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Chapitre 5

Author: Oum
last update Petsa ng paglalathala: 2026-09-11 06:56:21

CHAPITRE 5

BELGIQUE

VOIX EXTERNE

Judy dormit profondément. Après tout ce qui s’était passé depuis son départ de Suisse, son corps avait fini par réclamer ce qu’elle lui refusait depuis plusieurs heures : du repos. La fatigue de son voyage, l’accident, la peur, les émotions accumulées et cette nuit passée à l’hôpital avaient eu raison d’elle.

Lorsqu’elle ouvrit enfin les yeux, la lumière qui traversait les rideaux de la chambre lui donna immédiatement l’impression qu’il était encore tôt.

Elle resta quelques secondes immobile, les yeux à moitié ouverts, avant de tendre la main vers son téléphone posé sur la table de chevet. Elle regarda l’heure.

Ses yeux s’écarquillèrent.

– Quoi ?

Elle se redressa brutalement dans son lit. Il était presque quinze heures. Judy regarda une nouvelle fois l’écran, comme si les chiffres allaient soudainement changer.

– J’ai dormi tout ce temps ?

Elle passa une main sur son visage avant de repousser ses cheveux en arrière. Elle n’avait jamais l’habitude de dormir aussi longtemps. Mais après les dernières vingt-quatre heures, elle comprenait parfaitement pourquoi son corps avait décidé de la mettre hors service. Elle se laissa retomber contre l’oreiller pendant quelques secondes. Puis une pensée lui traversa l’esprit: Nash.

Elle attrapa immédiatement son téléphone. Elle voulait l’appeler. Elle voulait entendre sa voix et surtout lui expliquer pourquoi elle avait quitté la Suisse sans lui dire. Elle voulait lui raconter son licenciement, son voyage, l’accident, l’hôpital. Mais au moment où elle ouvrit ses contacts, elle se figea.

Son visage se décomposa légèrement.

– Merde…

Elle venait de se rappeler quelque chose d’important.

Elle n’avait pas de carte SIM belge. Son numéro suisse fonctionnait encore, mais elle ne savait même pas si elle pouvait appeler Nash avec celui-ci. Et surtout, elle n’avait pas encore pris le temps de se procurer une ligne belge. Elle soupira.

– Je l’appellerai plus tard.

Elle posa son téléphone. Elle ne voulait pas commencer à paniquer pour ça. Elle trouverait une solution. De toute façon, elle allait rester quelque temps en Belgique. Elle pourrait acheter une carte SIM dans les prochains jours. Judy regarda autour d’elle.

Elle était dans cette chambre d’hôtel depuis la veille et, malgré son impatience de découvrir le manoir laissé par sa grand-mère, elle ne ressentait aucune urgence particulière. Elle avait prévu d’y aller dès le matin. Mais maintenant qu’il était quinze heures, elle se dit qu’il était inutile de se précipiter. Si tout se passait bien, elle dormirait directement au manoir.

Cela lui éviterait de faire des allers-retours inutiles entre l’hôtel et le village. Elle avait suffisamment voyagé. Et surtout, elle voulait prendre le temps de découvrir cette maison. Cette maison qui avait appartenu à sa grand-mère. Cette maison où elle avait passé une partie de son enfance. Un léger sourire apparut sur ses lèvres.

– Je vais enfin te revoir ,enfin nos souvenirs , mamie.

Elle se leva lentement. Son front lui faisait encore légèrement mal à l’endroit où elle s’était cognée pendant l’accident, mais rien de comparable à la veille. Elle prit d’abord quelque chose à manger avant de retourner dans la salle de bains. Après avoir mangé, elle prit une longue douche. L’eau chaude lui fit un bien fou.

Pendant plusieurs minutes, elle resta simplement sous le jet, les yeux fermés. Elle repensa à sa vie. À la Suisse. À l’université. À son professeur de mathématiques. À son licenciement. À Nash. Et surtout à sa grand-mère. Depuis qu’elle avait découvert l’existence du manoir, une étrange sensation l’accompagnait. Comme si une partie de son passé l’attendait quelque part. Lorsqu’elle sortit de la douche, elle s’habilla simplement. Un pantalon confortable, un haut sobre, une veste et des chaussures adaptées pour marcher. Elle vérifia son sac. Ses documents étaient toujours là. Elle toucha machinalement l’enveloppe de sa grand-mère. Tout était en ordre. Vers dix-huit heures, elle quitta finalement l’hôtel. Elle prit un taxi et donna au chauffeur l’adresse du village où se trouvait le manoir. Le trajet fut long. Plus elle s’éloignait de la ville, plus les rues devenaient calmes. Les bâtiments se faisaient rares. La végétation prenait peu à peu le dessus. Judy regardait par la fenêtre. Elle avait l’impression de reconnaître certaines routes. Pas précisément. Mais quelque chose dans le paysage lui semblait familier. Elle posa son front contre la vitre.

Des souvenirs commencèrent à refaire surface. Elle se revit enfant. Elle courait dans une immense cour en riant. Sa grand-mère lui criait de faire attention.

Elle se souvenait des longues journées passées dans cette propriété. Des repas pris avec elle. Des soirées où elle s’endormait sur le canapé pendant que sa grand-mère regardait la télévision. Des petites disputes. Des éclats de rire. Des moments simples.

Des moments qui, à l’époque, lui semblaient éternels. Aujourd’hui, ces souvenirs avaient une valeur inestimable.

Le taxi ralentit.

– Nous sommes bientôt arrivés, mademoiselle.

Judy se redressa.

– D’accord.

Quelques minutes plus tard, la voiture s’arrêta devant une grande propriété entourée d’un portail imposant. Judy regarda par la fenêtre. Son cœur se serra. Elle connaissait cet endroit. Elle en était certaine.

– C’est ici…

Le chauffeur regarda dans son rétroviseur.

– Vous êtes sûre ?

Judy hocha la tête.

– Oui.

Elle paya la course, récupéra son sac et descendit.

Il était environ vingt heures. La nuit était déjà bien installée. Le silence autour d’elle était presque total.

Judy resta quelques secondes devant le portail. Puis elle s’avança. Le portail s’ouvrit après quelques manipulations. Elle entra. Ses pas résonnèrent dans la grande cour. Tout lui semblait plus grand que dans ses souvenirs. Ou peut-être était-ce simplement parce qu’elle était devenue adulte. Elle avançait lentement, regardant chaque détail. Puis elle arriva devant l’entrée du séjour. Elle posa la main sur la poignée. Elle essaya d’ouvrir. Rien.

La porte était verrouillée.

– Évidemment…

Elle fouilla dans son sac. Puis elle se souvint des documents que sa grand-mère lui avait laissés.

Elle sortit l’enveloppe et l’ouvrit. Parmi les papiers, elle trouva une petite clé. Judy la regarda avec surprise.

– Tu avais vraiment pensé à tout…

Elle introduisit la clé dans la serrure. Un clic retentit.

La porte s’ouvrit. Mais à peine eut-elle franchi le seuil qu’un bruit strident retentit dans toute la maison.

Judy sursauta.

– Qu’est-ce que…

Elle recula d’un pas. Elle ne comprenait pas ce qui se passait. L’alarme continuait de sonner.

À plusieurs kilomètres de là, Hugo était au volant d’un véhicule avec plusieurs de ses hommes. Il était en pleine opération. Son téléphone vibra. Il l’ignora.

Quelques secondes plus tard, il vibra encore. Puis encore. Hugo fronça les sourcils. Il finit par regarder l’écran. Une alerte de sécurité.

<<INTRUSION DÉTECTÉE.>>

Son regard se durcit. Il ouvrit immédiatement l’application liée au système de surveillance du manoir. Une silhouette venait d’apparaître sur les caméras. Une femme. Hugo resta silencieux quelques secondes.

– Qui est là ?

Arlow tourna légèrement la tête.

– Qu’est-ce qu’il y a ?

Hugo lui montra son téléphone.

– Quelqu’un est entré dans le manoir.

Boone se redressa.

– Un de nos hommes ?

– Non.

Hugo suivit les mouvements affichés sur l’écran.

La silhouette traversait le couloir. Puis elle se dirigeait vers l’étage. Vers sa chambre principale.

Son expression changea.

– Elle se dirige vers ma chambre putain.

Arlow comprit immédiatement.

– On abandonne l’opération ?

Hugo leva les yeux vers lui.

– Vous continuez.

– Hugo…

– Je vous ai dit de continuer.

Sa voix ne laissait aucune place à la discussion.

– Récupérez les marchandises et terminez ce qui était prévu. Je m’occupe du problème.

Il attrapa les clés de sa voiture.

– Mais qui peut connaître l’existence du manoir ?

– Personne.

Il descendit du véhicule.

– Justement.

Quelques minutes plus tard, il démarra. Sa voiture quitta les lieux à vive allure. Pendant ce temps, Judy avançait dans le manoir. Elle avait compris une chose. La maison n’était pas abandonnée. Il y avait quelqu’un. Elle l’avait compris en découvrant certaines pièces parfaitement entretenues, des vêtements masculins, des chaussures et plusieurs objets récents. Un homme vivait ici. Elle resta immobile au milieu du couloir. Pourtant, elle ne partit pas. Au contraire. Une étrange détermination s’empara d’elle. Elle avait hérité de cette maison. Du moins, c’est ce que les documents de sa grand-mère indiquaient. Elle voulait comprendre. Elle descendit finalement au salon et s’assit sur l’un des grands sofas. Elle attendrait. Elle voulait rencontrer la personne qui vivait ici. Une demi-heure plus tard, une voiture entra dans la propriété.

Hugo descendit. Son visage était fermé. Il regarda le manoir. Aucun de ses ennemis ne savait qu’il vivait ici. Personne, en dehors de ses hommes et de quelques proches, ne connaissait l’existence de cette demeure. Alors comment cette femme avait-elle pu entrer ? Il sortit son arme. Puis il s’approcha de la porte. Il l’ouvrit lentement. Le grincement de la porte résonna dans le silence. À l’intérieur, Judy entendit le bruit. Elle se leva aussitôt. Son regard se dirigea vers l’entrée. Un homme venait d’apparaître. Grand. Imposant. Vêtu de noir. Il tenait une arme dans sa main. Judy sentit son sang se glacer.

Hugo, lui, la fixa. Pendant quelques secondes, aucun des deux ne parla. Puis il leva son arme.

– Les mains en l’air !

Judy sursauta. Elle recula.

– Je…

– Les mains !

Hurle Hugo . Elle leva immédiatement les bras. Elle tremblait.

– Je n’ai rien ! Je vous assure que je n’ai rien !

Hugo avança lentement. Son regard parcourut la jeune femme. Elle avait l’air terrifiée. Mais il ne baissa pas son arme.

– Qui êtes-vous ?

– Judy.

– Votre nom complet.

– Judy Brook.

Il s’arrêta devant elle.

– Qu’est-ce que vous faites chez moi ?

Judy fronça les sourcils malgré sa peur.

– Chez vous ?

– Répondez.

Elle inspira profondément.

– Je pourrais vous poser la même question.

Hugo la fixa. Elle venait vraiment de lui répondre ?

– Vous êtes entrée dans une propriété privée.

– Cette maison est à moi.

Un silence brutal s’installa. Hugo baissa légèrement son arme sans pour autant la ranger.

– Qu’avez-vous dit ?

– J’ai dit que cette maison est à moi.

Il eut un rire bref, sans humour.

– Vous êtes complètement folle.

– Non.

Judy baissa lentement les mains.

– Ma grand-mère me l’a laissée.

Le regard d’Hugo changea.

– Votre grand-mère ?

– Oui.

– Son nom ?

Judy hésita. Elle ne connaissait pas cet homme. Et elle ne savait toujours pas pourquoi il vivait dans cette maison.

– Pourquoi devrais-je vous le dire ?

Hugo s’approcha brusquement. Judy voulut reculer, mais il lui attrapa le poignet. Elle se débattit aussitôt.

– Lâchez-moi !

– Arrêtez.

– Lâchez-moi !

Elle tenta de se dégager. Mauvaise décision.

Hugo la maîtrisa rapidement et l’immobilisa contre lui.Judy se retrouva brusquement prisonnière de ses bras. Elle sentit son souffle se bloquer.

– Lâchez-moi !

Hugo serra les dents. Quelque chose d’inattendu venait de se produire. La proximité de cette femme réveilla brutalement ses sens. Son parfum. La chaleur de son corps. Sa présence beaucoup trop proche. Il resta figé une fraction de seconde.

 Une tension étrange parcourut son corps. Elle était beaucoup trop proche. Il n’aimait pas cette sensation. Il n’aimait pas perdre le contrôle surtout devant une simple inconnue qui n’avait pas toute ses facultés .

Judy continuait de se débattre.

– Qu’est-ce que vous faites dans mon manoir ?

Hugo la regarda.

– Votre manoir ?

– Oui !

Elle leva les yeux vers lui.

– C’est ma grand-mère qui me l’a laissé !

Hugo resta silencieux. Puis il la relâcha brusquement. Judy recula immédiatement. Elle reprit son souffle. Hugo passa une main sur son visage. Il ne comprenait pas ce qui venait de lui arriver. Il n’avait jamais ressenti une réaction aussi brutale en présence d’une femme, la fermeture de son pantalon était à deux doigts de lâcher à cause de sa forte érection . Et cela l’agaçait profondément. Il fixa Judy.

– Vous allez quitter cette maison.

Elle le regarda avec incrédulité.

– Pardon ?

– Vous avez très bien entendu.

– Mais c’est chez moi !

– Non.

– Si !

Hugo s’approcha.

– Cette maison m’appartient.

– Les documents disent le contraire.

Il s’arrêta.

– Quels documents ?

Judy serra son sac contre elle.

– Ceux que ma grand-mère m’a laissés.

Le regard d’Hugo devint plus sombre. Il avait besoin de vérifier cette histoire. Mais quelque chose en lui continuait de réagir à la présence de cette femme.

Il détourna le regard.

– Sortez.

– Je ne partirai pas.

Hugo la fixa.

– Vous ne comprenez pas.

Sa voix était devenue beaucoup plus grave.

– Quittez cette demeure immédiatement avant que vous ne finissiez broyée sur mon lit . 

Judy sentit son cœur accélérer. Elle ne comprenait rien à cet homme. Ses paroles. Son attitude. Cette manière qu’il avait de la regarder. Tout chez lui lui donnait envie de partir. Mais elle ne voulait pas abandonner cette maison.

– Je n’ai nulle part où aller.

– Ce n’est pas mon problème.

– Je ne partirai pas.

Hugo resta silencieux. Puis il détourna brusquement les yeux. Il sentait encore cette tension inexplicable dans son corps. Il ne voulait pas rester une seconde de plus face à elle.

– Très bien.

Judy le regarda avec méfiance.

– Quoi ?

Hugo monta les premières marches de l’escalier.

– Faites ce que vous voulez.

Il se retourna une dernière fois.

– Mais ne venez pas vous plaindre lorsque vous comprendrez que vous avez fait une erreur.

Puis il monta. Judy resta seule dans le salon. Elle le regarda disparaître à l’étage. Son cœur battait encore à vive allure. Elle porta une main sur sa poitrine.

– Mais qui est cet homme ?

À l’étage, Hugo entra dans sa chambre et referma violemment la porte derrière lui. Il resta quelques secondes dos contre celle-ci. Il ferma les yeux. Il avait du mal à comprendre ce qui venait de se produire. Cette femme était une inconnue. Une parfaite inconnue. Et pourtant, sa présence avait provoqué chez lui une réaction qu’aucune femme n’avait jamais provoquée auparavant. Il desserra lentement sa cravate. Son corps était encore tendu.

Il jura à voix basse.

– C’est quoi ce bordel ?

Il se dirigea vers la fenêtre. En bas, Judy se trouvait toujours dans le salon. Elle regardait autour d’elle avec confusion. Hugo serra les mâchoires. Il ne savait pas qui était réellement Judy Brook et il n’avait aucune envie de le savoir. 

Pendant que Judy, elle, regardait les murs du salon avec une étrange sensation de familiarité. Elle venait de retrouver la maison de son enfance. Mais elle venait également de découvrir qu’elle n’était plus seule à l’intérieur. Mais une chose était certaine: elle refusait de céder l’unique bien qui lui restait de sa grande mère. 

À SUIVRE…………………

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