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Chapitre 3

作者: Romane
J'ai pris une grande inspiration.

J'ai montré les contrats sur le bureau.

« Avant d'emménager, chacun a signé pour confirmer qu'il connaissait les aménagements réalisés dans l'immeuble. C'est écrit noir sur blanc. Ils ont tous accepté ces conditions de leur plein gré. »

Un sourire presque imperceptible a étiré les lèvres de Nathan.

« Clara, tu devrais le savoir mieux que moi. Certaines clauses sont considérées comme abusives lorsqu'elles créent un déséquilibre important entre les droits et les obligations des deux parties. Ce n'est pas parce qu'un locataire a signé que toutes les clauses sont valables. »

« Même avec leur signature, cette clause ne te protège pas devant un tribunal. »

On a frappé à la porte du bureau.

Élise, une jeune fille du quatrième étage, a passé la tête à l'intérieur, une boîte à repas à la main.

En apercevant Nathan, elle a paru un peu gênée.

« Clara, je… je voulais savoir s'il restait du ragoût de porc à la cantine ce soir. »

Je n'ai pas eu le temps de répondre.

Nathan s'est tourné vers elle avec un sourire bienveillant.

« Élise, je suis justement en train de discuter avec Clara des demandes des locataires. Ne t'inquiète pas, on fera tout pour que vous puissiez manger dans de meilleures conditions de sécurité et d'hygiène. »

Élise a eu un instant d'hésitation, puis elle a hoché vigoureusement la tête.

« Tiens bon, Nath ! On est tous avec toi ! »

Elle s'est retirée et a refermé doucement la porte.

Elle ne pensait même plus au repas qu'elle venait chercher.

J'ai regardé Nathan. Un frisson glacé m'a parcouru le dos.

La discussion a tourné court.

J'ai rejeté toutes leurs « propositions ».

Je leur ai dit que la salle de sport et la cantine étaient des avantages que je pouvais supprimer à tout moment.

Les chambres aménagées avec des cloisons étaient là, tout le monde les acceptait en emménageant, et je ne pouvais pas revenir là-dessus.

Si cela ne leur convenait pas, ils pouvaient donner leur préavis d'un mois, comme le prévoyait le contrat. Je ne retiendrais pas un centime sur les sommes à leur rendre.

Le lendemain, une feuille A4 était placardée sur la porte de mon bureau.

Un « Ultimatum ».

Ils exigeaient que je réponde favorablement à leurs revendications sous 72 heures et que je commence à les mettre en œuvre.

Faute de quoi, ils prendraient « toutes les mesures juridiques nécessaires ».

Le document était signé : « Comité de défense des droits des locataires de la Maison des Bons Voisins ».

Responsable : Nathan.

L'ambiance de la résidence a complètement changé.

Dans les couloirs, les jeunes qui me saluaient chaleureusement baissaient désormais la tête en me voyant et s'éloignaient à la hâte, comme s'ils croisaient un fantôme.

Le groupe de discussion « La Maison des Bons Voisins », que j'ai moi-même créé, leur servait maintenant de poste de commandement.

Je n'ai pas quitté le groupe.

Je les regardais se répartir les tâches et discuter des preuves à recueillir.

« Qui va prendre des photos des cuisines ? Essayez de trouver des coins mal nettoyés. »

« Pour les appareils de la salle de sport, vérifiez s'il y en a qui ont dépassé leur durée d'utilisation. »

« On va tous rédiger un témoignage en insistant sur le fait qu'on ne savait pas que ces chambres étaient illégales et que la propriétaire nous a induits en erreur. »

« J'ai contacté un camarade qui fait un stage dans une chaîne de télé. Un sujet sur de jeunes diplômés qui défendent leurs droits, ça les intéresse beaucoup. »

Nathan dirigeait les opérations avec assurance.

« Attention, tout le monde. Notre objectif est de faire valoir nos droits dans le respect de la loi. Toutes les preuves doivent être obtenues légalement. Ne leur donnez rien qu'ils puissent utiliser contre nous. Pensez à enregistrer vos conversations avec Clara. »

Adrien était l'un des plus actifs du groupe.

« Ne t'inquiète pas, Nath ! J'ai déjà photographié la fissure dans le mur de ma chambre ! Le moment venu, je dirai que l'immeuble menace de s'effondrer ! »

Cette fissure, je m'en souvenais bien : c'était lui qui l'avait faite par accident, à coups de marteau, en voulant fixer une étagère au mur.

Il était même venu me demander si je pouvais la reboucher.

Assise dans mon bureau, j'enchaînais les cigarettes.

Le cendrier s'est vite rempli.

Les 72 heures se sont écoulées.

Je n'ai rien fait.

Le matin du quatrième jour, j'ai reçu une convocation du tribunal.

Les plaignants étaient Nathan et 98 autres locataires.

La défenderesse, c'était moi.

Objet du litige : contestation des baux et exercice illégal d'une activité commerciale.

J'ai parcouru la longue liste de noms familiers sur la convocation.

Le premier était celui de Nathan.

Le dernier, celui d'Élise, qui venait encore me demander du ragoût de porc quelques jours plus tôt.

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