Masuk(Point de vue d’Aria)
Je sors de ma voiture et ferme la portière derrière moi en silence. L’air de la nuit caresse ma peau, frais et apaisant, mais mes mains tremblent tellement que je dois les serrer en poings. La sueur colle légèrement à mon visage, glissant le long de mes tempes, même si le temps n’est pas chaud. Pendant toute une semaine, j'ai vécu sans Lucien Volkov. Sans sa voix remplissant les pièces. Sans ses humeurs dictant l’air que je respirais. Sans rétrécir constamment pour m’adapter à un mariage qui ne savait que me voler la paix de l’esprit. Je n’arrivais toujours pas à y croire. Il y a une semaine, j’étais certaine de ne pas survivre à ça. Que je m'effondre mais, que je ramperais jusqu’à lui, que je m’excuserais pour des fautes qui n’étaient pas les miennes. Mais je ne l’avais pas fait. Je suis restée loin. J’ai supporté les nuits, les matins, le silence. Et maintenant, debout ici, fixant l’immense manoir devant moi, je ressentais de la gratitude dans ma poitrine. Merci mon Dieu, murmurai-je intérieurement. Mon téléphone vibra dans ma main, me sortant de mes pensées. Devi appelait, et je composais immédiatement son numéro. Elle répondit dès la première sonnerie. « Aria ? » sa voix passa, soulagée et chaleureuse. « Je suis là », dis-je doucement. « Je viens juste de rentrer au manoir. » Elle expira bruyamment. « Bien. J’étais inquiète. Tu es déjà à l’intérieur ? » « Pas encore. » Je me mis à marcher vers le manoir, mes talons cliquetant légèrement sur le pavement. « Je viens juste de garer ma voiture, il n’y a pas longtemps. » « D’accord, écoute », elle marque une brève pause, puis dit : « Ethan est-il rentré de son voyage d’affaires ? » Je secouai instinctivement la tête, même si elle ne pouvait pas me voir. « Non, il m’a envoyé un message tout à l’heure. Il a dit qu’il rentrerait aujourd’hui. » Un silence s’installa un instant au bout de la ligne. Puis Devi éclata de rire. « Ouah », dit-elle d’un ton taquin. « Je pensais que je devrais rentrer à la maison et vous jumeler moi-même. » Je levai les yeux au ciel, bien qu’un petit sourire étire mes lèvres. « Devi, s’il te plaît. Je ne suis pas d’humeur. » « Je sais, je sais », dit-elle plus doucement. « Je dis juste que tu es en sécurité là-bas. Et je fais confiance à mon frère. C’est un homme bien. En plus, depuis que tu as quitté Lucien, passe à autre chose et profite de ta vie. » Je fis un murmure d’acquiescement, mes pas ralentissant en atteignant la porte d’entrée. « Je sais. Et merci, pour tout. » « Quand tu veux, mon amour », répondit-elle. « Repose-toi, d’accord ? Et sois forte… Je t’aime. » « Je t’aime aussi. » L’appel se termina, et je glissai mon téléphone dans mon sac avant de pousser la porte et d’entrer. Le manoir était silencieux. La douce lueur des lustres illuminait le couloir, projetant d’élégantes ombres le long des murs. J'inspire profondément en entrant, mon corps s’adaptant encore à la sensation d’exister sans tension constante. Je me dirigeai vers le salon, la gorge soudain sèche. Je n’avais pas réalisé à quel point j’avais soif jusqu’à maintenant. Mes talons résonnaient faiblement contre le sol de marbre tandis que j’avançais dans l’espace cuisine ouvert. Une carafe d’eau se trouvait soigneusement posée sur le comptoir. J'ai pris un verre, le remplissais à moitié et le portais à mes lèvres. Je bus trop vite, ma poitrine est encore lourde et ma respiration devient irrégulière. L’eau passa de travers. Je m'étouffe, l’eau m’étouffa. Mon corps se pencha instinctivement en avant tandis que je toussais, le verre glissant légèrement de ma prise. Je me courber, une main s’appuyant contre le comptoir, l’autre pressée contre ma poitrine tandis que mes poumons brûlaient. « Aria ! » la voix soudaine me fit sursauter. Avant même que je puisse réagir, des pas se précipitèrent vers moi. Une main soutint doucement mais fermement mon dos, traçant de lents cercles, tandis qu’une autre prend le verre de mes doigts tremblants. « Doucement, respire », dit la voix avec sollicitude. « Ralentis. » Je toussais à nouveau, les yeux larmoyants tandis que je peinais à respirer de l’air. « Hé, hé, ça va », dit-il. « Tu vas bien. Respire juste. » Je parvins enfin à inspirer correctement, aspirant de l’air tandis que la toux s’apaisait. Ma poitrine se soulevait et s’abaissait rapidement tandis que je me redressais légèrement, serrant encore ma poitrine. Puis je regardai Ethan. Il se tenait juste devant moi, l’inquiétude profondément gravée sur son visage. Il se pencha légèrement en avant, soufflant doucement près de mon visage, instinctif et protecteur, comme s’il essayait de me stabiliser. « Ça va ? » demanda-t-il d’un ton vif, les sourcils froncés. « Tu m’as fait peur. » Je hochai rapidement la tête, encore essoufflée. « Je… oui. Ça va. J’ai juste bu trop vite. » Il expira, clairement agacé, mais pas contre moi. « Tu dois faire attention », me gronda-t-il, sa voix ferme mais pas dure. « On ne boit pas de l’eau comme ça quand on est déjà stressé. » Je clignai des yeux vers lui, momentanément stupéfaite. Quand était-il rentré ? Mon cœur se mit à battre plus fort, mais cette fois ce n’était pas à cause de l’étouffement. C’était différent. « Je ne savais pas que tu étais rentré », dis-je à voix basse. « Je viens juste d’arriver », répondit-il, me surveillant encore de près. « Et la première chose que je vois, c’est toi en train de presque t’étouffer. » Malgré tout, un faible rire m’échappa. « Désolée. » Il secoua la tête, sa main reposant encore sur mon dos comme s’il n’était pas encore prêt à la retirer. « Tu n’as pas besoin de t’excuser pour ça », dit-il. Il ne savait pas que j’étais habituée à toujours m’excuser, grâce à mon ex-mari manipulateur. Quelque chose passe entre nous, brièvement, inopinément. Je n’étais pas habituée à être soignée sans conditions. Sans voix élevées ni accusations. Sans qu’on me fasse sentir comme un fardeau. Mon cœur me trahit, battant plus vite sous son regard. Ethan sembla le remarquer aussi, car il recula légèrement, s’éclaircissant la gorge. « Assieds-toi », dit-il en tirant une chaise pour moi. « Tu as besoin de te calmer. » J’obéis, m’asseyant sur la chaise. Il versa un autre verre d’eau, me le tendant cette fois lentement. « Petites gorgées », m’instruisit-il. Je hochai la tête et fis exactement cela. Il s’appuya contre le comptoir, les bras croisés, me regardant avec une expression que je ne parvenais pas tout à fait à déchiffrer. Il avait l’air fatigué ; il revenait d’un long voyage de toute façon. « Je suis désolée si je t’ai fait sursauter », dis-je après un moment. « Tu ne l’as pas fait », répondit-il. « Je ne m’attendais juste pas à te trouver seule ici, en difficulté comme ça. » Je déglutis. « Je suis seule depuis un moment maintenant. » « Je sais », dit-il doucement. Il ne posa pas de questions. Il ne fouilla pas. Il n’exigea pas d’explications. Il reconnut simplement la vérité de la chose. Le silence s’installa entre nous, paisible. « Je vais te raccompagner à ta chambre », dit-il enfin. « Tu devrais te reposer. » Je me levai, les jambes un peu tremblantes, et le suivis dans le couloir. Tandis que nous marchions, je pris pleinement conscience de sa présence à côté de moi, du rythme régulier de ses pas, de la façon dont il adaptait son allure à la mienne sans le rendre évident. Lorsque nous atteignîmes la chambre, il ouvrit la porte et s’écarta pour me laisser entrer. « Si tu as besoin de quoi que ce soit », dit-il en croisant mon regard, « quoi que ce soit, n’hésite pas à m’appeler. » « Je n’hésiterai pas », répondis-je. « Merci. » Lorsque la porte se ferma derrière moi, je m’appuyai contre elle, posant sa paume sur ma poitrine. Mon cœur battait encore plus vite que la normale. Cela m’effrayait, parce que pour la première fois depuis que j’avais quitté Lucien, mon cœur n’avait pas battu de douleur ou d’anxiété. Il battait à cause d’Ethan.(PoV d’Aria)Ethan s’assit à côté de moi en silence, assez près pour que je sente la chaleur de son bras à travers le tissu fin de ma manche. Il ne me pressa pas, ne posa pas de questions tout de suite. Il tendit simplement la main, passa un bras autour de mes épaules et m’attira doucement contre sa poitrine, comme s’il savait déjà que je tenais à peine debout et que tout ce dont j’avais besoin, c’était d’une étreinte.Pendant une seconde, je résistai.Je n’avais plus l’habitude d’être réconfortée. Pas sans conditions. Pas sans que cela soit ensuite utilisé contre moi.Mais ma force céda avant ma fierté.« Ne verse pas de larmes à cause de lui », dit Ethan doucement, sa voix calme et douce. « Il ne mérite aucune de tes larmes. »J’essayai de répondre, mais ma gorge se serra. À la place, un reniflement tremblant m’échappa, embarrassant et incontrôlable. Je détestais ce son. Il me faisait me sentir faible, exposée. Comme si j’exposais ma faiblesse devant quelqu’un qui ne me connaissait
(PoV d’Aria)« Qui êtes-vous ? » criai-je en arrachant ma main comme si son toucher brûlait. « Et qu’est-ce qui vous a donné le culot de me tenir les mains comme ça ? »Mon cœur cognait violemment dans ma poitrine, chaque battement résonnant dans mes oreilles. J’étais furieuse, tellement en colère que mes mains tremblaient, mais sous cette colère se cachait la peur. Pas la peur qui vous rend faible, mais celle qui vous rappelle les blessures que vous pensiez guéries.Je savais que ce moment arriverait. Je ne m’attendais juste pas à ce que ce soit ce soir.Et je savais aussi qu’à un pas hors du manoir de Devi, bien sûr, Lucien me trouverait.« Aria, ne sois pas têtue », lança-t-il en resserrant son emprise, son pouce s’enfonçant dans ma peau comme s’il avait besoin de me rappeler sa force. « Viens avec moi. »Ce ton. Le commandement dans sa voix envoya une vague nauséeuse de souvenirs s’écraser sur moi. Cela me rappela nos disputes qui se terminaient par des portes claquées, des excuse
(PoV de Lucien)Je pouvais accepter tout ce qu’Aria voudrait me faire pour me punir, absolument tout. Elle pouvait me crier dessus, me gifler, m’insulter, m’humilier devant toute la ville si elle le voulait. Je le méritais. Et je le savais. J’avais trompé. J’avais franchi une ligne qui n’aurait jamais dû l’être. J’avais brisé quelque chose que je n’aurais pas dû briser, quelque chose de sacré, quelque chose qui avait mis deux années entières à se construire.Mais elle avec un autre homme ? Je ne pouvais pas imaginer ma femme avec quelqu’un d’autre.C’était là que je tirais un trait.Elle ne pouvait pas simplement passer à autre chose. Elle ne pouvait pas effacer deux ans de nos vies comme si ce n’était rien. Elle ne pouvait pas me remplacer comme un vieux manteau dont elle se serait lassée juste parce que j’avais fait une erreur.Oui, j’admettais que j’avais tort. Je ne le niais pas une seule seconde. J’avais trompé. J’avais brisé sa confiance. J’avais brisé son cœur. Mais je n’avais
(PoV de Lucien)Je pénétrai dans les locaux de la société Volkov l’air furieux.Ma mâchoire était crispée, mon visage glacial, chaque pas alourdi par le poids de tout ce qui avait mal tourné dans ma vie. Les employés qui se précipitaient d’habitude pour me saluer reculèrent, leurs voix mourant dans leur gorge dès qu’ils virent mon expression.Je ne m’arrêtai pas à mon bureau. Je ne jetai même pas un regard vers l’ascenseur.Je me dirigeai droit vers le bureau de ma secrétaire. La porte était entrouverte, le parfum de celle-ci flottant dans le couloir.J’aurais dû le faire il y a une semaine, bien avant. J’aurais dû la confronter dès l’instant où mon mariage avait commencé à s’effondrer, quand Aria était sortie de la maison sans se retourner.Mais je ne l’avais pas fait. Parce qu’une partie de moi refusait d’affronter la vérité.Je poussai la porte.Elle leva les yeux de son bureau et sourit.« Bonjour, M. Lucien », salua-t-elle d’un sourire éclatant.Et c’est alors que je remarquai ce
(PoV d’Aria)Yo !Je pris une grande inspiration en descendant l’escalier. La lumière du matin traversait les hautes fenêtres, soulignant la chaleur du salon en contrebas. Mon cœur battait la chamade ; j’étais nerveuse et j’anticipais déjà la conversation que j’allais avoir avec Ethan.Aujourd’hui, je prenais le petit-déjeuner avec lui. Peut-être que j’apprendrais enfin son emploi du temps, que j’aurais enfin l’occasion de lui parler vraiment.Passer à autre chose après une semaine n’était pas une si mauvaise idée. Une semaine à me rappeler que Lucien n’avait plus sa place dans ma vie, que ses manipulations et son arrogance n’avaient plus à dicter mes matinées. Mais, aussi fort que j’essayais de le chasser, une partie têtue de moi savait que je le rencontrerais à nouveau un jour, par accident ou par un cruel concours de circonstances.Et je prierais toujours pour que, ce jour-là, je ne tremble pas, que je ne fléchisse pas, que je ne…Saint Père, pourquoi est-ce que je pense encore à l
Mon cœur s’emballait à cause d’Ethan, et cela seul me terrifiait.Je souris, une petite courbe de lèvres qui me semblait nouvelle sur mon visage, et je chassai cette sensation comme si elle n’avait aucune importance. Comme si ce n’était rien. Comme si mon corps ne m’avait pas trahi en réagissant à un homme qui n’était pas mon mari.Mari ? Qui n’était même pas proche de moi.Je ne peux accueillir aucune forme d’amour pour le moment. Lucien s’est assuré de cela. Il n’a pas seulement brisé mon cœur, il l’a reconfiguré. Il m’a enseigné la prudence à la dure, m’a appris à quel point il était dangereux de faire confiance trop vite, de donner trop, d’aimer sans demander de preuves.Et si j’étais honnête, vraiment honnête, je ne pouvais pas lui jeter toute la faute.Je devrais aussi me blâmer moi-même.Pourquoi aurais-je épousé un homme que je ne connaissais que depuis trois mois ? À quoi pensais-je ? Étais-je charmé ? Aveuglée ? Désespérée d’appartenir quelque part, n’importe où ? Ou étais-j







