MasukPOV de MaëlleLe mardi suivant, une partie de la bordure restaurée se détache pendant le contrôle final.Le problème reste limité, mais l’exposition doit ouvrir dans trois jours. Lucia et moi reprenons les points de maintien pendant que la responsable vérifie le reste de la tapisserie. À dix-sept heures, j’écris à Sacha pour lui demander de récupérer Mia au centre. Il répond presque aussitôt qu’il s’en charge.Je lui promets d’être rentrée pour le dîner.À vingt heures, je suis encore penchée sur le même angle de tissu. La lumière artificielle modifie les couleurs, mes yeux piquent et mon téléphone est resté dans le vestiaire pour éviter toute poussière sur la table. Lorsque Lucia annonce enfin que la bordure tient, je découvre six m
POV de MaëlleMes parents arrivent à Florence le samedi matin avec Bastien, quatre valises et assez de nourriture pour tenir un siège.Ma mère remplit la moitié du réfrigérateur avant même de retirer son manteau. Papa inspecte la fuite réparée sous l’évier, vérifie le verrou du balcon et se fait immédiatement recruter par Mia pour construire une maison en coussins. Bastien, lui, traverse le salon jusqu’à la fenêtre.— C’est laquelle ?Je n’ai pas besoin de demander ce qu’il cherche. Je lui montre l’appartement situé en face. Les rideaux sont ouverts, mais Sacha est sorti avec Mia depuis une heure.— Il a vraiment loué ça ?— Acheté, corrige ma mère en rangeant du fromage. Il me l’a dit hier.Je me tourne vers elle.&mdash
POV de SachaL’article paraît à six heures douze.Le titre accuse Maëlle d’avoir participé à la mise en scène du mariage pour obtenir de l’argent, un appartement et un poste à Florence. Une vidéo accompagne le texte. On la voit entrer dans l’orangerie, refuser ma demande et quitter la France trois semaines plus tard. Les images ont été montées avec un extrait sonore enregistré dans le salon : ma voix annonce que l’autorisation de voyage sera préparée, puis Maëlle parle de Florence.Le passage où elle découvre que ma mémoire est revenue a disparu. Celui où j’avoue l’avoir tenue à l’écart aussi.L’avocat d’Apolline a transmis le dossier pendant la nuit à trois rédactions. Deux ont refusé de le publier. La troisième ap
POV de MaëlleJe refuse le dîner du vendredi.Sacha annule la réservation dix minutes plus tard, puis part pour Paris avant l’aube. Je l’apprends par Mia, qui trouve sa fenêtre éteinte au réveil et reçoit un message vocal où il lui promet de l’appeler le soir.Il reste absent quatre jours.Florence cesse peu à peu de ressembler à une carte postale. Je repère la boulangerie qui ouvre avant le centre, le bus qui évite la place aux heures de pointe et le petit supermarché où la caissière laisse Mia peser les fruits. À l’atelier, on me confie une zone plus importante de la tapisserie. Je travaille avec Lucia, une restauratrice qui parle très vite, puis rit lorsque je lui demande pour la troisième fois de répéter le même mot.Le soir, Mia raconte sa journée à Sac
POV de MaëlleJe laisse les volets ouverts quelques secondes de trop.De l’autre côté de la rue, Sacha a toujours les yeux levés vers ma fenêtre. Son appartement paraît presque vide derrière lui : une table, un canapé clair, deux lampes et des cartons encore fermés. Il n’a donc pas réservé une chambre pour le week-end. Il s’est installé.Mon téléphone vibre de nouveau.**Je peux monter ?**Mia dort depuis moins d’une heure. J’imagine déjà Sacha entrer, occuper le salon avec sa carrure et cette certitude qui finit toujours par déplacer mes décisions. Je lui réponds de rester chez lui.Il lit le message, pose son téléphone et disparaît derrière ses rideaux.Je referme les miens avec un soulagement très imparfait.Le lendemain,
POV de MaëlleMon premier matin à Florence commence avec une fuite sous l’évier.L’appartement loué près de l’atelier est plus petit que les photographies, mais Mia adore sa chambre jaune et le balcon qui donne sur une cour intérieure. Pendant que je cherche le robinet d’arrêt, elle aligne ses chaussures contre le mur et explique à ma mère par téléphone que nous habitons désormais « dans le pays des glaces ».Le propriétaire arrive avant que l’eau atteigne le couloir. Il répare le joint, me montre deux fois comment fonctionne la chaudière et repart avec la promesse de remplacer une plaque de cuisson. À huit heures vingt, je dépose Mia au centre bilingue recommandé par l’atelier. Elle serre ma main devant la porte, observe les autres enfants, puis accepte de suivre une animatrice l







