LOGINJe sentais encore le regard d’Ethan dans mon dos lorsque tout le groupe commença à se diriger vers la maison.Et plus j’avançais, plus quelque chose en moi se dérangeait.Ethan marchait légèrement en retrait du groupe, mais je savais qu’il était là. Je le sentais sans même avoir besoin de me retourner.C’était insupportable.Jonathan et Léna ouvraient la marche, visiblement déjà absorbés par leurs propres émotions, tandis que les parents échangeaient des politesses avec Papa et Maman. Les Kitson et les Hopkins semblaient parfaitement maîtriser ce genre de réunions, comme si tout cela faisait partie d’un scénario déjà écrit depuis longtemps.Moi, je n’arrivais pas à me détacher de lui.Je devrais... Je devrais simplement l’ignorer mais sa présence me revenait sans cesse en mémoire, comme un bruit qu’on n’arrive pas à faire taire.Ethan finit par se rapprocher de nouveau, cette fois un peu plus naturellement, comme s’il voulait éviter d’attirer l’attention.Sa voix se fit entendre près
Pendant que toute ma famille avançait pour accueillir les Jensen, moi, je restais figée sur les marches, incapable de détourner les yeux de lui.Ethan n’avait pas bougé non plus.Son regard était verrouillé au mien avec cette intensité froide que je connaissais beaucoup trop bien maintenant. Mon cœur battait si fort que j’avais presque l’impression qu’il allait me trahir devant tout le monde.Qu’est-ce qu’il faisait ici ?Pendant trois mois, cet homme avait disparu sans un mot après m’avoir abandonnée au camp… et maintenant il apparaissait devant chez moi ?Mon cerveau n’arrivait plus à suivre.Léna, complètement inconsciente du chaos qui venait d’exploser dans ma tête, était toujours dans les bras de Jonathan avec un sourire amoureux.Puis les autres membres de leur famille descendirent enfin des véhicules.Le premier couple qui s’avança dégageait immédiatement cette élégance glaciale propre aux très grandes dynasties industrielles.L’homme avait probablement l’âge de Papa mais possé
Quelques jours plus tard, toute la maison semblait vivre au rythme de l’arrivée des Jensen.Même Papa paraissait nerveux, bien qu’il fasse tout pour le cacher derrière son éternel calme intimidant. Léna lui avait supplié de ne faire aucune recherche sur les Jensen et de leur donner le bénéfice du doute. Léna a réussi à convaincre Papa d’apprendre à connaitre les Jensen non pas à travers les enquêtes mais en passant une semaine ensemble avec eux. Papa a cédé même s’il n’est vraiment pas d’accord sur cette manière de faire. Moi, Léna et Maman avons toujours été le point faible de Papa, jamais il n’a réussi à nous résister :p .Les employés allaient et venaient depuis le matin, les cuisines tournaient sans interruption, et Mamie elle-même avait décidé de superviser certains détails de la réception parce que, selon elle, « le diable est dans les détails ».Quant à Léna… elle était littéralement incapable de tenir en place.Elle marchait dans le salon, revenait vers les fenêtres, regardait
Pendant les jours qui suivirent, je passai presque tout mon temps avec Maman et Léna.Après trois mois loin d’elles, retrouver cette complicité me faisait du bien, même si quelque chose avait changé entre nous. Léna semblait plus mature, plus émotive aussi, comme si ces derniers mois avaient transformé une partie d’elle que je n’avais pas vue évoluer.Elle nous parlait énormément de Jonathan.Au début, je pensais qu’il s’agissait simplement de l’enthousiasme d’un début de relation, mais plus les jours passaient, plus je comprenais que ma sœur était profondément amoureuse de cet homme.Elle parlait de lui avec une lumière étrange dans les yeux.Tout devenait Jonathan.La manière dont il lui parlait, les attentions qu’il avait pour elle, leur rencontre, leurs projets, les États-Unis, leur avenir.Maman l’écoutait attentivement mais je voyais bien qu’au fond, quelque chose l’inquiétait.Un après-midi, alors que nous étions toutes les trois dans le petit salon privé près de la véranda, Ma
Je n’ai même pas le temps de reprendre pleinement mes repères que je suis déjà happée par ma famille.À peine sortie de l’aéroport, tout s’enchaîne avec une intensité presque étourdissante, comme si les trois mois passés loin d’eux n’avaient été qu’une parenthèse que l’on referme trop vite. Mon père m’enlace, ma mère me serre plus longuement contre elle, mes frères jumeaux parlent en même temps, rient, commentent, posent des questions sans attendre les réponses, et au milieu de tout cela je me laisse porter sans vraiment retrouver immédiatement mon équilibre.Pourtant, très vite, quelque chose m’interpelle.Léna ne me regarde pas comme avant.Elle me serre dans ses bras avec une force inhabituelle, presque trop longue, presque trop consciente, comme si elle cherchait à retenir quelque chose qui lui échappe déjà. Lorsqu’elle se recule enfin, ses mains restent un instant sur mes bras et son regard accroche le mien avec une intensité qui me trouble sans que je comprenne pourquoi.— Tu es
Lorsque l’avion atterrit enfin, une étrange fatigue me tombe dessus d’un seul coup comme si mon esprit réalisait enfin que tout était terminé.Le Karsana est derrière moi : les camps., la guerre; les cris, les nuits sans sommeil...Je récupère ma valise presque mécaniquement avant de traverser l’aéroport bondé. Tout paraît trop propre ici. Trop calme. Les gens marchent vite, parlent fort, regardent leurs téléphones sans imaginer une seule seconde qu’à plusieurs milliers de kilomètres d’ici, certains enfants meurent encore faute d’antibiotiques.Je serre légèrement la poignée de ma valise.Puis je les vois.Ma mère est la première à courir vers moi.— Mila !Je n’ai même pas le temps de poser mon sac que ses bras m’entourent déjà avec force. L’odeur familière de son parfum me frappe immédiatement et, pendant une seconde, toute la tension accumulée ces derniers mois se fissure enfin.— Mon Dieu… regarde-toi…, souffle-t-elle en reculant légèrement pour examiner mon visage.Ses yeux brill
Lorsque nous arrivâmes à l’hôtel, Arnaud nous attendait déjà dans le hall. Il avait cet air tranquille et impassible que rien ne semblait ébranler, même pas Bjorn qui avançait comme une diva, les bras chargés de sacs de beauté et le pas rebondi.— Mission accomplie ? demanda Bjorn, les mains sur le
Le soleil s’invite dans ma chambre avant même que mon réveil n’ose sonner. Une douce lumière dorée danse sur les rideaux, et j’entends, au loin, le murmure des voitures sur les pavés mouillés. Paris respire.Mais ce matin, ce n’est pas un matin comme les autres.C’est leur matin.— Bon anniversaire
Je n’ai pratiquement pas dormi. À cinq heures, j’étais déjà debout, rasé, habillé, les idées en ordre — du moins en apparence. J’ai convoqué le Conseil d’administration à six heures précises. Personne n’a compris pourquoi, mais quand on s’appelle Dante Whithemore, personne n’ose poser trop de quest
Une jeune femme apparut.Brune, les cheveux en chignon lâche, vêtue d’un jean et d’un tee-shirt blanc. Ce n’était pas elle. Mon cœur se serra, une décharge froide me traversa la poitrine.— Lyvia Hale ? ai-je articulé, presque dans un souffle.Elle a souri, un sourire léger, poli.— Oh non, pas du







