LOGINChapitre 4 , Un dossier oublié
Point de vue de Sélyane Arvenys
Le lendemain matin, je me réveillai avec une seule pensée en tête.Lior Veydran. Ce qui était particulièrement agaçant. Je n’aimais pas penser autant à une personne que je venais à peine de rencontrer. Pourtant, depuis deux jours, cet homme occupait une place beaucoup trop importante dans mon esprit. Pas parce qu’il m’intéressait.Du moins, c’est ce que je me répétais. Mais parce qu’il était la pièce manquante de mon enquête. Un homme qui refuse de parler cache toujours quelque chose. Je me préparai rapidement avant de rejoindre les bureaux du journal. À peine étais-je entrée que je vis Maëlys installée à mon bureau avec deux cafés.
– Tu sais que tu as un problème ?
Je déposai mon sac.
– Bonjour à toi aussi.
Elle me tendit un café.
– Bonjour. Maintenant réponds à ma question.
Je pris le gobelet entre mes mains.
– Quel problème ?
– Tu travailles sur une affaire depuis moins d’une semaine et tu as déjà reçu des menaces.
Je haussai les épaules.
– Ce n’est pas nouveau.
Elle me regarda avec incrédulité.
– Sélyane, les gens qui te détestent habituellement écrivent des commentaires désagréables sous tes articles. Ils ne t’envoient pas des photos de toi prises en secret.
Je restai silencieuse. Elle avait raison. Mais abandonner n’était pas une option.
– Je dois découvrir ce qui est arrivé à Elvire Cassandre.
Maëlys soupira.
– Pourquoi cette fille compte autant pour toi ?
Je regardai le dossier posé devant moi. La question était difficile. Parce que je n’avais jamais connu Elvire. Je ne lui avais jamais parlé. Je ne savais même pas comment elle était réellement. Mais quelque chose dans son histoire me dérangeait.
– Parce qu’elle n’a jamais eu de réponse.
Maëlys fronça légèrement les sourcils.
– C’est tout ?
– Oui.
Elle me fixa quelques secondes.
– Tu es vraiment incapable de laisser une injustice tranquille.
Je souris légèrement.
– C’est mon métier.
– Non. C’est ton défaut.
Je ris doucement, mais mon regard retourna rapidement vers mon écran. J’avais une nouvelle piste.Un ancien rapport judiciaire. Et un nom qui revenait encore: Lior Veydran.
Une heure plus tard, je me retrouvai à la bibliothèque juridique de Genève. Si les archives officielles avaient disparu, il devait forcément rester une trace quelque part. Les affaires importantes laissent toujours des empreintes. Je parcourus plusieurs ouvrages, plusieurs dossiers anciens, jusqu’à trouver une référence.
Affaire Cassandre — Assistance juridique.
Mon cœur accéléra. Je demandai le document à l’archiviste. Une femme âgée aux lunettes fines posa le dossier devant moi.
– Vous êtes sûre de vouloir consulter ça ?
Je levai les yeux.
– Pourquoi ?
Elle hésita.
– Parce que ce dossier n’est pas souvent demandé.
– Vous vous souvenez de cette affaire ?
Son regard changea légèrement.
– Tout le monde à Genève s’en souvient.
Je fronçai les sourcils.
– Pourtant, personne n’en parle.
Elle referma doucement le dossier.
– Certaines histoires disparaissent parce que les gens préfèrent oublier.
Je compris qu’elle en savait plus qu’elle ne voulait le dire.
– Vous connaissiez Elvire Cassandre ?
Elle regarda autour d’elle avant de répondre.
– Je l’ai vue quelques fois.
– Et vous pensez qu’elle a eu un accident ?
La vieille femme resta silencieuse. Trop longtemps.Puis elle murmura :
– Les montagnes ne prennent pas toujours les gens. Parfois, elles servent seulement à cacher ce que les autres ont fait.
Un frisson parcourut mon corps. Avant que je puisse poser une autre question, elle se leva.
– Vous devriez faire attention, mademoiselle.
– Pourquoi tout le monde me dit ça ?
Elle me fixa.
– Parce que les personnes qui cherchent la vérité finissent souvent par la trouver.
Elle partit avant que je puisse répondre. Je regardai le dossier devant moi. Cette affaire était encore plus sombre que je ne l’imaginais. J’ouvris la première page. Puis la deuxième. Puis la troisième. Et soudain, je m’arrêtai. Une phrase était écrite dans un rapport confidentiel.
« La dernière personne à avoir vu Elvire Cassandre vivante était Lior Veydran. »
Mon souffle se bloqua. Je relus la phrase plusieurs fois. Impossible. Lior m’avait dit qu’il n’était pas impliqué. Mais cette phrase racontait une autre histoire. Je pris mon téléphone. Je savais exactement qui j’allais appeler. Mais avant même que je puisse composer son numéro, une ombre s’arrêta devant ma table.Je levai les yeux. Un homme se tenait devant moi. Costume sombre. Regard froid. Je ne l’avais jamais vu auparavant.
– Mademoiselle Arvenys.
Ma main se referma instinctivement sur le dossier.
– Qui êtes-vous ?
Il esquissa un léger sourire.
– Quelqu’un qui vous conseille de refermer ce dossier avant qu’il ne soit trop tard.
Je soutins son regard.
– C’est devenu une habitude chez vous tous de me menacer ?
Son sourire disparut.
– Ce n’est pas une menace.
Il se pencha légèrement vers moi.
– C’est un avertissement.
Puis il partit.
Mais cette fois, je n’avais plus seulement une intuition.J’avais une preuve.Lior Veydran était lié à Elvire Cassandre. Et je comptais bien découvrir comment.
Chapitre 40Point de vue de l’auteurLa porte secrète s’ouvrit dans un grincement lent.Personne ne bougea.Le compte à rebours continuait de défiler.00:5400:53Sélyane fixa l’ouverture noire.– Le troisième enfant est là ?Lior ne répondit pas.– Lior !– Je ne sais pas.– Tu viens de dire qu’il est vivant.– C’est ce que Maëlys m’a dit.– Et tu as gardé ça pour toi pendant tout ce temps ?– J’avais trois ans, Sélyane !Sa voix claqua dans la pièce.Il passa une main sur son visage.– Je ne me souvenais même pas de cette conversation. Les souvenirs me sont revenus lorsque j’ai vu cette clinique.Sélyane se tut.Elle savait qu’il disait vrai.Mais elle était épuisée par les secrets.Elias s’approcha de la porte.– Nous devons sortir d’ici.Kaëron regarda le compteur.00:41– On n’a plus le temps.– Il faut trouver le dossier, répondit Elias.Sélyane se précipita vers la table.Elle ouvrit le dossier portant son nom.À l’intérieur se trouvaient plusieurs feuilles.Des documents médic
Chapitre 39 Point de vue de l’auteur– Bienvenue chez toi.La voix résonna dans le tunnel.Sélyane s’arrêta net.Lior leva son arme.Kaëron éclaira l’obscurité avec sa lampe.– Montrez-vous.La silhouette avança lentement.Un homme d’une cinquantaine d’années apparut dans la lumière.Il portait un long manteau sombre et tenait un vieux dossier contre lui.Sélyane ne le connaissait pas.Mais son regard…Elle avait déjà vu ces yeux.Sur une photographie.– Qui êtes-vous ?L’homme regarda Lior.– Je pourrais te poser la même question.Lior fronça les sourcils.– Je m’appelle Lior Veydran.L’homme eut un sourire étrange.– Non.Il se tourna vers Sélyane.– Lui, c’est celui qu’ils ont appelé Lior Veydran.Puis il la fixa.– Et toi, tu es celle qu’ils ont appelée Sélyane Arvenys.Sélyane sentit un frisson.– Alors qui sommes-nous ?L’homme s’approcha du mur.– Les deux enfants que personne n’aurait dû séparer.Il posa le dossier sur une vieille table.– Je m’appelle Elias.Kaëron resta méf
Chapitre 38 Point de vue de l’auteurLa voix résonna encore dans le couloir.– Remettez-nous les deux héritiers… et Maëlys restera en vie.Sélyane sentit la main de sa mère se resserrer autour de la sienne.Lior s’était placé devant elles.Gabriel, lui, tenait son arme fermement.– Vous n’aurez personne, lança-t-il.Un rire froid répondit derrière la porte.– Tu n’as toujours rien compris, Gabriel.– Montrez-vous.– Avec plaisir.Des pas se rapprochèrent.Lents.Calmes.Puis une silhouette apparut derrière la vitre de la porte.Un homme âgé, vêtu d’un costume noir, les observait.Il n’avait pas l’air d’un homme venu se battre.Il avait l’air d’un homme venu récupérer quelque chose qui lui appartenait.– Monsieur Cassandre, murmura Soren.Sélyane regarda Gabriel.– C’est lui ?Gabriel hocha légèrement la tête.– Le dernier des Cassandre.L’homme sourit.– Pas le dernier.Il posa une main contre la vitre.– Pas encore.Lior leva son arme.– Qu’est-ce que vous voulez ?– Les enfants.–
Chapitre 37 Point de vue de l’auteurLa porte se referma derrière eux dans un grincement sinistre. À l’intérieur, l’air était froid et humide. La clinique semblait abandonnée depuis des années, mais quelque chose clochait. Les couloirs étaient plongés dans l’obscurité. Pourtant, une faible lumière brillait au bout du bâtiment. Sélyane avança lentement. Lior marchait juste derrière elle.Gabriel et Soren fermaient la marche, tandis que Kaëron surveillait les alentours.– Ne vous éloignez pas, murmura Gabriel.Sélyane ne répondit pas.Elle avait l’impression de connaître chaque couloir.Chaque porte.Chaque escalier.Elle s’arrêta devant une chambre.La porte était entrouverte.Son cœur se mit à battre plus vite.– C’est ici.Lior regarda la plaque rouillée.Chambre 217.– Comment tu peux le savoir ?– Je ne sais pas.Elle poussa doucement la porte.Une vieille chambre apparut.Deux lits étaient encore présents.Deux petits berceaux.Sélyane s’approcha du premier.Ses doigts tremblaien
Chapitre 36Point de vue de l’auteurLe silence qui suivit la coupure fut plus terrifiant que les coups de feu. Sélyane fixait le téléphone tombé au sol. Elle avait enfin entendu la voix de sa mère. Après vingt-cinq années de questions. Vingt-cinq années à croire qu’elle avait été abandonnée. Et en quelques secondes, tout venait encore de lui échapper.– Elle est en danger.Gabriel ramassa son arme.– Oui.– Alors on va la chercher.– Non.Sélyane se tourna vers lui.– Pardon ?– Tu ne sais pas dans quoi tu mets les pieds.– C’est ma mère !– Justement.– Vous venez de me dire qu’elle ne m’a jamais abandonnée. Elle a essayé de me parler. Elle m’a appelée.Sa voix se brisa.– Je ne vais pas rester ici pendant qu’ils lui font du mal.Gabriel la fixa longuement.– C’est exactement ce qu’ils veulent.Lior s’approcha.– Où est-elle ?Gabriel ne répondit pas immédiatement.Soren prit la parole.– Je peux retrouver l’endroit où l’appel a été passé.Kaëron sortit son téléphone.– Donne-moi le
Chapitre 35 Point de vue de l’auteur– Et j’étais là.Ces quatre mots frappèrent Sélyane plus violemment qu’une balle.Elle regarda Lior sans comprendre.– Tu étais là ?Il baissa les yeux.– Oui.– Quand ma mère a été enlevée ?– Oui.– Et tu ne m’as jamais rien dit ?Lior resta silencieux.Sélyane recula lentement.Elle avait envie de hurler.De le frapper.De pleurer.Mais aucun son ne sortait de sa gorge.– Depuis le début…Sa voix tremblait.– Depuis le début, tu savais qu’elle était vivante.– Je ne savais pas où elle était.– Mais tu savais qu’elle avait été enlevée.– Oui.– Et tu m’as regardée chercher ma mère pendant tout ce temps.– Je voulais te protéger.Elle eut un rire amer.– Encore cette excuse.Lior fit un pas vers elle.– Sélyane…– Ne m’approche pas.Il s’arrêta.Gabriel observait la scène en silence.Soren, lui, avait posé le coffre sur une table.– Lior n’est pas responsable de tout ce qui s’est passé, dit-il.Sélyane se retourna brutalement.– Vous voulez le dé







