LOGINLina pensait avoir touché le fond le jour où les dettes de son père ont failli coûter la vie à sa mère. Désespérée, sans argent et sans issue, elle accepte l’impensable : participer à une vente clandestine réservée aux hommes les plus riches et les plus dangereux du pays. Cette nuit-là, sous les regards glacials d’inconnus prêts à payer pour son innocence, Lina comprend qu’elle vient de vendre bien plus que sa virginité. Puis il apparaît. Adriano De Luca. Le roi de la mafia. Un homme si puissant que le silence tombe dès qu’il parle. Quand il l’achète pour une somme monstrueuse, tout le monde croit connaître la suite. Pourtant, contre toute attente, Adriano ne la touche pas. Il l’enferme dans son monde de luxe, de violence et de secrets… comme s’il cherchait à la protéger d’un danger qu’elle ne voit pas encore. Car derrière la dette de Lina se cache une vérité capable de faire tomber des empires mafieux. Et dans l’univers d’Adriano De Luca, les innocents ne survivent jamais longtemps… surtout lorsqu’un monstre commence à tomber amoureux..
View MoreCHAPITRE 1
LE POINT DE VUE DE LINA
— Maman… ne pleure pas, s’il te plaît…
Ma voix tremblait autant que mes mains.
Assise au bord du lit d’hôpital, je serrais les doigts glacés de ma mère pendant que les machines autour d’elle émettaient des sons réguliers et oppressants. L’odeur du désinfectant me donnait la nausée depuis des heures, mais je n’osais pas quitter la chambre.
Parce que j’avais peur.
Peur que, si je sortais une seconde… elle disparaisse.
Le médecin venait de partir.
Encore une fois.
Encore une facture.
Encore des médicaments.
Encore de l’argent que je n’avais pas.
Je baissai les yeux vers l’enveloppe froissée dans ma main. Le montant inscrit dessus me coupa presque le souffle.
Comment une simple étudiante pouvait-elle trouver autant d’argent ?
Je travaillais déjà dans un café minable après les cours. Je dormais à peine. Je mangeais une fois par jour quand j’avais de la chance.
Et malgré tout… ce n’était jamais suffisant.
Ma mère toussa faiblement avant de tourner la tête vers moi.
— Lina… rentre dormir…
Je souris difficilement.
— Je vais bien.
Mensonge.
Je ne me souvenais même plus de ma dernière vraie nuit de sommeil.
Ses yeux fatigués s’humidifièrent.
— Je suis désolée…
Cette phrase détruisit quelque chose en moi.
Je secouai immédiatement la tête.
— Arrête de dire ça.
— Si je n’étais pas malade—
— Maman.
Ma voix claqua plus fort que prévu.
Elle se tut.
Je pris une longue inspiration avant de déposer un baiser sur son front.
— Tu vas guérir. D’accord ? Je vais trouver une solution.
Même si je n’en avais aucune.
Aucune.
Absolument aucune.
Mon téléphone vibra soudain dans ma poche.
Numéro inconnu.
J’hésitai avant de décrocher.
— Allô ?
Une voix masculine froide répondit :
— Mademoiselle Lina Morel ?
Mon estomac se serra immédiatement.
— Oui…
— Nous devons parler de la dette de votre père.
Le sang quitta mon visage.
Je me levai brusquement et quittai la chambre pour que ma mère ne m’entende pas.
— Je vous ai déjà dit que je paierai petit à petit…
Un léger rire résonna au bout du fil.
Pas un rire amusé.
Un rire méprisant.
— Vous ne semblez pas comprendre la gravité de la situation.
Je déglutis difficilement.
Mon père était mort il y a huit mois.
Huit mois depuis que j’avais découvert qu’il devait de l’argent à des gens dangereux.
Très dangereux.
Au début, je pensais qu’il s’agissait simplement de prêteurs.
Puis un homme était venu à notre appartement.
Costume noir.
Regard vide.
Arme visible sous sa veste.
Ce jour-là, j’avais compris.
La mafia.
— Je fais de mon mieux… murmurai-je.
— Votre “mieux” ne rembourse pas 40 millions d'euros.
Mes jambes faillirent céder.
40 millions d'euros .
Même après tous ces mois, entendre ce chiffre me donnait l’impression d’étouffer.
— Je… je n’ai pas cet argent…
— Alors trouvez-le.
La ligne se coupa.
Je restai figée au milieu du couloir.
Autour de moi, les infirmières passaient rapidement, les patients parlaient, les ascenseurs sonnaient… mais tout semblait soudain lointain.
Flou.
Comme si mon monde venait de basculer encore un peu plus.
Mes yeux commencèrent à brûler.
Non.
Je refusais de pleurer ici.
Je me dirigeai mécaniquement vers les toilettes du couloir et verrouillai la porte derrière moi avant de m’effondrer contre le mur.
Je n’en pouvais plus.
Je n’en pouvais vraiment plus.
Je plaquai ma main contre ma bouche pour étouffer mes sanglots.
Pourquoi mon père nous avait-il fait ça ?
Pourquoi ?
Il nous avait laissées seules avec une montagne de dettes et des monstres à nos trousses.
Mon téléphone vibra encore.
Cette fois, c’était un message.
Numéro inconnu.
“Si vous voulez sauver votre mère et régler votre dette, il existe une solution.”
Je fronçai les sourcils.
Un deuxième message arriva immédiatement.
“Demain. 21h. Hôtel Bellagio. Venez seule.”
Puis une photo apparut.
Une immense salle luxueuse.
Des hommes riches.
Des femmes magnifiques.
Et, au centre…
Une scène.
Mon cœur s’arrêta presque lorsque je lus les mots écrits en bas de l’image :
VENTE PRIVÉE — OBJETS RARES ET SPÉCIAUX
Un frisson d’horreur traversa tout mon corps.
Je compris immédiatement.
Et pour la première fois de ma vie…
J’eus réellement peur de ce que j’allais devenir.
LE POINT DE VUE DE D'ADRIANO
— Le port est sécurisé, Boss.
Je relevai lentement les yeux vers Marco pendant qu’il déposait une tablette sur mon bureau.
La lumière tamisée de mon bureau éclairait à peine la pièce. J’aimais ça. L’obscurité empêchait les gens de se sentir à l’aise.
Et les hommes dangereux ne devaient jamais mettre les autres à l’aise.
Je fis tourner lentement le whisky dans mon verre sans le boire.
— Les Russes ?
— Deux morts. Les autres ont fui.
Évidemment.
Personne ne restait longtemps quand mon nom entrait dans une conversation.
Adriano De Luca.
Certains l’utilisaient pour effrayer leurs enfants.
D’autres priaient pour ne jamais le croiser.
Moi, je vivais avec ce nom comme une malédiction.
Je me levai lentement et m’approchai de l’immense baie vitrée derrière moi. La ville brillait sous la pluie nocturne.
Magnifique.
Corrompue.
Parfaite.
— Et la vente de demain ? demandai-je calmement.
Marco hésita.
Assez pour m’agacer.
Je tournai légèrement la tête vers lui.
— Parle.
— Vittorio a ajouté une nouvelle fille à la liste.
Mon regard se durcit immédiatement.
Je détestais ces ventes.
Je détestais ces hommes riches qui payaient pour acheter des femmes comme de simples marchandises.
Mais ces soirées rapportaient énormément d’argent à l’organisation… et maintenaient certaines alliances mafieuses en place.
Alors je tolérais.
Seulement ça.
Je tolérais.
— Quel âge ? demandai-je froidement.
— Vingt-et-un ans.
Je reposai mon verre.
— Consentante ?
Le silence qui suivit suffit à me faire comprendre la vérité.
Un sourire dangereux étira lentement mes lèvres.
Pas un sourire amusé.
Un sourire qui annonçait généralement des funérailles.
— Vittorio devient stupide.
Marco baissa légèrement les yeux.
Même lui savait ce que cela signifiait. Je détestais les hommes qui forçaient les femmes. Parce que ma mère avait été l’une de leurs victimes. Et parce que, dans ce monde, les monstres prétendaient toujours que les femmes avaient “accepté”.
Je tendis la main.
— Le dossier.
Marco me donna immédiatement la tablette. Je parcourus les informations rapidement.
Lina Morel.
21 ans.
Étudiante.
Aucune activité criminelle.
Mère hospitalisée.
Dette héritée du père décédé.
Je m’arrêtai sur la photo. Puis quelque chose en moi se figea. Ses yeux. Merde. Pendant une seconde, une image ancienne traversa brutalement mon esprit.
Du sang.
Des cris.
Une femme en larmes.
Et ces mêmes yeux.
Je refermai immédiatement la tablette.
Froidement.
Contrôle.
Toujours le contrôle.
— Retirez-la de la liste, ordonnai-je.
Marco sembla surpris.
— Vittorio refuse. Il dit qu’elle peut rapporter plusieurs millions.
Mon regard remonta lentement vers lui. La température de la pièce sembla chuter.
— Depuis quand Vittorio oublie-t-il qui dirige cette ville ?
— Il prétend que plusieurs acheteurs importants viendront spécialement pour elle.
Je souris légèrement.
Cette fois, c’était pire.
Même Marco recula discrètement d’un pas.
— Alors demain soir… dis-je calmement, nous allons rappeler à Vittorio pourquoi les hommes baissent les yeux quand ils prononcent mon nom.
Le silence tomba dans le bureau.
Je pris ma veste noire avant de me diriger vers la sortie.
— Préparez la voiture.
Marco fronça les sourcils.
— Vous allez où ?
Je remis lentement mes boutons de manchette.
— Voir de mes propres yeux la fille que tout le monde veut acheter.
CHAPITRE 15LE POINT DE VUE DE LINA La portière.Je posai la main dessus — le métal froid, solide, réel. Je m'y accrochai une seconde. Soufflai.— Bravo, dit Adriano derrière moi.Sa voix avait changé d'un degré. Infime. Ce quelque chose entre le sarcasme et autre chose que je ne savais pas nommer.— C'était pas si difficile que ça.Je montai dans la voiture sans répondre.Il monta à son tour.La portière se ferma. La voiture démarra. Le jardin disparut derrière les grilles qui s'ouvrirent automatiquement.Ma cheville pulsait. Je la gardai légèrement soulevée, le pied posé sur le bord du tapis de sol, sans appuyer. La douleur existait. Je faisais avec.Le silence dans la voiture était différent de celui du trajet de la veille.Moins de peur. Quelque chose de plus compliqué.Je regardai par la vitre. La ville. Les rues qui s'élargissaient à mesure qu'on s'éloignait du quartier. Les gens sur les trottoirs — des gens ordinaires qui marchaient, qui tenaient des cafés dans des gobelets, q
CHAPITRE 14 LE POINT DE VUE DE LINAGiulia était venue une heure plus tard.Elle avait frappé doucement — ce coup léger et discret qui demandait sans imposer. Elle était entrée avec une robe propre, une veste légère, et quelque chose d'autre derrière elle que je n'avais pas vu immédiatement.Une chaise roulante.Je la regardai.Elle me regarda.— Non, dis-je.Giulia posa les vêtements sur le lit avec son calme habituel.— C'est pour vous faciliter le déplacement jusqu'à la voiture.— Je marcherai.— Mademoiselle—— Je ne m'assiérai pas là-dedans.Giulia s'arrêta. Me regarda une seconde — pas avec de l'impatience, pas avec de l'exaspération. Avec cette façon qu'elle avait d'évaluer les situations sans les juger.— Ta cheville—— Ça ira.— Le médecin a dit—— Giulia.Je prononçai son prénom plus fermement que prévu.Elle se tut.— Je ne m'assiérai pas dans cette chaise.Quelque chose de têtu, d'irraisonné, de complètement disproportionné s'était installé dans ma poitrine dès que j'avai
CHAPITRE 13LE POINT DE VUE DE LINALa glace avait fondu.La porte s'ouvrit avant que j'aie eu le temps de chercher comment appeler quelqu'un.Adriano.Il portait quelque chose — un plateau cette fois, posé avec cette économie de gestes qui lui était habituelle sur la table de nuit. Du thé. Une assiette avec du pain et du fromage. Il jeta un œil au torchon mouillé.— La glace a fondu.— Je sais.— Je t'en apporte d'autre.— Je m'en fiche de la glace.Il me regarda.Je le regardai.— Je veux avoir des nouvelles de ma mère.Il tira la chaise vers le lit et s'assit pas tout près, à distance raisonnable, comme toujours. Cette façon qu'il avait de calibrer l'espace entre nous.— J'ai appelé l'hôpital ce matin, dit-il. Elle a bien dormi. Elle a mangé un peu. Le traitement a commencé hier soir comme prévu.Quelque chose se desserra dans ma poitrine.— Je veux la voir.— Pas aujourd'hui.— Pourquoi ?Il baissa les yeux vers ma cheville bandée.— Tu vois une raison ?— Mon pied n'a rien à voir
CHAPITRE 12LE POINT DE VUE DE LINAJe n'avais pas vraiment lu.Deux heures sur ce rebord de fenêtre avec le Stendhal ouvert sur mes genoux et les lignes qui glissaient devant mes yeux sans laisser de trace. Mon cerveau refusait la fiction ce matin. Il refusait tout ce qui n'était pas concret, immédiat, réel — la cheville encore légèrement engourdie du froid de l'herbe mouillée, le genou taché d'humidité, cette chaussure que j'avais fini par remettre et qui me semblait maintenant une chose étrange, appartenant à une autre version de ce matin.Je reposai le livre.Me levai du rebord.Et là — parce que je ne savais pas quoi faire de mon corps dans cet espace qui n'était pas le mien — je me mis à longer les rayonnages lentement. Les doigts qui effleuraient les dos des livres. Cette façon de lire une bibliothèque sans l'ouvrir — les titres, les auteurs, l'ordre ou le désordre qui révèle toujours quelque chose sur la personne qui range.Ici, ce n'était pas vraiment ordonné. Pas vraiment dé
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