. »
M. Maya sourit — juste un sourire de PDG. « Salut, ma puce. »
Elle se rafraîchit et redescendit pour une soupe de poisson-chat épicée, et des plantains. Sa mère soupira. « Je commence à aimer cette cuisine nigériane. C'est excellent. »
Ils mangèrent, puis son père reposa sa cuillère. « Alors. Où en es-tu ? »
Rose se figea. Il parle de Maison Vela. Il parle de la fuite. Elle déglutit. « On peut en discuter ce week-end ? Il y aura plus de données d'ici là, grâce au sondage. »
Son père l'observa un instant, puis sourit et reprit sa cuillère. « D'accord. Ce sera le week-end. » Mais ses yeux restèrent posés sur elle un instant de trop.
* * *
21h00, la chambre de Rose
Son téléphone vibra. La dernière connexion de Jasmine Carter provenait d'une adresse IP à l'intérieur d'Avenir. Pas à distance.
Quelqu'un était encore dans l'immeuble.
Une autre vibration, cette fois d'Ethan : Tu vas bien ?
Rose fixa les deux messages — l'un d'un avatar masqué de dessin animé, l'autre du gars qui l'avait laissée plantée dans le couloir. Elle ne répondit à aucun des deux.
Elle chuchota dans l'obscurité : « J'ai besoin de preuves. »
Domaine Avenir, Upstate New York | Mercredi 23 septembre 2026 | 18 h 30 – jeudi 24 septembre, 6 h 30Le soleil avait disparu derrière les montagnes lorsque les membres de la famille Avenir commencèrent à se rassembler devant le lodge.La chasse était terminée.Mais personne ne voulait encore aller dormir.Comme chaque année, une grande table avait été installée près du feu de camp. Des lanternes éclairaient la terrasse en bois et la chaleur des flammes contrastait avec l'air froid de la nuit.La journée avait été longue.Tout le monde était fatigué, affamé et couvert de poussière.Mais l'ambiance était légère.Pour l'instant.Sur la table, les résultats de la chasse avaient été préparés par les cuisiniers.Les deux lapins rapportés par monsieur Maya.Le sanglier de Nicholas.L'oiseau de Lucy.Et quelques autres plats préparés avec les provisions du domaine.Rose était assise entre Lucy et Angel.Ethan se trouvait un peu plus loin, près de Nicholas.Samuel était de l'autre côté de la t
Domaine Avenir, Upstate New York | Mercredi 23 septembre 2026 | 6 h 30 – 16 h 30À six heures trente du matin, Manhattan dormait encore lorsque les trois hélicoptères quittèrent le toit de la résidence Avenir.Le ciel était gris pâle, annonçant une matinée fraîche. Sous les appareils, les lumières de la ville s'éloignaient progressivement, remplacées par des routes sinueuses, des forêts et des collines couvertes d'un vert profond.La famille Avenir partait pour sa chasse annuelle.Cette fois, cependant, quelque chose était différent.Samuel était avec eux.Et personne ne savait exactement ce que Maya Sr pensait de sa présence.Le domaineAprès environ deux heures de vol, les hélicoptères atteignirent le domaine familial.La propriété se trouvait au milieu d'une vaste étendue boisée, loin du bruit de Manhattan. Une grande maison en bois servait de lodge principal, entourée de plusieurs petites cabanes et d'un vaste terrain de chasse.Lorsque les hélicoptères atterrirent, le vent soulev
Manhattan, New York | Mardi 22 septembre 2026 | 17 h 00 – 22 h 30À dix-sept heures, Manhattan était encore plongée dans le rythme frénétique d'une fin de journée ordinaire.Les voitures avançaient lentement dans les rues encombrées, les lumières des immeubles commençaient à s'allumer et les trottoirs étaient remplis de travailleurs pressés de rentrer chez eux.Mais Maya Sr avait autre chose en tête.La chasse annuelle approchait.Et chez les Avenir, une tradition ne se préparait jamais à moitié.Le marché17 h 00 — Hunts Point MarketMaya Sr arriva au marché accompagné de Nicholas.Contrairement à ce que Nicholas avait imaginé, son grand-père ne semblait pas particulièrement enthousiaste.Il avançait lentement entre les stands, observant chaque équipement avec une attention presque militaire.La chasse n'était pas un simple divertissement pour lui.C'était une tradition familiale.Une journée où les membres de la famille se retrouvaient loin de Manhattan, dans les bois, pour se mesur
Manhattan, New York | Lundi 21 septembre 2026 | 10 h 00 – 18 h 30Depuis quelque temps, Nicholas et Angel avaient recommencé à discuter.Au début, ce n’était rien.Un simple message.« Bonjour. »Puis quelques jours plus tard :« Comment s’est passée ta journée ? »Des conversations innocentes.Des souvenirs du passé.Des discussions sur leurs familles, leurs affaires, les changements dans leurs vies.Mais sans qu’aucun des deux ne le dise ouvertement, leurs échanges devenaient de plus en plus longs.Ils ne cherchaient pas une raison de parler.Ils trouvaient simplement toujours quelque chose à se dire.Nicholas se surprenait parfois à regarder son téléphone avec un sourire lorsqu’un message d’Angel apparaissait.Et Angel, elle, relisait parfois leurs anciennes conversations avant de dormir.Comme si elle essayait de comprendre comment une personne qu’elle avait perdue de vue pendant si longtemps pouvait redevenir aussi familière.Aucun des deux n’avait encore mis de mots dessus.Mais
Manhattan, New York | Samedi 19 septembre 2026 | 8 h 00 – 15 h 00Le samedi matin s’était installé sur Manhattan avec une lenteur inhabituelle.Dans la grande maison, tout était encore calme. Les rideaux laissaient filtrer une lumière dorée qui traversait les immenses fenêtres, tandis qu’au-dehors, la ville commençait déjà à reprendre son rythme. Les voitures circulaient dans les rues, les klaxons résonnaient par moments, et les immeubles voisins se dressaient comme des géants silencieux.À l’intérieur, pourtant, presque tout le monde dormait encore.Presque.Maya Sr fut le premier à se lever.À peine sorti de sa chambre, il enfila une robe de chambre légère et descendit directement vers la cuisine. Le personnel, surpris de le voir si tôt, se mit immédiatement au travail.Maya Sr entra dans la cuisine et observa les préparations habituelles du petit-déjeuner.Il secoua la tête. Non. Pas aujourd’hui.Le chef se tourna vers lui.Monsieur ?Préparez quelque chose de spécial. Je veux un
Appartement de Rose + Le Gala, New York | Mercredi 16 septembre 2026 | 6 h 00 – 23 h 006 h 00La première alarme sonna.Rose était déjà réveillée.En réalité, elle l'était depuis un moment.Allongée, immobile, les yeux ouverts dans le noir.Elle écoutait l'immeuble s'éveiller lentement autour d'elle, comme chaque matin, avant que la ville ne se réveille tout à fait.Elle coupa l'alarme avant qu'elle ne sonne une deuxième fois.À côté, le flacon de médicaments captait la première lumière grise à travers les rideaux.L'étiquette lui faisait face.Comme si elle attendait qu'on la relise.Comme si les mots avaient pu changer pendant la nuit.Devenir moins définitifs.Elle n'avait pas pleuré.Elle l'avait remarqué.Pas dans le cabinet du médecin.Pas dans la voiture.Pas maintenant, allongée ici.Elle se demanda ce que cela signifiait.Si quelque chose n'allait pas chez elle.Ou si la nouvelle n'avait tout simplement pas fini d'arriver.Elle se leva.Fit du café.Resta debout devant le co