LOGINUn silence lourd tombe entre nous. Je recule lentement et sors de la chambre à grandes enjambées, la vision brouillée par les larmes. Puis, je m’enferme dans la mienne en claquant presque la porte. L’air me manque. J’ai l’impression que les murs se rapprochent, que l’espace se contracte autour de moi.
Je n’arrive pas à rester en place. Je marche, puis m’arrête et recommence. Mes mains tremblent et mon cœur bat trop fort, trop vite. Je saisis le téléphone fUn silence lourd tombe entre nous. Je recule lentement et sors de la chambre à grandes enjambées, la vision brouillée par les larmes. Puis, je m’enferme dans la mienne en claquant presque la porte. L’air me manque. J’ai l’impression que les murs se rapprochent, que l’espace se contracte autour de moi. Je n’arrive pas à rester en place. Je marche, puis m’arrête et recommence. Mes mains tremblent et mon cœur bat trop fort, trop vite. Je saisis le téléphone fixe posé sur la commode et mes doigts se referment autour du combiné. Qui appeler ? Personne. Il n’y a personne à cette heure-là. Et même s’il y avait quelqu’un… que dire ? Comment expliquer que tout ce que je croyais réel vient de s’effondrer en quelques phrases cruelles ? Je repose le téléphone avec brusquerie, passe une main dans mes cheveux déjà en bataille et tire dessus, comme si la douleur physique pouvait calmer le reste. Mais non. Ça ne va toujo
**Diana Moran** Je regarde l’heure pour la énième fois sur l'écran de mon téléphone. Il est vingt-trois heures cinquante huit. Je soupire et laisse ma main retomber mollement sur le canapé. Devant moi, la télévision diffuse la série Empire. Moi, je suis figée, regardant Cookie et Lucious se disputer. Les images défilent devant mes yeux sans vraiment exister. J'aime beaucoup cette série mais aujourd'hui, elle semble... Dans une autre dimension. Je n'arrive pas à m'arrêter de penser, c'est plus fort que moi. Steven en met du temps et je sais que ce n’est pas à cause du travail. Il travaille beaucoup, certes, mais il ne travaille jamais aussi tard sans raison valable. À moins qu'il ait un rendez-vous ce soir, je ne vois pourquoi il mettrait autant de temps. Je déglutis. Qu’est-ce qui m’a pris de croire que cette nuit-là avait un sens ? S'il m'évite autant, c'est sûrement parce qu'il ne veut pas me regarder en face et me dire qu'il
**Steven Watson** La porte de mon bureau s’ouvre alors que je tente désespérément de me noyer dans le travail. Depuis le départ de Diana, je relis les mêmes lignes, je corrige des détails insignifiants, tout ça pour éviter de penser à elle, à son regard blessé et à son silence quand je l’ai fait raccompagner. _ J’ai dit que je ne voulais pas être dérangé, grogné-je sans lever les yeux. Je m’attends à entendre la porte se refermer aussitôt. Au lieu de ça, une voix douce s’élève devant moi. _ Je sais, répond Sienna calmement. Mais je sais aussi que vous avez besoin de café. Je serre la mâchoire mais continue ce que je fais. Mes doigts pianotent le clavier de mon MacBook tandis qu’elle s’avance et dépose la tasse sur le bord du bureau. Je ne lui adresse même pas un regard. J’espère qu’elle comprendra le message et repartira. Sauf qu'elle ne le fait pas. _ Je ne savais pas que vous étiez marié, repr
Mes sourcils se froncent de surprise et colère. _ Et tu n’aurais pas pu attendre que je rentre ce soir ? reprend-il aussitôt, sans me laisser le temps de répondre. Ce n’est pas comme si j’allais découcher. Je serre les poings. _ J'aurais pu mais tu rentres tard et tu repars tôt, dis-je d'une voix tremblante malgré moi. Dis-moi à quel moment on aurait pu avoir une discussion. Il ricane, sans humour. _ Ce n’est pas à toi de décider quand et où on parle. _ Il fallait que je prenne les choses en main vu que tu m'évites. _ Tu n'aurais pas dû. Il fait quelques pas dans la pièce,m et passe une main dans ses cheveux, visiblement à bout. _ Je n’ai pas besoin de distractions au travail, Diana. J’ai des responsabilités, des contrats et des décisions qui valent des millions. Je n'ai pas besoin de… ça. Il me désigne vaguement, comme si j’étais un problème de
J'acquiesce et m’installe sur l’un des fauteuils du hall, les mains crispées sur mon sac. Les minutes passent de plus en plus vite. Je fais semblant de consulter mon téléphone, mais je ne lis rien. Mon esprit est trop occupé à imaginer ce qui se passe derrière cette porte fermée. De temps à autre, je sens le regard de Sienna posé sur moi. Elle ne me quitte pas longtemps des yeux. Chaque fois que nos regards se croisent, elle détourne les siens, comme si elle venait d’être surprise en faute. Elle entre et sort du bureau de Steven, sûrement pour lui apporter des dossiers, du café, des documents à signer. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai l’étrange impression qu’elle ne m’aime pas du tout. Ce n’est pas de l’indifférence, c’est… personnel. Je fronce légèrement les sourcils, troublée. Je ne lui ai pourtant rien fait. Le silence est rompu par le clic de la poignée. Puis la porte du bureau de Steven s’ouvre. Un à un, des hommes en c
**Diana Moran** _ Alors, vous n’avez pas discuté ? demande Sarah à l’autre bout du fil. Allongée sur le plan de travail de la cuisine, je tends la main vers le saladier et attrape une cerise que je porte lentement à ma bouche. Son goût sucré n’arrive pas à chasser le nœud dans mon ventre. _ Non… Quand il est rentré hier soir, je dormais déjà. Et ce matin, il était parti avant même que je me réveille. _ Dans ce cas, attends ce soir. Ou rejoins-le au bureau. Vous devez tirer tout ça au clair, Diana. Je ferme les yeux et souffle longuement. _ Je n’aime pas ça, murmuré-je. _ Quoi ? _ Cette sensation de flottement. De ne pas savoir où j’en suis… ni ce que je représente pour lui. _ Arrête de te torturer l’esprit. _ Ce n'est pas l'envie qui manque... J’essaie. Vraiment. Un petit silence s’installe. Puis une pensée que je redoutais fran







