LOGIN« Je suis désolé, Lila… je suis amoureux de Chloe. Je veux annuler les fiançailles. » En une phrase, James Carter a rayé trois ans d’amour. En un dîner de famille, Chloe Bennett a volé plus qu’un fiancé : elle a volé la confiance, la dignité, et la place de Lila Matthews dans sa propre histoire. Par fierté, par rage, par défi, Lila se rend à leur mariage. Talons hauts, tête haute, cœur en miettes. Elle compte sourire, trinquer, et partir avant le dessert. Elle n’avait pas prévu de fuir les vœux pour se réfugier au bar du jardin. Elle n’avait surtout pas prévu _lui_. Un inconnu en costume froissé, cravate défaite, regard fatigué d’un homme qui porte trop de secrets. Il ne lui demande pas pourquoi elle pleure. Il lui tend un verre. « Rough day ? Je parie que le mien est pire. » Elle rit malgré elle. « J’en doute, Wells. » Elle le surnomme Wells. Il ne la corrige pas. Pendant une soirée volée aux mensonges, ils se parlent sans masque. Elle, la roturière trahie. Lui, l’homme qui n’a jamais eu le droit d’être juste un homme. Entre eux, c’est brutal, évident, interdit. Le lendemain, Lila comprend. “Wells” n’existe pas. L’homme qui a recousu son cœur avec des mots et du whisky s’appelle Arthur. Prince Arthur. Héritier de la Couronne d’Angleterre. Trahie par ceux qui auraient dû l’aimer, jugée par un pays entier qui ne veut pas d’elle, Lila va devoir choisir : redevenir la femme qu’on piétine, ou se battre pour l’homme qui a posé un genou à terre devant elle, pas pour une couronne, mais pour un amour éternel.
View MoreLila
« Je ne peux pas t’épouser, Lila. Je suis tombé amoureux de Chloe.»
Le monde s’arrête.
Le bruit du restaurant chic de Mayfair, les verres qui tintent, le jazz en sourdine, les rires des autres tables, tout meurt d’un coup. Il ne reste que sa voix. Plate. Définitive. Et cette phrase qui tourne en boucle dans ma tête, comme un disque rayé.
Je ne peux pas t’épouser. Je suis tombé amoureux de Chole.
De Chloe.
Ma cousine.
Celle à qui je l’ai présenté il y a trois mois, autour d’un poulet rôti chez ma mère.
Je cligne des yeux. Une fois. Deux fois. J’attends que la blague tombe. J’attends que James éclate de rire, me prenne la main, sorte une bague de sa poche et dise : « T’a cru que j’étais sérieux ? »
Il ne rit pas.
Il pose sa serviette en tissu à côté de son assiette à peine touchée. Il n’ose même pas me regarder.
Il y a dix minutes, quand il m’a envoyé : on se voit chez Claridge’s ce soir. Habille-toi. J’ai cru à une surprise.
J’ai cru qu’il allait se rattraper pour avoir oublié notre anniversaire la semaine dernière. J’ai imaginé une bague dans le dessert, un genou à terre, les applaudissements des inconnus. J’ai passé une heure devant mon miroir. La robe rouge. Celle qu’il dit adorer. Le rouge à lèvres qu’il préfère. J’ai même mis le parfum qu’il m’a offert pour nos fiançailles.
Je suis venue ici en pensant que ce soir, on fêterait notre avenir. Il est venu pour enterrer notre passé.
Mon cerveau bug. Mon cœur, lui, comprend avant moi. Il se fissure, net, comme une vitre sous un coup de poing. Une douleur froide, propre, qui part de la poitrine et me glace les doigts. Je regarde la table. Deux coupes de champagne ouvert. La petite bougie qui tremble entre nous. Tout est parfait. Tout est un décor. Un décor de rupture.
« Pardon ? » Ma voix sort. Etranglée. Petite. Je ne reconnais pas ce son. C’est la voix d’une étrangère. D’une fille à qui on arrache tout.
James passe une main dans ses cheveux. Geste nerveux. Celui qu’il a quand il ment. Celui qu’il avait quand il m’a juré qu’il n’avait rien.
« Je ne voulais pas que ça se passe comme ça, Lila. Je te jure. Mais je ne peux pas te mentir. Pas à toi. Pas après tout ce qu’on a vécu. »
Ne pas mentir.
C’est drôle. Parce que chaque mot qu’il prononce depuis qu’il s’est assis est un mensonge par omission. Chaque silence des trois derniers mois. Chaque « Je rentre tard du boulot ». Chaque « Chloe est cool, tu ne trouves pas ? »
La colère monte. Rouge. Brûlante. Elle me remonte dans la gorge, mélangée à la nausée. J’ai envie de hurler. De renverser la table. De lui jeter le champagne à la figure.
A la place, je fais pire. Je reste clame.
Un clame de morte.
« Depuis quand ? » J’articule chaque syllabe. Comme si je pouvais le forcer à avaler ses mots.
Il ferme les yeux une seconde. Quand il les rouvre, il y a de la pitié dedans. Et c’est ça qui me tue. La pitié.
« Le dîner chez ta mère. Le soir où tu nous a présentés. Je… je n’ai pas pu me l’expliquer. C’est arrivé, c’est tout. »
Le dîner chez ma mère. Je revois Chloe qui rit à sa blague. Je revois ma main sur son bras pour les présenter. Je les ai mis sur la même trajectoire. J’ai armé le flingue et je lui ai tendu.
Le jazz reprend. La vie reprend. Sauf la mienne.
La mienne vient de s’arrêter, à 20h17, un jeudi soir, devant deux coupes de champagne que personne ne boira.
Et je comprends une chose, glaciale et lucide : je ne suis pas juste en train de perdre un fiancé.
Je suis en train de perdre ma famille, ma dignité, et la fille que j’étais il y a encore cinq minutes.
La pitié dans ses yeux. C’est ça qui allume la mèche.
Je pose mes deux mains à plat sur la nappe blanche. Pour ne pas trembler. Pour ne pas lui sauter à la gorge. Le tissu est froid sous mes paumes. Réel. Contrairement à tout le reste.
« Le dîner chez ma mère, » Je répète. Ma voix n’a plus rien d’étranglé. Elle est blanche. Chirurgicale. « Tu es tombé amoureux de ma cousine le soir où je te l’ai présentée. C’est ça ? »
James hoche la tête. Une fois. Lâche. Comme s’il signait mon arrêt de mort en braille.
« Lila, je t’en supplie, ne fais pas ça. »
« Faire quoi, James ? » Je penche la tête. Le rouge à lèvres qu’il aime tant doit être en train de craqueler sur la bouche. « Poser des questions ? C’est trop demander, quand tu m’annonces que tu annules notre mariage pour te taper ma cousine ? »
Il sursaute au mot « taper ». Bien.
« Ne parle pas d’elle comme ça. C’est pas… »
« C’est pas quoi ? » Je me penche en avant. La bougie danse entre nous. « Pas sale ? Pas traître ? Pas tordu ? Parce que c’est exactement ce que c’est, James. Sale. Traître. Tordu. »
Autour de nous, une femme à la table d’à côté se tourne. Je m’en fous. Que tout Mayfair entende. Que tout Londres sache que James Carter est une ordure.
« On ne choisit pas de qui on tombe amoureux, Lila. » il murmure, comme si baisser la voix rendait ça moins pourri. « Si je pouvais contrôler ça, je… »
« Tu quoi ? » Je ricane. Le son est moche. Brisé. « Tu m’aurais choisie, moi ? C’est ce que tu allais dire ? Epargne-moi. »
Mes doigts trouvent le bord de mon verre de champagne. L’envie de le lui jeter à la figure me démange. Mais non. Je ne lui donnerai pas la satisfaction de passer pour l’hystérique. Chloe a déjà le rôle de la victime amoureuse. Moi j’aurai celui de la reine.
Même si la couronne est en carton.
Je prends une inspiration. L’air du Claridge’s sent le fric et les mensonges. Il me brûle les poumons.
« Alors c’est tout ? » Je décroise les jambes. Lentement. Chaque geste est calculé. Si je m’écroule maintenant, je ne me relèverai plus. « Trois ans. Une bague. Des projets. Et tu me jettes pour Chloe parce que t’as eu un coup de chaud au poulet rôti. »
« Ne réduis pas ça à ça, Lila. Tu sais que… »
« Non. » Je lève une main. Stop. « Justement. Je ne sais plus rien. Je ne sais même plus qui tu es. »
Je le regarde. Vraiment. Les cheveux bruns qu’il coiffe toujours en arrière. La fossette quand il sourit. La cicatrice au sourcil, souvenir d’un match de rugby à la fac. Je connais ce visage par cœur. Et pourtant, c’est un étranger. Un étranger qui vient de me planter un couteau dans le dos avec mes couverts en argent.
Ma bague me brûle le doigt. Un carcan. Un mensonge de diamant.
Je l’arrache. D’un coup sec. La peau est blanche en dessous, marquée. Comme si mon corps savait avant moi.
Je la pose sur la table. Entre nous. Elle tinte contre l’assiette.
« Tiens. Rends-la à Chloe. Cadeau de bienvenue dans la famille. »
Son visage se décompose. Il n’avait pas prévu ça. Il pensait que j’allais pleurer. Supplier. Négocier.
Je me lève. La robe rouge épouse mes mouvements. Armure. Je la portais pour lui. Je la porte maintenant contre lui.
« Lila, attends… » Il se lève aussi, paniqué. « On peut parler. On peut… »
« On peut rien, James. » Je prends ma pochette. Mes mains ne tremblant plus. « Tu voulais ta liberté ? Tu l’as. Tu voulais Chloe ? Tu l’as. »
Je fais un pas pour partir. Puis je me retourne. Une dernière fois. Il le faut. Pour moi. Pour tuer la fille qui espérait encore.
« Juste une chose. » Ma voix porte. Claire. Froide. « Le jour où elle te fera ce que tu viens de me faire, rappelle-toi de ce moment. Rappelle-toi de mon visage. Et demande-toi si ça valait le coup. »
Je ne lui laisse pas le temps de répondre.
Je traverse le restaurant. Tête haute. Chaque regard sur moi. Chaque talon qui claque sur le marbre.
Je ne pleure pas. Pas encore.
Dehors, la nuit de Londres me gifle. Et c’est seulement là, sous la pluie fine, que je me rends compte.
Je viens de sortir du restaurant en tant que fiancée.
Je rentre chez moi en tant que rien.
Arthur L’avion touche le sol. Un petit coup, puis le roulage. Les hublots sont sombres. Dehors, la nuit d’Amman. Je serre le petit mouchoir de Lila une dernière fois avant de le remettre dans la poche.La porte s’ouvre, l’air chaud me frappe au visage. L’odeur du jasmin, de l’encens.En bas des marches, ils sont là. Deux rangées de gardes jordaniens. Uniforme impeccable. Et au centre, un homme en costume traditionnel. Le représentant du roi.Il s’avance, il s’incline légèrement.« Votre Altesse Royale, Prince Arthur Fidelis Ki d’Angleterre, au nom de Sa Majesté le Roi Abdullah II, Roi de Jordanie, je vous souhaite la bienvenue. Que votre séjour parmi nous vous soit agréable et fructueux. »Je hoche la tête, royal, vide.« Merci. »Elena est derrière moi, discrète. Des valises sont prises. On m’ouvre la portière d’une voiture noire, drapeau jordanien sur le capot.Le trajet jusqu’à l’hôtel se fait en silence. Les rues défilent, les minarets éclairés, le désert au loin. Je ne regarde r
ArthurJe suis encore dans l’église. L’odeur de l’encens, le froid de la pierre. Lila vient de partir. J’ai embrassé son front comme un homme qui enterre ce qu’il aime. J’ai dit à Elena « ramenez-là chez elle. »Elena, ma garde rapprochée, la femme en costume. Elle a hoché la tête, sans un mot.Je l’ai regardé partir avec Lila. Le cœur lourd comme du plomb.Elle revient seule, des minutes plus tard. Elle ouvre la portière, je monte sans un mot. Silence tout le trajet. La pluie contre la vitre.On arrive au palais. Je traverse la cour, mes bottes claquent sur les dalles.« Je dois voir Sa Majesté. Maintenant. »« Le roi est occupé, votre Altesse. »J’attends. Debout, dans le couloir, les poings serrés.Deux heures plus tard, la porte s’ouvre.« Le roi vous reçoit, Prince Arthur Fidelis Ki. »Fidelis, le nom qu’on m’a donné à ma naissance. Fidèle, loyal jusqu’à la mort.Quand mon père prononce mon nom complet, c’est que ça va saigner.J’entre. Mon père ne lève pas les yeux. Il signe, le
LilaLe dîner finit par se terminer. Les assiettes se vident, les conversations s’éteignent doucement. Maman propose d’aller au salon.« Pour rester un moment en famille, » dit-elle.On se déplace. Le grand salon, les canapés trop mous, la lumière trop douce. L’odeur du café qui traîne encore dans l’air.Je m’assieds, je prends mon téléphone. Par réflexe, par panique. Je le déverrouille, je verrouille, je déverrouille encore. L’écran reste noir, aucune vibration, aucun nom. Mes pouces tremblent sur la coque. Deux semaines, deux semaines sans Wells. Deux semaines à attendre un miracle dans ma poche.Chloe me remarque. Elle s’approche, elle s’assoit sur l’accoudoir à côté de moi.« Lila ? » sa voix est douce et inquiète. « Tout va bien ? Tu attends un message ? Un appel ? »La question me transperce. Trop directe, trop vraie. Elle met des mots sur la honte que je cache depuis le début du dîner. Je lève les yeux, je force un sourire.« Non, ça va. » ma voix casse à la fin.Je ne supporte
LilaJe suis devant mon miroir. Le mascara à la main. La main qui tremble. Je m’apprête, mécaniquement. Rouge à lèvre, un trait d’eye liner, comme si le fond de teint pouvait cacher le vide. Derrière moi, la porte grince.« Tu peux entrer. »Je ne me retourne pas tout de suite. Je me connais. Si je me vois dans le miroir maintenant, je vais craquer.Des pas, lents, lourds. Je lève les yeux.Mon père, il est là, dans le reflet. Grand, droit, les épaules un peu tombées. Il me regarde. Pas ma robe, pas mon maquillage. Moi. Il analyse, il cherche, il sonde.Je vois tout sur son visage. L’inquiétude, la colère qu’il retient, la peur de me perdre encore.Depuis James, depuis l’église, depuis Wells. Il porte tout ça dans ses rides.Alors je me retourne. Je traverse la pièce, le miroir derrière moi. Et je lui souris. Un sourire dressé, appris.« Papa, ça va. »Ma voix sort trop vite, trop légère.« Je vais bien. Je te jure. Je n’ai plus mal pour James. C’est fini, je te promets. »Je mens, je
LilaJe descends l’escalier. Le talon de ma botte claque sur le bois. Une fois. Deux fois. Silence dans la cuisine.Papa lève le nez de son journal. Maman lâche sa tasse de thé. Ils me regardent. Fixement. Comme si j’avais une troisième jambe.« Lila ? » Maman cligne des yeux. « Tu… tu sors. »Je
LilaJe me gare devant chez mes parents. Moteur coupé. Mains sur le volant. Respirer. La maison est la même. Volets bleus, Glycine qui mange la façade. Sauf que ce soir, il y a deux valises devant la porte. Et la Volvo de James.Non, non, non.La porte s’ouvre avant que j’aie le temps de faire dem
Lila« Salut… toi, » il répète.Son verre tinte contre le mien. Le bruit est net. Réel. Contrairement à tout ce que je viens de quitter sous la tente.Je bois une gorgée. Le whisky descend, brûle, me rappelle que j’ai encore un corps. Que je ne suis pas un fantôme.« Toi, » Je souffle. « C’est bien
LilaL’enveloppe crème atterrit sur mon paillasson avec la délicatesse d’une bombe.Mademoiselle Lila Matthews est priée d’assister au mariage de Miss Chloe Bennet et Mr James Carter. Samedi 14 juin. Ashford Manor, Kent. Cérémonie à 15h.Je la fixe. Longtemps. Le papier est épais. Lettrage doré. Il






Bienvenue dans Goodnovel monde de fiction. Si vous aimez ce roman, ou si vous êtes un idéaliste espérant explorer un monde parfait, et que vous souhaitez également devenir un auteur de roman original en ligne pour augmenter vos revenus, vous pouvez rejoindre notre famille pour lire ou créer différents types de livres, tels que le roman d'amour, la lecture épique, le roman de loup-garou, le roman fantastique, le roman historique et ainsi de suite. Si vous êtes un lecteur, vous pouvez choisir des romans de haute qualité ici. Si vous êtes un auteur, vous pouvez obtenir plus d'inspiration des autres pour créer des œuvres plus brillantes. De plus, vos œuvres sur notre plateforme attireront plus d'attention et gagneront plus d'adimiration des lecteurs.