LOGINAdrien Devereux marcha lentement autour de lui, l’étudiant comme s’il essayait de comprendre quelque chose. « Petite mariée, » dit Adrien doucement, sa voix basse et rauque. Il s’arrêta juste devant lui et souleva le menton d’Élian avec deux doigts. « Tu es très silencieux depuis que nous avons quitté Paris. Presque comme si tu réfléchissais trop. » Le cœur d’Élian battait la chamade. Il gardait les yeux baissés, effrayé que s’il levait les yeux, Adrien verrait la vérité. « Je pensais que tu voudrais tes droits en tant que mon mari, » murmura Élian, rendant sa voix douce et tremblante comme celle de sa sœur. Adrien laissa échapper un court rire amer. Il se pencha tout près, ses lèvres presque touchant l’oreille d’Élian. « C’est ce que tu offres ? » Ses doigts glissèrent le long du cou d’Élian. Pendant un moment, quelque chose de brûlant brilla dans les yeux d’Adrien. Puis cela disparut. Il s’éloigna rapidement, son visage se tordant de dégoût. « Comme c’est prévisible, » dit-il froidement. « Même dans cette robe et tremblant de peur, tu ne me fais rien. Aucune femme ne l’a jamais fait. » Avant de partir, il regarda par-dessus son épaule. « Reste hors de mon chemin, petite mariée. Dors dans le lit si tu veux. Je ne te toucherai pas. » Ses yeux se plissèrent légèrement, comme s’il sentait que quelque chose n’allait pas mais ne pouvait pas le déterminer. « Mais je vois les secrets dans tes yeux. Et je découvre toujours ce que les gens me cachent. » La porte se referma derrière lui.. Cela ressemblait au début de quelque chose de bien plus dangereux que la haine…
View MoreMon cœur cognait contre mes côtes tandis que je me frayais un chemin à travers la foule d’invités devant la salle.
Le mariage était censé commencer dans moins d’une heure. Et la mariée avait disparu. J’entendais la voix de Victor aboyer des ordres quelque part derrière moi, sèche et furieuse. « Trouvez-la ! Vérifiez chaque pièce, chaque putain de recoin ! » La sueur collait ma chemise dans mon dos. Je gardais la tête baissée et avançai plus vite, me glissant devant un groupe de femmes âgées. Mon téléphone vibra dans ma poche pour la dixième fois. Je savais déjà qui c’était. Éliane. Je me mis à courir dès que je franchis les grilles principales. Le motel n’était qu’à quinze minutes si je coupais par les routes de derrière. Je n’avais pas quinze minutes. Je n’avais plus de temps du tout. L’enseigne du Motel des Roses clignotait au-dessus du bâtiment de deux étages quand j’arrivai enfin. Je montai les escaliers deux par deux et martelai la porte de la chambre 214 avec mon poing. « Éliane ! Ouvre la porte ! » Rien. Je frappai plus fort. « C’est moi ! Dépêche-toi ! » Le verrou cliqua. La porte s’ouvrit juste assez pour que je voie son visage terrifié. Puis elle m’attira à l’intérieur et la claqua derrière moi. Ma sœur jumelle se tenait là, à moitié maquillée pour le mariage, la robe blanche à moitié fermée sur un cintre près de la porte de la salle de bain. Elle avait l’air d’une mariée qui venait tout juste de ramper hors de l’enfer. « Élian… » Sa voix se brisa. De nouvelles larmes coulèrent. « Je ne peux pas le faire. Je ne peux pas l’épouser. » Je saisis ses épaules. « De quoi tu parles ? Tout le monde est en train de devenir fou là-bas. Victor est sur le point de faire une crise cardiaque. » Elle secoua la tête si fort que ses boucles d’oreilles oscillèrent violemment. « Adrien Devereux est un monstre. Tout le monde le sait. Quatre épouses. Quatre désastres. On dit qu’il détruit tous ceux qui s’approchent de lui. Je préfère mourir plutôt que de passer ma vie enfermée dans cette cage. » Ses mains tremblaient tandis qu’elle agrippait mes bras. « J’aime quelqu’un d’autre, Élian. Il s’appelle Lucas. On se voit depuis presque un an. Il m’attend en ce moment même, à deux villes d’ici. Si je vais jusqu’au bout de ce mariage, je ne le reverrai jamais. Je disparaîtrai à jamais dans cette famille. » Je la fixai, la poitrine serrée. Notre oncle l’avait vendue aux Devereux pour cent vingt-cinq mille euros. Comme ça. Comme si elle était un meuble. Et maintenant elle voulait s’enfuir. « Éliane… si tu t’enfuis, Victor va… » « Je sais, » murmura-t-elle. « Il me poursuivra. C’est pour ça que j’ai besoin de ton aide. S’il te plaît. Tu es la seule personne qu’il me reste. » Le poids de ses mots s’installa profondément en moi. Nous avions perdu nos parents des années plus tôt. Notre oncle, Victor, était notre tuteur depuis, mais il n’était qu’un homme qui buvait et dilapidait tout ce que nos parents nous avaient laissé. Ce mariage était censé régler ses dettes. Je regardai ma sœur et vis une pure terreur dans ses yeux. Les mêmes yeux que je voyais chaque fois que je me regardais dans le miroir. Je marchai jusqu’à la porte de derrière de la chambre du motel et l’ouvris. Une ruelle étroite menait derrière le bâtiment vers une ancienne route de service. « Va, » dis-je doucement. Éliane se figea. « Quoi ? » « Cours. Je te gagnerai autant de temps que possible. Prends la sortie par l’arrière de la ville. N’utilise pas tes cartes. N’appelle personne que tu connais. Disparais pendant un moment. » Les larmes coulèrent sur son visage. Elle jeta ses bras autour de moi si fort que je pouvais à peine respirer. Son corps tremblait contre le mien. « Je suis désolée, » sanglota-t-elle dans mon épaule. « Je suis tellement désolée, Élian. Je ne voulais pas te mettre ça sur le dos. Tu en as déjà tant porté… » Je la serrai fort en retour. « Sois juste en sécurité. C’est tout ce que je veux. Va vivre ta vie. Je trouverai une solution. » Elle s’écarta et me regarda une dernière fois. Le même visage. La même taille. Tout pareil, sauf qu’elle était celle qui souriait toujours plus facilement. « Je t’aime. » « Je t’aime aussi. Maintenant va. » Elle se glissa par la porte de derrière en jean et sweat à capuche, sa robe de mariée abandonnée. Je la regardai disparaître dans les ombres jusqu’à ce que je ne la voie plus. Je m’assis au bord du lit, les coudes sur les genoux, essayant de respirer. Qu’est-ce que je venais de faire ? Victor allait devenir fou. La famille Devereux exigerait du sang. Mais Éliane méritait une chance d’être heureuse. Elle méritait Lucas. Elle méritait la liberté. Je ne savais simplement pas si je survivrais à ce qui allait suivre. La porte de la chambre du motel s’ouvrit avec une telle violence qu’elle claqua contre le mur. Victor fit irruption, le visage rouge et en sueur. Ses yeux se posèrent d’abord sur moi. Puis ils balayèrent lentement la pièce, s’arrêtant sur la robe de mariée et la porte de derrière ouverte. Il me regarda à nouveau. Un lent et laid sourire se répandit sur son visage. « Eh bien, » dit-il, la voix basse et dangereuse. « On dirait que tu vas te marier aujourd’hui, Élian. » Mon estomac se noua. « Oncle Victor, attends… » Il s’approcha, saisissant mon menton brutalement pour que je croise son regard. « Ta sœur a fait son choix. Maintenant tu vas réparer ça. Vous avez toujours été identiques. Enfile la robe. Remonte cette allée. Souris comme une mariée heureuse. Ou je jure sur la tombe de tes parents que je traquerai Éliane et la vendrai à quelqu’un de bien pire qu’Adrien Devereux. » « Tu ne peux pas être sérieux, » murmurai-je. « Oh, je suis très sérieux. » Il lâcha mon menton et ramassa la robe de mariée, me la tendant. « Tu as vingt minutes pour te préparer. Mets du maquillage. Porte le voile. Garde la bouche fermée. Si tu rates ça, vous le regretterez tous les deux pour le reste de vos courtes vies. » Mes mains tremblaient quand je pris la robe. Victor m’observa avec une satisfaction froide. « Bon garçon. Maintenant dépêche-toi. Le marié attend. » Il s’assit en attendant que je m’habille. « Et Élian ? Essaie de ne pas trop ressembler à toi-même. Tu es censé être une mariée aujourd’hui… »Le verre de champagne du vieil homme s’est brisé sur le sol à l’instant où il a vu mon visage de l’autre côté de la salle de bal, le son si soudain et violent que ma propre main a sursauté instinctivement vers ma poitrine avant que je comprenne ce qui l’avait provoqué.Le bruit a tranché le faible bourdonnement des conversations et de la musique du quatuor à cordes, assez net pour que la moitié de la salle se tourne pour regarder. Je me suis tournée aussi, par instinct plus que par curiosité, et je me suis retrouvée à fixer un inconnu aux cheveux argentés, vêtu d’une veste de dîner impeccablement coupée, le visage vidé de toute trace de couleur alors que ses yeux s’accrochaient aux miens à travers le parquet bondé, comme s’il avait vu un fantôme sortir d’une photographie qu’il avait gardée cachée pendant des années.« Tout va bien, Monsieur ? » Un serveur est apparu instantanément, déjà accroupi pour ramasser le verre brisé, mais le vieil homme ne semblait pas le remarquer du tout.«
Quand je suis descendue, la moitié de la France croyait déjà que mon était à nouveau un monstre. Sophie m’a accueillie en bas des marches, téléphone déjà en main, le visage pâle d’une façon qui a fait chuter mon estomac avant qu’elle n’ait dit un seul mot. « Madame. Vous devriez voir ça avant d’aller dans la cuisine. Le personnel en parle déjà. » Elle a tourné l’écran vers moi, et j’ai senti l’air quitter mes poumons. Un titre, net et laid contre une photographie d’Adrien que je ne reconnaissais pas, prise des années plus tôt d’après l’apparence, son expression capturée en plein froncement de sourcils d’une façon qui le faisait ressembler exactement au méchant que l’article voulait clairement qu’il soit. LA MALÉDICTION DEVEREUX : QUATRE ÉPOUSES, QUATRE DISPARITIONS, ET LES QUESTIONS QUE PERSONNE NE POSERA. « D’où ça vient ? » « Une source anonyme, apparemment. C’est déjà partout, Madame. Chaque média en diffuse une version. » La voix de Sophie est tombée plus bas. « Ils disent qu’
Je me suis dit que je ne faisais que le réconforter. Je ne pense pas que l’un ou l’autre d’entre nous y ait cru le moment où nos fronts se sont touchés.Il a frappé à ma porte bien après minuit, une heure qui n’avait aucune bonne raison d’être attachée, et j’ai ouvert déjà prête à affronter de mauvaises nouvelles, Victor encore, ou Maximilien, ou quelque nouvelle catastrophe que la maison avait décidé de nous rendre visite avant l’aube. Au lieu de cela, j’ai trouvé Adrien debout dans le couloir dans une chemise froissée, les cheveux en désordre comme s’il s’y était passé les mains pendant des heures, paraissant plus jeune et plus incertain que je ne l’avais jamais vu.« Adrien ? Y a-t-il quelque chose qui ne va pas ? » ai-je demandé, étudiant son visage pour un indice avant qu’il n’ait dit un seul mot.« Non. Oui. » Il a expiré, frustré contre lui-même. « Je ne sais pas. Est-ce que je peux entrer ? »« Bien sûr. » Je me suis écartée, mon pouls déjà en train de grimper pour des raisons
Maximilien a trouvé Adrien seul dans son bureau et y a planté quelque chose de bien plus dangereux qu’une dispute : une question. Je n’ai reconstitué qu’après coup à quel point il avait délibérément choisi son moment, une fois que j’ai compris à quel point Adrien se laissait rarement prendre au dépourvu dans cette pièce particulière, le seul endroit de la maison qu’il traitait comme entièrement le sien.Je n’avais pas eu l’intention d’en entendre quoi que ce soit. J’étais seulement descendue chercher un livre que j’avais laissé dans le salon la veille au soir, et la voix de Maximilien, basse et sans hâte, m’a saisie à mi-chemin du couloir, flottant à travers la porte du bureau laissée juste assez ouverte pour porter.Je me suis figée en plein pas, un instinct m’ancrant sur place avant même d’avoir consciemment décidé d’écouter.« Tu as l’air tendu, frère », disait Maximilien, cette même chaleur aisée dans sa voix qui n’atteignait jamais vraiment quoi que ce soit en dessous. « Je deman






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