LOGINChapitre 5
Livia n’avait presque pas dormi. Depuis l’appel de Voss Corporation, une seule question tournait en boucle dans son esprit. Pourquoi Elias Voss voulait-il la rencontrer ? À sept heures, elle était déjà debout. Après avoir préparé le petit-déjeuner de Grachi, elle vérifia une dernière fois que tous ses médicaments étaient bien rangés sur la table.
Grachi leva les yeux vers elle.
— Tu sors tôt aujourd’hui.
— J’ai un rendez-vous.
— Un entretien ?
Livia hocha la tête.
— Oui.
— Tu crois que cette fois, c’est la bonne ?
Elle força un sourire.
— Je l’espère.
Grachi s’approcha d’elle.
— Tu es magnifique.
Livia éclata doucement de rire.
— Avec un vieux tailleur et des chaussures usées ?
— Oui. Parce que tu souris.
Livia lui caressa la joue.
— Merci.
Quelques instants plus tard, on frappa à la porte.
En ouvrant, Livia découvrit un homme en costume noir.
— Mademoiselle Sinclair ?
— Oui.
— Je suis envoyé par Monsieur Voss. La voiture vous attend.
Elle acquiesça avant de jeter un dernier regard à Grachi.
— Souhaite-moi bonne chance.
— Tu n’en auras pas besoin. Tu vas les impressionner.
Livia sourit puis quitta l’appartement.
Quelques minutes plus tard, la voiture s’arrêta devant un immense gratte-ciel entièrement recouvert de verre.
Livia leva lentement la tête.
Le bâtiment semblait toucher les nuages.
Au sommet, un immense logo argenté dominait la façade.
VOSS CORPORATION.
Elle inspira profondément avant d’entrer.
Le hall était gigantesque.
Des sols en marbre blanc.
Des lustres modernes suspendus à plusieurs mètres de hauteur.
Des employés élégamment vêtus circulaient d’un pas rapide.
Une réceptionniste lui adressa un sourire professionnel.
— Bonjour, mademoiselle Sinclair.
— Bonjour.
— Monsieur Voss vous attend. Veuillez me suivre.
Livia emprunta un ascenseur privé.
À mesure que les étages défilaient, son cœur battait de plus en plus vite.
Les portes s’ouvrirent enfin.
Le dernier étage.
Un silence impressionnant régnait.
La réceptionniste s’arrêta devant une immense porte en bois sombre.
— Vous pouvez entrer.
Livia prit une profonde inspiration.
Puis elle frappa.
— Entrez.
La voix grave d’Elias résonna immédiatement.
Elle poussa la porte.
Le bureau était immense.
Une baie vitrée offrait une vue spectaculaire sur toute la ville.
Une bibliothèque occupait un mur entier.
Au centre de la pièce, Elias Voss était assis derrière un vaste bureau en bois noir.
Il leva lentement les yeux vers elle.
Toujours aussi impassible.
Toujours aussi intimidant.
— Asseyez-vous.
Livia prit place en face de lui.
Un silence s’installa.
Elias referma le dossier qu’il était en train de consulter.
— Vous êtes ponctuelle.
— Vous aussi.
Il haussa légèrement un sourcil.
— Vous répondez toujours ainsi ?
— Seulement lorsqu’on me parle.
Un léger silence suivit.
Elias croisa les mains devant lui.
— Savez-vous pourquoi vous êtes ici ?
— Non.
— Je cherche une assistante personnelle.
Livia cligna des yeux.
— Moi ?
— Oui.
— Vous devez sûrement vous tromper de personne.
— Je ne me trompe jamais.
Elle retint un sourire.
— C’est une qualité… ou un défaut ?
Adam, qui venait d’entrer discrètement dans le bureau, étouffa un rire.
Elias lui lança un regard.
— Tu peux entrer.
Adam s’installa dans un fauteuil.
— Bonjour, Livia.
— Bonjour.
Contrairement à son frère, Adam affichait un sourire chaleureux.
L’atmosphère en devenait presque moins pesante.
Elias reprit :
— J’ai consulté votre dossier.
Livia fronça les sourcils.
— Mon dossier ?
— Vos études. Vos anciens employeurs. Vos résultats universitaires.
Elle resta silencieuse.
— Vous êtes organisée.
— J’essaie.
— Vous êtes disciplinée.
— La plupart du temps.
— Et vous avez du caractère.
Elle soutint son regard.
— C’est un problème ?
— Je déteste les personnes qui n’ont aucune personnalité.
Adam observa la scène avec amusement.
Il n’avait jamais vu son frère discuter aussi longtemps avec une candidate.
Elias ouvrit alors un tiroir.
Il en sortit une chemise cartonnée.
Puis il la fit glisser vers Livia.
— Lisez.
Elle ouvrit le document.
Son souffle se coupa.
Le salaire proposé dépassait tout ce qu’elle avait gagné en plusieurs années.
Elle relut plusieurs fois le chiffre.
Persuadée de s’être trompée.
— C’est…
Sa voix se brisa.
— C’est le salaire mensuel.
Elle releva brusquement la tête.
— Vous plaisantez ?
— Je ne plaisante jamais.
— Personne ne paie une assistante autant.
— Moi, si.
Livia referma lentement le contrat.
— Pourquoi ?
Elias répondit sans hésiter.
— Parce que j’exige l’excellence.
Il se leva.
Puis contourna son bureau.
Il s’arrêta devant la baie vitrée.
— Les personnes qui travaillent pour moi doivent être disponibles à tout moment.
— Même la nuit ?
— Si nécessaire.
— Les week-ends ?
— Si nécessaire.
— Les jours fériés ?
— Si nécessaire.
Livia croisa les bras.
— Vous demandez beaucoup.
— Je donne beaucoup en retour.
Elle se leva à son tour.
— Et si je refuse ?
Elias se retourna vers elle.
— Vous êtes libre de partir.
— Vous ne chercherez pas à me convaincre ?
— Je ne retiens jamais quelqu’un contre son gré.
Le silence retomba.
Livia regarda de nouveau le contrat.
Ce salaire…
Il permettrait de payer le traitement de Grachi.
De rembourser leurs dettes.
De leur offrir enfin une vie décente.
Mais quelque chose la dérangeait.
Elle releva les yeux.
— Il y a forcément une contrepartie.
Elias soutint son regard.
— Effectivement.
Il reprit le contrat et l’ouvrit à la dernière page.
— Si vous acceptez de travailler pour moi, vous devrez également résider dans mon manoir.
Livia resta figée.
— Pardon ?
— Mon assistante doit être disponible à tout moment. Vivre sur place est une condition non négociable.
Ses yeux s’écarquillèrent.
— Vous voulez que je quitte mon appartement ?
— Temporairement.
— Et ma sœur ?
— Elle pourra vous rendre visite, mais elle ne vivra pas au manoir.
Livia secoua immédiatement la tête.
— C’est impossible.
— C’est votre décision.
Elias referma calmement le contrat.
— Vous avez quarante-huit heures pour me donner votre réponse.
Il s’approcha de la porte et l’ouvrit lui-même.
— La sortie est par ici.
Livia prit le contrat entre ses mains.
Elle hésita un instant.
Puis elle quitta le bureau sans un mot.
Adam attendit que la porte se referme avant de regarder son frère.
— Tu sais qu’elle va refuser.
Elias fixa les immenses vitres devant lui.
— Peut-être.
— Alors pourquoi lui imposer de vivre au manoir ?
Le millionnaire resta silencieux quelques secondes.
Puis il répondit d’une voix calme.
— Parce que si elle accepte malgré cette condition… c’est qu’elle sera prête à tout pour sauver sa sœur.
Adam comprit alors que ce contrat n’était pas seulement un recrutement.
C’était aussi un test.
Et, sans le savoir, Livia Sinclair venait d’entrer dans un jeu dont les règles étaient fixées par Elias Voss… un homme qui ne perdait jamais.
A SUIVRE.....
Chapitre 5 Livia n’avait presque pas dormi. Depuis l’appel de Voss Corporation, une seule question tournait en boucle dans son esprit. Pourquoi Elias Voss voulait-il la rencontrer ? À sept heures, elle était déjà debout. Après avoir préparé le petit-déjeuner de Grachi, elle vérifia une dernière fois que tous ses médicaments étaient bien rangés sur la table.Grachi leva les yeux vers elle.— Tu sors tôt aujourd’hui.— J’ai un rendez-vous.— Un entretien ?Livia hocha la tête.— Oui.— Tu crois que cette fois, c’est la bonne ?Elle força un sourire.— Je l’espère.Grachi s’approcha d’elle.— Tu es magnifique.Livia éclata doucement de rire.— Avec un vieux tailleur et des chaussures usées ?— Oui. Parce que tu souris.Livia lui caressa la joue.— Merci.Quelques instants plus tard, on frappa à la porte.En ouvrant, Livia découvrit un homme en costume noir.— Mademoiselle Sinclair ?— Oui.— Je suis envoyé par Monsieur Voss. La voiture vous attend.Elle acquiesça avant de jeter un derni
Chapitre 4Livia marcha longtemps sous la pluie. Elle ne savait même plus où elle allait. Ses vêtements étaient trempés, ses chaussures laissaient entrer l’eau à chacun de ses pas, mais elle ne s’en souciait pas. Une seule pensée occupait son esprit. Elle venait de perdre son emploi. Comment allait-elle payer le loyer ?Comment allait-elle acheter les médicaments de Grachi ?Et surtout… Comment allait-elle réunir l’argent nécessaire pour son traitement ? Elle finit par s’asseoir sur un banc, dans un petit parc presque désert. Les mains tremblantes, elle sortit son téléphone. Plusieurs appels manqués. Tous de Felina.Elle inspira profondément avant de rappeler son amie.— Enfin ! s’exclama Felina. Je commençais à m’inquiéter.Le silence de Livia suffit à lui faire comprendre que quelque chose n’allait pas.— Liv… qu’est-ce qu’il s’est passé ?Livia ferma les yeux.— J’ai été licenciée.— Quoi ?— Mon patron m’a renvoyée.— Pourquoi ?— J’ai renversé du café sur un client.— C’est tout
Chapitre 3Le lendemain matin, Livia se réveilla avec la désagréable impression de n’avoir fermé les yeux que quelques minutes.Son corps tout entier lui faisait mal.Pourtant, elle n’avait pas le temps de s’apitoyer sur son sort.Après avoir préparé le petit-déjeuner de Grachi et vérifié qu’elle avait bien pris ses médicaments, elle quitta l’appartement pour se rendre à l’université.Les cours lui semblèrent interminables.À la pause de midi, son téléphone vibra.C’était son patron.— Sinclair, où êtes-vous ?— À l’université, monsieur. Mon service ne commence qu’à quatorze heures.— Oubliez quatorze heures. Venez tout de suite. Une collègue est absente.Livia jeta un coup d’œil à l’amphithéâtre.Encore deux heures de cours.Elle ferma les yeux.— J’arrive.Elle raccrocha avant de ranger rapidement ses affaires.Le professeur la vit quitter la salle.— Mademoiselle Sinclair !Elle se retourna.— Oui, monsieur ?— Vous partez avant la fin ?— Je suis désolée… je dois aller travailler.
Chapitre 2 Le lendemain, Livia n’avait dormi que trois heures. Chaque fois qu’elle fermait les yeux, le montant inscrit sur le devis de l’hôpital revenait hanter son esprit. Une somme impossible. Une montagne qu’elle ne pouvait gravir seule. Pourtant, abandonner n’était pas une option. Elle termina de se préparer avant de rejoindre la cuisine. Grachi était déjà installée devant un bol de céréales, les cheveux encore en bataille.En voyant sa sœur, elle lui adressa un immense sourire.— Bonjour, Liv.— Bonjour, mon petit monstre.Grachi plissa les yeux.— Tu as pleuré.Livia détourna aussitôt le regard.— N’importe quoi.— Tu mens très mal.Livia s’approcha pour déposer un baiser sur son front.— Occupe-toi de ton petit-déjeuner.— Tu vas encore travailler après les cours ?— Oui.— Et cette nuit aussi ?— S’il le faut.Grachi posa sa cuillère.— Je n’aime pas quand tu fais ça.— Je fais simplement ce que je dois faire.— Tu vas tomber malade à ton tour.— Je suis plus solide que j’en
Chapitre 1Le réveil vibra à cinq heures trente précises. Livia Sinclair ouvrit lentement les yeux avant de fixer le plafond défraîchi de sa petite chambre. Pendant quelques secondes, elle resta immobile, essayant de repousser cette boule d’angoisse qui s’installait chaque matin dans sa poitrine. Elle n’avait pas le luxe de rester au lit.Elle devait aller à l’université, travailler au café jusqu’à la fermeture, rentrer réviser ses cours… puis recommencer le lendemain.Elle se leva silencieusement pour ne pas réveiller Grachi.En passant devant la chambre de sa petite sœur, elle entrouvrit la porte.La jeune adolescente dormait profondément, son visage pâle contrastant avec ses longs cheveux noirs étalés sur l’oreiller. Malgré son sourire presque permanent, la maladie l’affaiblissait un peu plus chaque semaine.Livia s’approcha doucement d’elle.Elle écarta une mèche de cheveux de son front.— Je te promets que je vais trouver une solution…Grachi remua légèrement dans son sommeil san







