เข้าสู่ระบบChapitre 85KaelanLe test ADN ordonné en urgence. Quarante-huit heures d'attente. Deux jours. Quarante-huit heures interminables où chaque minute s'étire comme un supplice. Je ne dors pas. Elle non plus. La maison des Vagues est devenue une prison de silence, un tombeau où nos regards se fuient, où nos corps s'évitent.Je la croise dans la cuisine, tôt le matin. Elle prépare un café, les gestes mécaniques, le visage pâle. Nos mains ne se touchent pas. Nos yeux se frôlent à peine, puis se détournent, comme si se regarder trop longtemps pouvait rendre la vérité plus réelle.— Tu as dormi ? je demande, la voix enrouée.— Non. Toi ?— Non plus.Un silence. Elle pose la tasse, s'appuie au comptoir. Je re
Chapitre 84KaelanElle me fait face, les lèvres tremblantes, les mots sortent hachés, brisés par les larmes qu'elle retient.— Charles Dorsay... est mon père. Martha l'a confirmé. Nous sommes... tu es mon frère.Je la regarde, sans ciller. Les mots tournent dans ma tête, mais ils ne m'atteignent pas. Pas encore. Je vois son visage ravagé, ses mains qui se tordent, et je n'arrive qu'à penser à une chose : elle est là, devant moi, et rien d'autre ne compte.— Même si c'était vrai, je ne te laisserais pas.Ma voix est calme, trop calme. Elle me dévisage, horrifiée.— Tu ne comprends pas. Si c'est vrai, nous sommes frère et sœur. Tout ce que nous avons vécu, tout ce que nous avons ressenti, c'est interd
Chapitre 83LyséaJe me tiens au pied du lit. Martha est adossée à des oreillers, le teint cireux, reliée à des machines. Elle ouvre les yeux, me fixe.— Suis-je la fille de Charles ?Ma voix est blanche. Elle éclate d'un rire sec.— Tu as enfin compris. Toutes ces années, tu n'as rien vu.Je vacille, je m'agrippe au montant du lit.— Kaelan et moi, nous sommes frère et sœur.Les mots s'échappent, comme une condamnation. Martha sourit.— Ça t'apprendra. Tu n'es que la bâtarde de mon mari, une tache sur le nom des Dorsay.— Pourquoi ? Pourquoi me laisser épouser Kaelan, si vous saviez ?Elle tousse, ses mains s'agrippent au drap.&nb
Chapitre 82LyséaJe lis tout. Les lettres s'étalent autour de moi, des années de passion, de promesses, de trahison. Une liaison de plusieurs années entre ma mère et Charles Dorsay. Lui, marié, tout-puissant, prisonnier de sa famille. Elle, amoureuse, patiente, espérant chaque jour qu'il quitterait Martha.Il promettait, encore et encore. « Je vais la quitter, je te le jure. » « Bientôt, nous serons libres. » « Attends-moi, mon amour. » Mais il ne l'a jamais fait. Les lettres se suivent, et les promesses restent des mots sur du papier jauni. Ma mère a attendu, espéré, puis elle a dû comprendre. Elle a dû se résigner, élever sa fille seule, et dire que le père était mort.Mes mains tremblent en ouvrant la dernière lettre, la plus récente
Chapitre 81LyséaJe monte au grenier pour m'occuper, pour ne pas penser. Liam dort enfin, Kaelan est sorti, et cette maison, la maison de ma mère, me serre le cœur avec ses murs fraîchement repeints. J'ai besoin de toucher à l'ancien, à ce qui n'a pas été rénové, à ce qui reste de nous.Le grenier est une caverne de poussière et de souvenirs. Des cartons, des malles, des piles de vêtements oubliés. Je m'agenouille près d'une étagère branlante, je commence à trier, à jeter, à ranger. Mes doigts tremblent un peu, mais je continue. C'est mécanique, presque apaisant.Puis je la trouve. Une boîte à chaussures, coincée derrière une pile de draps anciens. Elle est lourde, pleine de papiers. Je la pose sur mes genoux, je soulève le
Chapitre 80KaelanJe propose une trêve. Pas pour moi, pour Liam. Les mots pèsent, lourds comme des pierres, mais je les dis, parce qu'il le faut.— Il a besoin de nous deux, Lyséa. Pas d'un père et d'une mère qui se déchirent. Il a besoin de stabilité, de nous voir ensemble, même si ce n'est qu'une illusion.Elle me regarde, les bras croisés, le visage fermé. Depuis l'enlèvement, elle ne m'a pas quitté, mais une distance immense s'est installée entre nous. Elle ne me pardonne pas, pas tout à fait, et je ne lui demande pas de le faire.— Et tu crois qu'on peut faire semblant ? demande-t-elle.— Je crois qu'on peut essayer. Pour lui.Un silence. Puis elle hoche la tête, lentement.— D'accord. O&







