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Chapitre 6

Author: Oum
last update publish date: 2026-09-11 22:41:43

CHAPITRE 6

BELGIQUE

VOIX EXTERNE

Hugo resta quelques secondes dans l’escalier, les yeux fixés sur Judy. Il voulait s’assurer qu’elle était toujours là. Après ce qui venait de se passer, il s’attendait à ce qu’elle prenne ses affaires et quitte le manoir sans demander son reste. Pourtant, elle était toujours assise dans le salon, immobile, comme si elle cherchait encore à comprendre ce qui lui arrivait. Hugo eut un léger sourire sans joie. Elle finira par partir. Il tourna les talons et disparut à l’étage.

Quelques minutes plus tard, il entra dans son bureau. Il posa son arme sur le bureau, prit son téléphone et appela Arlow.

– L’opération est terminée ?

– Oui. Tout s’est déroulé comme prévu.

– Et Banks ?

– Aucun de ses hommes ne nous a suivis. Nous avons changé d’itinéraire comme prévu.

Hugo se passa une main sur le visage.

– Parfait. Vérifie quand même les véhicules avant de les faire rentrer.

– C’est déjà fait.

– Bien. Je veux le rapport complet demain matin.

– Compris.

Hugo raccrocha et s’adossa à son fauteuil. Son regard se posa quelques secondes sur la porte. Il pensa à Judy. Cette fille était un problème. Un problème qu’il n’avait absolument pas prévu. Mais heureusement que le problème était déjà résolu…. du moins ,c’est ce qu’il pensait. 

Dans le salon, Judy n’arrêtait pas de regarder autour d’elle. Elle avait l’impression d’être dans un mauvais rêve. Elle avait quitté Genève pour retrouver une maison qui appartenait à sa grand-mère. Elle avait pensé retrouver un morceau de son enfance, peut-être y dormir quelques nuits, organiser sa vie et retourner voir Nash. À la place, elle avait découvert qu’un homme vivait déjà dans cette maison. Un homme arrogant , violent et brutal. Un homme qui la menaçait avec une arme quelques heures plus tôt et qui prétendait maintenant être le propriétaire des lieux.

Elle passa une main dans ses cheveux.

– Mais dans quelle histoire je suis tombée ?

Elle se leva. Elle avait attendu suffisamment longtemps. Elle monta les escaliers. Il était temps de faire quelque chose.  Cette situation ne pouvait plus continuer et elle commençait à perdre patience .  Une fois arrivée à l’étage, elle regarda autour d’elle.

– Monsieur ?

Aucune réponse. Elle avança dans le couloir.

– Où êtes-vous ? Sortez de ma maison je veux me retrouver seule maintenant. 

Toujours rien. Elle ouvrit une première porte. Personne. Une deuxième. Toujours personne. Sa patience commençait sérieusement à disparaître. 

– Vous êtes où bon sang ?

Silence. Elle inspira profondément.

– C’est à vous que je m’adresse putain ! Sortez de votre cachette pour qu’on en finisse avec cette histoire une bonne fois pour toutes. 

La porte du bureau s’ouvrit brusquement. Hugo apparut. Son visage était fermé et ses muscles contractés . Lui aussi n’en pouvait plus de cette histoire. Il était surpris qu’elle soit toujours après avoir entendu de sa voix. 

– Quoi encore ?

Judy se redressa.

– Je veux vous parler.

– Nous avons déjà parlé.

– Non. Vous avez parlé. Moi, j’ai surtout essayé de comprendre pourquoi un inconnu se permet de me chasser de ma propre maison.

Le regard de Hugo se durcit et cette fois il était à deux doigts d’exploser .

– Votre propre maison ? S’indigna-t-il 

– Oui.

– Vous êtes vraiment déterminée à répéter cette absurdité pendant combien de temps ?

– Ce n’est pas une absurdité !

– Cette maison est à moi. Grogna Hugo 

– Elle est à moi ! Réplique Judy 

– Non.

– Si !

– Non.

– Si !

Hugo la fixa quelques secondes avant de lâcher un rire bref. La situation paraissait tellement irréelle . Il n’arrivait pas à croire qu’il était là entrain de se disputer peut être avec une gamine . 

– Vous avez quel âge ? Dix ans ?

Judy ouvrit la bouche, choquée.

– C’est vous qui vous comportez comme un enfant !

– Vous êtes entrée chez moi sans autorisation.

– Parce que c’est chez moi !

– Je viens de vous dire que cette maison m’appartient.

– Et moi, je vous dis que ma grand-mère me l’a léguée !

– Mon grand-père me l’a léguée.

Le silence retomba. Judy serra les documents qu’elle tenait dans sa main.

– Alors montrez-moi vos preuves.

Hugo arqua un sourcil.

– Pardon ?

– Vous avez bien entendu. Montrez-moi vos documents.

– Je n’ai rien à vous prouver et d’ailleurs je n’ai rien à prouver à personne .

– Bien sûr que si !

– Non.

– Si vous êtes réellement le propriétaire, prouvez-le.

Hugo s’approcha lentement.

– Vous commencez sérieusement à m’agacer.

– Et vous, vous m’énervez depuis que je vous ai rencontré répliqua Judy sans la moindre peur dans la voix. 

– Alors faites-nous gagner du temps. Prenez vos affaires et partez.

Judy secoua immédiatement la tête.

– Tout sauf ça.

Hugo la fixa. Quelques secondes passèrent. Puis il répondit simplement :

– Bien.

Il passa devant elle et s’éloigna. Judy resta interdite.

Elle pensait qu’il allait continuer à discuter. Mais il venait simplement de partir. Elle fronça les sourcils avant de le suivre.

– Attendez !

Hugo continua d’avancer.

– Je n’ai pas terminé !

Il s’arrêta. Lentement, il se retourna.

– Moi, si. Dégagez, petite fille 

– Je ne partirai pas et ne m’appelez pas comme ça .

– C’est ce que vous dites depuis une heure.

– Parce que vous ne comprenez pas !

– Je comprends parfaitement.

– Non, vous ne comprenez rien ! C’est la seule chose que ma grand-mère m’a laissée. Je ne vais pas partir simplement parce qu’un homme arrogant a décidé de s’approprier cette maison !

Le visage de Hugo se ferma complètement.

– Faites attention à ce que vous dites. Ma patience a des limites. 

– Sinon quoi ?

Cette fois, Judy avait parlé sans réfléchir. Hugo revint  brusquement vers elle. Un pas. Puis un autre. Judy recula instinctivement face aux contrastes de ses yeux . 

– Je vous conseille de ne pas jouer avec moi. Je suis très dangereux 

– Je ne joue pas et je n’ai pas peur de vous. 

– Alors arrêtez de me provoquer.

– Je veux seulement récupérer ma maison !

Hugo arriva devant elle. Judy leva le menton pour soutenir son regard.

– Vous ne me faites pas peur je ne le répéterai pas .

– Vous devriez.

– Je ne partirai pas.

Le dernier fil de patience de Hugo céda. C’en était trop maintenant. Il attrapa Judy par le bras et la plaqua contre le mur. Elle sursauta quand Hugo saisit son cou . 

– Lâchez-moi !

– Vous ne comprenez donc jamais quand on vous parle ?

– Vous me faites mal !

Hugo desserra légèrement son emprise, mais ne la libéra pas. Son visage n’était qu’à quelques centimètres du sien.

– Ma patience a des limites petite fille .

Elle respirait difficilement. Pourtant, malgré la peur et la colère, son regard resta accroché au sien. Ses yeux. Ces yeux bleu clair qui semblaient encore plus froids lorsqu’il était en colère. L’erection de Hugo qui était parti redoubla cette fois au point de lui faire mal au sexe. 

Cependant il remarqua que Judy le fixait et le dévorait littéralement du regard  et cette situation lui compliqua d’avantage son travail. Trente cinq ans d’existence il n’avait jamais connu une érection aussi forte.  

– Pourquoi vous me regardez comme ça ? 

Grogna Hugo telle un animal prêt a abattre sa proie.  Judy déglutit.

– Vos yeux…

– Quoi, mes yeux ?

Elle détourna rapidement le regard et prit le contrôle de ses pensées . 

– Rien.

– Alors arrêtez de me fixer.

– C’est vous qui êtes devant moi !

Leurs regards se croisèrent de nouveau. La tension était devenue étouffante. Hugo sentit sa maîtrise lui échapper une seconde fois. La proximité de Judy, son parfum et cette manière qu’elle avait de lui tenir tête malgré la peur faisaient monter en lui une tension qu’il ne comprenait pas. Il finit par la relâcher brusquement. Judy porta immédiatement une main à son cou.

– Vous êtes complètement malade !

– Et vous êtes complètement inconsciente.

– Je vous déteste !

– Tant mieux.

Des voix retentirent soudain au rez-de-chaussée.

– Hugo !

Arlow. Hugo tourna la tête. Il reconnut également la voix de Boone et celle de Hera.

– Cachez-vous.

Judy le regarda comme s’il venait de perdre la tête.

– Certainement pas.

– Ce nétait pas prévu mais nous sommes là mec.

Rétorque la voix de Hera 

– Je ne vais pas me cacher dans ma propre maison.

Judy descendit les escaliers après sa dernière phrase . Hugo jura à voix basse avant de la suivre. La porte d’entrée venait de s’ouvrir. Arlow entra le premier, suivi de Boone et de Hera. Ils venaient de rentrer de leur opération. Hera avançait dans le couloir lorsqu’elle aperçut Judy. Elle s’arrêta net. Judy s’arrêta également. Pendant quelques secondes, aucune des deux ne parla.

Puis Hera plissa les yeux.

– Tiens, tiens… qui vois-je devant moi ?

Judy la reconnut immédiatement.

– Vous…

– Exactement.

Hera esquissa un sourire.

– La fille de l’accident.

Arlow regarda Hera, puis Judy. Boone fit de même.

Derrière eux, Saga venait d’entrer dans le manoir.

Elle observa la scène avec incompréhension.

– Quelqu’un peut m’expliquer ce qui se passe ?

Hugo descendit les dernières marches.

– Rien.

Hera se tourna vers lui.

– Rien ?

Elle regarda Judy. Puis Hugo.

– Elle était dans le salon quand nous sommes arrivés.

– Elle s’apprête à rentrer chez elle , mentit Hugo.

Saga fronça les sourcils.

– Attendez vous vous connaissez ? 

Demande Hera . Judy pointa Hugo du doigt.

– Ce pervers qui bande à chaque seconde a pris possession de mon manoir !

Un silence monumental tomba dans le couloir. Arlow baissa immédiatement les yeux. Boone détourna la tête. Hera porta une main devant sa bouche pour retenir son rire. Saga, elle, éclata franchement de rire. Hugo fixa Judy avec un regard meurtrier.

– Répétez un peu pour voir.

– Vous avez très bien entendu.

Hera finit par rire à son tour.

– Je comprends mieux certaines choses.

– Hera, tais-toi.

– Je ne dis rien.

– Ton visage dit tout.

Elle reprit son sérieux avec difficulté. Saga regarda Judy avec mépris.

– Franchement, je ne comprends même pas comment une fille comme elle ose entrer ici et parler comme ça à Hugo.

Judy se tourna vers elle.

– Une fille comme moi ?

– Oui.

– Et tu es qui, toi, pour me parler comme ça ?

Saga allait répondre, mais Hera l’interrompit.

– Ça suffit.

Elle se plaça entre les deux femmes. Puis elle regarda Judy.

– Vous êtes certaine que cette maison vous appartient ? Vous vous êtes peut être trompé. 

– Absolument. Cette maison est la mienne .

Judy sortit ses documents et les tendit à Hera.

– Voilà la preuve.

Hera les prit. Arlow s’approcha également. Il parcourut les premières pages. Son expression changea légèrement.

– Ce sont des documents officiels.

Hera continua sa lecture.

– Ils peuvent être faux.

Judy reprit immédiatement les papiers.

– Ils ne sont pas faux.

– Je ne dis pas qu’ils le sont. Je dis qu’il faut vérifier.

– Ma grand-mère me les a laissés.

– Et la maison est enregistrée au nom de Hugo.

Judy secoua la tête.

– C’est impossible.

Hugo croisa les bras.

– Pourtant, c’est le cas.

– Non.

– Vous commencez à devenir fatigante grogna Hugo 

– Et vous, vous commencez à me rendre folle ! repliqua Judy

Hera leva les mains.

– Calmez-vous tous les deux.

Judy se tourna vers elle.

– Je ne partirai pas.

Hera soupira.

– Il est tard. Tu peux dormir ici cette nuit. Demain, vous irez au tribunal . Ils  vérifieront les documents et sauront enfin à qui appartient réellement cette maison.

–Arrête de dire des bêtises Hera , cette maison est à moi et je suis l’unique propriétaire et même si ce n’était pas le cas elle n’aurait jamais cette maison. 

Judy hésita à la proposition de Hera sans tenir compte des propos de Hugo. Elle le regarda par contre et il ne semblait absolument pas apprécier cette proposition.

– Elle ne dort pas ici, ajouta-t-il.

Hera sourit.

– Si.

– Non.

– Si.

– Hera.

– Hugo.

Ils se regardèrent longuement. Puis Hera se tourna vers Judy.

– Vous aviez faim ? 

– Non 

–Alors Venez avec moi .

Judy suivit Hera. Hugo resta derrière eux.

– Hera !

Elle se retourna.

– Quoi ?

– Ne fais pas n’importe quoi , sinon je te jure que tu risques de te retrouver avec une balle dans la tête .

Elle lui adressa un sourire innocent.

– Je ne fais jamais n’importe quoi chef .

Quelques minutes plus tard, Hera ouvrit une porte.

Judy entra. Elle s’arrêta immédiatement. La pièce était immense. Un grand lit occupait le centre de la chambre. Judy regarda Hera.

– C’est quelle chambre ?

Hera sourit.

– Celle de Hugo.

Judy ouvrit de grands yeux.

– Quoi ? Ce pervers ? 

– Bonne nuit ,Miss .

– Mais…

Hera referma déjà la porte. En descendant, elle affichait un sourire satisfait. Hugo l’attendait dans le salon.

– Où est-elle ?

– Dans ta chambre.

Hugo resta silencieux.

– Tu as fait quoi ?

– Je lui ai donné une chambre.

– Ma chambre.

– Oui.

– Hera…

– Quoi ?

– Tu cherches vraiment à mourir.

Elle haussa les épaules.

– Peut-être.

Arlow intervint.

– Et ses documents ?

Le sourire de Hera disparut. Elle posa les papiers sur la table.

– J’ai vérifié ce que je pouvais.

Hugo regarda les documents.

– Et ?

Hera inspira profondément.

– Ils sont authentiques.

Hugo ne répondit pas. Arlow regarda son chef.

– Tu es certain que les tiens le sont aussi ?

Hugo se tourna lentement vers lui.

– Oui.

– Tu possèdes les originaux ?

– Oui.

Hera fronça les sourcils.   Hugo regarda les documents posés sur la table. Son visage se crispa. Il passa une main sur sa mâchoire.

– Putain…

Arlow resta silencieux. Hera croisa les bras.

– On dirait que vous aviez tous les deux les mêmes droits sur cette maison.

Hugo leva les yeux vers l’escalier. Derrière une porte, Judy dormait désormais dans son lit. Il poussa un long soupir. Pour la première fois depuis qu’il avait hérité du manoir, Hugo ne savait pas comment régler un problème. Parce que lui aussi possédait l’original. Et Judy aussi.

– Les autorités pourront trancher cette affaire. Tu as déjà gagné d’avance sans lever le petit doigt. Ce manoir a un seul propriétaire, et c’est toi, déclara Saga avec un sourire.

Hera lui lança immédiatement un regard désapprobateur. Elle n’appréciait visiblement pas ses propos.

– S’il doit y avoir une bataille juridique, elle se fera à la loyale, Saga, concéda Hera.

Tous se tournèrent vers elle, surpris par sa réaction. Depuis le début, Hera défendait Judy comme si elle la connaissait depuis des années. C’est à cet instant que Hugo réalisa pleinement la situation. La fille de l’accident. La même fille qui lui tenait tête depuis plusieurs heures. La même fille qui avait osé l’insulter devant ses hommes. Et maintenant, cette fille dormait dans sa chambre.

Il ferma les yeux quelques secondes avant de soupirer.

– Putain… Rentrez chez vous. Je veux être seul.

Hera esquissa un sourire.

– Tu n’es désormais plus seul, mec. Ta petite soumise est actuellement en train de rêver de toi, j’imagine déjà les problèmes qu’elle va te causer.

Elle éclata de rire en voyant le regard noir de Hugo.

– Je parie même qu’elle est vierge.

Hera recula lentement lorsqu’elle aperçut Hugo se diriger vers l’arme de Boone posée sur la table.

– Bonne nuit, les gars !

Elle courut vers la sortie et claqua la porte derrière elle. Arlow secoua la tête. Boone resta silencieux.

Saga, elle, regardait Hugo avec amusement. Hugo fixa longuement l’escalier. Quelque part derrière cette porte, Judy dormait dans son lit. Son arrivée avait bouleversé une soirée qui devait être parfaitement ordinaire.

À SUIVRE…………………

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