LOGINChapitre 161 : La Découverte d'IsabelleIsabelleLa prison de Fleury-Mérogis est un enfer de béton et d'acier où le temps s'écoule comme du plomb fondu. Je suis enfermée dans cette cellule depuis six mois, et chaque jour qui passe est une insulte à mon intelligence, une blessure à mon orgueil. Les autres détenues sont des créatures vulgaires, des criminelles sans envergure qui ont volé des sacs à main ou poignardé leur mari dans une crise de jalousie. Moi, Isabelle Arnaud, je n'ai rien à faire ici. J'étais l'avocate la plus puissante de Paris, la confidente des milliardaires, la gardienne des secrets les plus sombres de ce pays. Et aujourd'hui, je porte un uniforme bleu marine et je mange de la purée reconstituée dans un réfectoire qui pue la javel et le désespoir.Mais je ne me suis pas effondrée. Je ne suis pas comme ces femmes brisées qui pleurent dans leur oreiller en attendant une hypothétique libération. Chaque matin, je me lève avant l'aube, je fais mes exercices, je lis les jo
Chapitre 160 : La Révélation de DamienDamienLe parloir est vide maintenant. Elena est partie depuis quelques minutes, peut-être quelques heures, je ne sais plus. Le temps, dans cette prison, n'a plus la même consistance qu'à l'extérieur. Il s'étire, se contracte, se dilate au gré des souvenirs et des regrets. Je reste assis derrière la vitre, les mains posées à plat sur la tablette, et je fixe la chaise vide qu'elle occupait. Son parfum flotte encore dans l'air, ce mélange de jasmin et de quelque chose de plus froid, de plus métallique, le parfum de la vengeance. Mais aujourd'hui, il était différent. Aujourd'hui, il était mêlé à autre chose. De la lassitude, peut-être. Ou de l'espoir.— Damien.La voix me fait sursauter. Je lève les yeux, et je la vois. Elena est revenue. Elle se tient dans l'embrasure de la porte, le visage pâle, les yeux rougis par la fatigue ou par les larmes. Elle n'a pas l'air triomphante, pas aujourd'hui. Elle a l'air d'une femme qui a traversé l'enfer et qui
Chapitre 159 : L'Apparition d'HelenaElenaLa prison de la Santé est un bloc de béton gris qui écrase le ciel de Paris de toute sa masse carcérale. Je suis restée dans la voiture pendant de longues minutes avant de me décider à franchir le portail, les mains crispées sur le volant, le regard perdu dans le rétroviseur où défilaient les souvenirs de ces trois dernières années. Ce n'est pas la première fois que je viens ici. La dernière fois, j'étais venue pour le confronter, pour savourer sa chute, pour lui annoncer que son empire était détruit et que j'en avais racheté les morceaux. Aujourd'hui, je viens pour autre chose. Aujourd'hui, je viens pour la vérité.Le parloir est le même que la dernière fois. Une pièce sinistre, divisée en box séparés par des cloisons vitrées, éclairée par des néons qui diffusent une lumière blafarde. Les murs sont couverts de cette peinture vert pâle qu'on dirait choisie pour accentuer la laideur du lieu. Je m'assieds sur la chaise en plastique, je pose mes
Chapitre 158 : La Solitude du RoiDamienLa cellule fait trois mètres sur quatre. Un lit fixé au mur, une table en béton, des toilettes en inox, une lucarne grillagée qui laisse filtrer un filet de lumière grise. Le palais de justice de Paris m'a transféré ici hier soir, après ma mise en examen, et je n'ai pas fermé l'œil de la nuit. Pas à cause de l'inconfort, pas à cause du bruit, pas à cause de la peur. À cause du silence. Un silence si profond, si absolu, qu'il en devient assourdissant.Je me tiens assis au bord du lit, les coudes sur les genoux, les mains pendantes, et je fixe le mur sans le voir. Le crépi est gris, sale, strié de traces laissées par d'autres prisonniers avant moi. Des initiales gravées, des dates, des insultes. Le palimpseste des vaincus. Dans quelques jours, quelqu'un gravera peut-être mon nom à son tour, et ce sera la seule trace qu'il restera de Damien Cross.La porte s'ouvre avec un grincement, et un gardien passe la tête.— Votre mère a téléphoné. Elle veut
Chapitre 157 : La Vente ForcéeElenaLa nouvelle tombe un vendredi, au cœur d'un après-midi pluvieux qui noie Paris sous un déluge gris. Je suis dans le bureau d'Alexander, penchée sur les plans d'une nouvelle opération de recherche pour Gabriel, quand Marcus pousse la porte sans frapper. Son visage est illuminé par une expression que je ne lui ai jamais vue, un mélange de triomphe contenu et d'ironie satisfaite.— La division maritime de la Cross Corp vient d'être mise en vente, annonce-t-il. Liquidation judiciaire. Les créanciers ont obtenu gain de cause. La vente aux enchères aura lieu dans trois jours.Je relève la tête, et je sens un sourire se dessiner sur mes lèvres. La division maritime. Le joyau de l'empire Cross, la première entreprise que Damien a acquise, celle qui a fait de lui un milliardaire. Des chantiers navals à Gênes, des contrats d'armement avec une douzaine de gouvernements, des brevets technologiques qui valent des centaines de millions. Et aujourd'hui, tout cela
Chapitre 156 : Le Conseil d'AdministrationDamienLa salle de visioconférence de la prison de la Santé est une pièce glaciale, sans fenêtres, meublée d'une table en formica et de deux chaises vissées au sol. Les murs sont couverts de panneaux de liège gris, criblés de trous d'épingles, vestiges des centaines de réunions juridiques qui se sont tenues ici avant la mienne. L'écran fixé au mur fait face à mon siège, et je le regarde comme on regarde un peloton d'exécution.Mon avocat, maître Delcourt, un homme sec et nerveux que j'ai engagé il y a trois jours en remplacement de tous ceux qui m'ont abandonné, s'agite à côté de moi, disposant des dossiers, branchant des câbles, vérifiant la connexion. Il parle, mais je ne l'écoute pas. Les mots glissent sur moi comme l'eau sur une toile cirée. Préparation, stratégie, arguments, il croit encore que cette réunion peut changer quelque chose. Il ne sait pas ce que je sais.— Maître, dis-je en l'interrompant d'un geste. Laissez-nous.Il me regar
Chapitre 6 : Le Compartiment SecretLe bureau de Damien est une cathédrale dédiée à son propre culte. L’air y est épais, chargé d’une odeur de cuir ancien, de bois ciré et du parfum puissant et épicé qu’il porte. Chaque objet, du presse-papier en malachite au stylo plume en or massif, semble me reg
Le contrat du milliardaire Chapitre 5 : La Fouille ClandestineElenaLe brouillard de l'aube n'a pas encore percé les fenêtres de l'appartement. Dehors, Central Park n'est qu'une étendue floue d'ombres et de brume, un monde en suspens qui attend la délivrance du jour. J'entends le claquement feutr
Le contrat du milliardaire Chapitre 4 : L'Insomnie du DouteElenaLe sommeil ne viendra pas. Je le sais à l'instant même où ma tête touche l'oreiller de soie, cet oreiller brodé à mes initiales, E.C., Elena Cross, un nom qui n'est peut-être pas le mien. La chambre conjugale s'étend autour de moi c
Le contrat du milliardaire Chapitre 3 : La Fêlure InvisibleElenaLes mots de la gouvernante ont percé une brèche minuscule, mais le poison du doute s’écoule déjà, silencieux et inexorable, comme une eau noire qui trouvera toujours un chemin. Dans la limousine qui nous ramène à travers les rues d







