ログインJordan regarda Camille avec une froideur absolue.
— Cette conversation est terminée.
Camille ne recula pas d’un seul pas. Au contraire, elle s’approcha du bureau avec un léger sourire aux lèvres.
— Tu me mets déjà dehors ?
Jordan ne répondit pas.
Elle inclina légèrement la tête, cherchant à le provoquer.
— Ou tu as peur que je rappelle à tout le monde ce que nous étions autrefois ?
La mâchoire de Jordan se crispa.
— Olivia.
La porte s’ouvrit presque immédiatement.
— Oui, monsieur Wilson ?
— Accompagnez mademoiselle Laurent jusqu’à la sortie.
Camille eut un petit rire.
— Ce n’est pas nécessaire. Je connais parfaitement le chemin.
Arrivée devant la porte, elle s’arrêta un instant. Sans se retourner complètement, elle déclara d’une voix calme :
— À bientôt, Jordan.
Puis elle disparut dans le couloir.
Le silence reprit possession du bureau.
Samuel Kipper soupira discrètement.
— Vraiment… rien n’a changé.
Jordan ne répondit pas.
Il ouvrit le dossier posé sur son bureau, déterminé à se concentrer sur son travail. Pourtant, les chiffres défilaient sous ses yeux sans qu’il les voie réellement.
Une image ne cessait de revenir dans son esprit.
Angelina.
Son sourire forcé.
Les trois bougies qu’elle avait soufflées seule.
Il se rappela la déception dans son regard lorsqu’il avait oublié leur anniversaire de mariage.
Pendant un instant, il sentit un poids lui comprimer la poitrine.
Il ferma brièvement les yeux, puis chassa cette pensée.
Le travail passait avant tout.
Comme toujours.
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Pendant ce temps, dans la villa Wilson, le silence était presque étouffant.
Après avoir rangé la cuisine, Angelina monta lentement dans sa chambre.
Elle ouvrit son dressing.
Sur l’étagère la plus haute se trouvaient plusieurs boîtes recouvertes de poussière.
Elle en descendit une avec précaution.
À l’intérieur se trouvaient des dizaines de croquis, des échantillons de tissus et des modèles de robes qu’elle avait créés des années auparavant.
Avant de devenir l’épouse secrète de Jordan Wilson, elle rêvait de fonder sa propre maison de couture.
Ses doigts effleurèrent l’un de ses dessins.
Un sourire triste éclaira son visage.
— J’ai renoncé à tous mes rêves… pour t’aider à construire les tiens…
Sa voix se brisa.
À cet instant, son téléphone vibra.
Le nom d’Emma Walker apparut à l’écran.
Angelina prit une profonde inspiration avant de répondre.
— Bonjour, Emma.
— Enfin ! s’exclama son amie. Ça fait des jours que tu ne réponds plus à mes messages. Je commençais à m’inquiéter. Comment vas-tu ?
Angelina hésita quelques secondes.
— Je vais bien.
Un bref silence s’installa.
Emma la connaissait beaucoup trop bien pour croire à ce mensonge.
— Tu as encore pleuré à cause de Jordan… n’est-ce pas ?
Les lèvres d’Angelina tremblèrent.
Elle ne répondit pas.
Son silence disait tout.
Emma adoucit aussitôt le ton de sa voix.
— Angelina… tu ne peux pas continuer à vivre uniquement pour lui.
Le regard d’Angelina se posa sur ses anciens croquis.
— Avant ton mariage, tu étais pleine de rêves. Tu étais passionnée. Tu avais un talent incroyable.
Une larme glissa sur la joue d’Angelina.
— Je sais…
— Alors recommence. Pense un peu à toi. Toi aussi, tu mérites d’être heureuse.
Après avoir raccroché, Angelina resta immobile pendant un long moment.
Les paroles de son amie continuaient de résonner dans son esprit.
Pour la première fois depuis de nombreuses années, elle se demanda si elle avait réellement fait le bon choix en renonçant à toute sa vie pour un homme qui, désormais, semblait ne même plus la voir.
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Au même moment, dans un café situé à quelques rues du siège du Wilson Group, Camille retrouva Sonia Becker.
À peine assise, elle posa son téléphone sur la table.
Sonia commença à regarder les photos prises la veille.
Sur chacune d’elles, Jordan et Camille semblaient passer un moment romantique ensemble.
Elle leva les yeux vers Camille et sourit, satisfaite.
— Elles sont parfaites.
Camille croisa les bras.
— Ce n’est que le début.
— Quelle sera la prochaine étape ?
Sans répondre immédiatement, Camille sortit une enveloppe de son sac.
Elle la posa sur la table.
— Ces photos seront envoyées anonymement à Angelina.
Sonia éclata de rire.
— Avec ça, leur mariage ne durera plus très longtemps.
Camille prit une gorgée de café.
Son sourire était calme… presque cruel.
— Dans moins d’un mois, Jordan Wilson demandera lui-même le divorce.
Elle fixa l’une des photos sur laquelle elle apparaissait aux côtés de Jordan.
— Et cette fois, personne ne m’empêchera de reprendre la place qui aurait toujours dû être la mienne.
À cet instant, Angelina ignorait encore qu’une simple enveloppe, déposée dans sa boîte aux lettres, était sur le point de détruire son monde et d’ébranler les derniers espoirs qu’elle nourrissait encore pour son mariage.
Angelina regardait Margaret, incapable de trouver quoi répondre.La vieille femme venait de leur révéler que le troisième enfant était une fille. Mais ce qui la troublait encore davantage, c'était d'apprendre que cette petite avait grandi sous l'identité d'une personne qu'ils connaissaient tous les deux.Jordan finit par rompre le silence.— De qui s'agit-il ?Margaret baissa les yeux vers ses mains.— Je ne peux pas vous donner son véritable nom. Pas avec certitude.Jordan fronça les sourcils.— Pourtant, vous venez de nous dire qu'elle avait grandi sous l'identité de quelqu'un que nous connaissons.— C'est exact. Mais je ne sais pas si cette personne porte encore aujourd'hui le même nom.Angelina s'approcha de la vieille femme.— Pourquoi Henry a-t-il tenu à cacher que le troisième enfant était une fille ?Margaret poussa un soupir.— Parce que cela aurait compromis ses projets. Henry voulait garder le contrôle sur la succession des deux familles. Il lui fallait un héritier masculin
Un silence pesant s'était installé dans le bureau.Les paroles d'Olivia venaient de remettre en question tout ce qu'ils croyaient savoir.« L'un des enfants avait été déclaré sous le mauvais sexe. »Jordan posa lentement la photographie sur son bureau, puis leva les yeux vers la jeune femme.— Je veux que vous m'expliquiez exactement ce que cela signifie.Olivia prit quelques secondes avant de répondre.— Ma mère avait conservé plusieurs notes d'Isabelle Maurice. D'après ce qu'elle avait écrit, quelqu'un avait volontairement falsifié les registres de la maternité. Un garçon avait été déclaré comme une fille et une fille comme un garçon.Angelina fronça les sourcils.— Mais pourquoi prendre le risque de faire une chose pareille ?— Pour compliquer les recherches. Ceux qui voulaient retrouver les enfants se fiaient aux documents officiels. En modifiant leur sexe, il devenait beaucoup plus difficile de les identifier. Ils pouvaient chercher pendant des années sans jamais trouver les bonn
Jordan gardait les yeux rivés sur son téléphone.La vidéo venait de se terminer, mais il avait encore du mal à détacher son regard de l'écran. Le visage d'Adrian lui revenait sans cesse à l'esprit.Son père biologique était vivant.Pendant toutes ces années, il avait cru l'avoir perdu. Pourtant, Henry savait où il se trouvait et le retenait prisonnier.Jordan releva brusquement la tête.— Où est mon grand-père ? demanda-t-il d'un ton glacial.Jonathan secoua la tête.— Je l'ignore. La vidéo ne donne aucune indication sur l'endroit où elle a été enregistrée.— Alors, retrouve-le !— Jordan, calme-toi. Nous devons réfléchir avant d'agir.— Me calmer ? Il a enlevé mon père !Jonathan soutint son regard.— Je comprends ta colère, mais si tu fonces tête baissée, Henry risque de déplacer Adrian ou de faire disparaître les personnes qui pourraient nous aider.Angelina s'approcha de son mari et posa une main sur son bras.— Écoute Jonathan. Il a raison. Henry cherche probablement à te faire p
Jordan ne bougeait toujours pas.Les paroles de Charles tournaient dans sa tête, encore et encore.« Je ne suis pas ton père biologique. »Il fixait l'homme devant lui. Celui qui l'avait porté sur ses épaules lorsqu'il était enfant, qui lui avait appris à faire ses premiers pas dans le monde des affaires et qu'il avait appelé papa pendant trente ans.Comment pouvait-il lui annoncer une chose pareille ?— Répète.Charles baissa les yeux.— Je ne suis pas ton père biologique, Jordan.Un rire nerveux échappa au jeune PDG.— C'est une plaisanterie ?— Non, mon garçon.— Après tout ce que nous venons d'apprendre, tu trouves encore le moyen de m'annoncer une autre version de ma naissance ?Charles ne répondit pas immédiatement.— Je sais que tu es en colère.Jordan le regarda avec incrédulité.— En colère ? Tu penses vraiment que je ressens seulement de la colère ?Il attrapa le document posé devant lui et le plaqua violemment sur la table.— Tu m'as vu grandir ! Tu m'as appris à porter le
Après les dernières paroles de Mariana, personne ne trouva quoi dire.Jordan gardait son téléphone contre son oreille. La communication était pourtant terminée depuis plusieurs secondes. Il espérait presque entendre à nouveau la voix de cette femme qu'il avait toujours considérée comme sa mère.Il finit par baisser lentement le bras.— Elle a dit qu'Elizabeth avait changé l'identité de l'un de nous…Sa voix était basse, presque étouffée.Angelina regardait toujours le certificat posé sur la table.— Nous devons retrouver ce dossier.Martin acquiesça.— Les archives privées de Carter Group se trouvent dans l'ancien bâtiment administratif. Elizabeth y avait fait conserver plusieurs documents avant de disparaître.Angelina se tourna vers lui.— Comment êtes-vous au courant ?— Parce que j'ai moi-même transporté une partie de ces dossiers.Jordan pivota brusquement vers lui.— Donc, tu participais à tout ça depuis le début ?Martin soutint brièvement son regard avant de baisser les yeux.
Personne ne semblait prêt à faire le moindre geste.Sur la table, l'enveloppe attirait tous les regards. Pourtant, personne ne se décidait à l'ouvrir. Après tout ce qu'ils avaient déjà découvert, Jordan avait presque peur de ce qu'elle pouvait encore révéler.Son regard restait fixé sur Martin Lewis.Pendant des années, cet homme avait travaillé à ses côtés. Il avait assisté aux réunions importantes, eu accès aux dossiers les plus confidentiels et participé à des décisions que très peu de personnes connaissaient.Jordan lui avait fait confiance.Jamais il n'aurait pensé que Martin puisse être mêlé aux secrets entourant sa naissance.— Pose ton arme, Ricardo, ordonna-t-il.Son agent de sécurité avait déjà dégainé son pistolet et le tenait braqué sur Martin.— Monsieur, cet homme représente une menace.— Je ne vais pas me répéter. Pose ton arme.Ricardo hésita quelques secondes avant de baisser son pistolet.Martin, lui, suivait la scène sans montrer le moindre signe de nervosité.— Tu







