เข้าสู่ระบบ- Khary...
Khary avait du mal à dormir. Et elle entendait cette voix grave, presque féminine, presqu'un souffle rauque, qui l'appelait dans son demi sommeil... - Khary... Elle rêvait. Ou plutôt, elle cauchemardait. Dans son cauchemar, il y avait du feu partout, du sang aussi. Des cris d'agonie et des hurlements de loups furieux. Et d'autres, dont elle n'arrivait pas à identifier l'origine exacte... - Khary... On la poursuivait à travers une forêt marécageuse qu'elle ne connaissait pas, et elle tombait fréquemment... Ce qui ajoutait à sa panique, sa peur panique de se faire attraper. - Khary... Et cette voix étrange qui appelait son nom sans cesse... Elle ne percevait pas clairement qui la poursuivait. Juste des crocs et des griffes tranchants, et des flashs d'un pelage couleur... marron ? Rouge ?... Mais étrangement, au moment fatidique où les crocs inconnus allaient se refermer sur elle, tandis qu'elle tendait la main pour se protéger, un grognement enragé s'échappa de sa poitrine... Une patte, au pelage gris et aux griffes furieuses et acérées se tendit à la place... Et déchira la gorge de son poursuivant !... - Khary !!... Elle se réveilla en sursaut, toute trempée de sueur, toute tremblante dans les bras d'Eneli, celle-ci inquiète : - Ma petite Khary ! Tout va bien, ma princesse, tout va bien... Elle chercha à reprendre son souffle, courbée en deux, et réussit tout doucement à le faire, sous le contrôle attentif de sa nourrice... et de Raïhm, debout à côté d'elles, l'air à la fois furieux et intrigué. Le jeune Lycan était entré à toute vitesse dans leur chambre, réveillé par des grognements qu'il n'avait jamais entendu auparavant. Des grognements qui l'avaient perturbé, mais surtout avaient profondément troublé Blade, son loup. Il avait pensé qu'il aurait à combattre un intrus qui les aurait suivis depuis Zanzibar et aurait pénétré dans la petite maison d'une manière ou d'une autre. Pendant que la vieille nourrice calmait le louveteau en proie aux cauchemars, il avait fouillé de fond en comble la petite pièce, tous les coins et recoins, s'attendant à voir et à prendre sur le fait un loup renégat à la solde d'Indé... Mais... Rien. Aucun loup, ni aucun intrus de quelque sorte que ce soit ne se trouvait dans la pièce. Alors, d'où venait ces grognements ? - Que diable se passe-t-il ?... s'enquit le jeune Alpha, ayant encore les yeux jaunes de son loup. - Je n'en sais pas plus que vous, chuchota Eneli, anxieuse. - Tu mens. La vieille Oméga avait peur. Elle baissa les yeux, tremblante, sa confiance entamée par la puissance du Lycan mécontent qui laissait pulser à présent son aura autour d'elle. La couleur des yeux des loups ordinaires, lorsqu'ils laissaient leur loup les dominer, prenait une teinte bleu clair comme un ciel d'été. Mais ceux des Lycans c'était une toute autre histoire. Lorsqu'un Lycan se laissait dominer par son loup, ses yeux devenaient jaune or, d'un jaune or si vif qu'ils aveuglaient les autres qui les regardaient. Un regard dominateur aux pupilles pleins de pouvoir, qui pouvait presque écraser les autres si et quand il le souhaitait. - Comment oses-tu me mentir ? Tu as été attachée au service d'une famille de Lycans puissants pendant des décennies... donc, tu sais des choses que tu ne veux pas me dire. Aurais-tu oublié que nous sommes tous dans le même canot ? - Je suis désolée, prince Alpha, s'excusa la vieille louve, angoissée. - Qu'est-ce que tu me caches, vieille dame ? - ... Je... Ce n'est pas ... ce que vous croyez... - Va droit au but : qu'est-ce que tu ne me dis pas ? - ...Les grognements... viennent de la petite... Raïhm en resta interloqué un bon moment. Puis la lumière fit progressivement son chemin dans son esprit. - Sa louve est en train de s'éveiller, conclut-il tout seul. Ses yeux reprirent leur couleur naturelle noire. Toute trace de son aura menaçante s'évapora d'un coup. Pour une surprise, c'était une petite surprise... Tandis qu'il réfléchissait, il se rendit compte que Blade s'était montré particulièrement agité, juste quelques instants avant que les grognements suspects ne débutent et ne le réveillent, lui, Raïhm. Comme s'il avait senti la présence d'un troisième loup en dehors de lui et d'Eneli. Raïhm n'avait pas compris clairement ce que Blade lui disait... Et même maintenant, le jeune Alpha ne parvenait pas à mettre un nom sur la nature des émotions qui, à l'instant, se bousculaient encore entre lui et son loup. En fait, c'était l'aura d'un autre Lycan qu'il avait senti avant Raïhm. Une femelle. Une Lycane. Mais il voulait que Raïhm lui laisse les rênes, ça, c'était certain. << Laisse-moi lui parler !...>> ordonna Blade dans son subconscient. Raïhm haussa un sourcil. << Et en quel honneur, stp ?>> Blade grogna dans son esprit. << Espèce de gamin ignare ! Tu ne sais rien du tout ! >> Il s'adressait rarement à Raïhm de cette façon. Donc, quelque chose rendait Blade particulièrement nerveux et agité. Quelque chose... Ou Quelqu'un. Raïhm soupira avec exaspération. Mais lui-même était intrigué, il ne pouvait se le cacher. << Très bien !>> Le jeune Alpha s'approcha de la vieille nourrice et de la petite qui avait toujours la tête baissée. - Vieille dame, je voudrais la regarder de plus près. Quoique avec une certaine réticence, la nourrice ne pouvait plus désobéir. Sans croiser le regard de la petite, elle détacha très doucement l'enfant d'elle et lui toucha la joue avec délicatesse. - Petite princesse ?... Raïhm tendit alors la main et saisir le petit menton de la fillette, et le souleva pour la regarder.... Le regard qu'il croisa lui coupa le souffle un instant. Deux pupilles d'un jaune orangé luisants avaient remplacé les yeux habituellement verts de la petite, et lesdites pupilles dardaient leurs rayons lumineux sur Raïhm avec une assurance nonchalante. Les yeux d'une Lycane extrêmement puissante et dangereuse, qui le regardait comme si elle le considérait comme un ennemi. Sur ses gardes. Il commençait à comprendre autre chose qui se cachait derrière les grognements : elle s'était sentie en danger après avoir senti que Khary était en danger. Et avant que Raïhm ait pu l'en empêcher, Blade se rua hors de son esprit et s'engouffra dans les brèches du subconscient de Khary...Phoebe resta seule un moment après le départ de Karaba. La porte se referma, le verrou claqua, et le silence revint. La flamme bleue de la cheminée ne crépitait plus que pour elle. Elle posa la plume. Le parchemin scellé était sec. Elle le poussa du doigt, sans le regarder. Elle se dit qu’elle n’avait pas visité ses propriétés depuis fort longtemps. Des propriétés. Des entrepôts. Des caves creusées sous la glace de Yanillern, la capitale de Mafia. Des endroits qui n’apparaissaient sur aucune carte officielle de la meute. Des endroits où elle faisait fructifier ses activités illégales, voire criminelles. Pas les mines. Les mines étaient légales, contrôlées, taxées. Ça, c’était pour la façade. Pour le Haut-Conseil. Pour Wade. Non. Elle pensait aux maisons de fourrure qui ne déclaraient pas leurs gains. Aux comptoirs où l’on échangeait du diamant brut contre des jolies femmes et des armes sans sceau. Aux tunnels de contrebande que seuls ses Deltas connaissaient, tracées sous la
La plume de Phoebe raclait le parchemin. L’encre noire s’étalait, fine, tranchante comme ses décisions. Dehors, l’aurore teintait la glace de vert et d’or. Dedans, la flamme bleue ne chauffait pas, mais elle éclairait chaque veine de diamant incrustée dans la table d’os de ver de givre. Elle écrivait au Haut-Conseil. Pas de supplications. Des chiffres. Des routes. Des conséquences. Un coup discret à la porte. « Entrez. » Un garde de grade moyen poussa la porte. Il n’était ni jeune ni vieux. Juste discret. L’un de ceux qui savent se faire oublier. Il entra sur la pointe des pieds, comme si le sol pouvait le trahir. Son armure de fourrure de phoque craquait à peine. Il s’inclina, le front presque contre le sol. « Reine, » dit-il, la voix basse. « Pardon de vous interrompre. Vous avez un visiteur. » Phoebe ne leva pas les yeux tout de suite. Elle posa la plume, aligna le parchemin, sécha l’encre d’un geste. « Qui ? » demanda-t-elle. « Une certaine Karaba, » dit
La flamme bleue de la cheminée crachait des ombres sur les murs de glace. Phoebe était seule dans la salle d’audience privée. Ping venait de partir pour Stone Town. Le silence était revenu, lourd, tranchant. Elle posa la main sur la table en pierre de quartz. Le froid monta dans ses doigts. Et le froid ramena le froid. Elle se rappela son enfance. Le palais n’était pas encore le sien. Il appartenait à son père, le Roi Lycan Lear. Un loup immense, les épaules comme des rochers, les cheveux argentés, la barbe blanche taillée court, des yeux gris qui ne pliaient jamais. On disait de lui qu’il avait acquis la Mine Blanche à mains nues. On disait vrai. Sa mère s’appelait Yselle. Une princesse Lycane de Ryder, offerte en mariage quand Phoebe n’était qu’un nom dans les contrats. Un mariage d’intérêt. Tout le monde le savait. Surtout eux. Le soir, dans la grande salle, les festins étaient bruyants. Les Deltas riaient, les Lambdas servaient, les Cetas chantaien
Elle chevauchait férocement le guerrier couché en-dessous d'elle, leurs sueurs se mêlant intimement. Elle se tenait au-dessus du guerrier, l’intensité de l’instant suspendant le temps. Leurs respirations se répondaient, lourdes, brûlantes, comme si l’air même entre eux devenait trop dense. Ni l’un ni l’autre ne détournaient le regard. La colère, le défi, le désir brut s’entrechoquaient en silence. Le guerrier, couché, ne bougeait pas, mais chaque muscle de son corps répondait à sa présence. Elle, implacable, ne lui laissait aucun répit, comme si elle voulait le briser autant qu’elle voulait le posséder. Les gémissements de plaisir entre eux étaient plus bruyants que n’importe quelle concert musical. Elle ne cédait rien. Lui ne pliait pas non plus. Leurs regards restaient accrochés, comme deux lames qui cherchent la faille de l’autre. Le guerrier, allongé sous elle, gardait le contrôle de son souffle, noyé dans son plaisir. Chaque inspiration était mesurée, comme s’il comptait
Un climat surnaturel qui sculpte la beauté et la mort. Une faune rude mais généreuse. Des mines qui font de chaque loup un pacha, et des Alphas des rois richissimes. Des igloos luxueux où le feu réchauffe agréablement. Des fourrures qui sont des œuvres d’art. Des fêtes et orgies sexuelles sans fin où personne ne s’ennuie. La meute de Véga était l'une des meutes les plus fortunées de toutes. Mais leur île, Mafia, était un paradoxe vivant. L’île où tout est possible. Où tout est permis. C'etait une vie très confortable. Les loups de Mafia ne connaissent pas la faim, le froid, l’ennui. Ils rient, ils aiment, ils dansent et font l'amour sous les aurores. Mais ce confort avait un prix. La liberté des corps sans respect des corps. La richesse sans justice. Le pouvoir sans loi. Des Alphas qui règnent par la peur, une reine qui règne par le sang, des réseaux mafieux qui tiennent l’île comme une chaîne. Et où, sous la lumière bleue des aurores, les diamants brillent auta
À trois jours de voile au nord des dernières terres connues, le climat bascule sans prévenir. L’été disparaît. L’hiver s’installe, surnaturel, exceptionnel, permanent. Elle se trouve là où la mer cesse d’être bleue et devient blanche. Gelée. Sur Mafia, il n’y a pas de saisons. Il y a l’Hiver. Un Hiver qui ne tue pas, qui sculpte. La température était basse, et le vent porte une magie ancienne. La neige ne tombe pas seulement : elle naît. Elle se forme dans l’air, flocon par flocon, comme si le ciel cousait un manteau. Elle ne mouille pas. Elle ne fond pas, sauf si un loup le veut. La nuit polaire dure quatre mois. Le soleil rase l’horizon, un disque rouge qui ne monte jamais. La lumière est bleutée, irréelle. Puis vient le jour blanc, où le soleil ne se couche pas pendant quatre autres mois. Entre les deux, les aurores. Mais pas les aurores boréales ordinaires. Sur Mafia, elles sont expressives. Des rubans verts, violets, or, qui ondulent et forment des symboles. Les an







