Vengeance sans moyen de rédemption

Vengeance sans moyen de rédemption

last update最終更新日 : 2026-06-24
作家:  Livi015たった今更新されました
言語: French
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概要

Vengeance

Jeu de rôle

Regret

Drame

Haine et Amour

Un coup d'un soir

Intelligent(e)

Ceci n'est pas une histoire sur le pardon. Il n'y aura pas de rédemption. Pas de rédemption pour les coupables. Pas de rédemption pour la vengeresse. Pas de rédemption pour personne. Il y a quinze ans, Clara Lesage avait seize ans. Elle était belle, timide, aimée de sa petite sœur Alex. Invitée à une fête chez les Vane, l'une des familles les plus riches de la côte Ouest, elle n'en est jamais vraiment revenue. Cette nuit-là, quatre adolescents – Julian Vane, son cousin Marcus, son meilleur ami Daniel, et Thomas, fils d'un juge – l'ont violée en groupe. Ils ont filmé. La vidéo a fuité. Les parents ont tout enterré sous une montagne d'argent, de menaces et de silence. Six mois plus tard, Clara s'est pendue dans sa chambre. Alex avait treize ans quand elle a trouvé le corps de sa grande sœur. Elle a promis, en silence, qu'ils paieraient. Tous. Aujourd'hui, Alex a vingt-huit ans. Elle n'existe plus. Son visage, son identité tout a été reconstruite pierre par pierre. Elle a appris à sourire sans chaleur, à mentir sans ciller, à tuer sans trembler. Son objectif : épouser Julian Vane. L'homme qui a filmé le viol. L'homme qui a ri. L'homme qui a oublié. Une fois mariée, elle fera tomber son empire, retournera ses alliés les plus fidèles, stérilisera sa lignée, et regardera sa famille – mère, père, cousins, amis – périr un par un. Accidents. Suicides. Incarcérations. Disparitions. Rien ne pourra jamais être relié à elle. Parce qu'elle ne laisse pas de traces. Pas de coup de feu. Pas de poignard. Juste la vérité. La vérité est une arme bien plus lente et plus cruelle. « Une histoire de vengeance. Une pure haine viscérale qui permet de tenir debout. Il n'y aura aucun moyen de rédemption. Pour personne. »

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第1話

La femme qui n’existait pas

Newport Beach, Californie. 23 octobre, 22h47.

La pluie ne lave rien. Elle rend juste les cadavres plus difficiles à trouver.

Alexandra se gare à deux rues du bar. Pas de valet. Pas de témoin. Elle éteint le moteur de sa Toyota grise – une location payée en liquide sous un faux nom. Dans le rétroviseur, elle ajuste sa perruque. Blonde cendré. Plus courte que ses vrais cheveux. Elle porte des lentilles noisette par-dessus ses yeux vert clair. Personne ne verra jamais ses vrais yeux. Pas avant la fin.

Elle descend. Le talon de ses bottines noires touche le bitume mouillé. Une flaque reflète l’enseigne au néon : The Lighthouse. Un bar pour riches désœuvrés, faux airs de club privé, vraie porte dérobée pour ceux qui veulent acheter du silence.

Elle pousse la porte.

À l’intérieur, ça sent le cuir humide, le whisky bon marché et le mensonge. Des hommes en costume à cinq mille dollars regardent des femmes en robe trop courte comme si elles étaient des parts de marché. Alexandra ne fait pas partie de ce monde. C’est pour ça qu’elle est là.

Elle s’assoit au comptoir. La barman – une rousse avec des cernes jusqu’aux pommettes – lui jette un regard en coin.

— Qu’est-ce que je te sers ?

— Whisky. Sec. Sans glaçons.

La rousse hausse un sourcil. « T’es sûre ? » Alexandra pose un billet de cent sur le comptoir.

— Gardez la monnaie.

Le verre arrive. Elle boit une gorgée. L’alcool brûle sa gorge. Elle aime cette douleur. Elle la garde un instant, comme un secret.

Derrière elle, une voix. Grave, humide, trop confiante.

— On a déjà couché ensemble ? Parce que j’ai l’impression de te connaître.

Elle ne se retourne pas tout de suite. Elle boit une deuxième gorgée. Elle compte jusqu’à quatre, lentement. Un. Deux. Trois. Quatre.

Elle pivote.

L’homme a la trentaine. Costume noir, pas de cravate. Une cicatrice sur la lèvre supérieure remonte vers la narine gauche. Beau, dans le genre prédateur. Ses yeux sont bleus, trop clairs, comme ceux d’un chien qu’on aurait laissé trop longtemps sans sommeil. Elle connaît ce regard. Elle l’a étudié pendant des années.

Julian Vane.

Elle lui sourit. Pas un vrai sourire. Un muscle qui se contracte.

— Tu te trompes, dit-elle. Mais tu vas apprendre.

Il rit. Un rire franc, désarmant. C’est son arme à lui. Il croit que tout le monde succombe à son charme. Il a raison. Jusqu’à ce soir.

— Je m’appelle Julian, dit-il en s’asseyant à côté d’elle sans y être invité.

— Je n’ai pas demandé ton nom.

— Tu le demanderas.

Il appelle la barman. « Deux whiskys. Les meilleurs. » Alexandra ne proteste pas. Elle observe ses mains. Longues, fines, pas une callosité. Des mains qui n’ont jamais travaillé. Des mains qui ont tenu un téléphone portable, un soir d’été, il y a quinze ans, pour filmer une fille qui pleurait.

Elle boit son deuxième verre.

Ils parlent. De rien. De la ville, de la pluie, de son accent inexistant. Elle invente une vie : consultante en art, récemment arrivée de New York, une galerie qui a fermé, des collectionneurs morts. Des détails qu’il ne pourra jamais vérifier. Il la croit. Parce qu’elle est belle. Parce qu’elle est froide. Parce que les hommes comme Julian confondent le mystère avec l’invitation.

À minuit, il lui propose de monter dans sa chambre.

— Je ne couche pas le premier soir, dit-elle.

— Je ne parlais pas de coucher.

Elle le regarde. Elle sait qu’il ment. Elle sait qu’il pense qu’elle va dire oui. Toutes les femmes disent oui à Julian Vane.

Elle se lève.

— Alors montons.

---

La chambre est au troisième étage. Vue sur l’océan, lit king size, draps en lin italien. Il referme la porte derrière elle. Elle entend le verrou claquer. Elle n’a pas peur. Elle a attendu cette nuit pendant quinze ans.

Il l’embrasse. Ses mains sont partout, pressées, comme s’il voulait la consommer avant qu’elle ne disparaisse. Elle le laisse faire. Pas par soumission. Parce qu’elle a besoin qu’il la sous-estime.

Il la pousse sur le lit. Elle ne résiste pas. Il déchire presque sa robe. Elle ne dit rien. Elle regarde le plafond. Un léger détail – une tache d’humidité. Elle la fixe. Elle pense à Clara. À la dernière fois qu’elle l’a vue vivante, Clara portait une robe bleue. La même couleur que cette tache.

Il entre en elle sans précaution. Elle ferme les yeux. Elle dissocie. Son corps bouge, répond, gémit quand il faut gémir. Mais son esprit est ailleurs. Il est dans une cave. Il est devant une liste de noms. Il est avec Ours, en train de planifier.

Quand il jouit, il s’effondre sur elle. Il pèse. Il sue. Il murmure : « T’es incroyable. »

Elle ne répond pas.

Il s’endort en moins de cinq minutes. Elle attend. Elle compte sa respiration. Elle écoute son rythme cardiaque ralentir.

Puis elle se lève doucement.

Ses pieds nus sur le parquet. Pas un bruit. Elle ouvre sa valise – qu’il n’a pas fouillée, jamais, parce qu’il est trop sûr de lui. Elle en sort un petit appareil photo, un enregistreur, une pince à épiler en métal.

Elle revient au lit. Elle écarte délicatement les doigts de sa main gauche endormie. Elle glisse la pince sous son ongle et prélève une microscopique trace de peau. Pas assez pour qu’il se réveille. Assez pour un test ADN plus tard – pour confirmer ce qu’elle sait déjà.

Elle photographie son visage endormi. Ses mains. La cicatrice sur sa lèvre. Elle prend son portable sur la table de nuit. Toujours sans code – les hommes comme Julian n’ont rien à cacher, croient-ils. Elle ouvre ses messages. Elle lit. Elle envoie une copie de sa conversation avec son avocat sur son propre téléphone, un modèle jetable acheté cash.

Elle repose le portable. Elle range tout.

Elle reste un moment au bord du lit. Elle regarde sa poitrine se soulever. Une machine respiratoire. Un tas d’os et d’arrogance.

Je vais tout te prendre, pense-t-elle. Ton argent, ta famille, tes amis, ta beauté, ta raison. Et quand il ne restera rien, je te dirai pourquoi.

Elle s’habille. Elle sort sans bruit.

Dans le couloir, elle sort un deuxième téléphone. Un message à un contact enregistré sous le nom « Ours » :

« Je suis entrée. Il ne se méfie de rien. Planifie l’accident pour le cousin. Dans trois semaines. »

La réponse arrive dix secondes plus tard :

« Reçu. Prends soin de toi. Et n’oublie pas : il ne faut jamais qu’elle sache que tu existes encore. »

Alexandra efface le message. Puis elle sourit. Pas un sourire de joie. Un sourire de couteau qu’on aiguise depuis quinze ans.

Elle descend l’escalier. Elle traverse le bar vide. La barman est partie. Un homme de ménage passe la serpillière sur le sol où elle a dansé des heures plus tôt.

Elle sort.

La pluie a cessé. Elle allume une cigarette. Elle fume en regardant l’océan noir. Elle pense à Clara. À la corde. À la dernière fois qu’elle a entendu sa voix.

« Tu me protégeras, petite sœur ? »

Alexandra jette son mégot dans une flaque. Elle le regarde s’éteindre.

— Je te protège, murmure-t-elle.

Elle monte dans sa voiture. Elle disparaît dans la nuit.

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