Le goût de l' Interdit

Le goût de l' Interdit

last updateLast Updated : 2026-09-13
By:  OumUpdated just now
Language: French
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Judy pensait que recevoir un manoir en héritage serait le début d’une nouvelle vie. Elle ignorait qu’elle n’était pas la seule héritière. À la mort de sa grand-mère, Judy découvre qu’une vieille demeure en Belgique lui a été léguée. Mais lorsqu’elle se présente chez le notaire, un autre héritier réclame exactement le même bien. Hugo McKinley. Deux héritages. Un seul manoir. Aucun des deux n’accepte de céder. Le conflit est porté devant la justice. La décision du juge est aussi inattendue qu’inacceptable : ils devront vivre ensemble dans cette maison jusqu’à ce que la situation soit définitivement réglée. Judy pensait devoir simplement supporter un homme arrogant et insupportable. Elle ne savait pas encore qu’elle venait de s’installer au cœur du monde d’un criminel. Aux yeux de tous, Hugo est un homme d’affaires prospère spécialisé dans la vente de voitures. En réalité, il vend de la drogue, trafique des armes et dirige ses affaires depuis l’ombre. Et ce manoir devait devenir son nouveau territoire. Lorsque Judy découvre ce qu’il cache, elle commet une erreur : elle décide de le dénoncer. À partir de cet instant, Hugo lui fait comprendre une chose : elle peut essayer de partir, mais elle ne quittera pas cette maison aussi facilement. Entre les hommes de Hugo qui commencent à fréquenter le manoir, ses nombreux ennemis et les secrets qui entourent sa vie, Judy se retrouve plongée dans un univers qu’elle n’aurait jamais imaginé connaître.

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Chapter 1

Chapitre 1

CHAPITRE 1 

VOIX EXTERNE 

La journée avait commencé bien avant que le soleil ne se décide à apparaître. Dans les rues encore humides de Genève, Judy avançait d’un pas rapide, son sac serré contre elle. À vingt-cinq ans, elle avait déjà appris à ne compter que sur elle-même. La vie ne lui avait jamais vraiment laissé le choix.

Orpheline depuis son enfance, Judy avait été élevée par sa grand-mère. Sa grand-mère avait été bien plus qu’une simple tutrice. Elle avait été sa mère, son père, sa famille entière. Elle était la personne qui l’avait consolée lorsqu’elle pleurait, celle qui avait séché ses premières larmes, préparé ses repas, payé ses fournitures scolaires lorsqu’elle le pouvait et travaillé jusqu’à l’épuisement pour que sa petite-fille ne manque de rien.Judy avait grandi dans ses bras.

Elle se souvenait encore de leurs soirées dans leur petite maison en Belgique. Sa grand-mère s’asseyait près d’elle pendant qu’elle faisait ses devoirs et lui répétait toujours la même chose.Tu dois étudier, Judy. Je ne pourrai peut-être pas te donner tout ce que tu veux, mais je ferai tout pour que tu aies une vie meilleure que la mienne.Judy avait gardé ces paroles dans un coin de son cœur.

Et elle avait tenu sa promesse.

Après la mort de sa grand-mère, Judy avait continué ses études avec les moyens du bord. Elle avait finalement décidé de quitter la Belgique pour poursuivre son cursus en Suisse. Ce départ n’avait pas été facile. Elle avait dû apprendre à vivre seule dans un pays étranger, gérer ses études, ses dépenses et toutes les responsabilités qui pesaient désormais sur ses épaules.

Elle travaillait comme serveuse dans un petit restaurant afin de payer une partie de ses frais. Ce n’était pas le travail dont elle avait rêvé. Mais elle n’avait pas le luxe de choisir.

Lorsqu’elle poussa la porte du restaurant ce matin-là, elle savait déjà que la journée serait longue.

–Bonjour, Patron !

–Bonjour Judy .

Réponds le patron d’une voix plus ou moins accueillant . Elle attacha rapidement ses cheveux, enfila son tablier et rejoignit la salle. Les premières heures passèrent à toute vitesse. Prendre les commandes, apporter les plats, débarrasser les tables , répondre aux clients, retourner en cuisine, puis recommencer encore. Le restaurant n’était pas très grand, mais il était presque toujours rempli à l’heure du déjeuner. Judy courait d’une table à l’autre avec son carnet dans une main et plusieurs assiettes dans l’autre.

Vers quatorze heures, elle sentit enfin ses jambes lui faire mal. Elle avait besoin de souffler. Profitant d’un moment où la salle semblait un peu moins agitée, elle s’éclipsa quelques minutes dans un coin réservé au personnel. Elle posa son plateau, retira son tablier et s’assit sur une chaise puis ferma les yeux juste une minute. Elle voulait seulement une minute de silence. Ses épaules étaient douloureuses. Ses pieds la brûlaient. Elle n’avait presque rien mangé depuis le matin. Elle venait à peine de prendre une inspiration qu’une voix lourde retentit derrière elle.

–Judy !

La jeune étudiante sursauta. Le propriétaire du restaurant se tenait à l’entrée.

–Oui ?

–Tu es assise ?

Judy regarda autour d’elle comme si elle cherchait une autre personne.

–Je prends juste ma pause.

L’homme pointa la salle du doigt le visage aussi effrayant que la couleur du charbon. Agé d’une cinquantaine d’années Judy travaille pour lui depuis quatre mois déjà. Elle n’en pouvait plus mais avait besoin de ce travail. 

– Quelle pause ? Regarde les clients ! Il y a des tables qui attendent.

Judy baissa les yeux , épuisée mentalement et physiquement.

–Je suis désolée chef .

–Alors lève-toi et retourne travailler.

Elle aurait aimé lui dire qu’elle était épuisée. Qu’elle n’était pas une machine. Qu’elle avait le droit de s’asseoir quelques minutes. Mais elle ne dit rien. Elle se releva simplement et répond ceci : 

–D’accord.

Judy reprit son plateau et retourna dans la salle.

Le reste de la journée ne fut pas différent. À dix-huit heures, elle commença à compter les minutes. À dix-neuf heures, elle avait mal au dos. À vingt heures, elle n’avait plus la force de sourire aux clients. Et lorsqu’elle quitta finalement le restaurant, il faisait déjà nuit comme d’habitude . Judy marcha jusqu’à son appartement en traînant presque les pieds. Elle rêvait seulement d’une douche chaude et de son lit.

Lorsqu’elle entra chez elle, elle posa son sac sur le canapé et soupira profondément.

–Enfin , j’en peux plus, j’en peux plus mon Dieu . Tu me manques tellement mamie 

Dit elle la gorge nouée et les larmes aux yeux malgré tout elle retira ses chaussures et s’assit quelques secondes. Son téléphone vibra. Elle regarda l’écran.

Un sourire apparut immédiatement sur son visage ,une pincée de lumière dans ce monde difficile et triste : Nash son petit ami. Elle décrocha.

–Allô ?

–Enfin ! Tu réponds. Rétorque son homme d’une voix rassuré 

–Je viens de rentrer.

–Tu travaillais encore jusqu’à maintenant ?

–Oui. Réponds Judy complètement épuisé 

–Judy, tu vas finir par tomber malade à force.

Elle sourit faiblement.

– Ne t’inquiète pas Je vais bien.

– Tu dis toujours ça mon amour , tu es la plus forte héroïne de ce foutu monde. Dit Nash 

–Ah bon ? 

– La seule et l’unique d’ailleurs ma bombe 

Elle entendit son rire à l’autre bout du téléphone.

Nash était loin d’elle, mais il avait toujours cette capacité à lui faire oublier pendant quelques minutes la fatigue et la solitude. Ils parlèrent de leur journée. Il lui demanda comment s’étaient passées ses études, elle lui raconta rapidement son travail, puis il lui parla de ce qu’il avait fait de son côté. Une conversation simple et rassurante. Une conversation qui lui rappelait qu’elle avait quelqu’un. Quelqu’un qui l’aimait plus que tout. 

–Tu me manques, murmura Nash.

Judy sourit.

– Toi aussi bébé .

–J’aimerais pouvoir être là.

–Moi aussi mais t’inquiète je te comprends. Rajoute Judy 

Ils restèrent silencieux quelques secondes. Puis Nash reprit :

–Tu devrais dormir. Tu es épuisée.

–Je sais.

–Promets-moi de te reposer.

–Promis.

Ils se souhaitèrent bonne nuit et raccrochèrent. Judy posa son téléphone sur la table. Elle se leva ensuite pour aller prendre une douche. Mais alors qu’elle avançait vers sa chambre, son regard s’arrêta sur quelque chose. Une enveloppe. Elle était posée dans un petit tiroir qu’elle n’ouvrait presque jamais. Judy fronça les sourcils. Elle resta immobile quelques secondes.Puis elle s’approcha.

Elle savait exactement ce que c’était. Cette enveloppe était la seule chose que sa grand-mère lui avait laissée personnellement. Après sa mort, Judy avait récupéré quelques affaires, des vêtements, des photographies et quelques objets sans grande valeur. Mais cette enveloppe était différente. Sa grand-mère lui avait demandé de la conserver.

Elle lui avait même dit de ne pas l’ouvrir immédiatement. À l’époque, Judy n’avait pas posé de questions. Elle avait simplement obéi.

Elle avait toujours fait confiance à sa grand-mère.

Elle prit l’enveloppe entre ses doigts. Son cœur se serra. Pendant quelques secondes, elle hésita à la remettre à sa place. Mais quelque chose en elle lui disait que le moment était peut-être venu. Elle s’assit sur son lit.

L’enveloppe était légèrement jaunie par le temps.

Sur le devant, son prénom était écrit à la main: Judy.

Elle reconnut immédiatement l’écriture de sa grand-mère. Ses doigts tremblèrent légèrement.

–Qu’est-ce que tu me cachais encore, mamie ?

Elle sourit tristement. Sa grand-mère lui manquait. Terriblement. Judy ouvrit doucement l’enveloppe.

À l’intérieur, il y avait une lettre. Et quelques documents. Elle commença à lire. Les premières lignes lui firent froncer les sourcils. Puis son visage changea. Elle relut le passage plus de trois fois. Impossible. Elle continua. Plus elle avançait, plus son cœur battait vite.

Sa grand-mère parlait d’une propriété. Un immense manoir situé en Belgique. Un bien qui lui appartenait. Un bien qu’elle lui avait transmis. Judy resta figée.

–Quoi… ?

Elle reprit la lettre depuis le début. Elle avait toujours cru que le manoir familial avait été vendu. Elle se souvenait même des explications de sa grand-mère.

Elle lui avait dit que la propriété avait été vendue afin de financer ses études et lui permettre de préparer son départ pour la Suisse. Judy n’avait jamais remis cela en question. Pourquoi l’aurait-elle fait ?Sa grand-mère avait toujours fait tout ce qui était possible pour elle.

Elle avait donc cru que cette maison n’existait plus.

Mais la lettre disait exactement le contraire.

Le manoir n’avait jamais été vendu.

Judy porta une main à sa bouche. Elle parcourut les documents qui accompagnaient la lettre. Un acte.

Des informations concernant la propriété. Des coordonnées. Un nom. Une adresse. Ses yeux s’écarquillèrent. Elle continua de lire.

Sa grand-mère lui expliquait qu’elle avait conservé la propriété pendant toutes ces années et qu’elle avait décidé de la lui transmettre. Pourquoi lui avoir caché cela ? Pourquoi lui avoir fait croire qu’elle avait vendu la maison ? Judy sentit les larmes lui monter aux yeux. Elle relut une dernière fois les dernières lignes.

Sa grand-mère y avait écrit quelque chose qui lui arracha le cœur. Elle lui disait qu’elle voulait qu’un jour Judy puisse retourner dans cette maison.

Qu’elle puisse posséder quelque chose qui lui appartienne réellement. Qu’elle n’oublie jamais d’où elle venait. Judy serra la lettre contre sa poitrine.

Pourquoi tu ne m’as jamais dit ça, mamie ? Une larme roula sur sa joue. Pendant des années, elle avait pensé que sa grand-mère avait sacrifié cette maison pour elle. Elle venait de découvrir qu’elle avait fait tout autre chose. Elle lui avait gardé un héritage. Un héritage dont Judy ignorait totalement l’existence. Elle essuya rapidement ses larmes et reprit les documents. Son regard se posa de nouveau sur l’adresse.

Le manoir était toujours là , en Belgique. Et désormais, il était à elle. Du moins, c’est ce qu’elle croyait. Doit elle tout plaquer en Genèse et s’en voler pour la Belgique où un manoir hors du commun l’attend ? Ou doit elle rester ici continuer une étude qui ne finira pas de sitôt accompagné d’un patron qui prends plaisir à l’humilier chaque jour. Ce manoir existe-t-elle vraiment ? Sa grande mère était très vieille et arrivé un moment elle ne se rappelait plus de certains souvenirs. Judy était complètement perdu dans ses réflexions mais si elle devait faire un effort, elle abandonnerait tout pour aller en Belgique si ce manoir existait vraiment et puis elle a entre ses mains les documents qui prouve que ce manoir existe bel et bien et qu’elle en est l’unique propriétaire . 

– Je ne perds rien de tous les façons , grande mère ne m’a jamais menti. Ma décision est prise. 

Murmura la jeune étudiante en regardant les documents. En effet sa décision est désormais prise et il ne restait qu’à passer à l’acte. 

A SUIVRE………………

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