تسجيل الدخولla vision s'étiole... Konia revint dans le désert de son songe sans le vouloir, comme on revient à un endroit où l’on a oublié quelque chose d’important. La boule de cristal était derrière elle, éteinte, terne, comme si elle avait donné tout ce qu’elle avait à donner. L’image du palais en flammes, du corps d’Akua, du rire d’Indé, s’était incrustée sous ses paupières. Elle ne voulait plus regarder. Elle s’éloigna donc. Ses pas ne faisaient pas de bruit. Le désert de rêve ne gardait pas d’empreintes. L’air vibra alors. Ce n’était pas le vent. C’était une présence. Plusieurs présences. Lourdes, anciennes, comme si le désert lui-même se redressait pour regarder. Konia leva les yeux. Elle croisa alors le regard de plusieurs individus. Sept, compta Shyria. Ils n’étaient pas humains. Ils ne faisaient pas semblant de l'être. Des Djinnarous. Riches. Royaux. Dangereux. Leurs vêtements n’avaient rien à voir avec les habits des djinns de Zanzibar ou des marchands
Une autre scène encore. Cette fois, plus familière à Konia. La nuit du coup d’État. Le palais brûlait. Les flammes léchaient les colonnes de marbre blanc et noircissaient les sculptures de bois d'acacia. Le toit de la grande salle s’était effondré au tiers, projetant une pluie d’étincelles sur la cour intérieure. L’air sentait le sang, le bois brûlé, et quelque chose de plus âcre : le poison. Les loups renégats couraient partout, sous forme humaine comme sous forme lupine. Leurs pelages étaient souillés de cendre, leurs yeux brillaient d’une fièvre qui n’avait rien de loyal. Ils tuaient. Ils pillaient. Ils riaient enfonçant leurs griffes dans la gorge des anciens Cetas qui n’avaient pas eu le temps de sortir leurs dagues. Les cadavres des Cetas gisaient le long des couloirs, tordus, une mousse verte aux babines
Elles s’arrêtèrent devant un restaurant magnifique, encastré dans un mur de corail couvert de bougainvilliers. Pas une grande salle, non. Une cour ouverte, avec des tables basses en bois de manguier, des nappes blanches, des lanternes en verre bleu qui cliquetaient au vent. Des palmiers nains faisaient de l’ombre. L’air sentait le cacao grillé, le baobab, la menthe. Un serveur les vit arriver et ne posa aucune question. Il s’inclina, comme on s’incline devant une vieille cliente qu’on ne nomme pas. « Pour vous, Majesté, » dit-il en posant deux verres taillés sur la table basse. « Pour vous, Khan, » ajouta-t-il en s’inclinant vers Saffron. On leur servit très respectueusement du jus de baobab parfumé au cacao. Le
La scène changea sans bruit, comme une marée qui remonte. Saffron se levait, et faisait deux pas vers le bureau. Les runes sur ses avant-bras cessèrent de bouger. Elles devinrent droites, rigides, comme des épines dressées. « Roi Kofi, » dit-elle, et son ton n’était plus celui qu’elle avait employé pour Khary. Il n’y avait plus de douceur. « Parlons de ton cercle. Leur fais-tu confiance ?» Kofi ne répondit pas tout de suite. Il laissa son regard ambre glisser de Saffron à Akua, puis revenir. Un Alpha n’aime pas qu’on parle de sa meute comme d’un troupeau qu’on compte. « Mon cercle est loyal, » dit-il enfin. « Je choisis mes guerriers moi-même. Je connais leurs pères, leurs mères, leurs enfants, leurs animaux de compagnie. » Saffron inclina la tête. Le turban doré prit la lumière et la rejeta en éclats qui dansèrent sur le mur blanc. « Le désert aussi connaît chaque grain de sable, » murmura-t-elle. « Et pourtant, une tempête en soulève un pour te crever l’œil. »
Or, Konia vit la scène devenir plus colorée, plus vivante. Puis une scène revenue du passé se déroula dans le bureau sous ses yeux. Elle savait que ce n'était que mentalement qu'elle y était, pas physiquement. La lumière changea. Le bleu éclatant du ciel de rêve céda la place à la lumière dorée de l’après-midi zanzibarienne. Les murs blancs cassés reprirent leur chaleur. L’odeur de jasmin devint plus nette, mêlée à celle de l’encre et du bois d’acajou. Kofi était assis à son bureau, droit, les coudes posés sur l’acajou poli. Il n’avait pas encore les traits tirés de fatigue. Ses yeux étaient calmes. Alpha, mais pas encore roi usé par la guerre. La Reine Lycane Akua était debout à ses côtés. Grande, fine, le dos droit comme une lame. Sa main reposait sur le dossier du fauteuil de Kofi,
Puis la scène surréaliste changea encore. Le rythme des tourbillons se fit plus saccadé. La musique hésita une seconde, comme un musicien surpris. Les lumières perdirent leur régularité. Les pierres précieuses clignotèrent. Et des éclairs apparurent au milieu des tourbillons. Comme des éclairs d’orage. De l’électricité brute. Mais colorés. Un trait violet jaillit du tourbillon d’améthyste et mordit l’air jusqu’au tourbillon de saphir. Un éclair or fendit le diamant. Un éclair noir, irisé, courut entre l’opale et le rubis. On aurait dit qu'ils communiquaient. Ils ne faisaient pas de bruit. Ils ne sentaient pas l’ozone. Ils vibraient. Chaque trait faisait trembler le sable sous les pattes de Konia, comme si la terre elle-
Karaba prit une profonde inspiration avant de commencer son récit. "Je l'avais suivie jusqu'à la forêt, où je pensais qu'elle se cachait. J'avais tissé un piège d'illusion pour la museler et la capturer. Je pensais que cela serait facile, que je pourrais la maîtriser sans problème." Mais Khary s'
"Où se cache Khary ?" demanda Indé d'une voix froide et impérieuse. Karaba hésita un instant avant de répondre, son regard fixé sur le sol. "Elle est sur l'île des Corbeaux," dit-elle finalement, sa voix à peine audible. Indé fut choqué par l'information. "L'île... des Corbeaux ?" répéta-t-il,
C'était un tableau inattendu. Raïhm s'immobilisa devant la scène qui se déroulait devant lui. Il ne s'attendait pas à voir la nourrice Panou, tête baissée, assise à l'escalier de la petite véranda, et encore moins... À voir une grande louve de pelage gris et aux yeux d'un jaune or rempli de pui
Tout à coup, les yeux de la sorcière devinrent entièrement noirs, comme si les ténèbres elles-mêmes s'étaient emparées de son âme. Karaba dit, avec une rage mêlée de panique: " Avant que je ne rende l'âme, il se passera de longues années, de souffrances, mais je ne souffrirait pas seule ! Je jure







