MasukAmanda cligne des yeux, puis sourit. _ Oh oui, Moran. Excuse-moi… J’ai toujours eu du mal avec les noms. Elle penche la tête tandis que son regard glisse sur moi. _ Surtout quand ce sont des noms de personnes de… basse catégorie. Le visage de Steven se ferme instantanément. _ La seule chose de basse ici, Amanda, dit-il calmement, c’est le niveau de cette remarque. Elle ouvre la bouche, surprise. _ Tu exagères. _ Non, je précise, rétorque-t-il. C’est une habitude chez moi. Amanda se redresse, piquée. _ Je voulais simplement demander à mademoiselle la secrétaire... Steven s’apprête à l’interrompre, mais je pose doucement ma main sur son avant-bras. _ …comment elle a géré le stress de la semaine dernière, poursuit Amanda en me regardant enfin. Toutes ces rumeurs… ça n’a pas dû être facile. Je soutiens son r
**Diana Moran** Une semaine. Une semaine entière s’est écoulée depuis que Steven m’a embrassée dans son bureau, et pourtant, chaque fois que j’y pense, la scène me paraît irréelle. Comme si elle appartenait à une autre vie. Ou à un rêve un peu trop précis pour être honnête. Comment ai-je pu faire une chose pareille ? Comment ai-je pu le laisser faire… et pire encore, y répondre avec autant d’ardeur ? Je ferme brièvement les yeux devant le miroir des toilettes attenantes à son bureau. Mauvaise idée car aussitôt, l’image revient... son corps contre le mien, sa main contre le mur, sa bouche sur la mienne, cette perte totale de contrôle que je n’avais jamais connue auparavant. Merde. Pourquoi suis-je aussi faible face à lui ? Ces derniers jours ont été les plus éprouvants depuis que je travaille pour Steven. Pas parce qu’il est plus exigeant, il l’a toujours été, mais parce que chaque interaction, chaque regard
L’écran continue de diffuser l’émission et l'animateur continue à lui poser des questions, mais autour de moi, tout semble irréel. Je reste figée. Les murmures continuent, mais je n’entends plus rien. Elle ne pensait pas un mot de ce qu’elle a dit. C’est impossible. Personne ne s’expose ainsi de son plein gré. On l’y a forcée, j’en suis sûre. Et c'est sûrement... Steven. Je porte une main à mon visage, comme si ça pouvait m’aider à remettre mes pensées en ordre. Il l’a déjà forcée à s’excuser publiquement le soir où elle m’a jeté ce verre de vin au visage. Alors aujourd’hui… il a forcément agi encore. Il a dû lui imposer ça d'une manière ou d'une autre. Je ne peux pas décrire exactement ce que je ressens en ce moment. Je dois dire que c'est à la fois de la culpabilité, de la confusion et quelque chose qui ressemble dangereusement à de la reconnaissance. Et moi qui lui en voulais… Enfin, j’avais mes raisons. Il m’a regardée
**Steven Watson** Je n’arrive toujours pas à croire qu’elle ait osé me demander ça, à moi. Après tout ce que j’ai fait pour elle, après tous les écarts que je me suis permis... pour elle. Ce n’est pas moi qui ai répandu ces rumeurs, bordel. Ce n’est pas moi qui ai livré son nom à la presse ni sali son image. Et malgré ça, c’est moi qu’elle vient affronter, comme si j’étais le responsable de tout. J'aime bien qu'elle me défie d'habitude mais là, elle est allée beaucoup trop loin Je passe une main sur mon visage, crispé. Diana est en train de devenir émotionnellement un problème. Et c’est bien ça qui m’agace le plus. J’ai tout fait pour qu’elle se sente à sa place ici. Trop, peut-être. Je lui ai laissé des libertés que personne d’autre n’aurait jamais eues. Je l’ai laissée me parler sans filtre, me tenir tête et me provoquer parfois. J’ai toléré ce que je n’aurais jamais accepté d’une autre. Et maintenant, elle croit pouvoir partir quand ça lui chante. Peut-êtr
*Diana Moran** Le week-end est passé avec lenteur. Mon dimanche a été aussi ennuyeux qu’un couloir sans fin, sans fenêtre ni issue. Je ne suis même pas sortie de chez moi, une seule fois. Les rideaux sont restés tirés, la ville dehors a continué de vivre sans moi, et je me suis enfermée dans une routine malsaine. J’ai passé des heures à lire les commentaires sur les réseaux sociaux à mon sujet. Ce qui, bien évidemment, était une erreur monumentale. Plus je faisais défiler l’écran, plus une boule se formait dans mon estomac. Les gens me haïssent, ils me détestent comme s’ils me connaissent personnellement. Pour eux, je suis déjà coupable. Sabrina est devenue la victime idéale. La fille riche, humiliée, et la femme bafouée par mes plans. Et moi ? Je suis la manipulatrice, l’arriviste et la petite secrétaire ambitieuse qui aurait utilisé son patron pour grimper plus haut. Je suis allée sur mon compte Instagram où le nombre d’abonnés a explosé. Et la plupart sont
Il frappe du poing contre le mur. Ma mère sursaute. _ Tu vas t’excuser, Sabrina. Il me fixe durement. _ Que tu le veuilles ou non. Je secoue la tête, incrédule. _ Tu veux que je m’humilie devant toute la presse ? Que je passe pour une folle jalouse ? _ Tu l’es devenue, tranche-t-il. Steven doit voir que tu reconnais ton tort et surtout… que tu reconnais son autorité. Alors, tu en profiteras pour laver cette femme de tout ce dont les médias l'accusent. _ Jamais, soufflé-je. Ma voix tremble. _ Jamais je ne ferai ça pour elle. Il s’approche lentement. _ Ce n’est pas pour elle que tu le feras. C’est pour nous. Je ris nerveusement, un rire presque hystérique. _ Et s’il refuse quand même ? Et si, même après ça, il refuse de renouer avec nous ? Mon père détourne légèrement le regard. _ Alors nous limiterons les dégâts. _ C’est-à-dire ? Il me regarde de nouveau. _ Il nous laissera tomber lentement au lie







