เข้าสู่ระบบChapitre 91ElenaJe regarde l’écran de mon ordinateur. Les photos sont prêtes. Lyséa, dans des poses obscènes, avec des hommes qu’elle n’a jamais vus. Des montages parfaits. Des visages flous, des corps nus, des draps froissés. J’ai payé un hacker, un vrai, pas un amateur. Le résultat est à la hauteur de mes espérances.J’ouvre ma messagerie. J’ai une liste de journalistes. Des tabloïds. Des sites à scandale. Des chaînes de télévision. Je joins les photos. J’écris un message simple : « La femme de Kaelan Dorsay, Lyséa Morel, prostituée de luxe. Photos exclusives. » J’envoie. À tous. En une seule fois.Je m’adosse à ma chaise. Le néon au-dessus de moi grésille. La pièce est vide, à
Chapitre 90ElenaLa cicatrice me dévore le visage. Une longue balafre qui descend de la tempe au menton, mal recousue, mal guérie, trace vivante de ma fuite. Je l'ai attrapée en sautant d'une voiture en marche, un mois plus tôt. J'ai perdu beaucoup de sang. J'ai perdu mon réseau. Mes hommes. Mes contacts. Mes comptes.Mais je n'ai pas perdu la haine.Je suis assise dans un entrepôt désaffecté, à la périphérie de la ville. L'endroit pue l'humidité et la rouille. Des néons vacillants projettent une lumière blafarde sur le béton. En face de moi, trois hommes. Des hommes du cartel de Medellín. Ils ont des visages durs, des costumes sombres, des armes visibles. Ils me regardent comme on regarde un rat qui aurait survécu à la noyade.— Vous avez du culot de
Chapitre 89LyséaLe oui me brûle les lèvres.Il est là, devant moi. À genoux dans l’herbe. La bague dans sa main. Ses yeux gris levés vers moi. Ses yeux qui ont menti, qui ont pleuré, qui ont supplié. Ses yeux qui m’aiment. Je le sais. Je l’ai toujours su. Mais la peur est encore là. Tapie dans ma poitrine. Vivante. Hurlante.— Kaelan…Ma voix tremble. Je pose ma main sur ma bouche. Je voudrais dire oui. Je voudrais me jeter dans ses bras. Je voudrais oublier. Mais je ne peux pas. Pas encore. Pas complètement.— Je ne peux pas te répondre maintenant.Il hoche la tête. Lentement. Il ne se relève pas. Il ne cache pas la bague. Il ne détourne pas les yeux. Il attend.— Je comprends.
Chapitre 88KaelanLe jardin de la maison des Vagues est baigné de lumière. Le soleil descend doucement sur l'océan. Lyséa est debout près de la falaise, les cheveux au vent. Liam joue dans l'herbe, à quelques mètres. Elle ne m'entend pas arriver. Elle regarde la mer.— Lyséa.Elle se retourne. Elle me voit. Elle voit mon visage. Elle voit mes mains. Elle voit mes yeux. Elle comprend. Elle ne dit rien. Elle attend.Je m'approche. Mes jambes tremblent. Mon cœur bat trop vite. J'ai répété ce moment mille fois dans ma tête. Mais maintenant que je suis là, devant elle, je ne sais plus parler.— Kaelan ?— Attends.Je prends une inspiration. Je la regarde. Ses yeux bleus. Ses lèvres. Ses cheveux. La petite cicatrice sur son front. Je veux me souvenir de tout. Graver ce moment dans ma mémoire. Pour toujours.
Chapitre 87KaelanJe comprends maintenant. Tout. La haine de Martha. Sa rage. Ses manigances. Lyséa était la preuve vivante que son mari avait aimé ailleurs. Une preuve qu'elle ne pouvait pas supporter. Une preuve qu'elle a passé sa vie à détruire.Je suis assis sur le canapé de la maison des Vagues, les coudes sur les genoux, la tête basse. Lyséa est à côté de moi. Elle attend. Elle sait que je dois parler. Elle me laisse le temps.— Ma mère a détruit ta mère, dis-je enfin. Elle a détruit ta mère, puis elle a détruit toi. Elle a volé les lettres. Elle a monté mon père contre toi. Elle a fait de ta vie un enfer.Lyséa ne répond pas. Elle me regarde. Ses yeux bleus sont calmes. Pas de colère. Pas de reproche. Juste une attente.— Elle a fait ça parce que ton père aimait ta mère. Parce que tu étais la preuve de cet amour. La preuve qu'il avait aimé ailleurs. La preuve qu'elle n'était pas la seule.Je serre les poings. Mes jointures blanchissent.— Et moi, j'ai tout accepté. J'ai cru ses
Chapitre 86LyséaL’enveloppe est sur la table. Blanche. Anonyme. Kaelan la fixe comme on fixe une arme. Moi, je ne peux pas la regarder. Je suis debout près de la fenêtre, les bras croisés, les ongles enfoncés dans mes paumes.— Ouvre-la, dis-je.Il ne bouge pas.— Kaelan.— Je sais.Il prend l’enveloppe. Ses doigts tremblent. Il l’ouvre lentement, en déchirant le papier avec précaution, comme si l’intérieur pouvait exploser. Il en sort une feuille. Une seule. Des résultats. Des mots scientifiques. Des pourcentages. Des conclusions.Il lit. Je le regarde lire. Son visage ne change pas. Pas un cil. Pas une ride. Puis il relève les yeux vers moi. Et dans ses yeux gris, je vois quelque chose que je n’avais pas vu depuis des semaines. De la lumière. Une lumière fragile, tremblante, presque incrédule.— Alors ? je demande. Ma voix est un fil.Il ne répond pas tout de suite. Il pose la feuille sur la table. Il s’approche de moi. Il prend mes mains. Les siennes sont glacées.— Tu n’es pas l







