LOGINChapitre 173 : Le Faux AccordElenaLe téléphone sonne à l'heure exacte où Isabelle l'a exigé. Sept heures du matin, pas une minute de plus, pas une minute de moins. Cette ponctualité maniaque est sa signature, sa façon de me rappeler qu'elle contrôle tout, qu'elle dicte le rythme de cette danse macabre. Je suis assise dans le bureau d'Alexander, entourée d'écrans et de câbles, avec Marcus à ma droite qui surveille l'enregistrement et Alexander debout derrière moi, silencieux comme une ombre protectrice. Je décroche à la première sonnerie.— Elena. J'espère que tu as bien travaillé cette semaine.Sa voix est mielleuse, presque joyeuse. Elle savoure chaque instant de ce supplice, chaque minute où elle me croit à sa merci. Si elle savait. Si elle savait que nous avons localisé l'île de Koslov, que Madame a contacté Svetlana, que l'étau se resserre autour d'elle pendant qu'elle plastronne dans sa cellule. Mais elle ne sait rien, et c'est précisément ce qui fait notre force.— J'ai fait c
Chapitre 172 : La Conférence de CriseAlexanderLa salle de conférence de la Volkov Tower n'a jamais accueilli une réunion aussi hétéroclite. Autour de la table de verre et d'acier se sont rassemblées des personnes que tout oppose, que tout devrait opposer, et qui pourtant sont unies par un seul et même objectif : retrouver Gabriel Cross avant qu'Isabelle Arnaud ne mette ses menaces à exécution.Marcus est assis à ma droite, ses doigts volant sur le clavier de sa tablette comme s'il pianotait une partition invisible. Viktor occupe le bout de la table, les bras croisés, le visage fermé. Depuis qu'il a mené l'assaut sur Astrapé, depuis qu'il a vu le message sanglant sur les murs de la chambre de Gabriel, il n'a pratiquement pas desserré les dents. Sa loyauté ne fait plus aucun doute, mais je sais qu'il rumine quelque chose, une rancœur ou une jalousie qu'il n'arrive pas à enterrer. Madame est assise près de la fenêtre, droite comme une lame, les mains posées à plat sur la table. Son reg
Chapitre 171 : La Réaction d'AlexanderAlexanderLa porte de la chambre d'Helena s'est refermée derrière moi, mais je n'arrive pas à m'éloigner. Je reste debout dans le couloir obscur, le front appuyé contre le bois froid, et je respire lentement, profondément, pour contenir la rage qui menace de me submerger. Pas contre elle. Jamais contre elle. Contre Isabelle Arnaud, contre Koslov, contre tous ceux qui ont fait de sa vie un enfer et qui continuent de la torturer depuis leur prison ou leur repaire de trafiquants.Je viens de passer la nuit à tenir Helena dans mes bras. Elle s'est endormie à l'aube, épuisée par les larmes, le visage encore marqué par l'angoisse de ces dernières heures. Je n'ai pas fermé l'œil. Je suis resté allongé dans le noir, à écouter sa respiration, à sentir son corps trembler de temps en temps, agité par des cauchemars que je ne pouvais pas combattre. Et j'ai pris une décision.Cette guerre, qui était la sienne, qui était la mienne, qui était celle de nos passé
Chapitre 170 : Le Désespoir d'ElenaElenaLa porte de ma chambre est fermée à clé. Je l'ai verrouillée moi-même, il y a des heures, quand le soleil était encore haut dans le ciel de Paris. Maintenant, la nuit est tombée, et je suis toujours là, recroquevillée sur le tapis, le dos contre le lit, les genoux remontés contre la poitrine. Je n'ai pas pleuré depuis l'appel d'Isabelle. Je n'ai pas crié, pas hurlé, pas brisé de vaisselle contre les murs. Je me suis contentée de m'effondrer, silencieusement, comme une tour qui s'écroule sur elle-même sans faire de bruit.Le morceau de couverture bleue est serré dans ma main droite. Je le presse contre ma joue, contre mes lèvres, et je respire l'odeur de Gabriel qui s'en échappe encore, ténue, presque imperceptible. Cette odeur est la seule chose qui me relie à lui, la seule preuve tangible qu'il existe, qu'il respire, qu'il est vivant quelque part dans ce monde que je ne peux pas atteindre.On frappe à la porte. Trois coups légers, presque tim
Chapitre 169 : Le Chantage d'IsabelleElenaLe téléphone sonne à sept heures précises, comme elle l'avait promis. Je suis assise dans le bureau d'Alexander, les mains crispées sur les accoudoirs du fauteuil, les yeux fixés sur l'écran de l'ordinateur où Marcus a préparé l'enregistrement. Chaque appel doit être consigné, chaque mot analysé, chaque silence décrypté. Nous ne pouvons rien laisser au hasard. La voix d'Isabelle emplit la pièce, déformée par le cryptage mais toujours reconnaissable, toujours aussi venimeuse.— Bonjour, Elena. J'espère que tu as bien dormi. J'ai passé une excellente nuit, pour ma part. Les prisons sont étonnamment confortables quand on a des alliés à l'extérieur.— Où est mon fils ? Ma voix est glaciale, m
Chapitre 168 : La Découverte MacabreElenaLa chambre de Gabriel est un tombeau. Je reste debout sur le seuil, incapable d'avancer, incapable de reculer, et je contemple les murs couverts d'inscriptions tracées au sang. Les lettres sont encore fraîches, luisantes sous la lumière crue des lampes torches, et l'odeur métallique qui emplit la pièce me soulève le cœur. La trahison du Baron se paie. Six mots, écrits à la hâte, comme un verdict, comme une malédiction. Mon fils était là, dans cette pièce, il y a quelques heures à peine, et maintenant il ne reste de lui qu'un morceau de couverture bleue et des taches de sang sur le sol.— Elena, dit Alexander dans mon dos. Sa voix est prudente, comme s'il s'adressait à un animal blessé. Il faut que tu voies ça.Je me retourne, et je le sui
Chapitre 6 : Le Compartiment SecretLe bureau de Damien est une cathédrale dédiée à son propre culte. L’air y est épais, chargé d’une odeur de cuir ancien, de bois ciré et du parfum puissant et épicé qu’il porte. Chaque objet, du presse-papier en malachite au stylo plume en or massif, semble me reg
Le contrat du milliardaire Chapitre 5 : La Fouille ClandestineElenaLe brouillard de l'aube n'a pas encore percé les fenêtres de l'appartement. Dehors, Central Park n'est qu'une étendue floue d'ombres et de brume, un monde en suspens qui attend la délivrance du jour. J'entends le claquement feutr
Le contrat du milliardaire Chapitre 4 : L'Insomnie du DouteElenaLe sommeil ne viendra pas. Je le sais à l'instant même où ma tête touche l'oreiller de soie, cet oreiller brodé à mes initiales, E.C., Elena Cross, un nom qui n'est peut-être pas le mien. La chambre conjugale s'étend autour de moi c
Le contrat du milliardaire Chapitre 3 : La Fêlure InvisibleElenaLes mots de la gouvernante ont percé une brèche minuscule, mais le poison du doute s’écoule déjà, silencieux et inexorable, comme une eau noire qui trouvera toujours un chemin. Dans la limousine qui nous ramène à travers les rues d







