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Penulis: Minnah
last update Tanggal publikasi: 2026-10-13 09:27:30

(PoV d’Aria)

Yo !

Je pris une grande inspiration en descendant l’escalier. La lumière du matin traversait les hautes fenêtres, soulignant la chaleur du salon en contrebas. Mon cœur battait la chamade ; j’étais nerveuse et j’anticipais déjà la conversation que j’allais avoir avec Ethan.

Aujourd’hui, je prenais le petit-déjeuner avec lui. Peut-être que j’apprendrais enfin son emploi du temps, que j’aurais enfin l’occasion de lui parler vraiment.

Passer à autre chose après une semaine n’était pas une si mauvaise idée. Une semaine à me rappeler que Lucien n’avait plus sa place dans ma vie, que ses manipulations et son arrogance n’avaient plus à dicter mes matinées. Mais, aussi fort que j’essayais de le chasser, une partie têtue de moi savait que je le rencontrerais à nouveau un jour, par accident ou par un cruel concours de circonstances.

Et je prierais toujours pour que, ce jour-là, je ne tremble pas, que je ne fléchisse pas, que je ne…

Saint Père, pourquoi est-ce que je pense encore à lui ?

Je secouai la tête en atteignant la salle à manger, forçant mes pensées à se concentrer sur le présent. Et le voilà, Ethan. Mon cœur fit un bond, pour une toute autre raison cette fois. Il était impeccable, vêtu d’un costume noir, sa cravate parfaitement nouée, sa large poitrine mise en valeur d’une façon qui me rendait difficile de respirer normalement.

Sa présence était imposante, et pourtant il y avait une chaleur discrète dans ses mouvements, une aisance tranquille dans ses gestes. Je levai les yeux au ciel devant moi-même : il était trop attirant, bien trop pour que je puisse l’ignorer, mais je devais me contrôler.

Concentre-toi, Aria.

« Bonjour », salua-t-il, et mes nerfs sursautèrent au son de sa voix. Ses yeux s’attardèrent sur les miens, puis il tira une chaise pour moi, à côté de la sienne.

Quel gentleman !

Je souris, sentant une pointe de chaleur dans ma poitrine. Il tira sa propre chaise et s’assit, sa posture si naturellement parfaite qu’elle me rendit consciente de moi-même. Depuis quand quelqu’un me faisait-il me sentir aussi… spéciale ? Même s’il ne s’agissait que d’un petit-déjeuner ordinaire, même s’il n’y avait que nous deux en train de manger, ce petit geste de gentillesse et d’attention alluma une étincelle dont j’ignorais à quel point elle m’avait manqué.

Et puis mon esprit me trahit à nouveau : je pensai à Lucien.

Oh, pour l’amour de Dieu, pourquoi toujours lui ? Pourquoi ce nom refuse-t-il de disparaître de mes pensées ?

Je serrai les poings sous la table, me forçant à me concentrer, me forçant à ne plus penser à l’homme qui avait autrefois tenu mon cœur en otage. Une semaine, Aria. Une semaine à essayer de me rappeler qu’il était parti. Que ceci — ce sourire, cette gentillesse, cette chaleur naturelle devant moi — était le présent, pas lui.

« Aria… »

La voix d’Ethan perça le brouillard de mes pensées, et je tressaillis.

« Oh… euh… je suis désolée », dis-je en forçant un sourire. « C’est juste… que j’ai beaucoup de choses en tête. »

Il hocha la tête, sans insister, acceptant simplement. Peut-être parce que Devi lui avait parlé de lui ; oui, ça devait être ça, il acceptait simplement.

Il me versa un verre de jus, la lumière du soleil capturant le liquide orange pâle, et je l’avalai d’un trait. Il ne détourna pas le regard. Il se contenta de… me regarder, comme s’il pouvait voir tout ce que j’essayais de cacher.

« Tu vas aller bien », dit-il doucement, sa voix basse et rassurante, comme une couverture contre un vent froid. « Ce n’est qu’une question de temps. »

J’acquiesçai, reconnaissante pour sa douceur, tout en étant incapable d’arrêter la pression dans ma poitrine.

« Merci », murmurai-je en prenant les couverts et en essayant de me concentrer sur la nourriture devant moi.

Nous mangeâmes d’abord dans un rythme calme, avec des regards occasionnels qui s’attardaient juste assez longtemps pour accélérer mon cœur. Je voulais lui parler, briser le silence, mais chaque fois que j’ouvrais la bouche, les mots s’emmêlaient dans ma gorge. Il semblait le sentir, se penchant légèrement en arrière sur sa chaise, m’offrant un sourire patient qui était frustrant de rassurance.

« Quel est ton plat préféré ? » demanda-t-il soudain, rompant la douce tension.

J’hésitai. « Je… n’en ai pas vraiment », dis-je en haussant légèrement les épaules. « Je mange selon mon envie, honnêtement. »

Il sourit doucement, et mon estomac fit un petit bond impuissant. « C’est quelqu’un comme moi », dit-il.

Dieu, son sourire… il était si doux, si chaleureux, si désarmant de sincérité. Je dus détourner le regard.

« C’est quand ton anniversaire ? » demanda-t-il ensuite.

Mes cils battirent nerveusement. « Je… n’aime pas vraiment partager ça », répondis-je, espérant que mon ton sonnait décontracté.

Il rit, légèrement et d’un air taquin. « Puéril, Aria. Ne me dis pas que tu ne le fêtes pas ? »

Puérile ? Moi ? Je ne pus m’empêcher de laisser échapper un petit rire malgré une pointe d’offense.

« Je plaisantais… c’est bon si tu n’as pas envie de le dire. »

Il haussa les sourcils, non pas d’agacement, mais d’une curiosité enjouée.

« Disons-le ensemble alors », proposai-je impulsivement.

Il pencha la tête, intrigué. « D’accord », accepta-t-il.

« Un, deux, partez… »

« 27 juillet… » dîmes-nous à l’unisson.

Nous eûmes tous les deux un hoquet de surprise, puis éclatâmes d’un fou rire.

« Oh mon Dieu », dit-il en laissant tomber ses couverts, souriant comme un enfant qui vient de trouver un trésor secret.

« On est jumeaux d’anniversaire », dit-il entre ses rires.

J’acquiesçai, rayonnante. Une étrange chaleur s’épanouit dans ma poitrine. D’une certaine façon, cette petite coïncidence me rapprochait de lui, comme un fil ténu reliant nos mondes d’une manière à laquelle je ne m’attendais pas.

La conversation s’installa ensuite dans un rythme confortable. Nous parlâmes des souvenirs d’enfance les plus étranges, de nos habitudes les plus bizarres, des films que nous détestions mais que nous aimions en secret, et des petits traits qui nous rendaient chacun unique, irritant et attachant à la fois. Je me surpris à rire plus librement que je ne l’avais fait depuis des semaines, et chaque rire semblait éroder un peu de la tension persistante que Lucien avait laissée derrière lui.

Et pourtant, même tandis que la matinée passait, une peur tranquille me taraudait. Et si je me laissais trop tenir à cœur ? Et si je permettais à la chaleur de l’attention d’Ethan de pénétrer trop profondément dans un cœur encore meurtri et fragile ? Je connaissais la réponse évidente, mais cela ne m’empêchait pas de savourer l’instant, de lui voler des regards quand il ne regardait pas, de m’émerveiller de la facilité avec laquelle il pouvait rendre une pièce plus lumineuse juste en y existant.

« Alors », dit-il nonchalamment, se penchant en arrière sur sa chaise et étirant les bras au-dessus de sa tête, « qu’est-ce que tu fais d’habitude le week-end ? »

Je mordillai ma lèvre inférieure, réfléchissant. « D’habitude… j’essaie juste de me détendre. Lire, peut-être regarder quelque chose, aller marcher s’il fait beau. »

Il hocha la tête, le regard pensif. « J’aime aussi les promenades. Peut-être… on pourrait y aller ensemble un de ces jours ? »

Je me figai en pleine bouchée, mon cœur me trahissant par un battement soudain et rapide.

« Euh… ouais, ça… ça a l’air bien », parvins-je à dire, la voix un peu tremblante.

« Bien », répéta-t-il avec un sourire entendu. « J’aime la façon dont ce mot sonne dans ta bouche. »

Le petit-déjeuner continua, la conversation devenant plus fluide à chaque minute. Il avait ce charme naturel, le genre qui ne semblait ni calculé ni forcé, juste spontané. Et chaque fois qu’il riait, quelque chose se dénouait dans ma poitrine, un peu de la lourdeur que Lucien avait laissée se dissolvant dans l’air.

Nous restâmes attablés jusqu’à la fin du repas, ni l’un ni l’autre ne se précipitant pour se lever. Finalement, je m’adossai, soupirant doucement, me sentant inhabituellement sereine.

« Merci », dis-je à voix basse, sans trop savoir pourquoi j’éprouvais le besoin de le dire encore. « Pour… tout. »

Il sourit, et c’était le genre de sourire capable de faire fondre un cœur froid comme le mien.

« Tu n’as pas à me remercier, Aria… Tu mérites ça. Tout ça. Tu mérites quelqu’un qui te voit, Aria. Ne pense à rien d’autre, comme je l’ai dit, ce n’est qu’une question de temps… » dit-il doucement.

J’avalai difficilement. Ses paroles étaient simples et pourtant profondes ; elles touchèrent vraiment un endroit en moi, l’endroit que j’avais essayé d’enterrer. Le souvenir de Lucien, le chagrin, la trahison, tout cela semblait rétrécir face à cet instant. Et pourtant… une partie de moi restait méfiante, effrayée de m’attacher.

Aria, ce n’est qu’un jour !

Je baissai les yeux vers mes mains, puis les relevai vers lui. « Je… je ne sais pas comment faire. Je ne sais pas comment laisser quelqu’un se soucier de moi à nouveau. » Ma voix n’était guère plus qu’un murmure.

Le regard d’Ethan s’adoucit, et il tendit la main à travers la table, recouvrant la mienne de la sienne. La chaleur de sa peau envoya un frisson le long de ma colonne.

« Alors on prendra le temps », dit-il. « Pas de précipitation. Pas de pression. Juste… toi et moi. On peut faire ça ? »

J’acquiesçai. « Ouais… on peut faire ça. »

Je pris mon téléphone et débloquai Lucien partout.

Je vivrai sans Lucien, je reconstruirai ma vie et je le forcerai à regarder.

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