로그인GABRIELÀ vingt et une heures, Nérée Industries perd deux partenaires bancaires. À vingt-deux heures, le conseil portuaire suspend un contrat de sécurité lié aux de Villiers. Avant minuit, Élodie bloque trois articles préparés par Auguste et transmet à un quotidien économique les preuves de ses liens avec Aurelia.Je n’ai besoin d’ordonner aucune violence. Les hommes que j’ai connus avant Delmas savent simplement quelles sociétés d’Auguste utilisent encore leurs quais, leurs entrepôts et leurs intermédiaires. En une nuit, les portes se ferment. Les téléphones cessent de répondre. Les cargaisons légales restent légales, mais elles attendent assez longtemps pour coûter cher.Étienne dirige les mouvements de capitaux. Romain tient les responsables du port. Élodie contrôle ce qui
ANAÏSRomain finit par me donner l’adresse parce que je lui annonce que j’irai seule fouiller chaque terrain Delmas du littoral s’il refuse. Le vieux chantier naval se trouve au-delà de Martigues, derrière une clôture mangée par le sel. Le semi-rigide utilisé contre nous avait brûlé à moins de deux kilomètres.Je conduis trop vite. Quand j’arrive, le portail est ouvert et trois véhicules bloquent l’allée. La voiture banalisée d’Adrien est garée face à celle de Gabriel.Le hangar principal contient un conteneur sorti de la zone portuaire le matin même. D’après les marquages, il appartient à une filiale d’Aurelia. C et Maxime se tiennent près de Gabriel. Adrien n’a avec lui que Luc, son collègue, et deux policiers en civil restés en retrait.Je comprends la scène sa
ANAÏSAdrien arrive chez mon père à neuf heures avec Henri de Villiers, son père. Le général à la retraite a dirigé autrefois la sécurité militaire de la région et conserve assez de relations à Paris pour qu’Armand le considère comme un rempart contre Delmas.Je les trouve dans le salon avec Victoire. Aucun d’eux ne m’avait invitée. J’entre quand même, pose mon sac sur la table et prends la place laissée vide au centre du canapé.Armand a préparé une demande de protection pour Beaumont. Elle autoriserait les de Villiers à surveiller les mouvements financiers de Delmas autour du port et à intervenir si Gabriel utilisait l’ancien accord pour peser sur mon mariage ou sur l’opération.Le document ne mentionne pas mon avis.Adrien ne l’a pas signé. Il garde les pages
GABRIELPendant quatre jours, Anaïs partage son temps entre l’hôpital, Beaumont et son studio. Je passe les mêmes journées entre Delmas, les avocats et les comptes qu’Auguste croyait suffisamment enterrés.Nous dormons ensemble sans vraiment nous retrouver. Elle arrive après minuit, pose la tête sur mon épaule et s’endort avant d’avoir retiré ses boucles d’oreilles. Le matin, sa place est vide lorsque j’ouvre les yeux.Le cinquième soir, elle entre dans ma chambre alors que je termine une conférence avec Londres. Elle ferme mon ordinateur en plein milieu d’une phrase. Je rappelle seulement que la ligne est coupée, puis je laisse Étienne gérer la suite.Anaïs retire sa veste. Elle porte encore le pantalon noir et la chemise qu’elle avait à l’hôpital.— Mon père sera opéré
ANAÏSJe reporte le mariage à huit heures vingt, assise dans le couloir d’oncologie avec un café trop chaud entre les mains.La première annulation concerne la mairie. La deuxième, le dîner prévu au domaine de Cassis. J’écris ensuite à la couturière, au fleuriste et aux quinze invités dont la liste n’était pas encore officielle. Je ne demande pas à Victoire de le faire. Je ne confie pas non plus cette tâche à Élodie.Quand Gabriel arrive, il s’assied à côté de moi et prend mon téléphone. Il ne supprime aucun message. Il ajoute simplement son nom sous le mien au mail destiné aux prestataires, puis règle les acomptes qui restent dus.— Merci.— Je t’avais dit que j’accepterais.Son visage montre ce que sa voix refuse d’étaler. Il avait déjà réservé cette journée dans son agenda pour le reste de sa vie. Il la rend sans me faire payer sa déception.Le chirurgien nous reçoit avec Victoire. L’opération peut retirer la partie la plus atteinte du foie, mais les médicaments n’ont créé qu’une f
ANAÏSReporter n’est pas annuler. Je répète cette phrase au téléphone, dans les mails, devant Victoire et enfin devant la couturière qui m’attend dans un salon privé au-dessus de la rue Paradis.Je garde le rendez-vous pendant que mon père hésite encore devant l’opération. La robe peut attendre dans sa housse aussi longtemps que nécessaire; sa maladie ne choisira pas à ma place si je la porterai un jour.Victoire a dessiné la robe. Une coupe droite en crêpe ivoire, un dos entièrement nu et des manches longues fermées par une rangée de petits boutons. Rien ne ressemble à la robe blanche que je portais le soir où Adrien est revenu. Celle-ci n’appartient qu’à moi.Ma sœur ajuste l’épaule gauche pendant que la couturière reprend l’ourlet. Elle parle peu. Depuis la découverte de l’accord, elle évite de remplir le silence avec des décisions.— Tu peux encore changer le dos, dit-elle. Ou tout changer.— Je garde le dos.Elle plante une épingle, recule et acquiesce.Gabriel arrive à la fin de







