LOGINLes premiers rayons du soleil traversaient doucement les rideaux de la chambre.
Jordan Wilson était déjà réveillé.
Comme chaque matin, il suivit la même routine. Il enfila son costume sombre, ajusta soigneusement sa cravate devant le miroir, puis jeta un coup d’œil à sa montre.
Une importante réunion du conseil d’administration l’attendait.
Il prit les clés de sa voiture et se dirigea vers la porte, essayant de quitter la chambre sans faire le moindre bruit.
— Jordan…
La voix encore ensommeillée d’Angelina le fit s’arrêter.
Il se retourna.
Elle venait d’ouvrir les yeux. Ses cheveux étaient en bataille et son visage trahissait encore la fatigue d’une nuit beaucoup trop courte.
— Tu pars déjà ? demanda-t-elle doucement.
— Oui.
Angelina se redressa lentement.
Elle hésita quelques secondes avant de reprendre :
— Tu pourrais au moins prendre ton petit-déjeuner avant de partir. Je l’ai préparé spécialement pour toi.
Jordan resta silencieux un instant.
Il regarda sa montre.
— Je n’ai pas le temps.
Ces quatre mots suffirent à éteindre l’espoir qui brillait dans les yeux d’Angelina.
Il ouvrit la porte.
— Passe une bonne journée.
Puis il partit.
La porte se referma doucement derrière lui.
Angelina baissa la tête.
Ses mains agrippèrent fermement les draps.
La veille au soir, malgré la douleur qu’elle ressentait, elle avait passé plusieurs heures à préparer son petit-déjeuner préféré. Elle espérait simplement partager quelques minutes avec son mari avant qu’il ne parte travailler.
Encore une fois…
Il était parti sans même regarder ce qu’elle avait préparé.
Elle ferma les yeux quelques secondes pour retenir ses larmes.
Puis elle inspira profondément.
— Ce n’est rien… murmura-t-elle pour se convaincre elle-même. Peut-être que demain sera différent…
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Quelques minutes plus tard, une élégante voiture noire s’arrêta devant le siège du Wilson Group.
À peine Jordan eut-il franchi les portes du hall que tous les employés interrompirent ce qu’ils faisaient.
— Bonjour, monsieur Wilson.
— Bonjour, monsieur le président.
Jordan répondit d’un léger mouvement de tête avant de se diriger directement vers les ascenseurs privés menant au dernier étage.
Son expression était toujours aussi sérieuse et impassible.
Peu après, il entra dans son vaste bureau.
Il venait à peine de poser sa mallette lorsque sa secrétaire, Olivia Lockman, frappa à la porte.
— Bonjour, monsieur Wilson.
— Bonjour, Olivia.
Elle consulta sa tablette.
— Votre réunion avec le conseil d’administration commence dans trente minutes.
Jordan acquiesça.
— Très bien.
Olivia hésita quelques secondes avant de poursuivre :
— Cependant, il y a un autre sujet.
Jordan leva les yeux vers elle.
— Camille Laurent est dans le hall. Elle dit avoir rendez-vous avec vous.
L’expression de Jordan se durcit immédiatement.
— Je n’ai pris aucun rendez-vous avec elle.
— Voulez-vous que la sécurité la raccompagne à l’extérieur ?
Jordan réfléchit quelques secondes.
Finalement, il répondit calmement :
— Non. Fais-la monter.
Il marqua une courte pause.
— Mais seulement cinq minutes.
— Très bien, monsieur.
Quelques minutes plus tard, Camille entra dans le bureau avec son élégance habituelle.
Son sourire semblait parfaitement naturel.
— Bonjour, Jordan.
Il resta debout derrière son bureau.
— Qu’est-ce que tu veux ?
Sans perdre son calme, Camille posa une élégante boîte sur le bureau.
— Je t’ai apporté ton café préféré. Tu oubliais toujours d’en boire lorsque tu étais sous pression.
Jordan observa la boîte quelques secondes sans y toucher.
— Merci.
Sa voix resta froide.
— Mais ce ne sera pas nécessaire.
Le sourire de Camille se figea un instant, mais elle retrouva aussitôt son calme.
À cet instant, la porte du bureau s’ouvrit de nouveau.
Samuel Kipper, le directeur financier, entra avec plusieurs dossiers sous le bras.
En apercevant Camille, il lui adressa un sourire cordial.
— Eh bien… Je ne savais pas que vous étiez revenue, mademoiselle Laurent.
Camille lui répondit avec élégance.
— Je suis revenue. Et cette fois, je compte bien rester.
Ses yeux se dirigèrent discrètement vers Jordan.
Puis elle ajouta d’un ton lourd de sous-entendus :
— Et je ne laisserai plus personne me prendre ce qui m’appartient.
Jordan comprit immédiatement le véritable sens de ses paroles.
Son regard devint glacial.
Mais il préféra garder le silence.
Ce qu’il ignorait encore, c’était que pendant qu’il protégeait son entreprise de ses concurrents, Camille préparait déjà un piège bien plus dangereux.
Et la première personne à en subir les conséquences serait Angelina.
Angelina resta immobile à sa place.Pendant quelques secondes, elle cessa d’entendre tout ce qui se passait autour d’elle.Les voix des invités, les rires, le tintement des verres qui s’entrechoquaient… tout semblait venir de très loin.Peu à peu, le gala reprit son cours.Les conversations remplirent de nouveau la salle, mais les regards continuaient de se tourner vers elle.Certaines personnes l’observaient avec curiosité.D’autres semblaient déjà avoir tiré leurs propres conclusions.Angelina avait l’impression d’être complètement seule au milieu de cette foule.Comme si elle n’avait jamais eu sa place ici.Face à elle, Camille affichait un sourire doux et innocent qui rendait ses véritables intentions encore plus difficiles à deviner.— Excusez-moi, dit-elle en regardant Angelina avec une expression de surprise feinte. Je pensais vraiment que vous travailliez pour monsieur Wilson.Quelques personnes autour d’elles échangèrent des regards amusés.Un petit rire se fit même entendre
À six heures et demie précises, Angelina descendit lentement les marches de la villa Wilson.Chacun de ses pas était mesuré.Elle avait passé plus d’une heure à se préparer, non par vanité, mais parce qu’une petite partie d’elle espérait encore que cette soirée serait différente.Elle portait une élégante robe bleu nuit qui mettait délicatement sa silhouette en valeur. Ses longs cheveux châtains retombaient en douces ondulations sur ses épaules, tandis qu’un maquillage discret parvenait à peine à dissimuler la fatigue laissée par les dernières nuits difficiles.Devant le miroir, elle avait essayé de se convaincre qu’elle était toujours cette femme heureuse qui, trois ans plus tôt, avait choisi d’épouser Jordan.Mais ses yeux racontaient une tout autre histoire.Lorsqu’elle arriva dans le salon, la porte d’entrée s’ouvrit.Jordan venait d’arriver.Il leva les yeux vers elle.Pendant quelques secondes, il resta silencieux.Son regard parcourut sa robe, son visage et ses cheveux soigneus
Une heure plus tard, le calme de la villa Wilson fut interrompu par la sonnerie de la porte.Angelina descendit rapidement.Lorsqu’elle ouvrit, elle découvrit un livreur tenant une grande enveloppe en papier kraft.— Madame Wilson ?— Oui.L’homme lui tendit le colis avec un sourire professionnel.— C’est une livraison pour vous. Passez une excellente journée.— Merci.Dès que le livreur s’éloigna, Angelina referma doucement la porte.Elle observa l’enveloppe pendant quelques secondes.Il n’y avait aucun nom d’expéditeur.Seulement le sien, écrit en grosses lettres noires.Un étrange malaise s’empara d’elle.Elle hésita un instant, puis ouvrit finalement l’enveloppe avec précaution.Plusieurs photographies tombèrent aussitôt sur le parquet en bois.Son cœur sembla s’arrêter pendant une seconde.Elle se pencha pour les ramasser.Sur la première photo, Jordan était assis face à Camille dans un salon privé d’un hôtel.Sur la deuxième, l’angle de la prise de vue donnait l’impression que C
Jordan regarda Camille avec une froideur absolue.— Cette conversation est terminée.Camille ne recula pas d’un seul pas. Au contraire, elle s’approcha du bureau avec un léger sourire aux lèvres.— Tu me mets déjà dehors ?Jordan ne répondit pas.Elle inclina légèrement la tête, cherchant à le provoquer.— Ou tu as peur que je rappelle à tout le monde ce que nous étions autrefois ?La mâchoire de Jordan se crispa.— Olivia.La porte s’ouvrit presque immédiatement.— Oui, monsieur Wilson ?— Accompagnez mademoiselle Laurent jusqu’à la sortie.Camille eut un petit rire.— Ce n’est pas nécessaire. Je connais parfaitement le chemin.Arrivée devant la porte, elle s’arrêta un instant. Sans se retourner complètement, elle déclara d’une voix calme :— À bientôt, Jordan.Puis elle disparut dans le couloir.Le silence reprit possession du bureau.Samuel Kipper soupira discrètement.— Vraiment… rien n’a changé.Jordan ne répondit pas.Il ouvrit le dossier posé sur son bureau, déterminé à se conc
Les premiers rayons du soleil traversaient doucement les rideaux de la chambre.Jordan Wilson était déjà réveillé.Comme chaque matin, il suivit la même routine. Il enfila son costume sombre, ajusta soigneusement sa cravate devant le miroir, puis jeta un coup d’œil à sa montre.Une importante réunion du conseil d’administration l’attendait.Il prit les clés de sa voiture et se dirigea vers la porte, essayant de quitter la chambre sans faire le moindre bruit.— Jordan…La voix encore ensommeillée d’Angelina le fit s’arrêter.Il se retourna.Elle venait d’ouvrir les yeux. Ses cheveux étaient en bataille et son visage trahissait encore la fatigue d’une nuit beaucoup trop courte.— Tu pars déjà ? demanda-t-elle doucement.— Oui.Angelina se redressa lentement.Elle hésita quelques secondes avant de reprendre :— Tu pourrais au moins prendre ton petit-déjeuner avant de partir. Je l’ai préparé spécialement pour toi.Jordan resta silencieux un instant.Il regarda sa montre.— Je n’ai pas le
Camille rangea discrètement son téléphone dans son sac.Un sourire satisfait se dessina sur ses lèvres.Tout se déroulait exactement comme elle l’avait prévu.Elle leva les yeux vers Jordan, qui consultait déjà sa montre avec une impatience évidente.— Tu m’as parlé d’un contrat important, dit-il d’une voix calme, mais froide. Je n’ai pas beaucoup de temps.En un instant, Camille remit son masque de femme d’affaires.Elle sortit un dossier et le fit glisser vers lui.— Le groupe Sterling cherche un partenaire pour son nouveau projet immobilier. Je me suis dit que le Wilson Group pourrait être intéressé.Jordan parcourut rapidement les premières pages.Son regard s’arrêta quelques secondes sur certains chiffres avant qu’il ne referme le dossier.— Merci. Mon équipe va l’étudier.Il se leva aussitôt.— Si nous avons terminé, je vais y aller.Le sourire de Camille disparut.— Tu n’acceptes même pas de boire un verre avec moi ?— Non.La réponse tomba sans la moindre hésitation.Camille b







