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Tu viens avec moi

ผู้เขียน: Chantal
last update วันที่เผยแพร่: 2026-04-05 17:18:39

Oui, je gagnerais beaucoup plus. Mais je devrais supporter de voir Steven Watson tous les jours. Non merci. Rien que d’imaginer son regard bleu de glace posé sur moi, je sens ma un frisson me parcourir. Cet homme est une leçon vivante sur ce qu’il ne faut jamais recommencer. Il est tellement arrogant. J’ai froid rien qu’à penser à la façon dont il me jugeait, comme si je n’étais qu’un dossier mal classé dans son univers de contrôle absolu.

Et pourtant, mon cerveau a la mauvaise idée de se souvenir de sa voix posée et dangereusement séduisante, à son visage qu’on dirait sculpté et à son corps de… Il faut que j’arrête d’y penser…

_ Hey, la serveuse ! cria un type en costume depuis l’une des tables VIP.

Je pose le plateau et m’approche avec un sourire professionnel calibré.

_ Que puis-je vous apporter ?

Il me détaille de la tête aux pieds avec un sourire qui sent la bile. Ses amis rient; on dirait une bande de hyènes en col blanc.

_ Apporte-nous une bouteille de gin et de la vodka, ordonne-t-il.

_ Bien sûr, je reviens tout de suite, réponds-je d’une voix légère comme si je vendais des cartes postales et non des boissons.

_ Wow, elle est sexy, lance le second alors que je me retourne.

Je serre le plateau contre ma poitrine surtout pour ne pas le lui coller sur la tronche. Option non autorisée par le règlement de l’Eldorado et par ma propre prudence.

_ Dan, crie-je au barman en passant près du bar. Une bouteille de gin et une de vodka, s’il te plaît.

Il me regarde, un demi-sourire complice.

_Tu t'en sors ? demande-t-il en attrapant les bouteilles.

_ Jusqu’à présent, je n’ai frappé personne, réplique-je. Ce qui, convenons-en, est déjà une victoire.

Il me sourit, me donne les bouteilles et je remonte vers la table.

_ Voilà pour vous, messieurs, dis-je en posant le plateau.

Le type en costume, le « croûton » comme je l’ai surnommé mentalement, se penche et, prétendant m’aider, glisse la main vers moi. Au début c’est une caresse de connard, puis sa main veut devenir propriétaire. J’essaie en vain de me défaire de ses maudites mains.

_ Allez, ma jolie. Ne fais pas ta timide… murmure-t-il.

Sa paume se referme sur mon poignet et il me tire vers lui. Je sens ma panique monter. Je peux rire, crier, ou passer pour la serveuse docile mais je choisis autre chose. J’introduis mes doigts dans le tissu de ma chemise, plante mon coude dans son sternum et le repousse d’un coup sec. Sa main lâche et il renâcle, surpris de rencontrer une résistance qu’il n’avait pas prévue.

_ Je suis désolée, mais je ne suis que serveuse, dis-je avec mon sourire le plus froid. Les filles sur scène se feront un plaisir de vous divertir ; moi, je m’occupe des boissons.

Un silence glacial traverse la table. Le reste du club palpite comme si rien n’avait changé, mais quelques regards se tournent. Dan a cessé de polir le comptoir; il a l’air prêt à intervenir.

Le croûton tente un juron, puis, humilié, se racle la gorge et rabat sa fierté dans son verre. L’un de ses amis lance un rire forcé mais aucun d’eux n’en fait une scène. Mais, c’est une petite victoire dont je ne veux pas me vanter. Je replace le plateau sur mon bras, inspire profondément pour faire redescendre l’adrénaline, et murmure, plus pour moi que pour eux :

_ Quelle bande de crétin !!

Puis, je m’éloigne, la tête froide. Lorsque je reviens au bar, je lance presque le plateau sur le comptoir. Dan lève un sourcil sans rien dire. Il sait que c’est mon signal de “ne me parle pas pendant les dix prochaines secondes si tu tiens à ta vie”. Je prends une grande inspiration et essaie de calmer le tremblement ridicule dans mes mains.

_ Tout va bien ? demande-t-il finalement d’une voix basse.

_ Parfaitement, répondis-je entre mes dents. Je viens juste de me souvenir pourquoi je déteste les costards et les gin-tonics.

Dan esquisse un sourire en coin.

_ Je peux aller leur dire de dégager si tu veux.

_ Non. Laisse. Je crois que j’ai déjà fait forte impression, dis-je en récupérant une serviette pour essuyer un verre.

Un silence s’installe entre nous, confortable malgré tout. Les notes d’un vieux morceau de jazz remplacent la musique de scène, comme une pause respirable dans le chaos du club. Je pousse un long soupir.

_ Je vais faire un tour, dis-je finalement. J’ai besoin de... respirer un peu d’air qui n’a pas été recyclé par cinquante clients en rut.

Dan hoche la tête, compréhensif.

_ Prends ton temps, mais reviens avant que Marla te cherche. Elle déteste quand on disparaît sans prévenir.

_ Promis. Je ne ferai qu’un tour d’inspection très professionnel.

Je quitte le bar en glissant entre les tables avec mon plateau sous le bras. Je prends par la porte de service et sors du club. Enfin, pour la première fois de la soirée, je respire. Je ferme les yeux un instant et laisse le bruit du club s’éteindre derrière moi. Mais à peine ai-je inspiré une bouffée d’air qu’une voix pâteuse me coupe la respiration.

_ Hé, la serveuse… Qu’est-ce que tu fais toute seule ici ?

Je me retourne et tombe sur un client déjà bien entamé qui chancelle à quelques pas.

_ Rentrez, monsieur, dis-je calmement. Le club ferme bientôt.

_ Je me disais que tu as besoin de compagnie.

_ De compagnie ? C’est vous qui avez besoin de quelqu’un pour vous escorter chez vous. Vous n’êtes visiblement pas en état de rentrer.

_ Fais pas la maligne, grogne-t-il en avançant d’un pas.

Je sens mon estomac se nouer. Mon cerveau calcule déjà la distance jusqu’à la porte de service. Mais avant que je puisse bouger, il m’attrape brusquement par le bras et me plaque contre le mur. J’essaie de me débattre quand il colle son corps hyper dégueu contre le mien mais je n’y arrive pas.

_ Essaie de rester docile sinon tu auras beaucoup plus mal, dit-il avec son haleine puant d’alcool.

Je n’ai pas le temps de crier. Une autre main surgit de nulle part et se pose sur l’épaule de l’homme avant de le tirer vers l’arrière et lui coller un coup de poing à la figure. Un craquement sec retentit, suivi d’un cri de douleur tandis que le client tombe à la renverse.

Je recule, choquée. L’air quitte mes poumons dès que je pose les yeux sur mon sauveteur. Non, ce n’est pas possible. Et pourtant… si. Steven Watson est bien là, juste devant moi, en costume trois pièces comme s’il venait de sortir d’une réunion d’affaires et non d’entrer dans l’enfer de Chicago.

Pendant un instant, j’ai l’impression que le temps s’arrête. Le client geint et tente de se redresser, mais Steven ne le regarde même pas. Ses yeux bleus sont rivés sur moi. Et dans son regard, il y a tout. De la fureur, de la surprise, du jugement… et quelque chose d’indéfinissable que je préfère ne pas nommer.

_ C’est fini, dit-il d’une voix grave. On s’en va.

_ Quoi ?… arrivé-je à articuler, la tête bourdonnante.

_ Tu viens à Miami avec moi.

_ Tu ne peux pas juste débarquer et…

Il ne m’écoute pas. En un geste sûr et autoritaire, il me saisit par le bras et m’attire vers lui. Son parfum, son souffle et sa présence intimidante, tout revient d’un seul coup. Il se penche et me soulève comme si je ne pesais rien. Je lutte, mais il ne me dépose pas. Merde ! Comment diable ai-je pu croire, une seconde, que je ne le reverrais jamais ?

***TROIS ANS PLUS TÔT ***

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