MasukChapitre 4
Point de vue de Milo J’ai retenu mon souffle, non, ma respiration s’est complètement arrêtée pendant une seconde. Je tremblais de peur tout en continuant à fixer l’étiquette sur la cage où figurait le nom… Millen ! Mon nom. C’était la fausse identité que j’arborais. Le nom de ma sœur, mais ça ne rendait pas les choses moins effrayantes. Au contraire, j’ai senti une vague de terreur me traverser. La cage était pour moi, conçue et construite spécialement pour l’animal de compagnie. Non, ça ne pouvait pas être vrai. Je n’arrêtais pas de me le répéter tout en reculant. Mes doigts tremblaient comme des feuilles, mais c’était le cadet de mes soucis. C’était un cauchemar. Une blague malsaine et tordue. Je savais ce que ça voulait dire… J’avais entendu les histoires. Le roi de la mafia, un homme capable de semer la terreur chez n’importe qui rien que par sa simple présence. C’était un homme impitoyable qui régnait d’une main de fer. Et ce n’est pas tout : la façon horrible dont il traitait ses nombreuses concubines comme des jouets n’avait rien d’exceptionnel. Je me souviens d’une histoire en particulier concernant un de ses rivaux mafieux qui avait refusé de lui obéir. Le seigneur de la mafia était allé conquérir son territoire. Il avait tué l’homme et pris sa femme comme jouet. D’après l’histoire, la femme s’était ensuite donné la mort, incapable de supporter les abus et les tortures qu’elle subissait entre ses mains. Je pensais que c’étaient des contes de fées et des blagues de minuit que les aînés racontaient pour nous faire peur, mais en voyant ça de mes propres yeux… Ces soi-disant rumeurs dont je m’étais moqué autrefois devenaient réalité. En fixant la cage qui m’était destinée, j’ai pris conscience d’une réalité froide et terrifiante. Je ne peux pas faire ça ! Il fallait que je m’en sorte. Et que je m’enfuie, avant qu’il ne soit trop tard. Mon cœur battait à tout rompre quand j’ai pris ma décision. Au diable les règles ou le pari tordu dans lequel mon père s’était fourré. Je ne resterais pas ici une minute de plus. Je me suis retournée d’un coup sec, mon corps me poussant à courir, tandis que mon esprit était déjà décidé à m’échapper de cet enfer. Mais alors… Je me suis cognée contre quelque chose de dur. Un corps. Un halètement étouffé m’échappa des lèvres, avant que je ne m’écrase lourdement sur les fesses. « Où tu vas, ma petite ? » Je me figeai. Tout mon corps se glaça. Je sentais la colère et la rage dans cette voix. Ça émanait de lui par vagues. Mon corps se raidit sous l’effet d’une peur inimaginable. J’avais été prise sur le fait. Pas besoin que quelqu’un me dise quel serait mon sort. J’ai soudain eu envie de pleurer, tandis que des larmes brûlantes me montaient aux yeux. Le roi de la mafia. Il se tenait là, me dominant largement comme un arbre. Ses yeux sombres, d’une profondeur que je ne pouvais pas saisir, se sont rivés sur moi comme ceux d’un prédateur qui venait de trouver sa proie. J’ai dégluti péniblement, mon esprit me criait de bouger, de parler, de faire n’importe quoi, mais non… Je restais là à le fixer comme une idiote. Puis, je me suis souvenue. Ses ordres, il y a à peine quelques heures… J’étais censée être nue. On dirait que le moment où ça m’est revenu à l’esprit a coïncidé avec celui où il s’en est rendu compte, car un grognement sourd et furieux a déchiré sa gorge. Je lui avais désobéi pour la troisième fois depuis mon arrivée ici. J’avais passé toute la journée perdue et désemparée dans les longs couloirs, à jouer à son jeu. Puis il y avait eu ce drame avec cette garce dans le couloir. J’avais complètement oublié ses ordres. Son regard m’a balayée, comme s’il voulait bondir sur une proie. Je me suis précipitée en arrière. Une erreur. En un clin d’œil, il apparut devant moi. Une main gantée m’enserra la gorge, et je me retrouvai soulevée dans les airs, comme si je ne pesais rien. Je poussai un halètement étouffé, mes mains jaillirent pour agripper ses bras musclés, mais j’avais l’impression d’essayer de déplacer de l’acier, malgré tous mes efforts pour le repousser et qu’il me lâche. « Tu sembles toujours ne pas comprendre ta misérable place dans cette meute, ma petite. » grogna-t-il, d’une voix douce, mais empreinte d’une colère à peine contenue. Je tremblais comme un poulet à l’abattoir. Je sentais son étreinte se resserrer sur moi, devenir de plus en plus douloureuse. « Tu croyais pouvoir errer dans mon château comme un animal égaré ? Que tu pouvais défier les règles de ma maison ? » Mes yeux s’écarquillèrent encore plus. Comment avait-il… ? Sa prise se resserra. Mes poumons brûlaient. La panique me serrait la gorge. « Tu dois être puni. » « Non… nonnn » J’essayai de secouer la tête, de dire n’importe quoi qui l’empêcherait de me punir, mais sa prise serrée sur mon cou m’empêchait de parler ; des larmes brûlantes me piquaient les yeux. Je sentais ma trachée se faire lentement écraser. Je m’étouffais. Je n’arrivais pas à faire entrer assez d’air dans mes poumons. Ses yeux sombres me dévoraient, se délectant de ma douleur comme si c’était une sorte de nourriture pour lui. Quand je n’en pouvais plus, sans prévenir, il m’a lâchée. J’ai atterri sur le sol nu avec un bruit sourd. J’ai à peine eu le temps de reprendre mon souffle avant de sentir une douleur inimaginable exploser dans mon dos. J’ai été projetée contre le mur ; l’impact m’a envoyé une décharge fulgurante le long de la colonne vertébrale. Des étoiles ont jailli devant mes yeux. « Les petites rebelles comme toi ont besoin qu’on leur rappelle leur place », a-t-il dit, d’un ton presque amusé, presque doux, mais la lueur dans ses yeux disait tout autre chose. Ses doigts s’enfoncèrent dans ma robe, agrippant fermement le tissu fin. La panique m’envahit. Non. Je pouvais déjà imaginer ce qu’il voulait faire. S’il la déchirait, s’il me déshabillait jusqu’à me laisser nue, Il saurait que je ne suis pas ma sœur. Il saurait que je suis un homme. Mon identité serait dévoilée avant même que je ne tienne une journée. Je me suis débattue sous son emprise, cette fois-ci avec désespoir et une vigueur renouvelée. Mais c’était en vain. Sa poigne de fer tenait toujours fermement ma robe d’une main tandis qu’il essayait de m’enfermer de l’autre. « Te débattre ne fera qu’empirer les choses, ma petite », m’a-t-il prévenue. « S’il te plaît, ne… » Mon estomac s’est noué violemment. J’étais fichue. D’une seconde à l’autre, il allait se rendre compte que je n’étais rien d’autre qu’une arnaque… une imposteur… « Maître. » La voix transperça l’air comme une lame. Le roi de la mafia se figea, Ses doigts, qui serraient toujours ma robe, se figèrent juste avant de pouvoir me démasquer aux yeux du monde entier. Par-dessus son épaule, je l’ai vu. Son bras droit. Vêtu de noir, le visage impénétrable, sa présence tel un mur de glace face à la chaleur du moment. « Une urgence est survenue », dit-il d’un ton froid et posé. Le silence s’étira. Je sentais la tension dans le corps du roi de la mafia, la façon dont ses doigts se crispaient contre ma peau, sa prise sur mes mains devenant douloureuse, comme s’il menait un combat intérieur. Puis, sans un mot, il m’a lâchée. Mes jambes ont fléchi sous moi, je me suis effondrée par terre comme un sac de patates. J’ai essayé de reprendre mon souffle, serrant fort contre ma poitrine ma robe désormais en lambeaux pour cacher le moindre bout de peau dénudée. Le roi de la mafia n’a même pas pris la peine de me regarder. « On n’en a pas fini », murmura-t-il en passant à côté de moi. Puis il disparut avec son bras droit. La porte claqua violemment. Je restais allongée là. Tremblante. Secouée par cette expérience qui m’avait presque coûté la vie. La pièce était silencieuse, à l’exception du bruit de ma respiration saccadée ; mon corps était trop faible pour bouger, mon esprit trop engourdi pour comprendre ce qui venait de se passer. Tout ce à quoi je pensais, c’était que je l’avais échappé belle. Après un long moment, je me suis redressée d’un coup en me rappelant ses derniers mots. Je me suis frotté le cou endolori. J’étais sûre que ça allait laisser une marque. Je dois me déshabiller avant qu’il ne revienne. La dernière fois qu’on a été interrompus, je n’osais pas imaginer ce qui se passerait s’il revenait, et je n’avais pas fait ce qu’il m’avait dit. Sans perdre de temps, j’ai enlevé cette robe qui était autrefois magnifique, pour ne garder que la lingerie rose qu’on m’avait forcée à porter. Mon visage brûlait de honte en voyant mon reflet nu. J’étais encore en train de me morfondre dans ma honte quand j’ai entendu des pas légers. Je me suis retournée, m’attendant à voir le parrain de la mafia, mais j’ai aperçu une ombre familière dans l’embrasure de la porte. Je me suis jetée sur les vêtements les plus proches, n’importe quoi pour couvrir mon corps dénudé, mais c’était trop tard. Je me suis figée en plein élan, trop choquée pour bouger, car la personne à la porte n’était pas le parrain de la mafia, mais cette même garce prétentieuse que j’avais croisée dans le couloir… Catherine !! ET ELLE M’A VUE NUE.Chapitre 129 : Tiraillé entre deux mondes Point de vue de Damon « HOOAH ! » Tous les guerriers de l’ombre, rassemblés, répondirent en chœur, en se frappant la poitrine du poing et en martelant le sol de leurs pieds au rythme de leurs cris. Le son résonna comme des tambours de guerre. D’autres guerriers commencèrent eux aussi à se rassembler, attirés par la prestance imposante de James. Il était doué pour ça… vraiment doué. Et grâce au respect qu’on lui témoignait, il avait tissé un lien plus fort avec les guerriers de la meute… C’était quelque chose que je n’aurais jamais admis à voix haute. « On s’est entraînés pour ça ! » continua James, faisant les cent pas comme un général prononçant un discours. « La Meute des Justes pense pouvoir nous attaquer pendant qu’on est distraits ! Ils pensent qu’on est FAIBLES ! » « On n’est PAS faibles ! » s’écria quelqu’un dans la foule. « OUI, ON NE L’EST PAS ! » acquiesça James en les désignant du doigt. « On est la MEUTE MAFIAN ! On est FORT
Chapitre 128 : La ruse Point de vue de Damon Tout le monde avait les yeux rivés sur Elijah, qui venait de hurler à tout le monde d’arrêter. Elijah m’a montré du doigt d’un doigt épais. « Cet oméga vient d’attaquer une commandante de Luna. Il a failli la tuer. » Elijah m’a montré du doigt, Milo dans les bras. « D’après la nouvelle loi de la meute que t’as mise en place… ta loi, Damon… il doit être arrêté et placé en détention immédiatement pour avoir enfreint les règles du combat à mort. » « Quoi ? Comment oses-tu… », ai-je rugi, peinant à maîtriser ma colère. « Il ne contrôlait pas son loup ! Il était… » « La loi se fiche des excuses », m’interrompit Elijah. « C’est toi qui as établi ces règles, Alpha. Ou alors, les règles ne s’appliquent que quand ça t’arrange ? » La foule s’agita après ses paroles. Les gens se mirent à marmonner, approuvant ce qu’il disait. « Il a raison ! » « L’oméga devrait être puni ! » « Il est trop dangereux ! » J’ai regardé autour de moi, sous le ch
Chapitre 127 : Que personne ne bouge Point de vue de Damon « ALPHA ! » Quelqu’un a crié, mais je n’arrivais pas à identifier de qui il s’agissait. J’ai été désorienté pendant une seconde. J’avais encaissé de plein fouet le coup des pattes du loup de feu, ce qui m’a donné l’impression qu’une remorque lancée à toute vitesse m’avait percuté. Ses griffes ont manqué mes organes vitaux d’à peine un pouce. « Alpha, ça va ? » D’un coup, mes gardes de l’ombre et les guerriers de la meute m’ont encerclé, tandis que le loup de feu continuait à grogner et à montrer les crocs face à leurs armes dégainées. « Reculez ! » a hurlé l’un d’eux à Milo. « Lâche la Danseuse Silencieuse, tout de suite, ou tu subiras toute la fureur de l’unité d’épéistes. » Mais au lieu d’apaiser la situation, ça n’a fait qu’empirer les choses, car un grondement d’avertissement profond est sorti de la poitrine du loup de feu. Son aura s’est intensifiée. « NON ! » ai-je rugi en les bousculant pour passer. « Reculez !
Chapitre 126 : Combat mental Point de vue de Damon Le cri a jailli de ma bouche avant même que j’aie eu le temps d’y réfléchir. Il était fort et puissant, et il portait toute ma force d’Alpha. Le genre de cri qui fait que les loups arrêtent tout ce qu’ils sont en train de faire et tendent l’oreille. Même Milo s’est figé, ses yeux brillants plissés, le regard rivé sur moi. Tout le monde avait les yeux rivés sur moi. Tous ceux qui étaient dans les gradins. Tous mes commandants et anciens, assis dans leurs loges réservées. Les gardes, les guerriers… Tout le monde. Et comme je le craignais, une série de halètements et de murmures stupéfaits s’éleva de la foule. J’ai baissé les yeux vers mes mains et j’ai compris la raison de leur réaction. J’étais toujours en mode mi-bête : à la place de mes doigts, il y avait de longues griffes acérées, et tout mon corps était recouvert d’une fourrure noire qui me faisait ressembler à un gorille. Même quand j’essayais de parler, je sentais mes ca
Point de vue de Damon Le Loup de Feu L’arène était assez loin de l’endroit où je me cachais tout seul dans la forêt, mais j’entendais quand même tout comme si j’étais tout près. Les acclamations de la foule. Le cliquetis des épées. L’annonce faite par le présentateur. Tout le monde pensait que j’étais à une conférence spéciale, comme je te l’avais toujours dit à cette période de l’année. C’était un mensonge, tout n’était qu’un mensonge. En réalité, je cachais mon côté le plus sombre à tout le monde. Et c’est ainsi que je me voyais, observant de loin avec mes yeux de loup spéciaux, capables de voir des choses même quand elles étaient très éloignées. À travers les arbres, je voyais l’arène toute illuminée par les torches, et je voyais Milo, appelé sur la scène. Mon cœur s’est mis à trembler. C’était le moment. Je me suis dit ça, mais alors que je n’étais pas prêt à subir un autre choc de ma vie, j’ai découvert que son adversaire était ma sœur, la tristement célèbre Danseuse silen
Chapitre 124 : Première transformation Point de vue de Milo La foule s’est figée. Séléné !! La sœur de Damon était donc la Danseuse silencieuse depuis tout ce temps !! Toutes mes forces m’ont quitté d’un seul coup. J’avais l’impression que le monde venait de basculer sur son axe. J’entendais les cris de stupeur de la foule en arrière-plan, mais tout ça s’est estompé, « Non… non, c’est pas… », ai-je murmuré en secouant désespérément la tête. Peut-être que j’avais mal vu pendant une seconde… Mais la vérité était là, juste devant moi, me fixant d’un regard mêlé de fureur et de douleur. Ma gorge s’est serrée : « C’est toi… ? » Le mot sortait à peine. Elle sourit. Mais ce n’était pas le genre de sourire qui allait jusqu’aux yeux. C’était un sourire froid, tranchant et cruel. « Oui, c’est moi, petit Oméga, surpris ? » Sa voix résonna dans l’arène, douce mais pleine de venin. Elle tourna lentement autour de moi, son visage nu brillant au clair de lune comme de la glace sculptée







