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Chapitre 05

Author: Vicky Danny
last update Petsa ng paglalathala: 2026-07-28 20:33:51

Un soir, incapable de supporter plus longtemps cette claustrophobie oppressante, elle décida de s'aventurer hors du manoir. Elle connaissait désormais les horaires du personnel, les rondes des gardes postés aux entrées. Elle avait repéré une aile du domaine moins surveillée, donnant sur une cour discrète bordée d'une haie imposante.

L'air nocturne était lourd, chargé d'humidité et de promesses d'orage. Elle avança prudemment, son cœur battant à un rythme effréné, chaque bruit amplifiant sa tension. Son objectif était simple : atteindre les grilles à l'arrière du domaine, disparaître dans la nuit avant que quiconque ne remarque son absence.

Mais elle n'eut pas le temps d'atteindre son but.

Une silhouette surgit de l'ombre, bloquant son passage avec une précision glaciale.

- Je pensais que tu comprendrais à présent, Léa.

Rafael.

Son ton était calme, mais l'acier sous-jacent était indéniable. Il se tenait là, impassible, comme s'il avait anticipé chacun de ses mouvements.

Elle sentit la colère monter en elle, une frustration brûlante qui lui donnait envie de crier.

- Tu m'espionnes ? demanda-t-elle, la voix tremblante d'indignation.

- Je t'empêche de commettre une erreur, corrigea-t-il doucement.

Elle serra les poings.

- Me retenir prisonnière, c'est ça ton idée du contrôle ?

Un éclat traversa ses yeux sombres.

- Ce n'est pas une prison, Léa. C'est une protection.

Elle éclata d'un rire amer.

- Contre quoi, exactement ?

Il s'approcha d'un pas mesuré, réduisant la distance entre eux avec une aisance calculée.

- Contre des dangers dont tu n'as même pas conscience.

Elle le défia du regard, refusant de céder à l'intimidation silencieuse qu'il exerçait sur elle.

- Laisse-moi partir, Rafael.

Un silence pesa entre eux. Puis, lentement, il esquissa un sourire indéchiffrable.

- Tu n'es pas prête.

Sans qu'elle ne comprenne comment, il venait une fois de plus de refermer une porte sur elle. Une porte invisible, mais plus infranchissable encore que les grilles du domaine.

Léa sentit une vague de frustration l'envahir, mais aussi une certitude grandissante.

Il y avait quelque chose que Rafael lui cachait.

Et quoi que ce soit, elle devait le découvrir.

Le lendemain matin, l'orage avait éclaté dans la nuit, laissant derrière lui une atmosphère lourde et chargée d'électricité. Le ciel, encore voilé de nuages bas, peignait le domaine des Silva d'une teinte sombre et oppressante. Léa se réveilla avec cette même sensation de poids sur la poitrine, un mélange de frustration et d'incertitude qui l'empêchait de trouver un semblant de paix.

Elle se leva lentement, jetant un regard vers les grandes fenêtres qui donnaient sur l'immensité du parc. Chaque jour passé ici ne faisait que renforcer son impression d'être une étrangère dans un monde qui ne lui appartenait pas. Pourtant, quelque chose en elle commençait à s'adapter à ce décor, à ces murs trop hauts et ces silences trop pesants.

Rafael n'avait pas reparu depuis leur confrontation nocturne. Il était parti tôt, comme toujours, absorbé par ses affaires, laissant derrière lui cette absence oppressante qui pesait plus lourd que sa présence. Léa savait qu'il reviendrait, toujours avec cette même certitude implacable, toujours avec cette façon de tout contrôler sans jamais sembler lever le moindre effort.

Déterminée à ne pas se laisser écraser par ce sentiment d'impuissance, elle quitta sa chambre et descendit l'immense escalier de marbre qui menait au rez-de-chaussée. Le manoir était étrangement silencieux à cette heure, comme si toute vie s'était momentanément figée.

Dans le grand salon, elle trouva une femme qu'elle n'avait jamais vue auparavant. Élégante, vêtue d'une robe beige parfaitement ajustée, ses longs cheveux bruns encadraient un visage aux traits raffinés. Elle se tenait près de la cheminée, une coupe de café à la main, observant les flammes d'un air pensif.

Lorsque Léa entra, la femme tourna lentement la tête vers elle.

- Vous devez être Léa.

Sa voix était douce, mais teintée d'une assurance qui lui donna immédiatement l'impression d'avoir affaire à quelqu'un d'important.

- Et vous êtes... ?

La femme esquissa un léger sourire avant de poser sa tasse sur la table en verre.

- Bianca Almeida. Une vieille amie de Rafael.

Un frisson imperceptible parcourut Léa. Elle n'avait jamais entendu parler de cette femme, mais il y avait quelque chose dans son attitude qui la mettait mal à l'aise.

- Une amie, répéta-t-elle en s'efforçant de garder une expression neutre.

Bianca inclina la tête, son regard perçant détaillant Léa comme si elle évaluait un adversaire.

- C'est le mot qu'il utiliserait, en tout cas.

Léa sentit une tension sourde s'installer.

- Pourquoi êtes-vous ici ?

Bianca se rapprocha, ajustant la manche de sa robe avec une précision presque mécanique.

- Je voulais voir par moi-même qui était la femme que Rafael avait décidé d'épouser.

Le cœur de Léa se serra. Il y avait une lueur de défi dans les yeux de Bianca, une ombre de quelque chose qu'elle n'arrivait pas à définir.

- Et alors ? demanda-t-elle en croisant les bras.

Bianca sourit, mais ce sourire n'avait rien de chaleureux.

- Vous êtes différente de ce que j'imaginais.

Léa soutint son regard sans ciller.

- Je suis sûre que Rafael vous a déjà dit que je n'avais pas choisi d'être ici.

- Oh, bien sûr. Mais Rafael obtient toujours ce qu'il veut.

Léa sentit une pointe glacée lui traverser l'échine.

- Vous semblez bien le connaître.

Bianca s'approcha encore, réduisant la distance entre elles d'un pas mesuré.

- Mieux que vous ne le pensez.

Un silence lourd s'installa.

Léa comprit alors qu'elle n'avait pas seulement affaire à une amie de Rafael. Cette femme était bien plus que cela. Et elle était venue avec un but précis.

Elle devait découvrir lequel, avant qu'il ne soit trop tard.

Les heures qui suivirent la visite de Bianca laissèrent une empreinte étrange sur Léa, comme un parfum persistant dont elle ne pouvait se débarrasser. Il y avait eu dans cette rencontre quelque chose de trop maîtrisé, trop calculé. Cette femme n'était pas venue par simple curiosité. Elle était venue pour sonder, jauger, peut-être même avertir.

Léa passa l'après-midi enfermée dans sa chambre, réfléchissant à ce que signifiait réellement la présence de Bianca dans la vie de Rafael. Une ancienne amante ? Une associée ? Une menace déguisée en alliée ? Tout dans son attitude laissait entendre qu'elle en savait plus qu'elle ne voulait bien l'admettre.

Le soleil déclinait lentement sur Rio, teintant le ciel de nuances dorées et pourpres. Léa se redressa sur le fauteuil où elle s'était laissée tomber, l'ombre des doutes pesant toujours sur ses épaules. Elle ne pouvait pas se contenter d'attendre, passive, que les réponses lui viennent.

Elle quitta sa chambre et longea les couloirs silencieux du manoir, ses pas feutrés sur les tapis épais. L'atmosphère avait quelque chose d'oppressant à cette heure-ci, comme si les murs eux-mêmes retenaient leur souffle.

Sans vraiment y penser, elle se retrouva devant la porte du bureau de Rafael. C'était la deuxième fois qu'elle s'y aventurait, et cette fois, elle n'attendit pas d'y être invitée.

Elle poussa la porte et pénétra dans la pièce.

L'endroit était exactement comme elle l'avait laissé la dernière fois : ordonné, froid, dénué de tout élément personnel. Mais cette fois-ci, quelque chose attira immédiatement son regard. Sur le bureau, parmi les dossiers soigneusement empilés, trônait une enveloppe de papier crème.

Elle s'approcha lentement, tendit la main et effleura du bout des doigts le papier épais. Un nom était écrit à l'encre noire sur le devant. Bianca Almeida.

Le cœur de Léa rata un battement.

Pourquoi Rafael aurait-il une lettre adressée à cette femme, exposée ainsi sur son bureau ? Était-ce une coïncidence ou un message délibérément laissé là pour être vu ?

Elle hésita, tira l'enveloppe vers elle et sentit l'adrénaline pulser dans ses veines. Avant qu'elle ne puisse prendre une décision, un bruit derrière elle la figea sur place.

- Tu cherches quelque chose ?

La voix grave de Rafael résonna dans la pièce comme une lame s'a

battant sur la pierre.

Léa redressa la tête et rencontra son regard sombre, impénétrable. Il était appuyé contre l'encadrement de la po

rte, les bras croisés, une expression indéchiffrable sur le visage.

Elle serra l'enveloppe entre ses doigts.

Elle avait peut-être mis les pieds sur un terrain plus dangereux qu'elle ne l'avait imaginé.

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