登入Chapitre 6
Livia quitta la Voss Corporation avec le contrat serré contre sa poitrine. Elle avait l’impression que le monde autour d’elle avait cessé de tourner. Les voitures continuaient de circuler. Les passants marchaient d’un pas pressé. Les téléphones sonnaient. Pourtant, elle n’entendait plus rien.
Son esprit était entièrement absorbé par une seule phrase.
« Vous devrez résider dans mon manoir. »
Cette condition lui semblait insensée. Comment pouvait-il demander une chose pareille ? Elle inspira profondément avant de rejoindre l’arrêt de bus. Durant tout le trajet, elle relut plusieurs fois le contrat. Le salaire était réel. Les avantages aussi. Logement. Transport. Assurance santé. Prime annuelle. Même les frais médicaux liés aux urgences étaient pris en charge par l’entreprise. Tout semblait parfait. Trop parfait.
En arrivant devant son immeuble, elle resta plusieurs secondes immobile. Elle redoutait le moment où Grachi lui demanderait comment s’était passé son entretien. Elle n’avait aucune réponse.
À peine avait-elle ouvert la porte que Grachi accourut vers elle.
— Alors ?
Livia déposa son sac.
— Laisse-moi au moins enlever mes chaussures.
Grachi croisa les bras.
— Ça veut dire que c’est compliqué.
Livia esquissa un sourire fatigué.
— Tu me connais trop bien.
Les deux sœurs s’installèrent dans le petit salon.
Grachi observa longuement le visage de Livia.
— Tu n’as pas été prise ?
Livia sortit lentement le contrat de son sac.
— Si.
Les yeux de Grachi s’illuminèrent.
— Sérieusement ?
— Oui.
— Liv !
Elle se jeta dans les bras de sa sœur.
— Je savais que tu réussirais !
Livia la serra contre elle sans réussir à partager son enthousiasme.
Grachi remarqua aussitôt son hésitation.
— Qu’est-ce qui ne va pas ?
Livia lui tendit le contrat.
— Lis la dernière page.
Grachi parcourut rapidement les lignes.
Son sourire disparut peu à peu.
— Tu dois… vivre chez ton patron ?
— Oui.
— Pendant toute la durée du contrat ?
— Oui.
Grachi releva lentement la tête.
— Tu vas accepter ?
Livia détourna le regard.
— Je ne sais pas.
— Pourquoi ?
— Parce que je ne veux pas te laisser seule.
Grachi posa une main sur celle de sa sœur.
— Je ne suis plus une enfant.
— Tu n’as que seize ans.
— Je peux me débrouiller.
Livia secoua immédiatement la tête.
— Certainement pas.
Un silence s’installa.
Grachi jouait nerveusement avec le contrat.
— Ce monsieur… Elias Voss…
— Oui ?
— Il t’a fait peur ?
Livia réfléchit quelques secondes.
— Non.
— Il a été méchant ?
— Non plus.
— Alors qu’est-ce qui te dérange ?
Livia soupira.
— Je n’aime pas qu’on décide de ma vie à ma place.
Grachi comprenait parfaitement.
Depuis toujours, sa sœur détestait dépendre de quelqu’un.
Elle préférait travailler jusqu’à l’épuisement plutôt que de demander de l’aide.
— Tu crois qu’il est dangereux ?
demanda-t-elle finalement.
Livia repensa à leur conversation.
À son regard froid.
À son calme impressionnant.
À cette manière qu’il avait de parler comme si chaque mot était une décision irrévocable.
— Je ne sais pas.
Quelques heures plus tard, Felina arriva chez elles avec plusieurs sacs remplis de nourriture.
— Personne ne cuisine aujourd’hui !
annonça-t-elle en entrant.
Grachi éclata de rire.
— Tu as encore acheté la moitié du supermarché.
— J’avais faim.
— Comme d’habitude.
Felina déposa les sacs sur la table avant de se tourner vers Livia.
Son sourire s’effaça immédiatement.
— Tu réfléchis encore.
— Ça se voit ?
— Beaucoup trop.
Grachi lui tendit le contrat.
Felina le parcourut rapidement.
Puis elle ouvrit de grands yeux.
— Attends…
Elle relut une seconde fois.
— Ils sont sérieux ?
— Malheureusement.
Felina s’assit en face de Livia.
— Tu vas gagner autant ?
— Oui.
— Par mois ?
— Oui.
Felina posa lentement le contrat.
— Je comprends pourquoi tu hésites.
Livia baissa les yeux.
— Je n’ai jamais accepté qu’on contrôle ma vie.
— Mais ce salaire…
— Je sais.
Felina prit une profonde inspiration.
— Est-ce qu’il t’a manqué de respect ?
— Non.
— Est-ce qu’il t’a menacée ?
— Non.
— Est-ce qu’il t’a obligée à signer ?
— Non.
Felina resta silencieuse.
— Alors la décision t’appartient.
— Et si je me trompais ?
— Tu peux aussi te tromper en refusant.
Les mots frappèrent Livia de plein fouet.
Elle regarda sa meilleure amie.
— Tu accepterais à ma place ?
Felina réfléchit un instant.
— Honnêtement ?
— Oui.
— J’accepterais.
Grachi leva les yeux vers elle.
— Vraiment ?
— Oui.
— Pourquoi ?
Felina regarda Livia avec douceur.
— Parce que tu te sacrifies depuis des années.
Elle prit les mains de son amie.
— Pour une fois, laisse une opportunité changer ta vie.
Livia sentit sa gorge se nouer.
— J’ai peur.
Felina lui adressa un sourire rassurant.
— Les grandes décisions font toujours peur.
Mais parfois…
Ce sont elles qui ouvrent la porte à une nouvelle vie.
A suivre
Chapitre 40Point de vue de LiviaL’obscurité était totale. Je n’entendais plus que ma propre respiration. Puis celle d’Elias. Et derrière nous, la respiration rapide d’Adam. L’alarme continuait de hurler.– Elias…Ma voix tremblait.– Je suis là.Sa main serrait toujours la mienne.– On doit sortir d’ici.– Je sais.– La porte est verrouillée.– Je vais l’ouvrir.J’entendis Elias tâtonner contre la porte métallique.Puis un bruit sourd.Il venait de frapper.– Ça ne sert à rien.Adam s’approcha.– Laisse-moi essayer.– Tu penses pouvoir faire mieux ?– Non.Adam marqua une pause.– Mais je sais comment fonctionne cette porte.Un silence.Puis un nouveau bruit métallique.– Il y a un système de sécurité secondaire.– Où ?– À droite.Je tendis les mains dans le noir.– Je ne vois rien.– Il faut passer la main sous le panneau.Je m’accroupis.Mes doigts rencontrèrent une petite plaque.– Je l’ai.– Appuie dessus.Je le fis.Rien.– Ça ne marche pas.– Attends.Adam s’agenouilla à côté
Chapitre 39Point de vue de Livia– Vous finiriez par vous retrouver.Les mots d’Adam restèrent suspendus dans l’air. Je regardai Elias. Il ne disait rien. Son visage était fermé, mais je voyais bien qu’à l’intérieur, quelque chose venait de se briser.– Qu’est-ce que ça veut dire ? demandai-je.Adam baissa les yeux.– Je ne peux pas tout vous expliquer ici.Elias eut un rire sans joie.– Encore ça.Adam releva la tête.– Elias…– Non.Elias s’avança vers lui.– Depuis le début, tu savais.– Pas tout.– Mais suffisamment.– Oui.– Et tu m’as laissé croire que nous étions simplement deux frères qui avaient perdu leurs parents.Adam serra la mâchoire.– Parce que c’est ce que maman voulait.– Notre mère est morte, Adam.– Je sais.– Alors arrête de te cacher derrière elle !Adam ne répondit pas.Je n’avais jamais vu Elias aussi en colère contre son frère.Mais Adam ne recula pas.Il semblait porter un poids qu’il n’arrivait plus à supporter.– Elle m’a demandé de te protéger.– De quoi
Chapitre 38 Point de vue de LiviaJe regardai Adam. Puis Nathan.Puis Elias.Personne ne parlait. La dernière phrase de Nathan résonnait encore dans ma tête.« Ton frère sait déjà où elle est. »Je ne comprenais pas. Je n’avais jamais entendu parler d’une deuxième clé. Encore moins d’un secret que quelqu’un aurait caché à Elias. Et surtout… Pourquoi Nathan regardait-il Adam ? Adam avait toujours été le frère cadet d’Elias. Je le connaissais depuis quelque temps maintenant. Il avait toujours été différent de son frère. Plus ouvert. Plus souriant.Plus facile à approcher. Mais je n’aurais jamais imaginé qu’il puisse être au centre de tout ce mystère. Elias se tourna lentement vers son frère.– Adam.Adam ne répondit pas.– Qu’est-ce qu’il vient de dire ?Silence.– Adam, regarde-moi.Il releva enfin les yeux.Son visage était fermé.– Je ne sais pas de quoi il parle.Nathan eut un léger sourire.– Tu mens toujours aussi mal.Adam serra les poings.– Ferme-la.Je le regardai avec surprise
Chapitre 37 Point de vue de LiviaJe regardai Adam. Puis Nathan. Puis Elias. Personne ne parlait. La dernière phrase de Nathan résonnait encore dans ma tête.« Ton frère sait déjà où elle est. »Je ne comprenais pas. Je n’avais jamais entendu parler d’une deuxième clé. Encore moins d’un secret que quelqu’un aurait caché à Elias. Et surtout…Pourquoi Nathan regardait-il Adam ?Adam avait toujours été le frère cadet d’Elias.Je le connaissais depuis quelque temps maintenant.Il avait toujours été différent de son frère.Plus ouvert.Plus souriant.Plus facile à approcher.Mais je n’aurais jamais imaginé qu’il puisse être au centre de tout ce mystère. Elias se tourna lentement vers son frère.– Adam.Adam ne répondit pas.– Qu’est-ce qu’il vient de dire ?Silence.– Adam, regarde-moi.Il releva enfin les yeux.Son visage était fermé.– Je ne sais pas de quoi il parle.Nathan eut un léger sourire.– Tu mens toujours aussi mal.Adam serra les poings.– Ferme-la.Je le regardai avec surprise.C’
Chapitre 36 Point de vue de LiviaJe fixais l’écran de mon téléphone sans réussir à détourner les yeux.La photographie représentait ma mère.Elle était plus jeune.Beaucoup plus jeune.Elle se tenait devant une grande maison que je ne reconnaissais pas.À côté d’elle se trouvait un homme.Un homme que j’avais vu sur plusieurs photographies de famille.Mon oncle.Du moins, c’était ce qu’on m’avait toujours raconté.Mon oncle était mort avant ma naissance.C’était ce que ma mère m’avait dit.C’était ce que mon père m’avait dit. C’était ce que tout le monde avait toujours affirmé. Mais l’homme sur cette photographie était bien vivant. Et quelqu’un venait de me dire qu’il avait changé de nom. Je relevai lentement les yeux vers Elias.– Tu connais cet homme ?Il regarda la photographie.Son visage se ferma immédiatement.– Non.– Tu es sûr ?– Oui.– Alors pourquoi tu as cette expression ?Il prit le téléphone de mes mains.Ses yeux parcoururent la photographie.– Parce que je connais cette maison.
Chapitre 35Point de vue de LiviaJe regardais Marine sans réussir à prononcer un seul mot.Pendant des années, elle avait été la personne vers laquelle je me tournais lorsque tout allait mal.Elle connaissait mes peurs.Mes habitudes.Mes rêves.Mes blessures.Elle avait été présente lorsque je n’avais personne.Et maintenant, elle venait de m’avouer que notre rencontre n’était pas un hasard.Que son père lui avait demandé de devenir mon amie. Je sentais quelque chose se fissurer en moi.— Depuis combien de temps ?Ma voix tremblait.Marine baissa les yeux.— Depuis toujours.— Ne me réponds pas comme ça.Elle releva lentement la tête.— Je t’ai rencontrée lorsque nous avions dix-sept ans.— Je sais.— Mon père savait déjà qui tu étais.Je secouai la tête.— Mais moi, je ne savais même pas qui il était.— Je sais.— Alors comment a-t-il pu te demander de devenir mon amie ?Marine inspira profondément.— Parce qu’il te surveillait depuis longtemps.Je sentis mon ventre se nouer.— Il me surve







