LOGINLe léger ding de l’ascenseur annonce son arrivée. Sarah entre dans le penthouse d’un pas pressé, son regard passant aussitôt de mon visage à mon ventre. _ Je suis venue aussi vite que j’ai pu, lâche-t-elle. _ Bonjour à vous aussi, madame Gray, marmonne l’infirmière sans lever les yeux. Sarah rit nerveusement et s’approche. _ Wow… Qu’est-ce qui s’est passé ? demande-t-elle en me regardant. Avant que je ne puisse répondre, l’infirmière parle à ma place. _ Elle a rouvert sa plaie. Sarah fronce les sourcils. _ Comment ça ? _ Je n’ai pas rouvert la plaie, dis-je sèchement. Elle s’est ouverte. _ Oui, bien sûr, rétorque l’infirmière d’un ton chargé de sous-entendus. Je la fixe, glaciale. _ Sarah, dis-je calmement, je ne sais pas où tu l’as trouvée, mais si elle continue à me manquer de respect chez moi, elle peut partir. Sarah soupire et se tourne vers l’infirmière. _ Lauren… essayez de parler moins et de vous concentrer s
**Steven Watson** Je n’arrive toujours pas à croire qu’elle ait osé me demander ça, à moi. Après tout ce que j’ai fait pour elle, après tous les écarts que je me suis permis... pour elle. Ce n’est pas moi qui ai répandu ces rumeurs, bordel. Ce n’est pas moi qui ai livré son nom à la presse ni sali son image. Et malgré ça, c’est moi qu’elle vient affronter, comme si j’étais le responsable de tout. J'aime bien qu'elle me défie d'habitude mais là, elle est allée beaucoup trop loin Je passe une main sur mon visage, crispé. Diana est en train de devenir émotionnellement un problème. Et c’est bien ça qui m’agace le plus. J’ai tout fait pour qu’elle se sente à sa place ici. Trop, peut-être. Je lui ai laissé des libertés que personne d’autre n’aurait jamais eues. Je l’ai laissée me parler sans filtre, me tenir tête et me provoquer parfois. J’ai toléré ce que je n’aurais jamais accepté d’une autre. Et maintenant, elle croit pouvoir partir quand ça lui chante. Peut-êtr
*Diana Moran** Le week-end est passé avec lenteur. Mon dimanche a été aussi ennuyeux qu’un couloir sans fin, sans fenêtre ni issue. Je ne suis même pas sortie de chez moi, une seule fois. Les rideaux sont restés tirés, la ville dehors a continué de vivre sans moi, et je me suis enfermée dans une routine malsaine. J’ai passé des heures à lire les commentaires sur les réseaux sociaux à mon sujet. Ce qui, bien évidemment, était une erreur monumentale. Plus je faisais défiler l’écran, plus une boule se formait dans mon estomac. Les gens me haïssent, ils me détestent comme s’ils me connaissent personnellement. Pour eux, je suis déjà coupable. Sabrina est devenue la victime idéale. La fille riche, humiliée, et la femme bafouée par mes plans. Et moi ? Je suis la manipulatrice, l’arriviste et la petite secrétaire ambitieuse qui aurait utilisé son patron pour grimper plus haut. Je suis allée sur mon compte Instagram où le nombre d’abonnés a explosé. Et la plupart sont
Il frappe du poing contre le mur. Ma mère sursaute. _ Tu vas t’excuser, Sabrina. Il me fixe durement. _ Que tu le veuilles ou non. Je secoue la tête, incrédule. _ Tu veux que je m’humilie devant toute la presse ? Que je passe pour une folle jalouse ? _ Tu l’es devenue, tranche-t-il. Steven doit voir que tu reconnais ton tort et surtout… que tu reconnais son autorité. Alors, tu en profiteras pour laver cette femme de tout ce dont les médias l'accusent. _ Jamais, soufflé-je. Ma voix tremble. _ Jamais je ne ferai ça pour elle. Il s’approche lentement. _ Ce n’est pas pour elle que tu le feras. C’est pour nous. Je ris nerveusement, un rire presque hystérique. _ Et s’il refuse quand même ? Et si, même après ça, il refuse de renouer avec nous ? Mon père détourne légèrement le regard. _ Alors nous limiterons les dégâts. _ C’est-à-dire ? Il me regarde de nouveau. _ Il nous laissera tomber lentement au lie
**Sabrina Miller** Allongée à plat ventre sur mon lit, les pieds battant l’air, je fais défiler les messages de mes amies avec un sourire satisfait. Aujourd’hui est une belle journée, très belle. Les articles sont sortis et ils ont bel et bien parlé de Steven et de sa laide assistante. Mais pas comme ils l'auraient fait si je ne les avais pas appelé. Ils ont dit ce que je voulais et bien plus. À cette heure-ci, cette fille doit être en train de lire son nom associé aux mots arriviste, secrétaire ambitieuse, nouvelle conquête, jouet... Je jubile. Qu’elle ait honte, qu’elle se cache et qu’elle comprenne enfin qu’on ne me provoque pas sans en payer le prix. Je tape une réponse à Fève quand un hurlement déchire la maison. _ OÙ EST-ELLE ? Je fronce les sourcils. _ Hugh, calme-toi, entend-je ma mère tenter de temporiser. _ SABRINA ! SABRINA !! La porte s’ouvre violemment en cognant contre le mur. Je sursaute et me redresse brusquement. _ M
**Steven Watson** Je ne tente pas de la rattraper. Ce serait inutile et, surtout, indigne de moi. Diana est trop fière pour faire demi-tour, et bien trop en colère pour entendre quoi que ce soit qui ne conforte pas sa version des faits. La colère la rend sourde et la fierté la rend imprudente. Je la regarde s’éloigner par le rétroviseur, le pas raide. Lorsqu’elle disparaît enfin de mon champ de vision, je détourne les yeux avec un calme presque clinique. Je ferme un instant les paupières. Les médias, toujours les médias. Ils fonctionnent tous de la même manière, ils aboient, exagèrent, inventent, puis ils réclament une réaction comme un chien réclame son os. Et la plus grande erreur que l’on puisse commettre, c’est de la leur donner. On ne répond jamais à la calomnie, jamais. Répondre, c’est s’abaisser à leur niveau. C’est reconnaître que leur venin mérite une justification. Et à partir de là, on a déjà perdu. Et moi, je ne perds pas. Ils peuvent écrire ce qu’ils







